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 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack

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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 1 Avr 2008 - 18:02

Retour d'exil

Ice était enfin rentrée à Sancerre au petit matin avec Ysabeau et Jade. Ses amies filèrent sans demander leur reste chacune dans leur maison respective pour prendre quelques heures de repos bien mérité.

Ice resta un moment à flâner sur la place, respirant l’air frais de la nuit. Les odeurs de son bon vieux village perché sur sa colline lui emplirent le cœur de bonheur. Aux premières lueurs de l’aube elle s’empressa de rentrer à la mairie et d’inscrire son nom sur le registre des habitants. Aurillac n’était maintenant qu’un lointain souvenir mais un souvenir emplit de douceur de d’amitié, le souvenir d’un BA bien plus hospitalier qu’elle n’aurait pu l’imaginer auparavant. Elle y avait laissé un bout de son âme, avait semé tout au long de sa route des petits grains de mémoire et espérait qu’un jour on lui rapporterait.

Baluchon sur l’épaule, elle courut vers le Havre que les flammes n’avaient réussi qu’à noircir. Elle avait préféré être seule, ouvrir la porte du temple de ses souvenirs ne pouvait être un instant partagé. La suie recouvrait tout, mais par on ne sait quel miracle, à peine quelques boiseries avaient été détruites. Ice jeta un regard circulaire dans la pièce. La longue table avait été épargnée bien qu’elle fut retournée sur le côté, son vieux fauteuil était toujours là bien en place non loin de la cheminée, quelques uns de ses tableaux étaient détruits, d’autres à terre, le bâton de pèlerin aux fines sculptures était à peine recouvert de poussière et brillait le long du mur, Augustin trônait fièrement sur une chaise dans un coin derrière le comptoir et semblait attendre ce moment depuis longtemps. Ice sourit et l’empoigna vivement, il ne s’agissait pas de traîner, les premiers amis arriveraient sans doute bientôt et elle voulait les accueillir dans un Havre propre et frais comme sa nouvelle vie.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 1 Avr 2008 - 18:26

La première journée fut longue, depuis la veille Ice n’avait pas dormi, mais tellement heureuse de revoir ses amis qui défilaient les uns après les autres qu’elle en oubliait la fatigue. Journée de bonne humeur et franches rigolades bien arrosées. Ice buvait peu mais le pot de fleur lui, énormément. Il fallait tenir sur ses jambes encore quelques heures et surtout rester lucide.

Tryphon arriva bien plus tôt que d’ordinaire sans doute ne tenant plus de revoir Ice. Mais la fête des retrouvailles ne dura pas longtemps, déjà il se noyait dans l’alcool et semblait oublier la présence de Ice tout autant que les responsabilités qu’il avait envers elle ce soir là. Ice le regardait faire et le mettait en garde de temps à autre, mais il semblait ne pas l’entendre. Au moins de ce côté-là ça n’avait pas changé. Etrangement elle ne se sentait plus si proche de lui. Les mésanges avaient pourtant volé entre le BA et le Berry presque tous les soirs mais petit à petit les mots étaient moins tendres et leurs discussions ne se résumaient qu’à l’économie et la politique. Tout en le regardant du coin de l’œil, Ice faisait le point sur leurs vies, sur leurs sentiments et voyait très bien qu’il ne lui apportait pas le bonheur auquel elle aspirait. La fatigue aidant son ton devint plus sec encore, elle retenait les mots blessants quand il lui demandait de s’expliquer sur sa mauvaise humeur. Elle aurait tant eu à lui dire, mais il n’aurait sans doute pas compris. Quoi qu’il en soit ils se quittèrent ce soir là, sans un baiser, sans un regard en arrière.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 3 Avr 2008 - 15:32

Cela faisait plusieurs jours maintenant que Ice avait retrouvé Sancerre. Mais que serait Sancerre sans les Sancerrois ? Depuis son arrestation, rares sont ceux qui n’avaient pas essayé de l’aider. Chacun à sa manière, en fonction de ses moyens, de sont attachement à Ice, de ses possibilités. Le village tout entier s’était mobilisé pour la sortir de ce mauvais pas, pour qu’elle retrouve au plus vite son statut et son apparence d’avant que le mot « sorcière » ne soit gravé au fer rouge dans ses chairs (bravo Cetnik vous avez été un visionnaire sur ce coup^^).

Après Ysabeau et Jade qui avaient sacrifié leur temps de travail à leurs échoppes pour venir la chercher, c’était maintenant au tour de Bragon qui l’invitait à manger tous les soirs. Il lui réservait ses plus beaux légumes, les cuisinait avec tout l’amour qu’un frère peut porter à sa petite sœur. Ice n’était pas insensible à ce geste. Même s’il n’y avait pas eu entre eux d’effusion d’affection en taverne, elle savait que Bragon avait eu très peur et qu’il était rassuré de la revoir ici et certainement décidé plus que jamais à veiller sur elle de loin.

Et puis il y avait Maybee aussi, qui lui avait laissé sa bergerie pour qu’elle puisse se remettre au travail rapidement, et qui lui glissait sous la porte quelques morceaux de viande. Ce matin même elle avait fait la dégoûtée à la pensée de manger un poisson qu’elle avait gagné et l’avait offert généreusement à Ice prétextant qu’elle n’en avait nullement besoin.

Whoopie était venue la chercher de bonne heure aussi, l’invitant à prendre le petit déjeuner chez elle. En entrant à La Rose Noire l’agréable odeur d’un ragoût printanier avait mis Ice en appétit. Elle s’était attablée un long moment et tout en devisant de choses et d’autres avec son amie elle appréciait la saveur de ces petits légumes tout frais cueillis.

Une chose la chagrinait cependant, elle n’avait pas encore pu croiser Hugo, Hugo qui avait eu un geste à la hauteur de sa noblesse de cœur. Elle aurait tant voulu le remercier, tout Duc qu’il soit, le serrer dans ses bras et le taquiner un peu comme elle l’avait toujours fait. Sans doute sa fonction lui laissait peu de temps pour s’adonner aux plaisirs des tavernes, et ce peu de temps il le passait avec la dame qu’il aimait. Et puis c’était bien normal et tout à son honneur. De toute façon Terry passait aussi souvent que possible au Havre pour embrasser Ice et la soutenir par sa simple présence. Il suffit souvent de peu, une pensée, un sourire et on se sent exister.

Bien sur tout n’allait pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ice avait pris conscience que Tryphon ne pouvait pas lui apporter ce qu’elle attendait de l’amour, avec ces petits signes qui font qu’on n’a pas besoin de se dire que l’on s’aime. Elle le voyait si peu, uniquement en taverne, leur histoire n’avait jamais été écrite. Ice l’aimait bien, mais certainement pas assez pour terminer sa vie avec lui. Ice l’avait quitté.
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claire-g
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 10 Avr 2008 - 9:04

claire passe dans la rue d'icefly et se dit qu'elle s'y arrêterait bien ....
pour sa première visite, elle trouve tout d'abord un petit bouquet de violettes.
claire s'approche de la porte et frappe....
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 10 Avr 2008 - 10:27

Un matin, à l’heure où le jour commence à donner des couleurs aux ombres, où le soleil timide n’ose encore déployer ses rayons, où la couverture de brume recouvre encore ce monde endormi, un léger grattement se fit entendre à la porte d’entrée de la demeure de Ice. Très surprise de recevoir visite à cette heure, Ice enfile rapidement une tenue décente, attache ses cheveux en un savant et rapide chignon qu’un pinceau traînant sur la table prendra soin de tenir en place. Après avoir dévaler les escaliers quitte à se rompre le cou, Ice ouvre la lourde porte et se retrouve face à une jeune demoiselle, toute intimidée tenant maladroitement à deux mains, un bouquet de violettes devant elle.

Oh bonjour Claire ! Mais entrez donc au chaud. Qu’est ce qui vous amène si tôt jeune demoiselle ?

Voyant la mine gênée de Claire, Ice l’entraîna vers la salle de vie et lui servit une verveine.

Tenez ma petite, pour vous réchauffer. Mais qu’est ce donc que cette petite mine tristounette ? On aurait un petit chagrin ? Allez racontez moi vos malheurs ma toute belle.

Ice s’assit dans son fauteuil, affichant un sourire réconfortant pour mettre Claire à son aise et tout en tournant machinalement sa tisane, attendit que Claire entame son récit. Son regard se porta sur les chausses de la demoiselle, à n’en pas douter elle avait fait un détour par la forêt, certainement pour cueillir le petit bouquet qu’elle tenait toujours fermement entre ses mains. Mais Ice n’était nullement étonnée. Elle ne savait rien de la vie de cette jeune dame si ce n’est qu’elle se promenait souvent seule, très timide et un peu sauvageonne elle se mettait souvent en retrait lorsqu’elle passait boire un verre au Havre.

Relevant ses grands yeux verts sur le visage de Claire c’est avec un certain amusement qu’elle la vit, bouche entrouverte attendant de trouver le courage d’en faire sortir ses premiers mots.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 15 Avr 2008 - 9:09

Ice ne su jamais si Claire avait réellement quelque chose à dire. Quoi qu’il en soit, la jeune dame, après avoir pris sur les joue une jolie couleur d’un rose soutenu, se leva et en lançant un au revoir à peine audible, se rua vers la porte et se précipita dans la ruelle. Ice resta là un moment à se demander si la timidité de tous ces petits jeunes n’allait pas finir par les isoler de la vie du village.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Dim 20 Avr 2008 - 10:18

Un soir au Havre comme les autres et pourtant si différent. Sur les visages se lisait la peine de voir certains Sancerrois quitter le village vers des terres lointaines. Ice pensait à ses amis qui avaient fait ce choix. Sentiment étrange mêlé de chagrin de les voir partir et de joie de les savoir heureux de réaliser un rêve. Pourtant à y regarder de plus près ils n’étaient pas si nombreux à avoir pris la route du Sud. Sancerre était loin de ressembler à une terre brûlée.

Assise dans son fauteuil, Ice essayait de ne pas se laisser aller à la nostalgie en imaginant ces nouveaux pionniers découvrant le soleil des terres du Béarn. Tryphon annonça à son tour son désir de les rejoindre…. Le sol du Havre se dérobe sous les pieds de Ice, un tourbillon l’entraîne vers le néant, une seule réaction…la fuite. La fuite loin de tous pour ne plus avoir à encaisser de nouveaux chocs. Ice resta un moment seule dans la nuit, adossée à un arbre, regardant au loin vers le sud. Léice semblait s’approcher encore, sa lueur emplissait son espace de ciel. Ice ressentait tant de sérénité en la regardant.

Remise de ses émotions elle retourna vers le Havre, Tryphon avait changé d’avis, il restait. Il en exposa ses raisons. Il restait pour elle. Sur le coup Ice en ressentit un vif soulagement, mais au fur et à mesure de la soirée, un doute germa, grandit puis se révéla comme une évidence. Elle n’avait pas le droit de le retenir. Il devait vivre sa vie pour lui et non pour elle qui avait choisi un autre destin. De leur histoire passée était née une complicité. Aimer c’est accepter les décisions de l’autre, c’est l’aider à aller vers ses rêves, aussi tout doucement sans brusquerie aucune, Ice se fit à l’idée qu’il devait partir et l’accompagna jusqu’aux portes de Sancerre.


Dites bien aux autres que je ne pars pas comme un voleur, que je les aime et ne les oublierais pas mais que je dois tenter l’expérience. Je reviendrais certainement un jour, mais je n’aurais pas le regret de n’avoir pas essayé. Au revoir ma douce Ice, vous me manquez déjà.

Ice le regarda s’éloigner dans la nuit, une page se tournait, un nouveau chapitre commençait. Ice pressentait en cet instant que ses heures sombres s’étiolaient doucement. Elle n’aurait su expliquer pourquoi, mais son 6ème sens ne la trompait que rarement. Elle s’en retourna vers sa demeure laissant quelques bons souvenirs la bercer et l’entraîner vers un sommeil sans nuage.
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astaroth
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 15 Mai 2008 - 23:27

Un depart precipité, Ice avait quitté le Havre en pleine discution, boulversée, en pleure. Astaroth sortit lui aussi du havre pour la rejoindre, tenter de lui parler, de la reconforter, enfin tout son possible pour qu'elle se sente mieux. Elle ferma la porte derrière elle, laissant Astaroth dehors, elle n'avait pas vu qu'il la suivait. De derrière la porte il lui posa les questions qui lui trotaient dans lans la tête.

Ice Ice, explique moi, pourquoi ce départ? pourquoi dis-tu tout le temps que tu as tout perdu, que lui aussi et que tout ça n'a servi à rien? Et c'est qui ce lui? Ouvre moi s'il te plait, j'aime pas te voir comme ça.

Il resta derrière la porte à l'appeler mais rien n'y faisait. Il se tut un instant, cherchant à distinguer un bruit chez elle... Des pleurs, il entendait des pleurs, juste derrière la porte, elle était juste derrière la porte mais elle ne lui répondait pas. Il insista.

Ice je sais que tu es derrière la porte, ouvre-moi s'il te plait...

Il continua, à l'appeler et finalement une phrase

Asta, ne t'inquiete pas je ne pars pas demain, on aura le temps d'en reparler, mais pour ce soir, si tu veux m'aider, laisse moi seule.

Astaroth compris aussitot. Les vrais amis ne sont pas forcément ceux qui sont la pour écouter, ce sont ceux aussi qui savent laisser seul quelqu'un qui en a besoin.

Je te laisse alors, bonne nuit...

Il se retourna et prit le chemin vers sa maison inquiet pour son amie.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Sam 24 Mai 2008 - 18:02

Il suffit parfois d’un simple regard pour savoir que l’inconnu qui se trouve face à vous prendra une place importante dans votre vie, d’un simple sourire pour que naisse une grande amitié, et c’est précisément ce qui liait Kolas et Ice depuis l’arrivée de ce dernier à Sancerre. Il était arrivé un beau matin avec pour seuls bagages les souvenirs d’un passé tumultueux. Rapidement un climat de confiance s’était installé entre les deux, tout aussi rapidement ils avaient échangé leurs confidences.

C’est le plus naturellement du monde que les deux amis fermèrent le Havre derrière les derniers clients et descendirent la colline de Sancerre en direction de la rivière. Quand Ice était avec lui, elle retrouvait l’insouciance de ses premiers jours au village. Il savait écouter ses peines et en quelques mots la faire rire et oublier. C’est ainsi qu’après une course folle, Kolas plongea dans la rivière sans même marquer un temps d’arrêt. Ils riaient et jouaient de l’élément liquide brillant sous la clarté de la lune, tantôt nageant tranquillement, tantôt l’un plongeant la tête de l’autre sous l’eau. Ice profita d’un instant d’inattention de Kolas pour aller se cacher sous les branches basses d’un saule persuadée qu’il allait avoir peur et la chercher avec inquiétude. C’était sans compter sur la malice de Kolas, qui lui joua un tour à sa façon. Elle se retrouva en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, sur les épaules de Kolas qui la projeta ensuite plus loin en avant. Ice bu la tasse et pesta contre lui pour mieux revenir à l’assaut à son tour. Jeux simples d’amis simples qui prirent fin avec quelques histoires racontées autour d’un feu de camp le temps de se sécher.

La nuit était déjà bien avancée lorsqu’ils reprirent le chemin de leurs maisons respectives. Au détour d’une ruelle sombre les confidences échangées prirent une nouvelle tournure, plus personnelles encore. La pénombre et le sommeil aidant certainement, Kolas s’aventura à avouer ses sentiments cachés à Ice. Embarrassée, génée elle lui devait la vérité. Alors elle commença son récit.

Quelques jours auparavant, elle avait croisé un homme récemment installé à Sancerre, un homme qu’elle voyait pour la première fois mais pourtant qu’elle connaissait parfaitement bien. Cet homme se nommait Adelphe et avait fait le long chemin de Polignac à Sancerre à la recherche de Ice qu’il ne connaissait pas non plus et pourtant qui était comme une partie de lui-même. Chacun des deux avait tout perdu dans sa quête de l’autre, dans la quête de son âme sœur. Mais enfin ils s’étaient trouvés et avaient pu échanger quelques premiers mots. Mais comment dire à un visage que l’on ne connaît pas que le cœur qui bat en lui est sa seule raison de vivre. Timides regards échangés, lèvres se posant délicatement sur une main, effleurements au moment de se quitter. Ce premier contact s’établit sous le signe de la réserve face à un inconnu. Le Havre avait retrouvé en quelques minutes l’ambiance des temps anciens pour une nouvelle histoire. Ice avait senti la vie lentement s’écouler à nouveau dans ses veines et en avait les sens encore tout retournés en attendant leur prochaine rencontre avec impatience.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Lun 2 Juin 2008 - 22:29

Ice vivait solitaire depuis longtemps maintenant, très entourées mais pourtant bien seule. Elle avait de plus en plus de mal à porter le poids de ses journées. Aussi sortait-elle de moins en moins souvent au Havre. Ce Havre qui avait été toute sa vie, l’endroit où elle aimait rencontrer ses amis pour rire et boire quelques verres, le temple de ses souvenirs et des temps heureux se refermait sur elle comme un étau. Elle n’y entendait plus qu’histoires malheureuses, peines et intrigues s’y succédaient. A croire que la nostalgie est contagieuse ou que certains prennent un malin plaisir à poser des entraves dans le déroulement d’un bonheur simple. On avait beau dire, Sancerre avait changé de visage. Elle avait pourtant bien écouté les paroles d’Hugo lorsqu’il avait essayé d’expliquer ce que nombre d’anciens ressentaient, mais elle n’y avait pas puisé la force nécessaire pour changer d’avis.

Non décidément, les jours se succédaient et se ressemblaient. Les gens arrivaient et repartaient, certains restaient pour s’établir, mais Ice ne retrouvait en aucun d’eux la grandeur des jours heureux. Le seul rayon qui était venu illuminer son quotidien avait été l’arrivée d’Adelphe. Cet homme inconnu et qui pourtant était lié à elle par une force inconnue. Il avait pris une chambre à l’auberge du Havre, mais il se montrait peu en taverne. Ice le voyait souvent à sa fenêtre, il la suivait du regard dans ses moindre geste, parfois lui adressait un petit signe de la main en lui souriant. Elle lui répondait par le même geste, laissant quelques instants encore sa main en l’air comme pour rejoindre la sienne tandis que leurs yeux parlaient à leur place. Il lui semblait l’avoir attendu depuis toujours, reconnaissant en lui tout ce qu’elle avait perdu. Il était son passé, son présent, son avenir.
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galeallan
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 12 Juin 2008 - 7:26

Pollux arriva par la fenêtre, lancé comme une fusée à aile(ice?) (j'espere que c'était drole)

Citation :

Chère Ice, comme tu as pu le constater j'organise une fête chez moi demain soir. Je voudrais savoir si tu peux me fournir en Iceberg et en Poire s'il te plait ?
Merci d'avance, Gal.

_________________
"Seuls le Diable et moi savons où j'ai caché mon magôt, le dernier survivant de nous deux aura le tout !"
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Maupassant
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Terwagne
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Dim 22 Juin 2008 - 18:40

Ici, comme sous la porte de chacune des autres habitations de Sancerre, une lettre officielle fut glissée par la main tremblante de Terry, le visage livide, le coeur battant un peu trop vite, à cause de la course qu'elle faisait, mais aussi en raison de ses craintes.

Citation :
Chers amis,

Depuis quelques jours, des rats sont retrouvés morts un peu partout, dans nos rues, nos maisons, et ce sans raison apparente.

Dame Mentaig et moi-même pensons que tout cela n'augure rien de bon, et qu'il est envisageable que nous ayons à faire aux prémices de la peste. Rien n'est encore certain, donc nulle raison de vous mettre à paniquer, mais mieux vaut prévenir que guérir.

C'est pourquoi je vous invite toutes et tous à vous rendre au domaine de Baugy afin de vérifier que vous n'êtes pas malades.

Vous n'êtes pas sans savoir que si jamais il s'agit bien de la peste, celle-ci se propage à une vitesse folle, et que les rats morts sont vecteurs de contamination. Aussi, je vous conjure de ne les toucher sous aucun prétexte si vous en voyez. La milice a été avertie et traitera les cadavres d'animaux avec la plus grande prudence, les jetant au feu sur le terrain de soule qui a été réquisitionné à cet effet. Prière donc de ne pas vous rendre là-bas, sous aucun prétexte.


Terwagne,
Maire de Sancerre

(HRP : Pour savoir si vous êtes contaminé, il vous suffit de vous inscrire sur ce forum et de suivre les instructions dans l'Antre de la puce. Le RP quant à lui se déroule sur la gargotte (ICI).

Bon amusement à ceux et celles qui participeront.)
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Lun 4 Aoû 2008 - 16:22

Le jour était arrivé, ce jour où il allait falloir ressortir des hauts murs et de la sérénité de Noirlac.

Au petit matin, un moine vint toquer à la porte de la cellule de Ice et attendit quelque secondes qu’elle vienne le rejoindre.

Bonjour Dame Ice. Bien dormi ?

Sans attendre sa réponse il poursuivit :

Cette fois c’est par la grande porte que vous allez ressortir. On peut dire que vous nous en avez donné du fil à retordre à vous échapper sans cesse. De mémoire depuis que je suis dans ces vieux murs, je peux dire que je n’ai jamais rencontré auparavant plus rebelle et insaisissable pensionnaire.

Ajoutant avec un clin d’œil discret :

Si maintenant nous allons enfin arrêter d’arpenter la campagne à votre recherche, vous allez quand même bien nous manquer Dame Ice, au moins vos escapades nous permettaient un peu de prendre l’air, et ne plus vous voir dans le cloitre sera un rideau de grisaille sur les jours que votre rire et votre démarche légère venaient illuminer

Ice lui sourit

Pardon Frère Théodren, pardon de vous avoir fait autant courir. Mais je suis comme l’eau de la Loire, je passe paisible et pourtant tourbillonnante comme le courant en son fond, comme l’eau qui s’échappe entre vos doigts quand on essait de la retenir.
Ce n’est qu’un au revoir Frère Théodren, le calme de Noirlac m’aura quand même fait le plus grand bien et m’aura ressourcée. Je ne manquerais pas de revenir de temps en temps pour…(souriant largement) pour vous faire prendre l’air

Le moine fit tourner la clé dans la serrure de la lourde porte et s’effaça pour laisser sortir Ice.

Elle cligna des yeux, éblouie par la luminosité qui contrastait avec celle des longs couloirs sombres de l’abbaye. Deux pas en avant et déjà le loquet de la porte retentit.
Sa liberté n’avait pas le même parfum que celle volée au cours de ses fugues. Son oisiveté prenait fin au sortir de cette longue retraite. Il allait falloir reprendre les affaires en main, se refaire un cheptel de moutons afin de produire de quoi faire tourner l’échoppe, se réhabituer à tenir le Havre et faire connaissance avec les derniers arrivants au village, se mettre au courant des derniers potins et des nouvelles plus ou moins alarmantes de la vie politique et économique.

Ice leva les yeux vers les remparts de Sancerre qui couronnaient la petite colline et soupira. Un autre regard vers la Loire et décida de passer un moment près des eaux du fleuve avant d’entamer l’ascension vers le village.


Dernière édition par Icefly le Lun 4 Aoû 2008 - 16:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Lun 4 Aoû 2008 - 16:24

Le soleil pointait derrière un rideau d’arbres de l’autre côté du fleuve, étirant leur reflet scintillant sur les eaux au cours alanguit.

Ice s’assit sur l’herbe tendre de la berge, sous un chêne de bonne taille pour lui faire ombre et près d’un petit noisetier dont les fruits commençaient à se former sous leur corole. Plus haut, baigné par la lumière du matin, le passeur debout sur sa barge, effectuait son premier voyage vers l’autre rive. A l’est, la Loire se divisait en deux bras tumultueux, encerclant une île verdoyante bordée de plage de sable clair et fin.
Quelques nuées de moucherons et moustiques survolaient la surface des eaux que parfois un poisson à l’affut d’une proie venait troubler.

La tranquillité et la sérénité du lieu étaient comme une passerelle entre la retraite de Ice et la vie mouvementée du village.

Immobile, elle regardait s’approcher un merle téméraire, retournant de son bec doré quelques mottes de terre à la recherche de vermisseaux. Ice s’allongea dans l’herbe, le merle sautilla rapidement à distance respectable de cet étrange animal à la robe bleue nuit brodée de fils d’argent. Pointant son regard vers les hautes branches du chêne, Ice découvrit qu’elle était juste sous une touffe de gui. Les images des jours heureux défilèrent devant ses yeux et ses pensées se tournèrent naturellement vers Adelphe.
Elle aurait tant aimé partager ce moment magique avec lui. Où était-il aujourd’hui ? Que faisait-il ? Certainement occupé au dur labeur de la terre. Pourvu que ses pas ne l’aient pas éloigné de Sancerre, tant de changements avaient du avoir lieu depuis le début de l’épidémie de peste. LA PESTE ! Oh mon Dieu non ! pourvu que…..

Chaque jour durant sa retraite, Ice avait pensé à lui, y avait pensé si fort que c’était comme s’il l’avait toujours accompagnée. Ces deux âmes inséparables s’aimaient d’un amour profond, pourtant la pudeur et la bienséance les empêchaient de s’avouer leurs sentiments et de se jeter dans les bras l’un de l’autre à chacune de leurs rencontres.

Ice fixa le gui un instant puis ferma les yeux. Adelphe était là, derrière ses paupières clauses. Il l’entourait de son bras, leurs deux têtes posées délicatement l’une contre l’autre. Ils admiraient l’harmonie que Dame nature offre à ceux qui l’écoute. Ils se délectaient, ensemble, de la simplicité de l’instant.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 5 Aoû 2008 - 9:27

Après avoir longé un moment la Loire préservée de la morsure du soleil par les grands arbres qui longent le fleuve, Ice du traverser la plaine recouverte par les blés murs qui bruissaient en un doux murmure sous la caresse du vent léger. Au loin les coteaux laissaient glisser en leurs flancs les innombrables rayures vertes et parfaitement alignées des vignes déjà chargées de grappes juteuses.

La chaleur s’intensifiait tant le soleil était déjà haut ; et pourtant cette colline, là, droit devant, il allait falloir la monter. Déjà la contourner pour parvenir à l’accès au village et ensuite gravir les ruelles escarpées aux murs renvoyant leur fournaise contre le pauvre voyageur.

Le glouglou caractéristique d’une fontaine attira l’attention d’Ice. Elle y trempa son mouchoir finement brodé et se tamponna le front. La fraicheur de l’eau était un pur délice, bien trop bon pour se contenter de quelques gouttes. Ice regarda autour d’elle, le lieu semblait désert. Elle souleva ses longs jupons à hauteur des cuisses, ôta ses chausses et enjamba le muret de la fontaine pour faire quelques pas dans l’eau. Puis elle délaça son corsage et s’éclaboussa abondamment. De toute façon par cette température elle aurait tôt fait de sécher avant d’arriver aux remparts.

Des pas de chevaux se firent entendre. Le temps était venu de sortir de l’eau, d’adopter une tenue correcte et de commencer l’ascension. A peine Ice avait-elle commencé à gravir le chemin, qu’une charrette s’arrêta à sa hauteur.


Mais où c’est y qu’ti va ma gazoutte ? Grimpe donc dans la chariote que je t’emmène, sinon tu seras fondue avant d’être rendue

MERE VEILLE !!!!! Oh comme je suis heureuse de vous croiser. J’accepte volontiers votre invitation. C’est que mon Havre et mes amis commencent sérieusement à me manquer. Hum … (souriant de son air le plus malicieux) et la fameuse petite poire aussi.

Toutes deux éclatèrent de rire tandis que la Mère Veille ordonnait à sa vieille jument d’avancer

Aller hue mon Adélaïde ! En avant vers l’abreuvoir !
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 19 Sep 2008 - 6:49

A cette heure de la journée, la Mère Veille et Ice n’avaient croisé âmes qui vivent dans les rues de Sancerre, à l’exception du garde près de la Porte Vieille qui d’un geste lourd leur fit un signe de la main pour leur autoriser l’accès au village.

La charrette avançait lentement dans le dédale des ruelles sinueuses. La jument peinait tant la côte était rude et dans le silence presque religieux du village, le bruit de ses sabots résonnait si fort qu’il aurait fallu être sourd pour ne pas les entendre arriver.

Ice en avait presque la nausée tant les questions se bousculaient dans sa tête. Comment allai-elle retrouver son village après si longtemps ? L’ambiance avait-elle changé ? Les anciens jeunes, comme souvent on aimait à les qualifier, avaient-ils enfin compris le sens de la vie ? Comment allait-elle retrouver son Havre ? vide et sans âme, ou bien quelques habitués auraient su le maintenir en bon état ? Ice avait confié à Diehart, le soin de s’occuper de la taverne durant son absence. Homme discret et d’une gentillesse exemplaire, mais certainement trop discret pour une telle responsabilité. Ice le savait et s’en moquait. Elle avait simplement voulu lui donner une chance de s’intégrer aux autres Sancerrois. L’avait-il seulement saisie ? Adelphe…. Où était-il ? que faisait-il ? Sortait-il toujours si peu ? Ice perdue dans ses pensées qui la conduisaient si près de l’homme de son cœur, ne s’aperçu même pas que la charrette venait de s’arrêter sur la placette devant le Havre. La Mère Veille du lui secouer légèrement le bras pour la sortir de sa rêverie.

Personne ! Elles n’avaient croisé vraiment personne pendant toute la montée jusque chez Ice. Peut-être plus haut encore, sur la place du village, quelques festivités retenaient les Sancerrois ce qui expliquerait la désertion des ruelles.

Mais Ice avait toujours cette crainte et une petite voix en elle lui soufflait que le village s’éteignait doucement, comme les dernières braises d’un feu qui se consume.

Ice sauta de la charrette, légère et leste, certainement plus encore maintenant après plusieurs semaines d’un régime monacal. Elle tendit la main à la vieille femme pour l’aider à descendre à son tour. Tandis que la Mère Veille guidait sa jument par la bride vers l’abreuvoir, Ice avançait dans la petite cour entre l’auberge et la taverne. Elle hésita quelques instants et le cœur battant en poussa la porte.

Son Havre, leur Havre, gardien de leurs souvenirs, était enfin là. Baigné par la lumière vive de l’été, chaque chose, chaque objet, bien à sa place miroitaient pour l’accueillir avec brio. Didou avait fait son travail à merveille, le pauvre avait du passer des heures à astiquer tout ça mieux que Ice elle-même ne l’aurait fait. Elle respira profondément l’odeur réconfortante du lieu et après avoir déposé son baluchon dans un coin, s’étira comme après une longue nuit de sommeil.

La Mère Veille entra à son tour et s’assit, éreintée, sur le banc face à la longue table. Ice s’empressa de sortir deux chopes et ouvrit le couvercle du tonneau d’Iceberg.


NORF ! vide ! Dommage la boisson aurait été plus rafraîchissante.
Il faudra se contenter d’une bonne poire bien de chez nous Mère Veille
</FONT>
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 19 Sep 2008 - 6:51

Le restant de la journée se passa tranquillement. Ice eut la visite de quelques amis qui lui témoignèrent toute leur affection et leur joie de la retrouver. Elle eut aussi la visite de quelques habitués de la Rose Noire, l’autre taverne en vogue de Sancerre, eux aussi tous heureux de la voir revenir au village et passant lui souhaiter la bienvenue.

Parmi eux, Claire, une jeune fille pétillante et pleine d’énergie. Même si Ice ne la connaissait que très peu, elle lui reconnaissait les qualités nécessaires, après une bonne formation, au poste de Tribun. Pour l’instant, elle était dans l’équipe des conseillers aux vagabonds et avait l’air de mettre tout son cœur à la difficile tâche qu’est la formation et l’information des nouveaux arrivants.

Il y eu aussi Aufredy, jeune homme qu’Ice avait bien du mal à cerner, à moins que ce ne soit elle-même qu’Aufredy n’arrivait pas à saisir. Certainement à cause des barrières de la forte personnalité de Ice, il évitait autant que possible de rester trop longtemps en sa compagnie. Pourtant s’amorçait entre eux le début d’une amitié, timidement cachée derrière quelques pics et rebuffades pour ne surtout rien dévoiler de leurs sentiments.

La journée se passa ainsi, calme et heureuse, mais Ice eut beau regarder des dizaines de fois par la fenêtre en direction de l’auberge, elle ne vit ni Adelphe, ni son ombre derrières les rideaux tirés de sa chambre. Elle qui se faisait une fête de la revoir, surtout maintenant qu’elle avait compris que plus rien ne les séparerait jamais. Le soir venu, elle remonta seule vers sa chambre et s’endormit guidant ses rêves vers Adelphe.

Ce n’est que le lendemain, au moment où le soleil est à son zénith et où Ice s’y attendait le moins, qu’Adelphe fit son entrée dans la taverne. A sa simple vue le cœur de Ice s’emballa. Elle aurait eu envie de courir vers lui, de lui sauter au cou, de se blottir contre lui, d’échanger un doux et long baiser comme ceux des amants qui se retrouvent, mais Adelphe avait toujours cette attitude distante, même s’il avait su avouer ses sentiments à Ice, il en était encore au stade où l’on s’effleure à peine la main. Mais qu’est ce qui pouvait bien le bloquer ainsi ? du même coup Ice n’osait pas non plus, de peur de le brusquer, de paraître trop entreprenante alors qu’il aimait la douceur avant tout.

Les retrouvailles furent tout de même joyeuses, Puis tous les deux attablés, les yeux dans les yeux, pétillants de leur amour réciproque, entamèrent la longue discussion sur leur avenir, qui allait être le commencement de remises en question, de choix à faire et de renoncements.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 19 Sep 2008 - 6:52

Le village de Sancerre changeait. Les tavernes pourtant toujours aussi pleines, ne servait plus que de refuge aux nombreuses âmes en peine. Chacun y allait de ses petits ennuis. Non ! on ne riait plus comme jadis à Sancerre. Les gens allaient de chez eux au travail, du travail à l’une des tavernes, et de la taverne à chez eux. Si certains passaient encore par la place, ce n’était que pour jeter un coup d’œil furtif surs les panneaux d’affichage et désespérément vides. Mais il en était fini des attroupements, des bavardages au détour d’une rencontre. A les regarder de plus près, à voir leurs gestes se répéter, monotones : ils se levaient, ils se lavaient, s’habillaient, allaient travailler, rentraient chez eux, mangeaient et buvaient une tisane avant de se coucher ; force était de constater que Sancerre se mourait d’ennui.

On entendait parfois un couple se déchirer jusqu’à la rupture. On retrouvait peu de temps après l’homme faisant la cour à une autre dame, et la dame se promenant fièrement au bras d’un autre homme. Sancerre était atteint du syndrome de ce que les anciens appelaient « la bisounoursmania ».

Fini les éclats de rire lorsque quelqu’un venait de se faire jeter sans aucune modération dans l’abreuvoir, fini les soirées autour d’une table et d’un bon verre à se délecter des jeux de mots des esprits les plus éclairés, bien plus enivrants que la boisson elle-même. Fini les longs récits lors du retour de ceux qui s’aventuraient au voyage. Fini les promenades dans la campagne environnante qui souvent étaient propice à d’intéressantes rencontres ou à de belles aventures. Le village perdait son imagination.

C’était sans parler des tensions qui régnaient au sein du Conseil Municipal, où là aussi chacun accomplissait sa tache quotidienne sans réel entrain. Les Maires se succédaient sur le grand fauteuil, assistés de leurs adjoints les plus proches. Peu d’informations filtraient de ce bureau. Les Maires travaillaient dur, mais travaillaient seuls.

Ice se souvenait de ses premiers mois au Conseil et de ces longues réunions avec tous les autres conseillers dans une salle privée. Ces entrevues étaient toujours animées, chacun y allant de sa petite touche d’humour qui détendait l’atmosphère pour mieux reprendre el travail ensuite. A cette époque les conseillers formaient réellement une équipe œuvrant pour le bien-être de tous les Sancerrois. Tout s’était soudainement arrêté lorsque décret fut publier de ne plus se réunir ainsi, mais de déposer ses requêtes et de faire part de son avis sur toute chose, par écrit, en laissant telle ou telle note sur le bureau du conseiller concerné.
Ce qui semblait être une bonne idée sur le fond, car elle permettait de garder une trace de tout s’est avérée avec le temps, le déclencheur d’un Conseil désunifié.

Il y avait ceux qui travaillent à l’étage, le Maire, son adjoint, les Conseillers au Commerce. Et puis il y avait les autres, un peu plus bas, accomplissant leur travail quotidien tel des automates. Quant au Tribun lui, il avait son bureau à l’étage mais se battait encore pour pouvoir y accéder.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 19 Sep 2008 - 6:53

A l’aube d’une journée comme les autres, alors que Ice s’activait à quelques rangements, elle vit entrer un homme d’apparence séduisante à la chevelure aussi blonde que les blés murs et à l’âme d’une exquise poésie. Tous deux devisèrent de choses et d’autres avec grand plaisir. Ils aimaient à s’écouter l’un l’autre tant la qualité du verbe était en harmonie.
Cet homme qui portait bien étrange prénom : Amstramgram, habitait Saint Aigan. Ainsi, ils projetèrent de se revoir très prochainement. Ice raconta sa rencontre à Adelphe et quelques jours plus tard, les deux partirent sur les routes du Berry.

Ces quelques jours loin de Sancerre furent merveilleux. Les regards ne se portaient pas sur Adelphe et sur ce qu’il avait pu être par le passé. Il se sentait bien, libre, sortait tous les jours pour retrouver Ice. Il rencontra également Amstramgram et sa compagne Vroqu, une dame pétillante à l’esprit vif et joyeux.

Au détour d’une boutique, alors qu’elle visitait Saint Aigan en attendant qu’Adelphe revienne de la foret où il coupait du bois, Ice remarqua une petite boite étrange. Elle était en bois sculpté et incrusté de morceaux de nacre. En y regardant de plus près, les motifs semblaient représenter les scènes d’une vie : une rencontre, un grand amour, un éloignement, la mort, un retour, des retrouvailles… Cette histoire gravée dans le bois ressemblait tant à sa propre vie. Ice poussa la porte de la boutique afin de voir cette boite de plus près.

Le marchand, un homme de petite taille, portant moustache et turban autour de la tête, la détailla un instant et enfin s’approcha de Ice et s’inclina sur sa main.

Soyez la bienvenue aux portes de l’Orient Madame. Tout ce que vous voyez ici appartient à tout le monde, mais chaque objet n’a qu’un seul propriétaire bien défini par l’histoire. Celui que je vous ai vu regarder depuis un moment n’attendait que votre venue. Il a été fait pour que vous le remettiez à un homme de goût, de cœur et d’esprit, qui seul saura voir en ce présent que vous lui ferez, que c’est votre cœur que vous lui offrez

L’homme retira la boite de la vitre et se postant face à Ice en ouvrit le couvercle. Une douce musique s’éleva de la boite et Ice reconnu tout de suite l’air qu’elle jouait si souvent avec Adelphe. Mais comment était-il possible que leurs vies soient si bien représentées dans les sculptures du bois ? Comment cette musique composée par eux et pour eux seuls, pouvait-elle bien sortir de cet objet ? Ice allait ouvrir la bouche pour poser toutes ces questions au marchant. D’un geste de la tête en signe de négation, un doigt en travers des lèvres, l’homme l’incita au silence. Il lui tendit la boite et refusa toute monnaie.

Il est temps d’aller retrouver l’homme de vos pensées Madame, et d’ouvrir cette boite devant lui, qui parlera au nom de votre cœur. Je vous dis à jamais Madame.

Ice ressortit de la boutique très troublée et lorsqu’elle se retourna pour voir si l’homme la suivait du regard, « les Portes de l’Orient » avaient disparu comme l’aurait fait un mirage. En leur place restait un simple mur de pierre mal taillées. Ice se demanda si elle ne rêvait pas, mais la boite entre ses mains lui rappela la réalité.

Elle se rendit donc dans la taverne qu’ils fréquentaient le plus souvent. Adelphe était là, seul, parcourant quelques manuscrits sur la vie dans le sud du royaume. Il l’attendait. Après un bonjour poli comme il savait si bien le faire pour ne surtout rien dévoiler de ses sentiments, il prit la main de Ice afin de l’entrainer vers le petit coin le plus feutré de l’établissement. Il commença par lui raconter sa journée, les arbres abattus, le bon prix qu’il allait tirer de toutes ces stères d’un chêne de qualité. Ice l’écoutait mais sentait le poids de la boite posée sur ses genoux s’alourdir de minute en minute. N’y tenant plus, elle la prit entre ses mains, la posa sur la table et en souleva le couvercle. Adelphe écouta attentif, ébahit, troublé, oui très troublé à en croire ses yeux qui s’embuaient peu à peu. La petite musique cessa et le silence emplit la pièce. Adelphe avait compris qu’il n’était plus temps de se cacher derrière de faux semblants, que Ice lui avait dévoilé tous ses secrets et qu’il devait l’imiter à l’instant et mettant de côté sa timidité et sa pudeur. Délicatement il caressa ses longs cheveux, la contempla comme s’il posait les yeux sur une œuvre d’art bouleversante, enfin il la prit dans ses bras, enfin ils échangèrent ce long et tendre baiser tant attendu.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 19 Sep 2008 - 6:56

Le retour vers Sancerre se fit joyeux. Ice heureuse d’avoir retrouvé cette partie d’elle qu’elle avait perdue, se sentait légère et comblée. Les jours qui suivirent, les deux firent des projets d’avenir. Un grand et long voyage… non plutôt un déménagement dans le Sud. Loin des yeux, près du cœur, ils avaient tout à construire et la première étape, douloureuse certes, fut la fermeture du Havre. Adelphe et Ice y passèrent seuls leur dernière soirée, leurs amis, leurs fidèles clients, de loin et le cœur gros attendait l’instant où ils les verraient sortir de la taverne et tourner la clé dans la serrure. Une page se tournait.

Les craintes de Ice étaient nombreuses. Le voyage était long et ils n’étaient pas bien costaud, tout au moins pas assez pour lutter contre une mauvaise rencontre. S’ils tombaient sur un groupe de brigands ou une armée en surveillance, ils perdraient tout, peut-être même la vie. Toulon la ville de destination qu’ils avaient choisie leur était totalement inconnue. De mémoire Ice n’avait jamais croisé un voyageur arrivant de ce coin de Provence. Alors elle rêvait, imaginait, se voyait planter un bel olivier devant leur petite maison, se reposant à l’ombre d’une treille tout en écoutant chanter les cigales. Peu importe ce qu’ils trouveraient dans le Sud, pourvu qu’ils soient ensemble.

Mais le temps est capable de forger bien des rêves tout autant que de les emporter. L’une des craintes principales de Ice était le peu de temps que lui accordait Adelphe, trop occupé au travail de ses terres, à la coupe du bois ou encore à prendre du bon temps à l’extérieur, sans elle. Les jours passaient, Adelphe se faisait de plus en plus rare, et une simple crainte se transforma en peur panique. Ice devrait-elle tout quitter, sa ville, son passé, ses amis, pour suivre un homme qu’elle ne croiserait que rarement ? Que partageraient-ils à part l’absence ?
Ice n’avait que trop bien constaté par le passé que l’éloignement même s’il n’altère en rien le véritable amour, pousse souvent à ne plus oser s’approcher l’un de l’autre, que la pudeur reprend le dessus.

Ses longs moments de solitude étaient propices à la réflexion. Ice entendait au fond d’elle une petite voix qui chaque jour grandissait un peu plus.

Tu as bien vécu, tu as bien vécu, tu as bien vécu… Il est temps, n’attend plus rien. Tu as eu le meilleur, rien ne paraitra aussi beau désormais. Il est temps, tu as bien vécu, tu as bien vécu…

Un soir, alors qu’elle ne l’attendait plus après une longue semaine sans nouvelles, Adelphe arriva chez elle. Ice aurait pu lui sauter au cou cette fois, le couvrir de baisers, se blottir dans ses bras qui étaient son seul refuge, mais elle n’en fit rien. La petite voix avait bien œuvré. Ice savait désormais qu’il ne servait plus à rien d’espérer retrouver le vrai bonheur, que le futur aurait toujours ce même goût de solitude, qu’il était temps.

Adelphe ne comprenait pas ce qui se passait. Ce soir là, consciente de ses erreurs et de son échec, Ice était rageuse, complètement désespérée, quelque peu amer. Adelphe laissa passer la tempête mais comprenait. Le lendemain matin il préféra la retrouver dans ses appartements plutôt que de partir travailler. Une longue conversation s’en suivit. Il ne pourrait jamais lui offrir le bonheur, il ne pouvait lui offrir que son cœur. Tard dans la matinée, ils prirent congé l’un de l’autre. C’était sans doute la dernière fois qu’ils se rencontraient. Et la petite voix résonnait Tu as bien vécu…
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 19 Sep 2008 - 6:58

La nuit suivante fut longue mais la décision était prise. Ice avait passé sa soirée avec Astaroth un de ses amis les plus proches, et lui avait fait part de ses intensions. Oh ! il avait bien essaye de l’en dissuader mais il était trop tard. Il lui raconta ses problèmes au Conseil, Ice l’écoutait mais ne l’entendait déjà presque plus. Le Conseil, Sancerre et ses déboires, tout ça était déjà tellement loin.

Ice regagna sa maison, du passer par la petite porte de derrière puisque le Havre était fermé, rassembla ses quelques affaires en prenant soin de ne pas se charger de nourriture et partit dans la nuit en direction de Gien.

Elle avait choisi Gien parce qu’on ne l’y connaissait pas. Que de voir de nouveaux visages lui apporterait autant que de faire un long chemin. Il ne fallait que quelques heures pour y parvenir et dès son arrivée le village lui paru très accueillant. Elle y croisa même sa nièce Saya qui terminait l’une de ses missions de marchande ambulante. Ice sympathisa rapidement avec Thaumas le douanier qui la reçu à son arrivée, avec Cadom la tavernière de la crêperie du coin, avec un certain Barth qui arrivait à peine en ce village et semblait trainer un lourd passé derrière lui, mais aussi avec une espèce de mufle qui avait peu de considération pour les femmes. Ice riait, Ice les écoutait, Ice sentait parfois une véritable tempête monter en elle face à l’homme qui faisait tout pour la diminuer. Bref Ice vivait sans se demander de quoi demain serait fait, elle le savait déjà, elle avait ses plans et les gardait pour elle.

Au deuxième jour à Gien, elle cessa de s’alimenter. Tenir deux ou trois jours, oui ce sont bien ceux là les plus difficiles, ensuite l’estomac ne réclame même plus son dû, ni l’esprit d’ailleurs. Elle resterait 4 jours à Gien pour ne pas se montrer devant ses amis, 4 jours pour qu’ils ne gardent d’elle que le meilleur souvenir.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 19 Sep 2008 - 7:00

Ainsi, au soir du 4ème jour Ice reprit le chemin de Sancerre. Le voyage lui parut long et pénible tant ses forces l’abandonnaient. La veille elle avait croisé une veille femme en taverne, qui avait écouté l’histoire de sa vie. Elle lui avait remis alors une petite fiole et lui avait murmuré ces quelques mots :

Rien ne sert de prolonger la souffrance, d’autant plus quand elle conjugue celle du cœur, du corps et de l’esprit. Quand vous serez prête et parfaitement consciente de vos actes, buvez ceci.</FONT>

Le 5ème jour Ice pris son temps, flânant dans les ruelles, prenant plaisir à passer un moment avec chacun. Profitant de ses amis, de sa famille. Quand tout le monde eu enfin regagné son domicile, Ice partit sous le clair de lune vers la rivière. Sa grosse pierre plate l’attendait, baignant dans les rayons de la belle dame blanche. Elle admira encore une fois le scintillement des eaux calmes de la Loire puis s’allongea et regarda le ciel tout illuminé d’étoiles. Son étoile Léice avait repris sa place avec la mort soudaine d’Adelphe, si belle, si silencieuse, si attirante.

Ice était calme, en paix avec le monde et avec elle-même. Elle sortit la petite fiole de sa poche et sans même la regarder on ôta le bouchon, le regard fixé vers son étoile, vers son âme sœur qu’elle allait enfin retrouver, intacte, pour l’éternité. Lentement elle porta la fiole à ses lèvres, le goût amer lui tira une petite grimace de dégoût, elle avala le liquide sans lui porter plus d’attention.

Dans la nuit un murmure se mélangea à celui des eaux.


J’arrive mon amour, je viens enfin vous raconter…

La vision de Ice se troubla, elle ferma les yeux. Sous son fin corsage de dentelle, sa poitrine se soulevait encore au rythme de sa respiration régulière…. Une minute, peut-être plus, seul le cours de la Loire traversait le paysage figé. Ice désormais faisait partie de l’éternité.



[ HRP : Merci à tous pour ces deux années riches en amitiés et en émotions. Le livre se referme, sans aucun regret mais avec de merveilleux souvenirs. Place maintenant à la vraie vie, il fait soleil dehors …]
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bragon
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Sam 20 Sep 2008 - 11:57

La rosée du matin piquait doucement les pieds bottés de Bragon. L'herbe brillait malgré le peu de lumière, le temps était couvert comme tous ces jours où le soleil peine à poindre son nez, pour se préparer à son semi sommeil d'hiver. Bragon aimait marcher seul dans ses odeurs, ses couleurs.
Le vieux poètes se laissait imprégner de la nature, des mots qui l'accompagnent. Il allait ainsi sans regarder où, humant l'air et sa rosée.

Il avait revu sa frangine, elle était si affaiblie. Toute la soirée, il cherchait à effacer de son esprit le courrier qu'elle lui avait envoyé, parlant de choix. Il s'était rencontré lors d'un choix. Leur vie n'avait été que faite d'alternance de rires et de colères. Il souriait en repensant à elle, à ses moments si fort. Leur rencontre, leur approche si particulière, puis les premières confidences, rapidement, leur intimitié.
A Sancerre, ils étaient vite passé pour frère et soeur, tant ils étaient proche. Bragon en souriait encore. Et puis, il y eu les jeux, les voyages, les entraides, les colères, la mission de Lems qui l'avait chargé de veillé sur Ice, sur Perlette.

Perlette.... Une délicieuse goutte de pluie qui vivait dans un nuage, entourée d'amies, qui riait, qui dansait. Et puis, le froid arrivant, elle s'était précipité, devenant flocon de neige. Perlette c'était alors posée, dansant riant timidement sur la branche d'un arbre, restant là, sans même regarder cet arbre. L'arbre aimait bien cette neige, elle le protégeait du gel, de l'ardeur des éléments. Il remarque ce joli flocon, Perlette... Mais Perlette, riant autour des autres flocons subit le réchauffement du soleil, elle devint goutte d'eau, et chuta du grand arbre. Après être restée un moment entre ses racines, elle suivit le flot, rejoignant flaques, ru et rivière.

Bragon, tout à ses pensées approchait de la Loire, quand il vit, sortant de la brume, le corps étendu d'une belle femme, sur un rocher plat. Elle semblait endormit, souriante sans doute. S'approchant, il vit son visage. Perlette, était là, souriant à son nouveau destin, tenant dans sa main le laisser passé vers l'au delà, une fiole discrète. Ce n'était plus la rosée qui mouillait le coin des yeux de Bragon, juste un mélange d'espoir pour elle, et de tristesse pour lui. Il s'approcha doucement d'elle, otant sa pelisse pour l'en couvrir, un geste si inutile, mais ô combien appliqué. Il la serra dans ses bras, fortement un long moment, ne pouvant réchauffer ce corp déjà sans âme.

Levant les yeux au ciel, vers Perlette évaporée, il esquissa un sourire en relevant le corps sans vie. Ses lèvres s'entrouvant, il lança doucement:
Merci
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maybee
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Sam 20 Sep 2008 - 17:59

Une sensation de vide, de solitude avait envahit May en pleine nuit, pourtant Bragon était là et elle s'était blottie dans ses bras un peu plus. Plus tard, ce fut la fraicheur des draps qui l'éveilla, et un sentiment profond de tristesse... son bras chercha celui qui déjà était parti. Elle soupira longuement avant de se lever, ne déjeuna même pas, elle avait l'appétit coupé, inexplicablement.
La jeune femme attisa l’âtre et enfila sa cape, l’aube venait à peine de poindre, et elle voulait rejoindre Bragon. Après une longue recherche c’est au bord de la Loire qu’elle le trouva, enserrant sa sœur dans ses bras… Perlette… c’est comme cela qu’il la surnommait… May sourit en voyant la fiole qu’elle tenait dans sa main, non pas que sa mort la réjouisse mais plutôt parce que son amie lui faisait penser à du verre. Pas ce verre travaillé, artificiel et malléable, non, mais le verre brut, sable que de la lave aurait fait entrer en fusion. D’apparence opaque , il faut s’attarder pour voir à travers, et si sa surface est lisse, les bords n’en sont pas moins coupant. Oui… Ice était un peu comme du verre brut, naturel.
May s’accroupit près de son aimé et de celle qui fut sa sœur, elle enserra la fiole dans uen main, et posa l’autre sur l’épaule de Bragon.
Elle posa sa tête dans le creux du cou de son Aimé et lui murmura que oui… Elle allait leur manquer, mais que la vie continuait, c’était son choix…
Après un long moment de silence, elle saisit la fiole qu’elle mit dans sa poche et se releva, enjoignant Bragon à faire de même.


Mon Aimé… et si nous la ramenions chez eux ?


Dernière édition par maybee le Sam 20 Sep 2008 - 20:44, édité 3 fois
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Ysabeau
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Sam 20 Sep 2008 - 18:02

La Loire... La Loire scintillante, le fleuve sauvage, avec ses bancs de sable et ses îles. La Loire... Revenant de Gien, où la mairie l'avait envoyée pour une mission commerciale, Ysabeau décida de faire un détour par la Loire. L'air était vif, on sentait la fraîcheur, le soleil brillait timidement, les arbres commençaient tout doucement à prendre leurs tons d'automne.
La Loire... Au loin, elle vit le fleuve coulant paresseusement, le soleil se reflétant dans ses eaux comme s'il voulait prendre son bain matinal.
Elle marchait, doucement, perdue dans ses pensées.

Au bord de l'eau, elle discerna deux silhouettes familières. Un forgeron qu'elle avait bien connu, un forgeron pour qui son coeur avait battu dans des temps anciens, un forgeron à la haute stature, qui avait été son ami... Près de lui, une fine et gracieuse jeune femme, aux longs cheveux châtains, sa soeur, Maybee, la compagne de Bragon. May était là, ils étaient revenus tous les deux à Sancerre... Pour finir d'emporter ce qui leur restait de leur ancienne vie ?

Bragon était penché sur une forme allongée sur un rocher plat, au bord du rivage. Une forme immobile, sur laquelle, doucement, il posait sa pelisse.
Ysabeau reconnut la fine dentelle du corsage, celui-là même qu'elle lui avait tissé, lorsqu'elle était revenue de Polignac... Ice...

Elle s'arrêta. Immobile. Ne voulant pas croire que...
Elle s'immobilisa. Elle ne pouvait plus avancer.
Elle ne savait plus si...
Ice, son amie Ice... Etait-elle endormie, là, au bord de ce fleuve qu'elle aimait tant ?
Ice... était-elle partie rejoindre son étoile ?
Ice... Elle n'avait pas été là, pour lui dire au revoir, pour lui redire combien elle l'aimait...
Ice... Elle restait là, sans bouger.


Réveille-toi, Ice... s'il te plaît, réveille-toi...
Je t'aime Ice... Je t'aime Ice...
, murmura-t-elle presque malgré elle.

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