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 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack

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astaroth
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Sam 20 Sep 2008 - 18:40

Une semaine bien longue. Ice lui avait confié son désir de retrouver Aristote. Une confidnce qu'il se devait de garder secret pour ne pas rendre plus difficile son dernier voyage. Un voyage direct vers les cieux.


Astaroth avait passé sa soirée en taverne avec quelques uns de ses amis venut pour lui adresser ce dernier au revoir. Malgré la dure fin de soirée qui s'annonçait, ils passèrent une agréable soirée ou les rires se mélèrent aux conversations. Astaroth, Maybee et Bragon se retrouvèrent tous trois dans l'abreuvoir. Malgré le coté mouillé de la scène, ce fut plus agréable que désagréable. Cela faisait des lustres qu'Astaroth n'avait ressentit la fraicheur de l'eau et le "plaisir" de se faire balancer dedans.

Peu de temps apres ce fut ce si difficile "adieu". Ice embrassa chacun de ses amis présents et sortit de la taverne, sans crainte, sans regrets. Maybee, Bragon et Astaroth restèrent la, silencieux quelques secondes, attendant que l'un d'entre eux se manifeste. Après un violent coup de point sur la table, Astaroth rompit le silence. Après quelques échanges, avec ses amis, ils se rassemblèrent en cercle et dans le silence le plus total, chacun envoyait un "merci" destiné à leur Amie. Ils se séparèrent ensuite, Astaroth rentrant chez lui et Bragon et May dans leur direction.

Au lendemain, Astaroth sortit de chez lui, fatigué de sa nuit blanche. Il aurait put aller chez Ice l'empecher de faire ce qu'elle avait à faire, mais il ne voulut pas la decevoir. Il avait promis de ne pas intervenir et de la laisser faire ce qui lui semblait bon de faire.
Il prit le chemin du Havre, une habitude quotidienne, une rose blanche à la main, mais savait très bien qu'il y trouverait simplement une porte fermé à clé, attendant la venue de son nouveau propriétaire. Il voulut entre chez Ice, mais la porte était également fermé. Ice a dut sortir de la ville pour ne pas etre derangée.
Il refléchit un instant, cherchant à se rapeller d'un lieu simbolique pour elle. Il se rapella d'une fois ou il était en foret pour couper du bois, il avait vu Ice et Lems disparaitre pour se retrouver seul. il les avait suivit et les a apperçut dans une petite clairière.
Malgré la fraicheur matinale, Astaroth se hata de s'y rendre, peut etre la trouvera t il la bas. Il croisa quelques jeunes Sancerrois, non soucieux de cet évenement. Il les salua brievement et s'enfonça dans la forêt, les bottes trempé par la rosée matinale. Quelques instant plus tard, il arriva finalement dans cette petite clairière. Cherchant dans les fourets, les hautes herbes, aux pied des arbres entourant la clairière, mais il ne vit personne. Il s'assit un instant, tenant fermemant la rose blanche dans sa main, cherchant ce lieu symbolique dans sa mémoire troublée par la soirée d'hier. Le ciel était bleu mais legèremet caché par les arbres entourant la clairière, pas un seul nuage dans l'air, il resta ainsi quelques instants puis...

Le ciel, les arbres, c'est pas le lieu idéal pour voir le ciel. Et si je me souviens bien, Ice m'avait parlé d'une étoile à la mort de Lems, leur étoile.
Mais ou peut on voir le ciel sans aucun obstacle?

Un instant de réflexion puis une évidence vint à lui. Les rivages de Loire, idéal pour observer les étoiles. Prenant une vive allure il sortit de la clairière et prit la direction des rivages. La proximité de ce fleuve lui permit de les atteindre assez rapidement. Il s'arrêta au bord de l'eau et observa. La fraicheur de la nuit soulevait un épais manteau de brume provenant du fleuve. La visibilité était mauvaise. Astaroth commença à longer La Loire, cherchant désespérément son amie. Soudain, une silhouette apparut dans la brume, se tenant à genoux. Une étincelle de bonheur enivra Astaroth qui pensait avoir trouvé Ice encore en vie. Il se mit à courir, mais au fur et à meure qu'il avançait, la silhouette devenait de plus en plus massive, celle d'un homme probablement et de deux personnes se tenaient à ses cotés. Lorsqu'il arriva sur les lieux, il aperçut Bragon tenant le corps d'une femme dans ses bras, tenant Ice dans ses bras, Maybee à côté de lui, et, un peu plus loin, Ysabeau revenant de sa mission de marchand. Il repris son souffle quelques secondes et s'approcha doucement de l'homme et de sa compagne. Il posa sa main sur leur épaule, cherchant à les réconforter, bien que lui aussi avait un peu de mal à digérer la pilule et dans une voix couverte de larme tendis la rose à Bragon.

Voila ce qu'elle m'a confié de ramener auprès d'elle en ce jour...
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angellobello
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Sam 20 Sep 2008 - 20:17

au retour de moulins angelo appris la nouvelle,il senti un froid dans le dos lui monter.Il regarda vers le ciel et dis:

Ice je t ais tres peu connu,mon pere surement plus que moi.Mais le peu que je t ai vu,je l ai appris a mon retour de moulins.J aurais aimer te connaitre plus.Tu es partis trop vite.

Sur ces paroles il quitta la maison.Le regard triste angelo se rendit chez lui.
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bragon
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mer 24 Sep 2008 - 20:25

Le viel homme relevait la tête vers Astaroth,

merci Astaroth... Mais garde la encore.. Nous allons la porter chez elle...
Kalonig? Vous nous accompagnez?


Bragon se défit de "Faucheuse", la confiant à Maybee, et ne lachant pas le corps sans vie de sa "frangine", il se releva, en un effort qui lui tira un grognement. Il tourna alors le dos à Astaroth qui se proposait de l'aider.

Elle serait son fardeau, il lui ferait une dernière fois traverser les marais fangeux. Comme dans la légende, elle lui semblait de plus en plus lourde, de plus en plus dure à porter. Mais il est des moments, où la sueur qui coule sur un visage noie plus que la rosée d'un matin qui s'enfuit.

De ses pas titubants jusqu' à la dernière demeure de Perlette, il n'en a pas souvenir. Des regards des Sancerrois croisés, non plus. Tout juste entendait il les protestations de Astaroth, qui insistait pour l'aider.

Arrivés devant la porte, Bragon demanda à Maybee de prendre la clé dans sa poche, une clé qui ouvrait toutes les serrures qu'il avait faites. Et c'est sans un mot encore, qu'il l'allongeat sur le lit où elle s'endormait parfois, en tenant la main de Lems, le seul homme qu'elle ait aimé. Puis, il aida Astaroth qui posait la rose entre ses mains, posées sur son giron.

Elle serait belle Perlette.
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Elenchild
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 25 Sep 2008 - 11:02

Depuis que le Havre avait fermé, Elen ne s'était pratiquement plus rendu en taverne. L'endroit lui manquait pour qui pour quoi il ne savait pas. Mais l'ambiance y était chaleureuse et conviviale, un endroit qu'on qualifierai de magique, sans doute grâce à sa propriétaire, celle-ci qui était partit dans une autre ville.

Il marchait le long de la Loire, regardant le fil de l'eau calme et serein. Il repensait à tout les moments de joie qu'il avait vécue et qu'il venait encore de détruire de ses propres mains. Il regarda tout à coup devant lui, le soir naissant, les étoiles s'animent. l'air était frais, mais revivifiant. Que c'était doux de se promener le long du fleuve. Il entendit tout à coup des voix non loin. Des voix connues, il se mit à sourire, l'une des voix n'apprécierait sans doute pas de le croiser, mais il n'en avait cure. Il continuait d'avancer vers ces voix et ces ... sanglots.

Elen ouvrit grand les yeux, quelque chose de grave avait dû arriver. Pourquoi des gens pleuraient ? Il reconnut rapidement Ysabeau accroupie près d'un corps inerte. Ses pieds s'arrêtèrent instinctivement d'avancer. Un jolie visage, une jolie frimousse sur le sol sans vie... Une personne qu'il appréciait beaucoup, pas seulement pour sa taverne, mais pour sa personne en tant que telle. ice sur l'herbe mouillé, reposait dans un sommeil éternel. Aristote l'a rappelé...

Tombant à genoux et se mettant à pleurer également, il n'osa pas s'avancer. Il ne la connaissait pas depuis très longtemps, mais suffisamment pour la regretter. Bragon, Maybee étaient également à ses cotés, les amis de Ice, il ne pouvait pas aller les gêner.
Il regardait la scène dans l'incompréhension total. Elle était encore si jeune comment en est-elle arrivée là ?

Joignant ses mains et sachant pertinemment que le Seigneur ne l''écouterait sans doute pas, il se mit à prier pour l'âme de Ice.
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Georgette
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 25 Sep 2008 - 17:12

[ Suite au bug d'il y a quelques jours mon post a été supprimé mes actions se passent donc un peu avant celles du dernier post de Bragon Wink]

[ Quelques parts au milieu des fleurs et des vaches]


Saya était adossée à un vieux chêne, ses yeux fixaient sa main dans laquelle se trouvait ce petit médaillon qu'elle aimait tant observer. Elle leva les yeux au ciel et se rendit compte que de gros nuages commençaient à l'obscurcir. Elle avait décidé à prendre un peu de recul vis-à-vis de Sancerre, il lui fallait de l'air nouveau pour réfléchir, pour faire un point sur sa situation qui commençait très lentement à lui échapper.

Elle avait donc premièrement accepter de faire du commerce avec la ville voisine, Gien. Elle aimait beaucoup cette ville pour y être allé régulièrement et y avoir rencontré des personnes charmantes.
Elle avait donc accepté sans hésitation quand Terwagne lui avait proposé. Elle avait fait son balluchon, quelques miches de pain, quelques pièces de monnaie pour se payer à boire et en route.
Elle était loin de se douter qu'elle resterait bloquée à Gien pour plusieurs jours. Mais plus elle y pensait et plus elle croyait que c'était un signe du destin. En effet, le soir de son arrivée dans la dite ville elle avait rencontré sa tante, Icefly, en taverne. Toutes deux avaient conversé de choses et d'autre. Puis la femme pour qui elle avait tant de respect, la femme qui était pour elle un modèle lui avait annoncé son envie de rejoindre le paradis solaire. Après avoir dégluti difficilement la jeune femme avait demandé à Ice si elle avait bien réfléchi et si elle était sûre que c'était ce qu'elle voulait vraiment. Comme elle avait répondu par l'affirmative elle n'avait pas insisté et avait profité de son séjour à Gien pour passer un maximum de temps à ses côtés .Même plus les jours passaient plus il lui était difficile de la voir s'affaiblir...Une fois les transactions finies elle avait du replier bagages à toute vitesse et rentrer sur le champs à Sancerre, elle avait des engagements à respecter...

De retour à Sancerre, elle avait fait de son mieux pour se montrer souriante face à tout le monde, se montrer forte pour ses amis, pour sa famille, pour Sancerre. Étrangement elle n'avait jamais été aussi déterminée, en effet elle était prête de se jeter corps et âme pour le bien de sa ville. Elle voulait un Sancerre actif, un Sancerre accueillant, un Sancerre uni... Quelques idées bourgeonnaient déjà dans sa tête, il faudrait maintenant les mettre sur pied!
Après quelques jours elle avait pris la route avec Hugo et quelques autres, l'épée à la main...

C'est donc pour cela qu'elle se trouvait sous un arbre, dans un endroit qu'elle ne connaissait pas et qu'elle fixait un morceau de métal avec trois petits lettres gravées dessus.

Soudain elle sentit quelque chose se déchirer en elle, comme un manque en elle. Elle ne se demanda pas une seconde ce que cela signifiait. Elle se leva d'un bond, remit son collier autour du cou, et jetant un œil au ciel qui était de plus en plus menaçant rabattit sa capuche sur sa tête. Elle sauta sur le dos de Tonnerre, sa jument, et tira sur ses mords direction Sancerre. Elle chevaucha à brides abattues pendant toute la nuit, des larmes qu'elle avait trop longtemps refoulées roulant sur ses joues.

[Sancerre]

Enfin elle aperçut la colline sur laquelle se perchait sa ville. Elle fit ralentir Tonnerre à l'approche de l'entrée de la ville, elle salua d'un signe de tête les gardes somnolents et pénétra dans Sancerre. Le jour s'était levé depuis déjà quelques heures et pourtant il y avait très peu d'activité dans les rues qu'elle parcourut. Elle passa par le marché où se trouvaient déjà quelques badauds et leurs murmures confirmèrent ses craintes.

Elle parcourut la ville et au coin d'une rue son coeur se serra, elle savait que dans quelques secondes elle apercevrait le Havre, fermé...

Elle descendit de sa monture et avança, s'arrêta devant la maison de Ice posa sa main sur la porte et essaya de tourner la poignée... La porte était fermée!
La jeune femme fut soulagée, elle ne désirait pas voir le corps de la femme qu'elle admirait tant sans son âme, sans ce qui faisait d'elle la personne qu'elle était. Elle sécha une larme qui venait de poindre au coin de son oeil droit et pensa en son fort intérieur:
«  Elle a surement rejoint le ciel et brille à coté du soleil... et si depuis ce soir là je pleure c'est qu'il fait froid dans le fond de mon coeur. »

Un rayon du soleil vint caresser son visage, séchant ses joues encore humides d'avoir tant pleuré. Elle espérait que ce signe était signe d'espoir.

Elle avait tant besoin de lui, de se serrer dans la chaleur de ses bras, d'écouter son coeur qui bat et de pleurer toutes les larmes de son coeur. Mais il n'était pas là... Elle devrait être forte mais elle avait peur de ne plus tenir bien longtemps...

Elle flatta l'encolure de sa jument et lui murmura à l'oreille: «  Viens, on rentre chez nous ».
Et c'est la tête baissée qu'elle passa devant de nombreux villageois de Sancerre qui ne se doutaient même pas de la tristesse qui pouvait l'habiter...

En rentrant chez elle, elle raccompagna Tonnerre dans l'écurie et puis poussa la porte de chez elle. Elle salua ses enfants sans un mot, craignant de se mettre à pleurer si elle ouvrait la bouche. Ensuite, elle s'assit avec une extrême lenteur à la table de sa cuisine, prit un parchemin et se mit à écrire.

Lui au moins il comprendrait... et elle avait parfaitement raison!


Dernière édition par Georgette le Jeu 25 Sep 2008 - 17:25, édité 3 fois
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Ysabeau
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Jeu 25 Sep 2008 - 17:13

De loin, discrètement, Ysabeau avait suivi Bragon, Maybee et Astaroth. De loin, ne voulant pas déranger, ne voulant pas s'interposer.
Ice rentrait chez elle. Pour la dernière fois, Ice rentrait chez elle.
Bragon portait la jeune femme inerte, fardeau dans ses bras. Maybee tenait Faucheuse, Asta, portant une rose...
Bragon ouvrit la porte, Ysabeau le vit par la fenêtre poser doucement Ice sur son lit. Son visage était calme, serein. Astaroth posa sur sa poitrine, entre ses mains, une rose, une rose fraîche.
Ice...

La porte était restée entrouverte. Ysabeau entra silencieusement, timidement.
Elle était belle, son amie. Belle, comme endormie, un léger sourire sur ses lèvres fermées.
Elle était belle. Elle avait rejoint son étoile.
Lems et elle ne seraient jamais plus séparés.

Ysabeau avait le coeur battant. Une page de l'histoire de Sancerre se tournait, un livre se fermait. Coeur battant, coeur serré.
Mais Ice avait choisi. Ice était heureuse, elle n'en doutait pas.

Elle restait immobile, contemplant la silhouette allongée sur le lit.

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jelubir1
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Ven 26 Sep 2008 - 23:34

Depuis, quelques jours, Jelubir guettait autour de la maison de son amie, disparue subitement. Une étoile avait brillée plus fort à la fin de l'été ; il sut qu'elle avait accompli son voeu : rejoindre le firmament et toujours briller, par dessus les toits et les gens, prodiguant une lumière porteuse d'espoir et d'amour.

Il vit par une fenêtre ouverte une silhouette affligée, immobile, pâle. Il reconnut ausitôt Ysa. Il entra discrètement, se glissa à ses cotés et se joignit à son recueillement. La chevelure d'Ice etait étalée sur l'oreiller : sans vie, elle semblait encore présente, vivante ? Non, Jelu, pas de faux espoir, elle ne reviendrait jamais de là d'où l'on ne revient pas.
Jelubir se recueilli donc, regrettant le départ prématuré d'Ice : elle ne saurait jamais qu'un petit jelu et/ou un petite Ary allait peut être bientôt voir le jour. Il poussa un soupir.
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astaroth
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Dim 28 Sep 2008 - 17:36

Les voila arrivé dans la demeure d'Ice. Malgré son insistance, Bragon tenait lui même à porter Ice seul jusque chez elle. Ils la déposère sur son lit et Astaroth vint déposer la rose immaculée entre les mains jointes de Ice sur sa poitrine. Elle était sublime, souriante, appaisée. Astaroth l'avait comprit parfaitement dans sa démarche. Il avait essayé de la retenir, mais rien n'y faisait, elle avait fait son choix. On la voyant ainsi, Astaroth regretta d'avoir voulut la retenir, elle semblait heureuse et c'est ce qui lui fallait. Ysa vint les rejoindre ensuite suivit de Jelu. Ice avait de nombreux amis et ces amis étaient venu la rejoindre chez elle pour son dernier voyage. Dernier voyage qu'elle prit seule. Astaroth resta la, à la contempler, une des dernières fois.
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bragon
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Lun 29 Sep 2008 - 11:29

Loin, dans le BA, au bord d'une rivière

Qu’il est bon à la peau de sentir la caresse maternelle du soleil à l’entrée de l’automne. C’était la seule chose qui semblait atteindre l’homme étendu en bordure du cours d’eau, qui écoutait le silence de la nature, loin du brouhaha des villes, des cris du marché.
Les yeux d’où partaient les sillons de l’âge et des rires étaient fermés face au soleil trop fort de ce dimanche, et les lèvres semblaient à peine closes, pour ne pas forcer. Seule la poitrine puissante de l’ancien forgeron en rythme lent et régulier montrait qu’il était encore bien vivant.
Oui, bien vivant, il l’était assurément. Chaque jour, la vie lui souriait au travers du visage d’une possible impossible. Son regard avait la chaleur de ce soleil, et sa peau, plus douce que la plus douce des herbes que Nature puisse créer. Son rire plus que tout, trait de son vif esprit mettait en éveil le cœur de l’homme. Si le soleil caressait sa peau, la pensée de Kalonig, lui caressait l’âme.
Ses cheveux en bataille, tenus par un lien bleuté, de ce bleu dont elle se vêtait, en souvenir de lui, reposaient sur le tapis herbeux, et de sa barbe fournie semblait sortir un murmure. Ce murmure semblait une prière, une douce prière non pas à son aimée, qui prenait tant de place en son cœur, mais une prière à Aristote, qui accueillait sa Perlette, sa sœur ô combien aimée, qui le rejoignait, pour échapper à la tristesse d’une vie devenue infiniment triste.
Perlette, vive elle aussi, était devenue aux yeux de chacun sa sœur, comme une évidence, comme la seule vérité possible à leur complicité. Perlette, qui au bord d’un fleuve, avait laissé son corps en repos, une fiole assassine à la main. Perlette, qui redevenue vapeur dansait maintenant dans les nuages.
Deux femmes pour un homme, deux femmes si proches, si rieuses. Une à la complicité fraternelle, et l’autre, si différente, si aimante. Bragon souriait maintenant, comparant chacune d’elle, riant presque de leur similitude, de ces menues différences qui pourtant font de l’une son aimée, son unique.

Plus tot, à Sancerre

Après une trop longue veillée, le moment d'innumation approchait, il fallait que le curé soit présent, que l'église soit là pour l'accueillir, elle qui fut baptiser en même temps que Joanna, autre étoile filante dans le firmament de Sancerre.
Bragon s'enquit de trouver le curé... pour organiser un enterrement, simple, mais juste.
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Ysabeau
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 30 Sep 2008 - 15:59

Un regard, un dernier regard sur celle qui reposait, calme, presque souriante, apaisée et belle, si belle...
Un dernier regard sur sa mèche folle, sur ses paupières closes...
Elle se tourna vers Bragon... Maintenant, il fallait... il fallait se rendre à l'église St Jean, trouver le curé. Nethrandir était son filleul, elle allait lui écrire, lui expliquer.

Oui... Ice... ils lui diraient un dernier adieu, à l'église où elle avait été baptisée, à l'église qu'elle fréquentait peu, mais qu'importe ? Son âme était pure.

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Terwagne
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 30 Sep 2008 - 20:13

Longtemps elle avait, non pas hésité, mais tenté de trouver en elle le courage d'aller jusqu'à entrer, adresser un dernier regard à Ice.

Elle faisait partie des gens qui pensent qu'il n'est guère besoin de venir se placer durant X minutes devant la dépouille de quelqu'un pour se recueillir, y penser... Le chagrin, chacun le vit comme il peut, en silence ou non, en secret ou non, partagé ou solitaire...

Des pensées vers Ice, elle en aurait encore pendant longtemps, tout le reste de sa vie sans doute, et de la tristesse elle en éprouvait comme tous les autres depuis la triste nouvelle, et en éprouverait encore longtemps, que cela se sache ou pas importait peu.

Pourtant, allez savoir pourquoi, ce soir-là, alors que sans doute les obsèques ne tarderaient plus, elle se rendit au numéro 94 et y entra en toute discrétion, sans dire un mot, saluant à peine d'un hochement de tête presque imperceptible les quelques personnes présentes.

Elle ne s'attarda pas, ferma juste les paupières un instant très bref, frôla la main pâle de celle qui avait décidé de les quitter, puis sortit comme elle était entrée, sans un bruit.
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Vulcaine
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Lun 8 Déc 2008 - 20:50

Un jour d’évasion à Sancerre, un jour pas comme les autres qui marque le début d’une vie pleine de promesses. Vulcaine qui jusque là se contentait de regarder les vas et viens des amis de sa tante, tapie dans l’ombre pour que l’univers garde tout son mystère décida qu’elle devait enfin pousser la lourde porte à deux battants qui sépare la taverne du Havre des appartement privés de sa famille, comme un signe que la grande roue tourne et tourne toujours.

Il lui fallu attendre le soir pour trouver le courage de sortir la clé forgée de sa poche. Lentement le cœur battant, elle l’approcha de la serrure et la tourna d’un tour sur la droite. Le mécanisme ne s’était pas grippé avec le temps. Du plat de la main elle poussa la porte et s’engagea dans le grand escalier à la lueur d’une chandelle. Chaque marche craquait, reprenait vie sous le poids pourtant si léger de Vulcaine. Ses bottes laissaient une trace de son passage dans la poussière, tout semblait figé ici, le temps avait du s’arrêter le jour où Ice avait pris la fatidique décision. Le souvenir de cette tante qu’elle avait peu connue restait pourtant bien ancré dans sa mémoire. Vulcaine arriva en haut de l’escalier, un long couloir décoré de tableaux peints de la main de sa tante s’étalait devant elle. Elle sourit en pensant que si elle n’avait pas pris le caractère posé de sa tante, elle en avait quand même hérité de son talent pour l’art. Vulcaine était encore si jeune pour jouer aux sages, et pourtant déjà, depuis qu’elle avait quitté la forge de son père, elle avait tant changé. Un homme avait su la tempérer et calmer ses ardeurs de jeunesse.

Elle pénétra dans la salle de vie, alluma quelques autres chandelles et aussitôt les couleurs s’emblèrent s’animer. Vulcaine souriait, elle se sentait un peu comme chez elle ici. Rapidement elle ouvrit la fenêtre pour changer l’air, alluma un feu dans la cheminée et resta quelques instants à regarder le village derrière la croisée refermée. Sancerre en ce jour était si calme, mais cette fois ce n’était pas pour lui déplaire. Quand elle se retourna enfin, elle découvrit sur une chaise dans un angle de la pièce, un drôle de chapeau pointu. Elle ne résista pas longtemps avant de le poser sur sa tête et sautilla jusqu’au miroir posé au dessus de l’espace de toilette. L’objet lui donnait un petit air malicieux, laissant apercevoir ses grands yeux rieurs. Vulcaine releva son menton pointu, retroussa le bout de son nez, fit quelques petites grimaces en riant doucement devant le miroir et repartit à la découverte des objets que sa tante lui avait laissé en héritage. Des piles de parchemins griffonnés témoins d’un laborieux travail, un long bâton sculpté à son effigie, fallait-il que l’artiste ayant réalisé cette œuvre soit imprégné de son image, des pots en terre cuite contenant toutes sortes d’herbes et mélanges de fleurs posés sur des étagère. Tout à coup il lui revient en mémoire qu’elle avait promis l’après midi même à Ysabeau de laisser la recette de l’Iceberg à Sancerre. Vulcaine s’assit à la table de travail de sa tante et rédigea une copie de la recette qu’elle remettrait à sa cousine Saya, si elle n’oubliait pas encore.


Citation :
Prendre de la liqueur de poire (liqueur exclusivement)
Eplucher et couper en fines rondelles du gingembre frais (ne pas hésiter sur la quantité)
Laisser macérer un bon mois en remuant de temps à autre
Une fois ce délai écoulé, ajouter un bon bouquet de feuilles de menthe fraiches. Les retirer avant que le breuvage ne se trouble, c'est-à-dire environ une semaine.
Attention très important : ne jamais boire d’alcool de poire sec après avoir bu de l’Iceberg. Il a été constaté un fâcheux effet retardant et persistant chez ces messieurs.

Vulcaine sourit, en écrivant ces derniers mots qui lui rappelaient son oncle. Elle se leva, plia le petit parchemin et le glissa dans son corsage puis entendant déjà des voix au Havre, s’empressa d’aller rejoindre ses vieilles connaissances.
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Vulcaine
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Lun 10 Aoû 2009 - 18:05

De longs mois s’étaient écoulés. Vulcaine était repartie pour Gien sa ville d’adoption et y avait vécu quelques temps. Que n’avait-elle fait ce choix de quitter Sancerre ! Ce n’est que bien longtemps plus tard qu’elle se rendit compte que c’était et resterait sa seule et unique patrie.

De ce passage par Gien elle n’en retiendra que l’image d’un homme, d’un visionnaire, qui aimait à tromper son monde et qui de surcroit le regardait de haut. Quoi qu’il en soit, elle eu la plus mauvaise idée de sa vie en le suivant vers les terres ensoleillées de la Provence. Ce fut un long et éprouvant voyage. Usant quelques paires de bottes et perdant son paquetage dans les mains d’un brigand. Cette histoire Vulcaine en sourit aujourd’hui. Elle fit preuve dans cette affaire d’une malice qui la surprit elle-même. Le lendemain de son agression, elle s’arrangeât pour faire parvenir une lettre au brigand qui lui avait tout pris pour lui fixer rendez-vous dans un village voisin. Elle fut tout d’abord surprise qu’il réponde à l’invitation, mais plus encore quand il lui rendit tout son bien avec une épée en prime…. Force de persuasion … Un trait de caractère supplémentaire qu’elle se promit d’utiliser à nouveau si l’occasion se présentait.

A peine quelques jours passèrent à se dorer au soleil en écoutant chanter les cigales avant que le visionnaire ne se révèle dans toute la splendeur de son hypocrisie. Vulcaine qui en avait assez enduré déjà, le laissa là et tourna les talons sans jamais se retourner et sans aucun regret. Un soir alors que le mistral glacial de l’hiver lui traversait le corps, elle alla chercher refuge vers le couvent le plus proche. Les nones l’accueillirent avec douceur et chaleur mais l’enfermèrent à double tour dans sa cellule jugeant de par son caractère volcanique qu’elle était un danger pour les âmes perdues. Et c’est ainsi qu’elle resta huit longs mois enfermée, oubliée dans cet endroit coupé du monde.

Un matin, alors que des pluies diluviennes inondaient le cloitre, on vint ouvrir sa cellule située dans les contrebas de d’édifice afin de la mettre à l’abri. Vulcaine en profita pour assommer la none qui l’accompagnait et détala à toutes jambes à travers la garigue.

Elle n’avait plus qu’un objectif…. Sancerre.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 11 Aoû 2009 - 9:00

Elle marcha et marcha longtemps, traversant des villages tous plus déserts les uns que les autres. Que le royaume avait changé en si peu de temps ! Elle se rendit à l’évidence que nombre de villages avaient perdu peu ou prou la moitié de leurs habitants. Les vieux étaient enfermés dans d’étranges maisons de retraite d’où l’on se demandait s’ils n’en sortiraient jamais plus. Les quelques rares villageois que la soif taraudait n’avait pas l’entrain et la vigueur qu’elle avait connu autrefois. Mais Vulcaine avançait toujours vers Sancerre. Elle commençait à se dire que s’il fallait qu’elle reprenne tout à zéro comme l’avait fait sa chère tante, et bien elle le ferait et passerait ses journées à animer les tavernes, à former les nouveaux arrivants pour leur donner goût à cette vie peu facile mais combien intéressante.

Elle fit une halte de quelques jours à Vienne, ville qu’on lui avait conseillé de croiser. "L’endroit y est plus vivant" lui avait-on dit. Elle n’y trouva rien de tel. Elle s’y arrêta pourtant une bonne semaine mais les tavernes et la halle restaient obstinément désertes. Elle y croisa enfin un jour une vieille connaissance de Sancerre, déprimée, qui avait elle aussi perdu sa petite flamme. Rien ne servait de rester plus à Vienne, Vulcaine d’une traite fit le chemin jusqu’à Cosne.

Au petit matin, épuisée, elle poussa la porte de la première taverne venue afin de se réchauffer un peu. Comme toujours le village semblait dormir de son sommeil le plus profond mais certainement pas le plus réparateur. Vulcaine s’assoupit sur le banc dur et couvert de poussière.

Combien de temps de sommeil s’octroyât-elle ? Certainement assez pour faire face à l’homme qui venait d’entrer en poussant la porte à la volée. C’était un homme jeune mais de forte stature, un de ces hommes qui vous imposent le respect d’un seul regard. Dérangée dans son sommeil, Vulcaine était d’une humeur massacrante et l’homme pouvait bien être le plus grand ou le plus fort, elle lui vola dans les plumes au premier mot qu’elle jugea discourtois. Malgré ça, s’en suivi une journée animée qui dénotait d’avec les précédentes. Une bonne journée comme elle les aimait à rire et à jouer à qui serait le plus malin du chat ou de la souris. Elle apprit un peu à le connaitre, et à lui faire dire quel destin il comptait rencontrer. C’en était même inquiétant parfois tant l’homme voyait loin et était déterminé. Elle pensa à Sancerre, aux siens et pactisa avec la brute, obtenant sa parole pour vivre en paix et agir à sa manière pour que vive le village.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mar 11 Aoû 2009 - 9:51

Quelques lieues, oui à peine 4 lieues pour arriver à Sancerre qu’elle voyait déjà se dessiner sur le bleu pâle de l’aube brumeuse. Son pas se fit plus rapide qu’à l’ordinaire dans la plaine qui longeait la Loire. Arrivée aux pieds de la colline, entourée du parfum subtil des raisins chauffants au soleil, Vulcaine s’arrêta un instant pour contempler son village haut perché que les remparts couronnaient. Elle entendait le martellement des pics de bois que les moines inlassablement enfonçaient dans la pierre pour en extraire quelques blocs qui partiraient vers Bourges. Les odeurs n’avaient pas changé, l’apparence du village était rassurante, tout était si calme vu d’ici.

Vulcaine se pressa pour gravir cette côte qui essoufflait plus d’un voyageur et enfin elle passa la porte nord. Elle croisa quelques têtes inconnues qui choisissaient avec soin les plus beaux fruits ou légumes sur la place du marché. En y jetant un coup d’œil elle remarqua d’ailleurs qu’il avait fière allure ce marché, rien ne manquait vraiment, rien n’était étalé à profusion non plus. Enfin tout au bout de la ruelle, avec ses murs recouverts de lierres et ses fleurs aux rebords des fenêtres le Havre apparut. Son refuge… Elle comprit rapidement en voyant l’extérieur entretenu que sa cousine Saya prenait toujours grand soin de son héritage. Quand à celui de Vulcaine qui était la maison attenante à la taverne, dénotait d’un abandon certain avec ses volets un peu de travers, ses fissures lézardant les murs et l’herbe folle qui s’insérait déjà dans les interstices.

Elle entra enfin dans la fraicheur accueillante du Havre en ce jour caniculaire de l’été. La longue table trônait au centre de la pièce. Quelques chopes vides et deux chaises dérangées dénotaient d’un récent passage. Vulcaine s’affala sur le banc qui longeait le mur, posa son baluchon à terre et respira profondément. Elle était enfin arrivée au terme de son long voyage, bien décidée à ne plus bouger d’un moment.

Rapidement les clients se succédèrent, assoiffés qu’ils étaient par le travail de leurs champs. Des voyageurs aussi, que l’ascension de colline avait terrassés. Parmi eux un très jeune homme venu de Sémur, avec lequel Vulcaine allait se lier rapidement d’amitié. Il avait le même caractère vif et impétueux qu’elle, s’en suivit un jeu étrange de qui taperait sur l’autre le plus fort. Elle revit aussi avec grand plaisir sa cousine et quelques anciennes têtes du village. Le Havre se remplissait et de désemplissait, le Havre vivait… le village vivait.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mer 19 Aoû 2009 - 9:58

Déjà quelques semaines que Vulcaine était redevenue Sancerroise. Sa cousine Saya qui comme chaque année partait quelques jours à Noirlac, lui avait fait l’immense plaisir de lui confier le Havre et c’est non sans une certaine appréhension et un petit pincement au cœur qu’elle prit place derrière le comptoir. Rapidement elle trouva la bonne organisation, ouvrant assez tôt le matin pour accueillir ses clients les plus matinaux. Tous les jours Lohengrin était le premier. Vulcaine ne comprit jamais comment il se débrouillait pour débarquer au moment où elle était le moins présentable avec ses cheveux en bataille et ses yeux encore tout emplis de sommeil. Remarquez il ne valait pas mieux avec sa robe froissée et son allure à sortir de sur les ailes d’un moulin à vent. Ils se réveillaient en partageant un vin d’Arabie, ou deux…ou trois… et quand enfin ils y voyaient plus clair, chacun reprenait le cours de son existence.

Ensuite arrivait souvent Maud, sa petite protégée qui s’intégrait doucement à la communauté sancerroise. Le Maire régulièrement venait la saluer et voir si « sa fouine » comme il aimait à l’appeler, n’avait pas quelques nouvelles croustillantes à lui offrir.

Vulcaine s’amusait follement à taquiner certains, oui à écouter les petits malheurs des autres. Mais elle jetait régulièrement un petit coup d’œil vers la porte. A force de coups, de griffures, de piqures contre Johan (Piyen/Ulrich) ces deux là s’étaient rapprochés jusqu’à ne plus afficher leur opposition qu’en public. Déjà par respect des convenances vu qu’il avait déjà une promise et qu’il eu été déplacé de jeter leur amour à la face de cette dernière. Et puis un jour Johan prit une décision, ultime décision contre Lilouna sa promise….il l’a quittait. Il promit fidélité et attention à Vulcaine qui se demandait ce qui lui tombait encore sur la tête. Une ancienne histoire de cœur l’avait conduite pendant des mois chez les nones. Elle n’en gardait aucune blessure mais une grande méfiance à l’encontre des hommes. Et puis il était si jeune, si écervelé, si impulsif, si…. Il fallait à tout prix que Vulcaine garde la tête froide pour ne pas tomber de haut un jour, aussi c’est avec un certain contrôle de ses sentiments qu’elle s’engageait à ses côtés.

Elle ne voulait pas le blesser en lui avouant son manque de confiance. Après tout il lui avait donné une grande preuve d’amour en quittant Lilouna. N’avait-il pas aussi mis sa vie en danger en allant sur la lice pour défendre son honneur ? Mais elle l’observait, scrutait chacun de ses gestes, de ses regards…ses regards qui se posait avec une attention particulière sur quelques jupons de passage….. Et puis il y avait eu la scène de Lilouna en taverne et là Vulcaine en avait apprit de belles sur la dame et leur relation. S’il avait passé ce temps avec une fille qui se vendait et qui avait cru en eux c’est qu’il pouvait tout aussi bien simuler ses sentiments envers Vulcaine. Elle était donc bien décidée à ne pas se jeter à cœur perdu dans un amour unilatéral.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mer 19 Aoû 2009 - 16:45

Ulrich frappa, s'essuya les bottes, et entra sans attendre de réponse... Après tout, n'était-il pas un peu chez lui?
Heu... Non, il ne demanderait pas confirmation de cette pensée à la tavernière qui le mettrait dehors sur le champ, avec un coup de pied placé de manière stratégique...

Il trouva la belle assise à écrire,ce qui l'étonna fort, diantre,elle avait donc de l'éducation!
Fier d'elle, il l'embrassa sur la nuque...
Puis il se mit face à elle, bien droit...


Dame, nous avons un problème!
Un trèèèèssss gros problème!


Votre dernier tonneau d'iceberg vient d'être volé!
Nous nous devons de retrouver les coupables, pour vous d'abord, mais aussi, pour Sancerre, et pour l'honneur, et la gloire de votre village!


Mouvement de bras tragique...


Allons mener enquête auprès des villageois, voulez-vous?


Dernière édition par Ulrich le Mer 19 Aoû 2009 - 18:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mer 19 Aoû 2009 - 17:16

Vulcaine fut d’abord surprise d’entendre des pas dans l’escalier mais n’y prêta pas plus d’attention soupçonnant ses clients de jouer un peu bruyamment. Un baiser dans le cou…. Alors là c’était autre chose et c’est d’un bond qu’elle pivotant sur sa chaise pour faire face à son bisouteur sans gène. Son sang avait déjà fait un tour complet et les mots brulants étaient au bord de ses lèvres. Elle vit alors Ulrich qui lui faisait face. Elle referma la bouche et son rictus de colère se transforma bien vite en un sourire des plus doux.

Il ne lui laissa pas le temps de l’accueillir que déjà, gesticulant dans tous les sens comme si une catastrophe venait de toucher le royaume de plein fouet était survenue, il lui racontait le drame qui venait de se produire.

Quelques mots, oui à peine deux mots fusèrent dans le cerveau de Vulcaine : VOL….ICEBERG


Alors là c’en était trop. Il fallait à tout pris trouver le ou les coupables de ce crime qui ne resterait pas impuni.

Que me dîtes-vous là Ulrich ? Non vous avez du rêver, ce n’est pas possible ? Déjà hier on m’a vidé le contenu de celui qu’il y avait au Havre et aujourd’hui vous venez me dire que le dernier s’est envolé comme par enchantement ? NORF DE NORF.

Vulcaine se redressa sur ses deux pieds, main à la garde de son épée, prête à mettre le monde en pièce pour retrouver son précieux breuvage.

Venez Ulrich, je ne laisserais pas passer un tel affront et s’il faut passer au peigne fin toutes les maisons de Sancerre nous le ferons. Foi de Vulcaine ça va chauffer….
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Mer 19 Aoû 2009 - 18:06

Ulrich marcha en réfléchissant, pas que marcher lui éclaircissait les idées, mais il avait lu quelque part que Socrate faisait ainsi... il s'imagina revêtu d'une toge blanche, écouté et admiré par une dizaine de disciples...

Les idées ne venant pas il s'assit, et se gratta la tête...


Mhmm équipons-nous de bâtons, et visitons les Sancerrois susceptibles d'avoir commis un tel forfait... on reconnaitra aisément le coupable, si c'est un homme, à la forme de ses braies, si c'est un homme...
Vous m'avez bien dit que l'Iceberg contenait une grande quantité de gingembre, non?


Ulrich sortit une feuille de vélin, et entama une liste...
Il inscrivit un premier nom; mais son inspiration s'arrêta là...
Il tendit la liste à Vulcaine...

Citation :

Liste des personnes notoirement malhonnêtes de Sancerre


Macgyver59


Qu'en dites-vous, la belle? Pour l'heure, je n'ai que lui en tête, mais comme il est notoirement corrompu... Et pis avec tous ces rats qu'il a dans la cave, qui lui obéissent au doigt et à l'œil, ça, c'est forcément suspect...

Ladite belle acquiesçant, Ulrich lui ouvrit la porte, ils sortirent, et ils se rendirent
chez le Maire de Sancerre...
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Sam 29 Aoû 2009 - 9:07

Un matin comme un autre, une aube brumeuse qui s’étalait aux pieds de la colline comme une couverture douillette, un Sancerre encore endormit derrière les volets clos. Le coq semblait prolonger sa nuit lui aussi. Pas un bruit, pas un souffle d’air. Vulcaine aimait cet instant de la journée plus que tout autre. Instant de solitude, instant de paix intérieure avant que la tempête ne se réveille en elle.

Ces dernières semaines passées à Sancerre lui avait offert de grands moments de bonheur mais aussi d’oisiveté et pour cette guerrière le temps de remettre en route l’esquisse de son destin était arrivé. Bientôt elle reprendrait la route, et cette fois chevauchant à deux. C’était un pari risqué dans lequel après maintes réflexions elle s’était engagée. Ils rejoindraient d’autres hommes et d’autres femmes, tous en arme pour défendre une justice ou un duché. L’idée de rencontrer de nouveaux visages lui plaisait assez mais plus encore celle de ne former qu’un corps mis au service d’une cause.

Elle savait qu’elle reverrait le berceau de sa famille un jour. L’imprenable petite citée l’avait attendue et l’attendrait encore. Elle sourit en imaginant quelques visages que le temps aurait sculptés avec adresse, comme un artiste passant sa vie sur une seule et même œuvre.

Son destin se dessinait bien au-delà des frontières du Berry, aussi, ne sachant si elle repasserait bientôt en ce lieu, Vulcaine entreprit de rassembler quelques affaires dont elle ne voulait se défaire. Il serait toujours temps d’envoyer un serviteur ou un jeune gueux avide de voyages pour les lui rapporter. Les malles* avec les jupons soyeux et dentelés de sa tante Ice. Sait-on jamais… il est des circonstances où il faudra bien se résoudre à porter autre chose qu’une tenue courte et légère plus appropriée au combat. Elle rajouta une poignée de colliers de perles, un vieux chapeau pointu qu’elle affectionnait particulièrement tant il était ridicule et passé de mode, mais il portait en lui tant d’histoires. Elle devait y laisser aussi son fidèle bâton qui l’avait bien souvent sortie de mauvaises passes. Mais cette fois elle ne partait pas à la conquête des chemins du sud pour le plaisir des yeux. Il fallait s’équiper plus lourd et comme l’avait prédit son père le forgeron, son arme était venue à elle parce qu’elle l’avait méritée.

Il était temps, enfin le coq envoya sa première note d’une voix enrouée. Vulcaine rassembla les malles dans un coin de la pièce de vie, jeta un rapide coup d’œil circulaire pour vérifier qu’elle n’oubliait rien de vraiment nécessaire, ferma les volets et descendit le grand escalier qui rejoignait le Havre. Elle sentait le départ très proche à présent et en elle bouillonnait un feu incontrôlable. La journée promettait d’être longue et difficile pour ceux qui la croiseraient…


*malles avec deux ailes, pour mieux voler! (message d'un correcteur qui sourit de voir certaines fautes perdurer)
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   Dim 25 Juil 2010 - 12:34

Il y a bien bien longtemps, sur un champ de bataille dans le Languedoc

« Berrichons ! » avait crié le Capitaine « même si l’armée du Rouergue est en perdition, nous allons leur montrer de quel bois nous nous chauffons ! »

Les quelques berrichons envoyés à l’abattoir par un Duc ne visant que ses intérêts avaient foncé épées en avant, n’écoutant que leur courage et la force qui les unissait. L’affrontement fut violent et deux d’entre eux perdirent connaissance, laissés pour morts au milieu des corps mutilés de leurs adversaires.

Vulcaine s’était battue comme une lionne. Son épée pourfendait l’ennemi pour l’honneur du Berry, jusqu’à ce qu’elle ressenti une vive douleur lui transpercer le dos et dans un même temps l’épaule, les jambes, et un violent coup sur la tête. Les lâches ! Ils s’y étaient mis à plusieurs et par derrière pour venir à bout de la menue dame à la lame affutée. Le monde se mit à tourner autour d’elle, les bruits se firent feutrés, elle ferma les yeux sur un paysage mouvant rouge sang et perdit connaissance.

Son réveil fut difficile sur le plan physique que psychologique. Elle souffrait le martyre de ses multiples blessures mais là n’était pas le pire. Les visages qui se succédaient à son chevet lui étaient inconnus. Elle essaya de faire bonne figure espérant à chaque instant retrouver la mémoire. Un jeune homme, Ulrich, s’emblait être plus proche d’elle que les autres. Elle se raccrocha à lui pensant qu’il la ramènerait lentement vers ses souvenirs. L’armée berrichonne du prendre le chemin du retour, la laissant dans un village inconnu, seule avec des personnes hostiles. Elle se cloitra dans la tente de fortune qui lui servait d’abri et d’infirmerie. Elle y passa de longs mois jusqu’à ce qu’Ulrich lui envoie un pigeon lui demandant de le rejoindre à Fécamp, fief de la famille. Mais quelle famille ? Vulcaine n’avait pas souvenance d’avoir une famille.

Elle traversa donc seule tout le royaume, du sud au nord, prenant le temps que lui accordaient ses maigres forces retrouvées. Ulrich l’installa dans leur manoir et puis s’en fut vers d’autres aventures. Vulcaine resta ainsi seule et sans souvenir auquel se raccrocher durant quelques années, n’ayant pour seules compagnes que ses runes.

La nuit ses rêves lui apprenaient à lecture de ces petits cailloux, le jour elle essayait de les déchiffrer tout autant pour passer le temps qui s’allongeait de plus en plus, que pour entrevoir une éclaircie dans le noir destin qui était le sien.

Un beau jour, dans sa cachette secrète, tout au fond du grenier du manoir, elle lança ses runes et l’une d’elle vint à rouler derrière un amoncellement des vieux objets entassés. Pestant contre elle-même, elle se mit en œuvre pour la retrouver, dégageant vieux meubles, bouts de ferraille, chiffons en tout genre, jusqu’à poser la main sur une vieille malle. La curiosité la poussa à l’ouvrir et à la fouiller. A l’intérieur, des jupons de dentelle, des colliers de perles, un vieux chapeau pointu et des titres de propriété.

Ainsi, elle avait un vrai chez elle, une vraie maison quelque part dans le royaume. Si elle avait déjà vécu là-bas, il devait bien se trouver des gens pour la connaitre. Elle prit donc la décision de reprendre la route en sens inverse, direction Sancerre et s’en remis au hasard.
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MessageSujet: Re: 94 rue de la poire - Chez feue Icefly, Vulcaine et Ezack   

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