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 Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor

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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 9 Mai 2009 - 18:32

Saya avait soigneusement rangé la maison avec l'aide de Ludmila pendant que les enfants jouaient dans le jardin.
Elle s'était assurée qu'il y avait encore du lait frais à disposition et envoya Louise en racheter pour être sûre de ne pas en manquer.
Pendant ce temps les jumeaux s'appliquèrent à faire chacun un joli dessin pour le sieur Vikttor dont leur mère leur avait parlé.
Quand tout fut prêt, tous vaquèrent à leur occupation. Les jumeaux se disputaient, Louise les observait et Ludmila raccommodait des vêtements dans la pièce voisine.
Saya, elle, était assise sur son lit, dans sa chambre et regardait par la fenêtre, l'estomac noué.
Elle voulait que Vikttor rencontre ses enfants, pourtant, elle appréhendait ce moment. Et si il n'aimait pas ses diablotins? Et si eux, ne l'aimaient lui l'homme dont elle était tombée amoureuse? Que devrait-elle faire? Les forcer à s'entendre? Sûrement pas une bonne idée!

Soudain, les cris qui lui parvenaient d'en bas s'interrompirent et elle devina que leur invité était arrivé. Elle bondit, se rendant compte qu'elle ressassait ses craintes depuis tellement de temps qu'elle avait oublié de se changer et de se recoiffer.
Peut-être n'était-ce pas une si mauvaise chose qu'elle ne descende pas tout de suite? Cela permettrait aux enfants de rencontre Vikttor sans la présence de leur mère et elle savait que Ludmila était déjà en train de s'occuper de leur hôte et de lui proposer un grand verre de lait et des biscuits.

Elle ouvrit sa garde-robe et observa ses différentes robes. Habillées, décontractées,... Le choix allait être difficile!
Elle se décida pour une robe blanche et légère avec de belles broderies de-ci de là.
Ensuite, elle se brossa consciencieusement les cheveux et les attacha en un chignon à peine serré qui laissait ses boucles retomber autour de sa tête d'un manière très jolie.
S'observant dans le miroir, elle jugea que ça devrait aller!

Elle expira profondément, sortit de sa chambre et descendit les escaliers. Bien vite, Eloïse, la petite aux cheveux foncés qui ressemblait traits pour traits à sa mère courut vers celle-ci et lui prit la main.
Saya sourit à sa fille et se dirigea vers la cuisine, invitant ses enfants à la suivre.

Dans celle-ci se trouvait Vikttor et un grand sourire éclaira son visage.


Bonjour Vikttor! Je suis contente que tu sois passé.

Elle s'approcha de lui et déposa un baiser sur ses lèvres et les trois petits monstres grimacèrent en coeur.

Saya se tourna vers eux et sourit en les voyant se mettre par ordre de taille. Louise, Aaron et Eloïse.


Je ne sais pas s'ils se sont présentés mais voici Louise.Elle montra la plus grande, cheveux blonds, yeux bleus et sourire sur les lèvres.AaronElle désigna le petit garçon, blond lui aussi qui regardait sa toupi d'un air admiratif, comme si c'était le plus précieux des trésors. et enfin... Eloïse Elle sourit en désignant sa copie conforme qui regardait successivement sa mère, Vikttor et Ludmila d'un air paniqué.

Les enfants, je suis heureuse de vous présenter Vikttor, j'espère que vous serez aussi gentils et polis avec lui que vous l'êtes avec moi et Ludmila et que vous vous entendrez bien.

Louise et Aaron allèrent s'asseoir sur une chaise autour de la table. Le petit garçon observant Vikttor avec insistance et Louise se servant un verre de lait. Quant à Eloïse, elle se précipita sur les genoux de sa mère qui venait de s'asseoir à côté de Vikttor.
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jelubir1
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 9 Mai 2009 - 18:52

Flap, Flap, Flap...Bong ! Décidémment,la vie d'un pigeon voyageur n'était pas de tout repos. Que n'aurait-il pas dû quitter son nid plutôt que de tomber sur un drôle de zigoto qui n'arrêtait pas de lui faire des aller/retour entre Vienne et Sancerre. Il fallait aussi ajouter que ce pigeon ci, baptisé par ce drôle de clown, s'appelait Quille, à cause d'une plume jaune qu'il avait sur sa tête. Tu parles d'un nom ! roucoula le pigeon, ah cette fois-ci, il m'a dit d'aller voir une vieille porte pour déposer ses pensées. Y m'a dit aussi de ne pas me laisser attraper par l'un des trois joyeux drilles qui peuplaient la maison, je risquerais d'y perdre des plumes !

Ce pigeon était un vrai pipelet, à se demander s'il n'avait pas eu pour père ou mère un oiseau exotique à la langue bien pendue. En tous cas, il avait une vraie dextérité pour déposer à bon port les nouvelles, si ce n'est qu'il se cognait à chaque fois aux carreaux... Sitôt fait, il repartit à tire d'aile, le Messire lui ayant aménagé un recoin douillet dans un hôtel de bonne tenue.

Citation :
Bonjour Ma Belle Doche !
J'espère que tout va bien et que les enfants grandissent toujours dans les rires et les jeux. Nous voilà installés à Vienne depuis quelques semaines et je me languis déjà de Sancerre... Les lardons profitent du grand air et grandissent à vue d'oeil.
Je te poutoune tout plein. tu embrasseras neveu et nièces pour moi !
Ton beau beau frère adoré !
Jelubir
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 9 Mai 2009 - 20:01

Vikttor avait suivi Ludmila qui l'avait invité à aller s'installer dans la cuisine. Des biscuits et du lait frais l'attendaient. Tout cela lui rappela son enfance et toutes les après midi passeés en compagnie des servantes de ses parents qui s'occupaient bien de lui et aimaient lui faire plaisir. Il remercia poliment Ludmila et s'assit. Il prit un des gateaux posés devant lui et le mangea en buvant quelques gorgées de lait de temps en temps.

Et bien Ludmila, vos gateaux sont délicieux! Vous risquez de me voir souvent assis à cette table à l'heure du gouter!

La vieille dame fit un sourire bienveillant:

Vous êtes le bienvenu dans cette maison.

Elle resta silencieuse quelques instants, comme plongée dans ses pensées et reprit.

Cette maison a une lourde histoire. Un couple y a vécu, la passion et l'amour y ont longtemps régné. Mais elle a aussi été le toit de la tristesse et du chagrin; heureusement que les petits étaient là pour redonner de la lumière et de la vie à cette vieille batisse.
Vous savez, ils sont tout pour Saya et moi. On forme une famille tous les cinq. Il faut dire qu'ils sont gentils comme tout et que Saya s'est toujours montrée adorable envers moi. C'est une fille bien vous savez. J'espère bien que vous n'êtes pas l'un de ces jolis coeurs qui s'amusent à séduire des femmes pour finalement les quitter et aller au bras d'une autre! Si vous faites cela, je vous botterai les fesses, et croyez moi, je ne me gênerai pas! Saya mérite d'être heureuse!

Vikttor l'écoutait attentivement, sans dire un mot. Il fut un peu mal à l'aise lorsque Ludmila fit allusion au père des enfants et sourit en entendant ses menaces. Il la regarda et lui répondit:

Ne vous en faites pas, vous n'aurez pas à me courir après, armée d'un balais. Je ne serais pas là si je ne voulais avoir qu'une relation sans lendemain avec Saya. Je pense qu'on peut vraiment être heureux tous les deux. D'ailleurs j'ai une confidence à vous faire, je l'aime.

Il lui sourit.

Mais dites moi, vous avez dû faire fuir un bon nombre de ses prétendants en les menaçant ainsi!

La vieille dame lui afficha un large sourire.

Vous avez l'air sincère lorsque vous dites que vous aimez Saya, ça me rassure. Vous avez l'air d'être un bon garçon, je n'aurais pas dû vous dire tout cela. Et puis un homme qui aime mes biscuits ne peut être que charmant! Vous êtes trop bien élevé, vous voyez bien qu'ils sont trop cuits!

Comme précédemment, elle dit cela sur le ton de la plaisanterie. A présent elle était rassurée, elle sentait bien qu'il était amoureux de Saya.
Soudain, des pas se firent entendre dans l'escalier. Vikttor fut ravi de savoir que Saya serait bientôt avec eux. Elle arriva, suivie des enfants, Eloïse lui tenant la main. Elle était ravissante dans cette robe blanche. Elégante, comme toujours, elle avait choisi une coiffure simple qui plaisait beaucoup à Vikttor. Il lui sourit, content de voir enfin celle à qui il pensait tout le temps.

La grimace des enfants à la vue du baiser le fit sourire. Il se dit qu'il aurait certainement réagi de la même manière, et qu'il aurait peut-être même été donner un coup de pied à celui que sa mère aurait embrassé. Saya les présenta tour à tour, Vikttor les regarda en silence. Les jumeaux ressemblaient à leur mère; Aaron semblait sûr de lui, Eloïse paraissait intimidée. Quant à Louise, elle semblait joyeuse, toujours souriante, et paraissait moins méfiante que ses frères et soeurs.

A présent tout le monde était assis autour de la table, Eloïse assise sur les genoux de Saya. Vikttor regarda Saya quelques instants et se tourna ensuite vers les enfants.


Vous savez, je ne vais pas vous priver de votre maman, bien au contraire. Je vais essayer de l'aider de façon à ce qu'elle puisse passer plus de temps avec vous.

Eloïse répondit naïvement:

Ca veut dire que tu vas être comme Ludmila?

Vikttor sourit.

Voui, mais non. Ce sera différent, mais moi aussi je m'occuperai de vous.
D'ailleurs, comme on ne se connait pas encore très bien, je me suis que l'on pourrait tous aller pêcher ensemble dans quelques jours si ça vous dit. On pourra même se baigner si vous en avez envie. Vous savez nager?


Les trois enfants firent non de la tête, mais ils affichèrent un large sourire quand il leur proposa de leur apprendre. Il leur parla tranquillement, gagnant peu à peu leur confiance, tout en les rassurant.

Ils étaient tous les trois adorables, amusants. Vikttor retrouvait la façon de penser, la gentillesse et le caractère taquin de Saya chez les trois enfants. Ils avaient des caractères bien différents mais aimaient leur maman plus que tout et le montraient à leur façon. Vikttor qui avait longtemps craind cette rencontre se rendit compte qu'il passait une très bonne après midi, et sentait qu'il allait bien s'entendre avec les enfants de Saya. Au début ce serait difficile pour tous, mais il savait que les choses allaient se mettre en place petit à petit.

Eloïse leur expliqua tranquillement qu'elle avait attrapé une limace et qu'elle s'en occupait. C'est dans tout ses états que Ludmila alla jeter dehors la bestiole que la petite fille avait confortablement installée sur un beau coussin confectionné par un tisserand de renom.


Un pigeon de Jelubir arriva entre temps.
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 10 Mai 2009 - 21:24

Tout se passait bien, les enfants étaient sages, se tenaient tranquilles et n'embêtaient pas Vikttor. Ludmila plaisantait avec leur invité, croisant de temps en temps le regard de Saya et lui adressant un sourire bien veillant.
La vieille dame connaissait parfaitement Saya et elle savait que celle-ci était très nerveuse.

Bien vite cette nervosité s'évanouit, Saya avait pris la main de Vikttor dans a sienne. Aaron avait froncé les sourcils, Eloïse s'était un peu plus blottie dans les bras de sa mère et Louise n'avait pas bronché. Par contre quand Vikttor leur proposa d'aller pêcher avec eux dans quelques jours, tous furent enchantés et ils commencèrent à parler en même temps.

Tout à coup, un bruit sourd les firent sursauter. Quelque chose venait de heurter la fenêtre du salon. Saya fit signe à Ludmila de rester assise, elle déposa Eloïse par terre et alla voir ce qui était la cause de ce bruit.
Un pigeon... un pigeon qui avait raté son coup... La lettre était posée sur l'appui de fenêtre mais on voyait très distinctement l'endroit de percussion du pigeon avec la vitre. Elle ouvrit la fenêtre à toute vitesse, ce devait être Jelu ou Aryan qui leur écrivaient de Vienne.

Pendant ce temps, Eloïse courut chercher le dessin qu'elle avait fait avec amour pour sieur Vikttor et revint d'un par conquérant dans la cuisine. Elle monta tant bien que mal sur les genoux du sire et lui tandis son dessin. Sur ce dessin on pouvait y voir, une femme qui tenait la main à un homme et trois enfants, tous ce tenait la main et en dessous de chaque personne était écrit d'une écriture tremblante et hésitante leur nom (Maman- Ami de maman- Louise-Aaron-Eloïse). Elle adressa un sourire à Vikttor tel qu'on découvrit ses petites dents blanches dont quelques unes manquaient.

C'est à ce moment que Saya refit son apparition, tenant la lettre à la main.


C'est une lettre de votre oncle les enfants!

Elle se rassit et la lut à l'assemblée.

Puis, elle prit un parchemin, de l'encre et une plume et se mit à écrire.


Citation :

Mon cher beau-frère,

Je suis très contente d'avoir de vos nouvelles!
Comment est Vienne? Y fait-il bon vivre?
Ici à Sancerre, tout ne va pas vraiment bien, mais un rayon de soleil a ébloui mon ciel, me permettant de tenir le coup, d'être heureuse et de croire en l'avenir! Peut-être l'auras-tu appris par l'intermédiaire d'Aryan ou autres? Peut-être l'auras-tu deviné? Mais ce rayon de soleil se nomme Vikttor et se trouve actuellement à mes côtés!

Tes neveux et nièces vont bien, même si Eloïse se lance dans l'élevage de limaces au grand désespoir de Ludmila! La maison est toujours pleine de rires et après tout, c'est le plus important!

Je suis impatiente de revoir mon neveu et mes nièces, je suis certaine qu'ils ont beaucoup grandi!

Je t'embrasse ainsi qu'Aryan et les lardons,

j'espère bientôt vous revoir,

Saya.

Elle se pencha vers Vikttor, lui montrant la lettre qu'elle venait d'écrire et lui demandant silencieusement si cela lui convenait, si elle pouvait annoncer la nouvelle à son beau-frère...
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Llyne
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Ven 15 Mai 2009 - 10:17

Llyne revenait de chez Jelubir et Aryan où elle avait mis les animaux au pré.
Elle s'arrêta devant la maison de chez Saya et comme pour ses autres amis, elle coucha sur une petite page de son carnet avant de la détacher


Citation :
chère Saya,

juste quelques lignes pour te dire que je pars... Je n'ai pas eu l'occasion ni le temps de vous inviter toi et Vikttor à la maison mais cela faisait partie de mes souhaits avant que le destin ne m'oriente vers d'autres horizons...

J'espère que nous garderons contact via nos fidèles volatiles.
tu souhaiteras le bonjour à Vikttor

je t'embrasse

Llyne

Llyne glissa le petit morceau de papier sous la porte et fila.
Elle devait passer à présent avant de repasser une dernière fois chez elle ... devant une maison qui lui rappelait de très bons souvenirs mais aussi hélas les plus mauvais aussi... direction la maison de Claire de Jimmy...
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 6 Juin 2009 - 15:47

[2 Juin- Sur un nœud entre Blois et SA]

La veille, alors qu'elle venait de rentrer de retraite, elle avait reçu plusieurs missives déclarant que les frontières allaient être fermées et qu'en tant que voyageuse elle se devait de quitter le territoire.
Vikttor étant toujours en retraite, elle avait préparé son balluchon, accroché sur épée au côté gauche de sa hanche et avait dû partir sans dire au revoir à Lyll et aux personnes qu'elle avait rencontrées à Blois.
Alors qu'elle marchait d'un bon pas, la nuit commençait à se coucher quand elle entendit derrière elle un cliquetis. Elle dégaina vivement son épée et se retourna. Trop tard, deux hommes de haute taille se trouvaient devant elle, épée au poing. Elle sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. Son regard passait du visage d'un homme à l'autre, ils souriaient niaisement. " Je n'arriverai jamais à les vaincre. Si je cours, ils me rattraperont, si je me bats ils me vaincront."


Qu'fait une dame comme vous sur les ch'mins. C'po prudent! Qu'transportez vous? dit le plus fort mais aussi le plus sale des deux hommes en montrant le balluchon de Saya de la pointe de son épée.
De la laine et des tissus pour une amie tisserande.répondit-elle, essayant de garder un maximum son sang-froid.

Mais les deux voyous rirent de bon coeur et ne la crurent pas. Le second s'approcha d'elle, pointant son épée vers la gorge de Saya. Cette dernière , fit tourner ton épée et opéra un arc de cercle presque parfait. Elle toucha l'homme à la jambe et il jura en se laissant tomber par terre.
Son "ami" fou de rage chargea et un combat à l'épée commença sur ce noeud entre Blois et Saint- Aignan.
Saya fut touchée au bras droit et fit tomber son épée dans un cri de douleur. L'homme qu'elle avait blessé s'était redressé et en profita pour l'assommer à l'aide d'un gros caillou qui trainait par là, la laissant inanimée et la dépouillant de ses biens.

Elle se réveilla donc , le matin du deux juin et fut horrifiée en voyant tout le sang qui s'était répandu. Elle grimaça en sentant la douleur à son bras.
Elle s'assit tant bien que mal, plaça son bras droit à l'aide du gauche sur ses genoux et observa la plaie. Elle tâtonna autour d'elle et trouva sa gourde d'eau. Elle attrapa également sa besace et sourit en voyant que les bandits lui avait laissé ses vêtements par contre, ils avaient subtilisés son pain et ses sous!
Elle prit une de ses chemises et à l'aide de ses dents et de son bras valide déchira un morceau plus ou moins étroit. Elle le plaça au dessus de la blessure, serra et fit un noeud pour empêcher le sang de couler plus. Elle versa la moitié du contenu de sa gourde d'eau et avec un autre morceau de sa chemise nettoya la plaie consciencieusement. Heureusement elle était nette et pas trop profonde.



Il fallait qu'elle atteigne Saint-Aignan pour pouvoir se soigner. Aussi reprit-elle son épée, la mit-elle dans son foureau et ramassant son baluchon partit-elle tant bien que mal à Saint -Aignan.

[3 Juin- A Saint-Aignan]

Enfin, elle arriva à Saint-Aignan. Une fois de en sécurité, elle s'affala au pied d'un arbre et appela un petit garçon qui passait par là. Elle avait au préalable recouvert son bras pour ne pas l'effrayer. Elle lui demanda d'aller chercher le médecin ou une infirmière capable de recoudre une blessure. Elle retira sa botte et laissa tomber quelques écus dans sa main.(hrp: on dit merci à la taverne pour m'avoir permis d'avoir des sous après avoir été détroussée!) Elle donna quelques deniers au petit garçon qui courut à toutes jambes.

Quelques instants plus tard, une femme déjà d'un certain âge se présenta devant Saya. Elle était une ancienne infirmière. Elle souleva le linge qui recouvrait le bras droit de Saya et ne parut pas trop contrariée.
Elle sortit de sa besace un flacon d'alcool fort qu'elle fit boire à Saya pour qu'elle ne ressente pas trop la douleur, prit une aiguille, du fil et un morceau de cuir. Elle plaça ce dernier entre les dents de la jeune blessée et après avoir soigneusement nettoyé la plaie commença à recoudre avec minutie.
Malgré la douleur, Georgette observait si la femme faisait ça bien, elle ne voulait pas se retrouver avec un bras en moins, ça serait vraiment très embêtant. Mais elle finit par s'évanouir...



[4 juin- Saint Aignan, dans la maison de la dame

Elle se réveilla le lendemain, dans un lit inconnu. Quand elle rouvrit les yeux, elle fut prise de panique mais la dame de la veille lui demanda de rester allongée, de ne pas paniquer.
Têtue, Saya voulu se relever mais la tête lui tourna et elle dut se rallonger.
Après l'avoir aidé à s'asseoir, l'ancienne infirmière apporta à Saya un bol de soupe bien chaude qu'elle dévora.

Merci pour tout! Pour m'avoir soignée, m'avoir apportée ici et pour cette délicieuse soupedit Saya d'une voix faible et ajouta:
Vous pouvez prendre tous les sous qu'il me reste, ils vous reviennent.
La femme sourit et répondit d'une voix douce:
Non demoiselle, je ne demande rien en échange. Aider mon prochain était ma vocation, j'ai pu encore une fois l'accomplir!
Je me nomme Theresa et vous?

Saya grimaça car une douleur venait de parcourir son bras
Je m'appelle Saya, je vis à Sancerre.

La femme sourit, disparut quelques instant de la pièce et revient avec quelques lettres dans les mains.
Les pigeons de vos amis sont très intelligents! Ils ont réussi à vous retrouver!
Theresa tendit lui tendit les lettres et elle les prit avec un large sourire aux lèvres. Elle reconnut l'écriture de Lyll, et sur l'autre... cette écriture lui était connue... était-ce son amie Miséri?

Elle les ouvrit à toute vitesse. Mais oui! C'était bien elles. Et...
Elle releva la tête et demanda:


Quel jour sommes nous?
Le 4 juin, dame Saya!
Cette dernière sourit: "Mais oui, bien sûr!"
Merci! Mais appelez moi Saya, pas dame Saya s'il vous plait!
Pourrais-je avoir de quoi écrire?


Et Saya répondit à ses amies.
Ensuite, bien que son ange soit à Noirlac, elle lui écrivit une longue lettre, lui expliquant dans quelle situation elle se trouvait.


[6 Juin-Saint Aignan, chez Theresa]

Saya logeait toujours chez Theresa et en échange du gîte , du couvert et des soins l'aidait à surveiller ses enfants et à cuisiner bien que son bras ne lui permettait pas de faire grand chose.

Alors qu'elle se promenait avec les trois enfants de Theresa, la petite Olga, Albert et Roland, elle entendit un crieur proclamant les nouvelles.
Elle n'en crut pas ses oreilles quand elle entendit la bonne nouvelle! Astaroth était devenu maire de Sancerre. Elle ne put s'empêcher un bon de joie.

Elle se promit de lui écrire pour le féliciter, ainsi qu'à son amie Ysa car cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus de ses nouvelles.

Comme son bras guérissait bien, elle pourrait bientôt rentrer, retrouver ses enfants qui s'impatientaient comme Ludmila lui avait annoncé dans une de ses lettres.

Prenant Olga par la main, elle invita les enfants à aller jouer à cache-cache dans le bois...
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 27 Juil 2009 - 0:03

Ce soir là quand elle rentra chez elle elle était épuisée, des idées pleins la tête au point que celle-ci menaçait d'exploser.

Elle ouvrit lentement la porte pour ne pas réveiller ses marmots, posa sa besace dans un coin et sourit à Ludmila qui accourait avec une bougie. Celle-ci lui fit signe de se rendre dans la cuisine où elle avait gardé le repas au chaud. Saya picora quelques légumes, deux trois morceaux de pomme de terre et grignota à peine sa viande. Son estomac était noué et elle n'avait pas la tête à manger. Elle s'excusa au près de Ludmila, lui assurant que son plat était très bon mais qu'elle avait mangé en taverne en début de soirée.
La vieille femme sachant que c' était faux ne dit pourtant rien.

Saya monta dans sa chambre, prit à peine le temps d'enlever ses bottes et s'affala sur son lit les bras en croix.

Sancerre , Sancerre, .... cette ville commençait à lui échapper, elle ne la comprenait plus, elle avait l'impression de vivre comme en orbite autour de celle-ci, de ne plus faire partie de ses habitants mais de la regarder s'épanouir, se détruire au fil des jours.

Ses amis, elle s'inquiétait pour eux et se demandait pourquoi ils se tiraient dans les pattes plutot que de s'entraider. Peut être que le bonheur n'est pas vraiment ce que les gens recherchent, la vie est plus passionnante dans le tourment n'est ce pas?
Elle ne comprenait pas pourquoi , parfois , on ne pouvait pas être seul face à ses choix,faire ce qui nous semble bien même si après on se rend compte de sa bévue ou on contraire on trouve ce qu'on cherchait.

Elle finit par s'endormir, ses inquiétudes braquées sur Vikttor. Noirlac... cette saleté d'abbaye allait encore lui prendre un être cher, même plus, lui prendre sa moitié, celui qui lui faisait reprendre goût à la vie et sans qui elle n'imaginait plus celle-ci depuis quelques mois. Peut être était elle angoissée pour rien, elle l'espérait car elle ne savait pas ce qu'elle faisait.
Bizarrement, même si elle avait renié l'Eglise, elle priait de toute son âme, de toutes ses forces.

Une boule à l'estomac, recroquevillée en position fœtal elle rejoignit les bras de Morphée.
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Jeu 6 Aoû 2009 - 14:48

[Noirlac]

Elle arpentait les couloirs comme une âme en peine, une carte dans la main. Elle avait plusieurs fois essayé de rejoindre une autre aile du batiment mais elle se retrouvait toujours au même point.

C'est à un carrefour de quatre couloirs qu'elle leva les bras au ciel en soupirant, c'était la cinquième fois qu'elle se retrouvait au même endroit. Elle ne devait pas être très douée dans la lecture des cartes ou alors les moines étaient très forts pour embêter les retraités.

Elle cherchait désespérément un moyen de faire sortir Vikttor de là. Elle ne savait ce qui se tramait, mais c'était certainement encore un sale coup de tous ses gens en bures avec des tonsures sur la tête. Dire que l'homme de sa vie voulait en devenir un... Elle sourit à cette pensée et re-re-regarda la carte qu'elle tenait précieusement entre ses mains.

Elle avait déjà essayé tous les chemins de ce carrefour et meme plusieurs fois. Elle barra dans son petit calepin les mots qui désignaient ces couloirs. Rien n'y faisait, il faudrait essayer par d'autres couloirs. Elle ne désespérait pas! Après avoir observé toutes les sorties, les rondes des moines, les occupations de chacun pour être sûre que personne ne s'y trouverait, elle devrait retrouver Vikttor.

Elle le sentait dans son coeur, il était toujours près d'elle. Elle le savait, enfin, elle l'espérait,elle reverrait bientot son amour. Ils avaient parlé d'avenir, elle avait meme commencé à réaccepter l'idée du mariage bien qu'ils le craignaient un peu tous les deux. Ils s'étaient dit des Je t'aime venus du coeur.
Ses pensées se dirigeaient vers SA, cette journée où elle était passée de la peur, au soulagement, puis à la panique et à la tristesse. Il lui avait annoncé qu'il partirait, il allait partir sans qu'elle lui ait avoué ses sentiments...
Heureusement, ils s'était revus en taverne, lui ,croyant qu'elle était partie et ne l'avait pas attendu, elle, soulagée de le voir en vie, en forme et extrêmement triste. Tout s'était enchaîné, ils avaient passé la fin de journée à parler et enfin, il avait fait le premier pas! Ensuite, tout s'était déroulé comme par magie. Elle qui avait dit que si elle rencontrait de nouveau l'amour elle serait prudente, elle avait laissé tombé presque toutes ses barrières qui la protégeait et avait laissé son coeur sortir de sa torpeur...

Elle secoua la tête, elle s'était encore laissé impressionner par ses souvenirs si doux. Les mots qu'il lui avait murmuré à l'oreille résonnait encore dans sa tête quand elle croisa un moine grassouillet qui la regarda d'un drôle d'air.


Et ben dite donc, m'mamzelle! Vous en faites une de tête! Vous feriez bien de r'tourner dans vot' chambre et de dormir un peu!

Elle ne s'en était pas rendue compte mais des larmes mouillaient son visage. Elle s'empressa de les essuyer et de s'éloigner le plus possible du moine.

Elle entendit les cloches sonnés et son sourire réapparut sur son visage.
C'était l'heure de la messe! L'heure pour elle de regagner Sancerre , de retrouver ses amis, retrouver sa cousine qui était enfin de retour!
De plus, elle devait voir sa soeur, elles avaient des choses à se dire, elle le savait.

Elle attendit que tous les moines se rendent à la messe et elle se dirigea dans la cours de l'abbaye. Regardant à gauche et à droite elle s'en alla à toute vitesse comme une voleuse. Elle venait encore de leur glisser entre les doigts.

Elle retrouva Eclair qu'elle avait attaché à un arbre non loin de là. Elle monta sur le dos de celui-ci et partir au galop.

Elle serait bientot à Sancerre.


[Sancerre]

Sancerre!
Elle y était enfin! Elle rentra chez elle, brossa Eclair et le remit dans la prairie derrière sa maison.
Elle rentra chez elle et ses trois petits monstres lui sautèrent dans les bras. Elle les entraina avec elle dans le jardin et les regarda jouer pendant qu'elle, elle se lança dans la lecture d'un gros livre qu'elle avait acquis il y a peu.

Elle irait voir sa soeur plus tard... elle avait bien le temps!


[hrp: vous pouvez passer chez moi même si je suis en retraite j'ai le temps de poster de temps en temps Wink]
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 12:41

[Noirlac]

Enfermé dans sa cellule, Vikttor regardait la pluie tomber par la fenêtre. Cela faisait plusieurs semaines qu'il n'était pas sorti de l'abbaye et peu à peu sa gaieté habituelle avait laissé place à des pensées bien tristes. Il était tourmenté, il ne parvenait pas à se concentrer sur le Livre des Vertus qui était ouvert devant lui.

Il se leva et décida d'aller se promener dans les longs couloirs. C'était l'heure de la messe, les moines avançaient lentement vers la chapelle. L'un d'eux s'arrêta près de Vikttor; il s'agissait du moine qui enseignait la théologie à Vikttor.


Bonjour Vikttor. Je voulais justement vous voir. J'ai parlé de vous avec les autres membres de la communauté, et ils s'accordent pour dire que vous êtes prêt à devenir moine. Si jamais vous pensez que c'est le bon moment, vous n'avez plus qu'à aller signer la feuille qui se trouve sur mon bureau. Vous
trouverez de l'encre une plume dans le premier tiroir.

Vikttor écouta tout cela avec intérêt, puis, prit congé du moine. Saya était parvenue à le faire changer d'avis en ce qui concernait sa volonté de rentrer dans les ordres. Mais depuis qu'il était à Noirlac, tout s'était lentement effondré. Toutes ces lettres qu'il lui avait écrites, sans réponse... Saya ne voulait plus le voir, il en était certain. Pourtant il l'avait aimée, pourtant son coeur n'avait cessé de battre pour cette belle Sancerroise.

Il entra dans le bureau du moine qu'il venait de croiser et alla s'assoir face à la feuille qui ne demandait plus qu'à être signée et qui ferait de lui un moine. Il la lut, en silence, et, dans un soupire se dit que c'était sans doute la meilleure chose qu'il avait à faire, qu'il n'avait plus à rien
à espérer de Sancerre, de la relation douce et sincère qu'il avait eu avec Saya.


Dans quel tiroir se trouvent l'encre et la plume? se demanda-t-il en essayant de se rappeler ce que
lui avait dit le moine.

Je devrais être moins distrait, tant pis, je vais les chercher.

Il ouvrit quelques tiroirs, sans trouver ce qu'il recherchait. Soudain, alors qu'il allait en refermé un, son regard fut attiré par quelque chose qui lui semblait familier. Il attrapa un tas de lettres et reconnut les écritures qui couraient dessus. Il s'agissait de toutes les lettres qu'il avait écrites à
Saya durant sa retraite, toutes ces lettres qu'il croyait sans réponse, et pour cause... Il trouva également des lettres que Saya lui avait envoyé mais qu'on ne lui avait pas données. Le moine lui en avait caché l'existence car voulait étouffer la passion dévorante qu'éprouvait Vikttor pour Saya.

La colère l'envahit. On lui mentait depuis qu'il était à Noirlac. Il était manipulé et avait fini par croire que Saya le délaissait et ne partageait plus l'amour que Vikttor lui portait. Sous l'emprise de la colère, il balaya le bureau de son bras, entrainant le Livre des Vertus avec les bougies et la
paperasse du moine.

Il regagna rapidement sa cellule et s'empressa de faire son sac. Il n'avait plus rien à faire ici, il voulait retrouver sa douce qui avait dû penser, tout comme lui, qu'ils ne se reverraient plus.

Le chemin promettait d'être pénible, la chaleur étant étouffante. Mais cela ne lui faisait pas peur. Il voulait arriver le plus vite possible à Sancerre. La faim, la chaleur et la fatigue paraissaient bien frêles par rapport au sentiment de colère et à son envie de revoir Saya. Saya... Elle lui avait tant manqué.

Mais durant le chemin, différentes pensées lui traversèrent l'esprit. Et si Saya l'avait oublié et avait refait sa vie? Et s'il lui était arrivé quelque chose durant le trajet du retour? Il se posait mille questions, en se demandant ce qu'il allait se passer à son arrivée.


Il aperçut enfin le clocher de l'église de Sancerre...

[Sancerre...]

A bout de force, Vikttor arriva devant la maison de Saya. Il s'arrêta un instant, regardant cette demeure qui avait vu naitre leur amour et qui avait été le toit de leur passion.
Des cris provenaient du jardin. Les enfants devaient jouer. Vikttor posa négligemment ses affaires par terre, et avança lentement jusqu'au jardin. Il avait peu mangé ces derniers jours et sa barbe de trois jours prouvaient qu'il ne s'était pas reposé durant le voyage qu'il venait de faire. Il voulait retrouver Saya, Saya et sa famille.

Soudain, un cri se fit entendre:

Vikttor est de retour!

Du haut de ses 6 ans la petite Eloïse se mit à courir, et sauta dans les bras du voyageur. Celui-ci, quelque peu surpris, lui dit, en souriant:

Bonjour Princesse!
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 14:05

Au petit matin, Saya s'était levée, les yeux cernés de n'avoir encore une fois pas dormi.
Tout le monde aurait pu penser que c'étaient les élections qui lui faisaient passer des nuits aussi agitées. Non, ce n'était pas ça-bien sûr les élections ne l'aidaient pas à dormir- mais elle voyait les jours défiler, sans nouvelles, sans réponse.

Alors comme tous les matins depuis presque trois mois, elle se leva, fit sa toilette et après avoir embrassé les enfants elle partit se promener à Sancerre.
Passant devant le Havre elle vit sa cousine accoudée au comptoir. Heureusement qu'elle était là, sinon elle ne savait pas ce qu'elle aurait fait!
Elles parlèrent et Vulcaine vit bien que quelque chose n'allait pas. Elles discutèrent et alors que Saya était en pleine phrase, elle ne la termina pas. Elle sauta au plafond en criant. Toutes tensions quittant ses épaules, elle bisouilla a cousine et lui annonça qu'IL était revenu.

Elle avait cru qu'il ne voulait pas rentrer, qu'il l'avait peut-être oubliée? Ou alors les moines lui avaient offert ce qu'il recherchait et il s'était rendu compte que la religion était mieux que l'amour d'une femme un peu folle.

Quand elle reçut sa lettre, elle fut surprise de voir qu'il puisse penser qu'elle ait refait sa vie. Elle en fronça le nez et se promit de lui faire une remarque sur ce point.

Après quelques verres de poire avec la marraine de son cher et tendre,entre autre, elle sortit de taverne et se dirigea vers sa demeure. Il fallait qu'elle lui réponde au plus vite, balayer d'un revers de main tous ses doutes.

Quand elle arriva au 218, elle rentra et claqua la porte derrière elle. Ludmila accourut, inquiétée par tant de vacarme qui ne signalait souvent rien de bon! Mais quand elle vit Saya foncer dans les escaliers, elle vit dans ces yeux une lueur qu'elle n'y avait plus vu depuis bien longtemps.
La vieille nourrice sourit, dévoila une rangée de dents gâtées par le temps et elle se précipita en cuisine.

Une fois dans sa chambre, la "belle" Saya, sortit son baluchon et y fourra quelques chemises et des braies de rechange. Il fallait qu'elle parte le plus tôt possible pour rejoindre Vikttor, elle ne le laisserait pas faire le chemin du retour seul!

Elle descendit quatre à quatre, fonça comme un palapala enragé dans son bureau et se mit à répondre à la missive de son amour. C'est alors que...


Vikttor est de retour!

Elle n'en crut pas ses oreilles et en brisa sa plume, encore!
Vikttor? Déjà de retour? Mais combien de temps avait mis ce fichu pigeon pour lui parvenir?


Pendant le temps que Saya restait figée à réfléchir dans son bureau, les trois petits, eux, couvraient Vikttor de bisous.
Puis, Eloïse s'apercevant qu'Aaron venait de s'emparer de sa poupée et la menaçait de son épée en bois la petite fille fit comprendre à Vikttor qu'elle voulait retourner par terre.
Quand se fut fait elle se jeta sur son frère et défendit vaillamment sa poupée fétiche.


Dame Saya?

Cette dernière sursauta en entendant la voix un peu rauque de la vieille femme. Elle leva la tête et lui sourit.

Il est là dame Saya, dans le jardin! Il vous attend.

Elle n'osait pas y croire! Et si c'était une mauvaise farce? Et si ce n'était destiné qu'à lui faire du mal? Et si, et si...
Elle inspira profondément et s'avança vers la porte extérieure. Elle s'arrêta quelques instants sur le pas de celle-ci. Il y avait bien quelqu'un dans le jardin, un homme mais le soleil ne lui laissait pas voir qui c'était.
Son souffle s'accéléra et elle mit sa main en visière pour découvrir qui était ce personnage.

C'était LUI!

Alors tout en elle se relâcha et elle se mit à pleurer à chaudes larmes. Alors elle courut vers lieu et sauta dans ses bras, nouant ses jambes autour de ses hanches pour ne pas en tomber. Elle posa ses deux mains des deux côtés de ses joues sentant sous ses doigts sa barbe naissante. Elle le regarda longuement puis approchant lentement elle posa ses lèvres contre les siennes.

Et si ce n'était qu'un rêve? Et si en fait pendant la nuit durant laquelle elle croyait qu'elle ne s'était pas endormie elle avait enfin sombré dans un profond sommeil. Elle avait peur de se réveiller en sursaut et de s'apercevoir que tout était faux que son amour était toujours aux mains des moines et qu'elle ne le reverrait sans doute plus jamais.

Autant vivre ce rêve jusqu'au bout...


Vikttor,mon amour, est-ce que je rêve?
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 15:15

Vikttor regardait les enfants et se laissait couvrir de bisous, heureux de les retrouver. Ils avaient encore grandi mais ils restaients toujours aussi chahuteurs et taquins. Vikttor ne s'était pas rendu compte qu'au fil du temps il s'était attaché à eux et qu'ils n'étaient plus pour lui les simples enfants de son amoureuse. Ils étaient bien plus encore. Il savait qu'il ne pourrait jamais remplacer leur père, mais l'amour qu'il voulait leur offrir était paternel, et Louise, Aaron et Eloïse faisaient désormais partis de sa vie.

Vikttor laissa les enfants repartir jouer et sourit en se rappelant les gentilles disputes qu'il avait eues autrefois avec sa soeur. L'idée de fonder une famille lui traversa l'esprit, et, contrairement à d'habitude, il ne la chassa pas immédiatement de sa tête. S'il avait toujours refusé d'avoir des enfants, c'est parce qu'il ne se sentait pas capable de rester toute sa vie auprès de la même femme. Mais à présent, il savait qu'il était trop amoureux pour aller voir ailleurs. Il voulait aider Saya à élever ses enfants et il souhaitait la soutenir tout au long de leur éducation.

Il resta debout quelques instants, plongé dans ses pensées. Il savait depuis longtemps que c'est avec Saya qu'il voulait vivre, mais il ne s'était pas rendu compte que ce serait désormais la seule qu'il pourrait aimer, que les autres femmes le laisseraient totalement indifférent. Quelques images lui traversèrent la tête; un avenir heureux, des rires, Saya en robe blanche, les enfants en train de faire des bêtises...

Le soleil l'aveuglait, et les yeux mis clos, il essayait de distinguer la silhouette qui se dressa près de la porte extérieure. Ca ne pouvait pas être Ludmila qui était bien plus petite, bien plus grosse et bien moins gracieuse que la propriétaire des lieux. Vikttor ne put retenir un sourire. Ses craintes se dissipèrent, un sentiment de bonheur l'envahit. Son coeur ne fit qu'un bond lorsque Saya sauta dans ses bras.

Ses yeux se perdirent dans les siens, un large sourire dessiné sur son visage. Il tenait Saya dans ses bras, tout contre lui. Un doux baiser fit regretter à Vikttor de ne pas être revenu plus tôt. Elle était là, plus resplandissante que jamais. Il la regardait comme jamais il ne l'avait fait, avec une infinie tendresse.

Vikttor,mon amour, est-ce que je rêve?

Sans prendre le soin de lui répondre, il lui murmura: Je t'aime.

Malgré la fatigue qu'il éprouvait, il ne voulait pas la relacher, il voulait que cet instant dure toujours. Il resta la regarder quelques instants, et approcha ses lèvres du visage de Saya pour déposer un tendre baiser sur sa joue.

Il libéra doucement Saya de ses bras et glissa sa main sur sa joue tout à la caressant du regard. Il était épuisé, mais il ne voulait pas le montrer, il était trop heureux de retrouver celle qu'il aimait. Il glissa sa main dans la sienne et l'entraina loin de la maison. Il voulait être seul avec elle, il avait quelque chose à lui dire.
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 16:24

Elle frissonna de pieds en cape quand il la regarda. C'était un regard profond qui ne regardait pas sa personne en tant que telle. Non, ce regard lisait au plus profond d'elle même là où personne n'avait jamais accédé. Elle ferma les yeux, troublée mais n'eut pas deux secondes pour se remettre les idées en place que déjà il la faisait chavirer par un ''je t'aime" murmuré.
Elle s'en trouva muette.

Dis quelque chose! Dis quelque chose!

Mais les mots ne voulaient pas sortir de ses lèvres. Elle se contenta de baisser la tête et de rougir comme une pivoine.

Quelle idiote je fais! Il a fait énormément de route, est épuisé et moi j'arrive pas à parler.

Une moue contrariée perça sur son visage et elle la fit vite disparaître. Toutefois un œil avisé la verrait sans problème. Elle espéra que Vikttor ne l'avait pas vue et que s'il l'avait vue qu'il ne l'interprète pas mal.

Il la déposa par terre et lui prit la main puis il l'entraina plus loin. Elle jeta un coup d'oeil à ses enfants mais déjà Ludmila était sortie et surveillait les petiots d'un oeil de lynx.
Aussi Saya suivit-elle Vikttor. Elle avait remarqué sur son visage tous les signes de fatigue. Sûr qu'il devait être exténué avec la marche qu'il venait d'accomplir. Elle ne dit rien pour le moment car il semblait vouloir lui parler. Elle pressa doucement sa main dans la sienne et lui sourit.


Que se passe-t-il?finit-elle par dire, la voix un peu enrouée.
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 17:21

Vikttor s'arrêta et se mit face à Saya. Il lui fit un léger sourire tout en la regardant à nouveau. Il ne se lassait pas de contempler sa beauté, ses très si fins, si féminins. Il avait vu la moue que venait de faire Saya mais n'y prêta pas attention car il avait quelque chose d'important à lui dire, à
lui demander.

Il prit délicatement ses deux mains dans les siennes et les regarda silencieusement. Il sourit en coin puis leva les yeux vers Saya.

Je vais t'expliquer ce qu'il se passe. J'espère que tu le prendras bien.
Je voulais tout d'abord que tu me pardonnes d'avoir été absent si longtemps. J'aurais voulu te donner de mes nouvelles, mais hélas je n'ai pas pu t'envoyer les lettres que je t'avais écrites. Je sais que
tu as été inquiète, et que tu as eu du chagrin. Je ne peux plus vivre loin de toi Saya, je n'en ai pas la force. Je t'expliquerai plus tard ce qu'il s'est passé au monastère, sauf si tu as besoin d'avoir tout de suite des explications.

Il pensa à sa marraine, à sa belle-soeur de coeur et à ses amis qui avait probablement été présents pour Saya quand elle en avait le plus besoin. Il ne savait comment leur prouver toute sa reconnaissance. Il ne voulait qu'une chose, que Saya aille bien.

Mais ce n'est pas tout ce que je voulais te dire. Ca fait un petit bout de temps que l'on se connait toi et moi. On a déjà vécu pas mal de choses ensemble.

Plusieurs souvenirs lui passèrent par la tête à ce moment là; Saturnin, la chèvre, les soirées au coin du feu, un poème...

Je me suis dit que peut-être, enfin si tu en as envie...

Tout en disant cela il regardait Saya, un peu inquiet, se demandant comment elle allait réagir.

... Je ne veux pas te presser bien entendu. Je sais que tu veux prendre ton temps, tout comme moi d'ailleurs, et c'est une bonne chose. Donc si tu es d'accord nous pourrions peut-être nous installer ensemble? Je veux dire par là vivre dans la même maison. Chez toi si tu veux.

Il ajouta rapidement, de peur d'effrayer Saya:

Ne t'en fais pas, ce n'est pas une demande en mariage! C'est juste une demande de cohabitation dans la même maison. Il sourit. En plus ça me permettrait de savourer les bons gateaux que fait Ludmila.

Comment allait-elle réagir? Il avait été absent pendant plusieurs mois et lui demandait, à peine revenu, s'il elle acceptait de vivre avec lui. Il craignait que ça lui semble déplacé.

Tu as tout ton temps pour y réfléchir. Rien ne presse.

Abattu par la fatigue d'un voyage sans repos, il se sentit tout à coup assez mal. Il ne voyait plus distinctement Saya et il n'entendait pas ce qu'elle pouvait bien dire. Ne pas faiblir, ce n'est pas le moment. Pas avec Saya, pas maintenant alors que l'on vient tout juste de se retrouver. Pas maintenant...
Mais, à bout de force, il tomba lourdement par terre.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 18:44

Ils s'arrêtèrent et il lui prit les mains. Elle le regarda attentivement, perplexe.

Il se mit alors à parler et on ne l'arrêta plus. Saya fronçait de plus en plus les sourcils au fur et à mesure qu'il parlait. Non pas qu'elle désapprouvait ce qu'il était en train de dire mais qu'il fallait quelques secondes à chaque fois pour que ce que disait Vik soit assimilé par son cerveau.

C'est alors qu'elle perçut un mot:


...bla...bla...mariage!...bla...bla...

Hein? Quoi!... regard affolé... Kékidit? Il rentre après deux mois et il joue le don Juan? Non pas potib' elle était pas prête...
Même si elle avait commencé à y penser c'était trop tot! Ils devaient apprendre à mieux se connaître... s'installer ensemble.

C'est alors que ses quelques neurones réagirent et elle se rappela le reste de la conversation.
"Ne t'en fais pas, ce n'est pas une demande en mariage!"

Elle sourit, soulagée et replongea encore quelques secondes dans ses pensées.
Emménager avec Vikttor, voilà un grand cap à franchir! Ils avaient tous deux peur de s'engager, apparemment, lui avait vaincu cette peur.
Et puis les derniers jours, semaines, mois l'avait fait réfléchir, il était plus qu'incertain qu'elle serait encore longtemps à Sancerre.
Et si Vik ne voulait pas partir? Il suffisait de lui demander!


Elle allait lui répondre qu'elle aimerait bien emménager avec lui mais qu'elle devait lui parler de certaines choses...
Mais les yeux de Vik se firent plus vaguent et il les ouvrait et les fermait plusieurs fois de suite.


Vikttor?Pas de réponseVikttor? Tu m'entends?

C'est alors qu'il tomba lourdement par terre, écroulé sous la fatigue.
Elle se baissa et se dit qu'elle n'aurait jamais assez de force pour le transporter jusqu'à la maison et elle ne pouvait pas compter sur l'aide de Ludmila.
Elle se retourna et s'aperçut qu'ils étaient tous deux dans une ruelles vraiment peu fréquentée de Sancerre. Norf de norf

Elle s'en éloigna un peu et s'approcha d'un homme qui semblait plutôt musclé et avec qui elle avait déjà parlé plusieurs fois au marché.


M'sieur vous voulez bien m'aider? Mon ami est tombé et je n'ai pas assez de force pour le ramener seule à la maison.

Le gars lorgna de manière très peu discrète sur le décolleté de Saya qui serra les dents. Elle avait vraiment besoin d'aide... elle n'allait pas commencer à faire la difficile!

Avez plaisir jeune donzelle! Je vous suis!

Elle l'amena au pas de course vers Vikttor. Et l'homme se pencha vers lui puis le prit dans ses bras sans effort apparent.

Mais, il dort?

Saya ne jugea pas utile de lui répondre et le conduisit jusqu'à chez elle. Elle rentra dans sa maison sous l'oeil intrigué de Ludmila et guida le transporteur de Vikttor vers sa chambre à l'étage.

Voilà, posez le sur le lit s'il vous plait.

Il s'exécuta et tous deux redescendirent. Après l'avoir chaleureusement remercié,elle prit quelques écus et et les lui tendit.

Non non m'dame c'est de bon coeur qu'fais plaisir à d'jolies femmes comme vous! Savez la mienne est pas très jolie... mais bon... j'm'en contente!

Elle lui lança un regard courroucé et il partit sans demander son reste.

Elle rentra à l'intérieur et les trois petits monstres accoururent en criant:


Il est Vikttor?

Elle leur expliqua qu'il était très fatigué et qu'il avait besoin de se reposer. Elle leur demanda de bien vouloir jouer avec le plus de silence possible s'ils voulaient revoir Vikttor le plus vite possible.

Les trois petits acquiescèrent du chef et repartirent jouer dehors.
Elle remonta les escaliers à pas de loup évitant tous les endroits où elle savait qu'ils grinçaient. Elle pénétra lentement dans sa chambre et referma la porte derrière elle.

Vikttor dormait paisiblement. Combien de lieues avait-il parcourues par jour pour être aussi rapidement à Sancerre? Sûrement beaucoup de trop!
Elle lui ôta ses bottes et alla s'asseoir à côté de lui dans le lit, observant sa poitrine qui montait et descendait, lentement au rythme de son souffle.
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 20:32

La nuit venait de tomber quand Vikttor se réveilla. Il ouvrit lentement les yeux et s'assit en sursaut dans le lit, ne reconnaissant pas la chambre dans laquelle il était installé. Puis les différents événements qui avaient eu lieu avant qu'il arrive là lui inondèrent son esprit. Ils se rappela des retrouvailles avec les enfants, puis avec Saya. Une longue discussion avait eu lieu par la suite. Ah oui! Il avait proposé à Saya de vivre ensemble! Qu'avait-elle répondu? Il ne s'en souvenait pas!

Il tourna la tête et aperçut Saya, endormie, près de lui. Il se mit sur le côté et la regarda silencieusement. Elle avait dû rester près de lui et s'était endormie. Comme toujours, elle veillait sur lui, lui qui avait été absent si longtemps et qui se sentait coupable de l'avoir chagrinée.
Il se tourna et s'assit au bord du lit. Ses bottes étaient posées par terre. Il se leva en prenant soin de ne pas faire craquer le plancher. Il avança jusqu'à la porte et l'ouvrit doucement avant de sortir de la pièce. Tout était bien calme dans la maison. Vikttor avança dans le couloir et arriva devant une porte entre-ouverte. Il reconnut alors la voix des enfants et sourit:

Tu crois que Vikttor est mort?

Non, mais maman l'a peut-être assomé.

Maman, elle est bizarre depuis quelques temps, vous ne trouvez pas?

Ludmila était dans le même état qu'elle quand Saturnin venait la voir.

Moi j'veux pas avoir d'autres soeurs, je veux avoir un petit frère. Les filles sont trop compliquées.

Il les écouta un instant, puis repartit. Il descendit jusqu'à la cuisine pour boire un verre de lait. Alors qu'il terminait de boire, Ludmila arriva à son tour, à moitié endormie.

Hé! Bonsoir Ludmila!

AAAAAAH! cria-t-elle, apeurée. Après s'être remise de ses émotions, elle lui dit: Norf de norf! Vous m'avez fait peur Vikttor! Alors, dites moi tout, vous pensez déménager avec Saya? Elle me dit souvent qu'elle a envie de quitter Sancerre. Elle a peur que vous ne la suiviez pas.

Vikttor cacha sa surprise et répondit à Ludmila qu'ils n'avaient pas encore abordé ce sujet, mais qu'ils le feraient bientôt. Il lui souhaita une bonne nuit et regagna la chambre dans laquelle on l'avait installé. Saya semblait toujours dormir, et Vikttor alla déposer délicatement une couverture sur elle. Il glissa doucement une mèche de ses cheveux derrière son oreille et s'allongea près d'elle. Il la regarda de longues minutes et se dit, avant de se rendormir, qu'elle était belle comme tout.

C'est après une belle nuit qu'il se réveilla, éclairé par la lumière du jour qui passait à travers les volets. Il regarda pensivement Saya, en attendant qu'elle se réveille.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 24 Aoû 2009 - 22:23

Elle avait fini par s'endormir et elle avait passé une nuit agréable comme elle n'en avait plus passé depuis longtemps. Elle avait juste rêvé de palapalas courant dans tous les sens.

Quand elle se réveilla, elle s'étira et heurta quelque chose à côté d'elle. Elle grommela puis, se rendant compte qu'il y avait quelque chose ou plutôt quelqu'un à côté d'elle elle se leva en hurlant. Puis se retournant elle vit Vikttor et éclata de dire.


Excuse moi Vik.

Elle se rassit sur le lit et posa un bref baiser sur ses lèvres.

Bien dormi? J'espère que tu trouves le lit confortable ... ça serait vraiment dommage!
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mar 25 Aoû 2009 - 10:37

Encore un peu rêveur, Vikttor la regarda se réveiller et sauter brusquement du lit en hurlant. Il ne put s'empêcher de sourire: Et bé! Saya est assez agitée au réveil! Il rit à son tour et lui répondit: Ce n'est rien, ne t'en fais pas!

Il se sentait bien près de Saya, et son léger baiser finit de le réveiller complètement.
Oui, j'ai plutôt bien dormi! Il tourna la tête à droite et à gauche: J'aime bien cette chambre, elle est décorée avec goût.

Alors qu'il s'approchait de Saya pour lui murmurer quelque chose, il se figea. De grands BADABOUM se firent entendre, puis des "Tout le monde debout!" suivirent. Vikttor sourit à Saya, devinant que les enfants venaient de se lever et qu'ils étaient visiblement en forme! Et bien! Je crois que nous sommes attendus! Je vais faire un brin de toilette, je n'aime paraître si négligé.

Il fouilla dans ses affaires et trouva du linge propre qui dégageait une certaine fraicheur. Il demanda à Saya ou aller se laver et c'est après une longue toilette qu'il arriva, plutôt soigné. Il retrouva la petite famille réunie en bas.

Aaron! Sors les doigts du pot de confiture! C'est mal élevé!

Cela ne sembla pas perturber le petit bonhomme qui fit un grand sourire narquois à sa nourrice, un sourire recouvert de confiture.

Bonjour tout le monde! dit Vikttor.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mar 25 Aoû 2009 - 18:55

Saya tout comme Vikttor entendit le brouhaha caractéristique du réveil des enfants. Ils semblaient spécialement en forme aujourd'hui, c'était parfois si difficile de leur faire quitter leur lit!

Elle indiqua à Vikttor où se trouvait la salle d'eau et pendant qu'il s'habillait elle rejoignit les enfants à la cuisine. Elle leur fit leur câlin du matin et leur demanda s'ils avaient bien dormi. Aaron prétendait que ses soeurs ronflaient et les deux filles se défendirent bec et ongle. A un tel point que Saya dut intervenir pour que le discussion ne se termine pas en dispute. De vrais Berrichons ces trois là!

Aidée de Ludmila elle mit la table, pain, beurre,lait, confiture et même un peu de miel qu'il lui restait.

Quand Vikttor entra Aaron était en train de mettre les doigts dans la confiture pour plusieurs raisons. De un parce que c'est trop bon la confiture, de deux parce que ça énervait Ludmila et il le savait!
Saya quand à elle redressa de justesse le pot de miel dont tout le contenu avait failli finir sur le morceau de pain d'Eloïse.

Elle tourna les yeux vers Vikttor et sourit. Elle se leva, l'enlaça et effleura ses lèvres des siennes tout. Elle lui murmura:

Tu es beau comme un prince!
Elle se dépêcha de se décaler car les trois petits diablotins fonçaient déjà sur Vik pour lui faire un gros bisou collant.

Je te les confie quelques instants!

Elle monta à l'étage faire sa toilette. Elle passa de l'eau sur son visage et s'observa dans la glace.
Vikttor est de retour!
Et un large sourire s'afficha sur son visage, il ne le quitterait certainement plus de toute la journée.

[Pendant ce temps dans la cuisine:

Ludmila fit rasseoir les enfants pour ne pas qu'ils embêtent de trop l'hôte de leur maman. Puis, se tournant vers lui :
Prenez une place mon p'tit! Dites moi ce qui vous ferait plaisir et je vous le prépare!

Tu t'assieds près de moi Vikttor? dit Louise avec un grand sourire.
Mais son frère l'air boudeur ne se laissa pas faire.


D'abord Vikttor c'est un garçon! Alors il vient à coté de moi! NA!
Il tira la langue à Louise pour accompagner sa phrase.Ce qui fut tout de suite réprimander par sa nourrice.

[A l'étage]

Saya choisit une robe rouge assez légère car la journée s'annonçait ensoleillée.Elle mit une fine ceinture pour souligner sa taille? Puis, elle fit avec application ses cheveux et mit une goutte de son précieux parfum derrière chacune de ses oreilles deux oreilles.
Qu'est ce que c'était agréable de se faire belle pour un homme!
Une fois satisfaite du résultat, elle descendit les escaliers et s'arrêta devant la porte pour les observer.
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mar 25 Aoû 2009 - 21:40

Après avoir échangé quelques paroles avec Vikttor Saya alla se préparer. Il essuya rapidement ses joues pleines de confitures et adressa un petit sourire aux enfants. Il n'avait pas l'habitude de s'occuper d'enfants et faisait en général tout pour ne pas avoir à le faire. Mais là c'était différent, il s'agissait de ceux de sa bien-aimée.

Louise et Aaron se disputaient pour s'assoir près de lui. Vikttor eu l'impression qu'il manquait quelque chose. Louise et Aaron se disputaient, jusque là rien d'anormal. Mais ou était donc passé la petite Eloïse, elle qui était toujours fourrée dans les mauvais coups?

C'est quand il sentit quelque chose dans son dos qu'il comprit ou était passée la p'tite fille. Elle tirait de toutes ses forces sur la chemise de Vikttor qui ne résista pas longtemps et qui céda face à la force d'Eloïse. L'assemblée se figea lorsqu'un gros craquement se fit entendre. Vikttor se retourna et regarda la petite fille qui tenait un morceau de sa chemise à la main! Arf! Elle venait lui déchirer sa plus belle chemise!

Les yeux pleins de larmes, ne sachant pas trop quoi faire ni quoi dire, elle regardait timidement Vikttor. Louise, qui regardait la scène d'un air désinvolte brisa le silence et dit:

Et bé! Je ne voudrais pas être à ta place! Je n'ose même pas imaginer ce que Vikttor et Maman vont te dire!

Vikttor se contenta de sourire et s'accroupit de façon à être à la hauteur d'Eloïse:

Ce n'est rien, ne t'en fais pas, je n'en parlerai pas à ta Maman.
Il ajouta: Ludmila non plus ne le fera pas. La vieille dame eut un sourire bienveillant à son égard et hocha la tête pour lui assurer qu'elle resterait discrète.

Aujourd'hui j'ai envie de me mettre à côté de ta maman. Mais il y aura certainement d'autres matins ou nous pourrons nous mettre l'un près de l'autre. Ca te convient?

La petite hocha la tête, contente de ne pas être punie. Il aurait très bien pu céder à la volonté des enfants et s'assoir près d'eux, mais il voulait garder une certaine autorité. Il en faudrait s'il voulait aider Saya à les élever. Cependant, il les servit et leur tartina de quoi manger.

Tu viens de dire qu'il y aurait d'autres matins, dit Aaron la bouche pleine. Cha veut dire que l'on va vivre enchemble? Tu vas rester avec nous à la maichon?

Vikttor ne s'attendait pas à cette question et aurait préféré que ce soit Saya qui lui réponde. Il reposa ce qu'il était sur le point d'avaler, et répondit, un peu mal-à-l'aise.

Et bien en fait peut-être. Je ne sais pas vraiment. Si votre maman en a envie et si cela ne vous pose pas de problème, oui, on vivra tous ensemble. Peut-être pas tout de suite, mais un jour sans doute. Enfin, c'est à elle qu'il faudra le demander.

Pendant tout ce temps, Saya se préparait.
Vikttor aperçut une ombre près de la porte et leva les yeux pour voir Saya revêtue d'une robe rouge qui la mettait bien en valeur. Une fois de plus il reposa ce qu'il s'apprêtait à avaler. Il ne savait pas depuis combien de temps elle les écoutait, et il sourit. Il se leva et alla à sa rencontre. Tout en déposant un doux baiser sur sa joue, il prit sa main et murmura:

Sais-tu que tu es ravissante?

Tes enfants commencent à se poser des questions sur nous deux.

Il retourna s'assoir et posa ses yeux sur Saya. Comment était-il parvenu à vivre loin d'elle si longtemps? Il leur restait encore beaucoup de choses à vivre. Un avenir heureux devenait alors possible...
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 30 Aoû 2009 - 16:10

Saya avait posé sa tête contre le chambranle de la porte et elle observait Vikttor s'occuper des enfants, leur préparer à manger, discuter avec eux,...
C'était donc ça la vie de famille? La vie avec un homme?
Elle était prête à signer tout de suite si elle pouvait avoir ça durant toute sa vie.
Elle laissa alors son esprit vagabonder.
Une journée ensoleillée, des enfants qui couraient dans le jardin, Vikttor a côté d'elle beau comme un dieu de l'olympe et puis elle se sentait différente, cette sensation, elle l'avait déjà vécue mais, était-ce possible?
Elle sortit brusquement de son rêve quand elle entendit Aaron poser la question fatidique.

Vikttor lui répondit et Saya sourit. C'est alors que son regard croisa celui de Vik et qu'il la rejoignit. Il la complimenta sur sa tenue et elle le remercia grâce à son sourire spécial Vikttor comme elle aimait l'appeler.

Elle alla s'asseoir à côté de lui et posa sa main sur la sienne. Puis elle regarda ses trois petits anges tour à tour.
Elle ne savait comment aborder la question avec ses enfants, elle avait peur de leur réaction, surtout de celle d'Aaron.
En effet, la question qu'il avait posée à Vikttor était une question piège, Aaron avait été le seul "homme" à la maison pendant un long moment et bien qu'il fut encore tout jeune, il l'avait bien compris! De plus le petit avait hérité de la partie du caractère fort de sa mère, une vraie tête de mûle qui plus est!

Après avoir regardé Vikttor et avoir serré tendrement sa main, elle se jeta à l'eau.


Bon voilà , les enfants,...
Je suppose que vous avez remarqué que Vikttor passait beaucoup de temps avec moi et qu'il venait de temps en temps à la maison!
Vous vous rappelez l'histoire que je vous ai raconté il n'y a pas longtemps ?

Les enfants hochèrent tous les trois la tête et Eloïse demanda:
Toi aussi maman Vikttor il t'a sorti du puits?
Oui, on peut dire ça comme ça. Mais ce n'était pas le même genre de puits que dans l'histoire.
Je voulais par là vous expliquer que j'éprouve les mêmes sentiments que cette jeune demoiselle pour son sauveur.


Aaron grimaça mais ne dit rien.

C'est pour ça que j'ai quelque chose à vous demander les enfants:
Qu'est ce que vous penseriez si Vikttor venait vivre avec nous?


Elle scruta les trois petites frimousses. Louise n'avait pas l'air de savoir quoi penser mais elle ne semblait pas contre non plus, Eloïse avait un large sourire sur le visage.
Tandis qu'Aaron lui, il ne semblait pas voir la chose de cette manière. Il plissa le front, posa calmement sa tasse de lait qui avait été en suspension pendant toute la discussion. Ensuite, il se leva de table et sortit de la maison en criant:


J'l'appellerai jamais papa!

Saya soupira et enfuit sa tête dans ses mains. Aaron n'aurait pas le dernier mot mais comment allait-elle lui faire accepter la présence de Vikttor?

Ludmila fit sortir les filles de table et les amena à l'étage pour les aider à s'habiller.
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 30 Aoû 2009 - 17:48

Et bien... Ca ne va pas être évident...

Vikttor posa doucement sa main sur l'épaule de Saya en signe de réconfort et resta silencieux quelques instants.

Ton fils a un tempérament de feu! Il va falloir du temps avant qu'il accepte l'idée que je puisse venir vivre avec vous.

Il glissa l'une des mèches de cheveux de Saya derrière son oreille et ajouta:

Je comprends sa réaction. Je suis un inconnu et j'arrive chez lui, je prends la place d'un père qui n'a jamais été là pour lui. D'homme de la maison, il passe à petit garçon.

Comment as-tu réagi quand Bragon t'a présenté sa nouvelle compagne? Tu l'as bien pris?

Quoiqu'il en soit je saurai être patient et je tacherai de mériter sa confiance.

Il prit la main de Saya dans la sienne et croisa ses doigts avec les siens. Tout était bien calme dans la maison. On entendait Ludmila et les filles parler; elles semblaient avoir bien pris la chose contrairement à leur frère. Vikttor aurait voulu lui parler, mais pour lui dire quoi? Qu'il aimait sa maman et que c'est auprès d'elle qu'il souhaitait se réveiller chaque matin? Non, cela ne suffirait pas et il le savait. Le problème était bien plus profond.

Son regard se perdit quelques instants dans le vague et retomba sur Saya. Elle était là, devant lui, et semblait bien contrariée. Lui aussi l'était. La journée avait pourtant bien commencé. Il pensa aux hommes qui n'acceptaient pas les enfants qui n'étaient pas les leur et qui obligeaient leur mère à les envoyer vivre dans des monastères, parfois dans des lieus encore plus sordides. Lui il n'était pas comme cela. S'il fallait fonder une famille avec Saya, ce serait aussi avec ses enfants, même si ça risquait d'être assez compliqué.

Pour lui aussi ce n'était pas simple. Il avait toujours refusé d'avoir des enfants et à présent il devait prendre soin d'une progéniture qui n'était pas la sienne. Mais Saya ne lui avait jamais rien caché quant à l'existence de ses enfants et au fait qu'ils représentaient tout pour elle. Il venait ébranler les habitudes d'une famille qui se suffisait à elle-même et qui, finalement, n'avait pas besoin de lui. Il aimait Saya, il était prêt à tout pour que ses enfants l'acceptent.

Il repensa aux paroles d'Aaron: J'l'appellerai jamais papa! Pour détendre un peu l'atmosphère, il dit: Tant qu'il ne m'appelle pas maman, moi ça me va.

Ce n'était sans doute pas le moment de plaisanter, mais qu'importe. Plus sérieusement, il demanda à Saya:

Comment on va faire?

Il regardait Saya, il contemplait chacun de ses traits, sachant qu'il devrait bientôt repartir à Noirlac et qu'il n'était là que pour quelques heures. Il avait de plus en plus de mal à quitter Saya et ne supportait plus d'être séparé d'elle.

Il aurait voulu envoyer au diable tous ces moines qui l'empêchaient d'être aux côtés de son aimée. Il avait beau chercher des tonnes de prétextes pour ne pas retourner à Noirlac, il savait qu'il n'avait pas le choix et qu'il était attendu là-bas. Il voulait donc savourer chaque instant, chaque minute passés près de la jeune maman.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mar 1 Sep 2009 - 20:41

Elle réfléchissait intensément à la manière par laquelle elle ferait comprendre à son fils qu'il n'avait pas le choix et qu'il devrait apprendre à vivre avec un autre homme à la maison. Elle savait qu'Aaron tenait beaucoup de son propre caractère. Elle savait ainsi que le combat ne serait pas facile.

Elle écouta Vikttor et ne put s'empêcher de sourire quand il évoqua Bragon et sa nouvelle compagne. Elle s'était toujours entendue à merveille avec May mais...


Ce n'est pas pareil, je suis une adulte et la vie sentimentale de mon père ne me regarde pas.

La main de Vik dans la sienne la réconforta un peu et elle resta de longues minutes silencieuses, tournant et retournant de sa tête diverses phrases.

Vik fit un commentaire sur le fait que du moment qu'Aaron ne l'appelait pas maman ça lui allait. En d'autres circonstances cette remarque l'aurait faite rire mais elle se contenta de sourire.


Comment on va faire?

Ce "on" lui arracha un sourire sincère. Elle était surprise par la manière dont Vik gérait les évènements, il se retrouvait dans une famille, trois enfants qui n'étaient pas les siens et il les acceptait. Saya savait que ça ne serait pas facile car elle avait eu l'habitude de toujours élever ses enfants comme elle le voulait. Ils devraient maintenant s'en occuper à deux et il y aurait certainement des divergences sur le sujet.

Elle s'assit sur les genoux de Vikttor de manière à être face à lui.


Et bien... nous devrons nous heurter à la tête de mule d'Aaron. Lui faire comprendre que maintenant ce n'est plus moi toute seule mais que c'est toi et moi.
Je vais aller lui parler mais peut-être serait ce bien que tu le fasses aussi, que tu le rassures. Je pense qu'il a surtout peur!


Elle posa un rapide baiser sur les lèvres de son grand bêta préféré et regagna le jardin. Aaron était assis sur le muret qui délimitait la parcelle de la maison et il lançait des petits cailloux à ses pieds. Elle le rejoignit et s'assit à côté de lui sans rien dire, respectant le silence de son enfant.
Quand elle jugea le moment propice elle prit la parole.


Tu sais Aaron, ce n'est pas parce que Vik vient vivre avec nous que nous n'aurons pas toi et moi nos petits moments comme avant. On continuera de faire nos promenades dans les bois rien que nous deux.
En plus , tu pourras avec Vikttor faire des activités d'hommes! Tu te plaignais toujours qu'il n'y ait que des filles, ce n'est plus le cas maintenant!

Elle le prit sur ses genoux et l'observa. Il avait beaucoup grandi et il ressemblait de plus en plus à son père.
Nous ne te demandons pas de l'appeler Papa.Vikttor ne veut pas prendre la place de ton père mais il vaudrait faire partie de notre famille. Tu devras le respecter, l'écouter quand il te demandera quelque chose tout comme si c'était moi.
Le petit garçon fit la moue, la partie était loin d'être gagnée...
J'espère que tu finiras par l'accepter! Mais, de toute façon, c'est moi qui décide.
Elle ébouriffa les cheveux de son fils qui rit de bon coeur et elle rit avec lui.
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Ulrich
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mer 9 Sep 2009 - 10:29

Un pigeon vint s'écrouler devant la porte de la propriétaire du Havre... Il en avait parcouru, des lieues avant de venir s'effondrer à destination, sous le soleil berrichon, reflété par la rosée des plaines verdoyantes, et paisibles...
Citation :

Dame Saya,

Nous prenons cette nuit nostre plume pour vous donner des nouvelles de nostre campagne Languedocienne.
Hier, nous avons mené un assault sur Lodève, au cours de la nuit sans lune. La nature, ou Aristote, nous l'ignorons, dans leur grande miséricorde ont épargné nos vies, et nous louâmes nostre bienfaiteur, quel qu'il fût.
Ce premier assault fût impétueux, et nous pouvons jurer sur les reliques de Saint Arnvald, le Saint patron de vostre bonne ville, qu'aucun berrichon ne recula avant que la retraite ne fût sonnée. Nous comptâmes en nos rangs, au lever du jour une blessée légère, que nostre chef de lance fit rapatrier à Millau, ville qui accueille nostre camp.

Nous passâmes la journée d'hier sur un noeud, non loin de la ville dont nous n'estions point parvenus à faire tomber les remparts la veille, pansant nos blessures superficielles, laissant nos montures fourbues prendre un repos bien mérité, et s'abreuver dans un ru qui court la vallée languedocienne.

Au soir, nos chefs, malgré les pertes importantes de la veille dans les autres sections ont décidé de mener un nouvel assault contre les remparts de Lodève. A titre personnel, nous pestions intérieurement; mais nous n'en laissâmes rien paraître, ne souhaitant point inquiéter vostre cousine. Nous pensons que le brave sénéchal berrichon qui dirige nostre section dut avoir lui aussi un pincement au coeur; mais en bon soldat, soucieux de montrer que les berrichons honorent leurs alliances, il nous mena au combat, sous Lodève.

Ce fût un carnage, une bataille sans merci devant Lodève, l'armée ennemie, acculée aux murs de sa ville se battit avec hargne, sachant qu'elle n'avait aucune possibilité de retraite.
Dans la poussière soulevée par les combattants, nous perdîmes rapidement le contact visuel avec nostre douce.
Lorsque le cor sonna la retraite, nous cherchâmes la belle Vulcaine. Nous la trouvâmes laissée pour morte, elle semble néanmoins avoir, dans un dernier soubresaut d'orgueil, et de vaillance, eu le courage de planter son glaive en travers du corps d'un vil languedocien; avec une telle force que sa lame se trouva brisée. Vous pouvez estre fière de vostre cousine, qui s'est battue telle une lionne, nous pouvons vous l'assurer. Devant la vision de la douce à terre, de sa douleur, nous nous sentîmes pénétré. Il est clair qu'elle n'a pas reculé d'un pas, avec le caractère que vous et nous lui connaissons, nous pouvons supposer qu'elle se battit jusqu'à ce que ses jambes ne puissent plus la porter.


Nous mandâmes deux coupe-jarrets en train de dépouiller des cadavres afin qu'ils portassent la belle jusqu'à nostre camp de Millau.
Au petit matin, nous rencontrâmes de nombreux brancards. Il semble que Dexter et nous soyons les seuls valides de nostre section.
Nous avons veillé Vulcaine, qui n'a point encore recouvré ses sens. Le médicastre parle de 45 jours de convalescence pour elle. Nous avons fait mander de précieux onguents à nostre tante, et au sage coms de Toulouse, qui doit avoir lui aussi quelques connaissances des plantes.


Citation :
CENSURE

Nous attendons auprès de la belle que des ordres nous soient donnés. Comme nous nous l'estions juré mutuellement, si combat il y à ce soir, nous irons, et nous la vengerons du gueux qui a osé faire pénétrer sa lame dans la chair de la fille d'Héphaïstos! Lasteyrie point ne faiblit!


Vostre tout dévoué;


Ulrich Milambert Louis de Lasteyrie dict Piyen

Faict à Millau le neuvième jour de septembre de l'an mil quatre-cent cinquante sept.

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Ulrich
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Jeu 17 Sep 2009 - 16:25

Après-midi calme à Sancerre, mais pas assez pour qu'un pigeon traversant le village soit remarqué...
Ledit pigeon se posa devant la demeure de Saya, et tendit la patte, comme s'il attendait quelque chose en paiement de son voyage... Que le spectateur ne s'y trompe pas, ce geste n'est pas anodin: en effet, le pigeon est auvergnat, et il réclame en conséquence le remboursement de ses frais, accompagné d'un pourboire. Une fois ces subsides versés en graines, le pigeon offrira sa seconde patte à la propriétaire de la chaumière, patte autour de laquelle est attachée la missive suivante...


Citation :
Dame Saya,

Nous avons eu beaucoup de difficultés à prendre la plume... Vous allez comprendre pourquoi à la lecture de cette missive, mais avant, je me dois de vous narrer les derniers évènements de Millau...
Cette semaine a été marquée par l'incompétence de l'état major rouergat; vostre sénéchal ayant même été contraint de le rappeler plusieurs fois à l'ordre afin de ne point nous faire envoyer à la boucherie (on raconte qu'une attaque avec les résidus de nostre armée -soit moins d'une vingtaine de personnes- a été programmée par les fins stratèges rouergats). Nostre meneur a refusé que nous participions à ce genre de mission suicide; c'est pourquoi, nostre belle et nous avons passé la semaine dernière à pêcher au lac de Millau. Le temps était agréable, et propice à ce type de partie de campagne. Nous primes fort peu de poissons, mais nous profitâmes de ces moments privilégiés. Nous rencontrâmes même l'un de nos anciens compagnons gascons.
La belle se remet doucement de ses blessures physiques, nous pensons que d'ici une trentaine de jours, elle sera en état de marcher.
Néanmoins, nous ne serons plus là pour la féliciter de ses progrès.
En effet, et, nous devinons aisément vostre courroux à la lecture de ces mots, nous avons quitté Millau. Nostre mission ayant pris fin, nous sommes reparti avec nostre groupe. La possibilité de demeurer auprès de vostre cousine nous a été laissée; mais nous ne l'avons point saisie, nous l'avouons à nostre grande honte.

Nous vous devons des explications à nostre comportement; les voici:
Il y a une trentaine de jours, nostre père, le sieur Muad_dib de Lasteyrie, seigneur de Lascaux, et nostre Mère, dame Arianrod de Cénorel, baronne d'Ouillie et dame d'Huest furent lâchement agressés alors qu'ils voyageaient seuls, par une armée de vils soudards artésiens. Nostre père fût grièvement blessé, mais grâce à son héroïsme (il chargea seul contre les pourceaux artésiens), nostre mère est sauve.
Nous jurâmes à Père que nous le vengerions. L'heure sonnera d'ici peu, et nous nous devons d'estre à ses côtés, de par nostre serment, ce qui explique nostre départ de Millau sans vostre doulce cousine.
Elle vécut fort mal nostre séparation; aussi, pour l'occuper, nous fîmes acquérir un manoir pour elle. A l'heure qu'il est, nous savons qu'elle reçoit des décorateurs pour les tapisseries, et les tentures, ainsi que les bibelots. Elle prend cette mission fort à coeur, et oublie un peu se blessures.

Quand à nous, nous sommes à moins d'une semaine de Sancerre. Nous y passerons une soirée avant de repartir vers nostre devoir. Si nous avons terminé à temps de venger l'honneur de nostre Père, nous irons chercher la belle à Millau; mais nous savons que ce genre de vengeance, même si elle est parfaitement planifiée comporte forcément un aléa; en outre, selon les plans de Père, nous ne serons présent sur Bourge qu'une dizaine de jours après la guérison de nostre Sémiramis...

Dans l'espérance de vous revoir lors de nostre bref séjour à Sancerre,
Dame Saya,
Nous prions pour qu'Aristote vous garde de la vilenie des hommes.

Vostre serviteur;

Ulrich Milambert Louis de Lasteyrie dict Piyen

Faict à Murat le dix-septième jour de septembre de l'an mil quatre-cent cinquante sept.
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 19 Sep 2009 - 13:47

Elle se réveilla comme une fleur ce matin là. Des étoiles plein les yeux et le coeur battant la chamade, bien plus vite que le rythme des tambours lors d'une danse africaine.
Elle avait refait ce rêve, celui dont elle rêvait depuis déjà plusieurs semaines. Sauf que, ce n'étais pas en sursaut qu'elle était sortie de ses songes! La fin de son rêve avait pris une tournure ô combien différente.

"Elle avançait tout sourire dans une magnifique robe blanche confectionnée par un tisserand renommé. cette robe lui avait coûté les yeux de la tête mais en valait vraiment la peine car elle voulait être belle pour LUI!
Tous ses amis étaient réunis, son père était présent, beau comme un prince et fier comme un paon.
En face d'elle, un homme d'Eglise, l'air solennel et la mine de quelqu'un qui n'avait pas que ça à faire s'impatientait, les mains jointes et le menton baissé.
Mais surtout, Vikttor. IL avait revêtu son plus beau costume et souriait. Des milliers de papillons voletaient dans une aura lumineuse autour de lui (ben quoi, c'est un rêve!). Elle était si heureuse, si fière de se marier avec un homme tel que lui, elle espérait le mériter et pouvoir le rendre heureux toute sa vie..."

C'est à ce moment que l'histoire diverge.
Voici la version des nuits précédentes:

"Alors que Saya s'apprêtait à répondre: OUI et sceller son destin à celui de son aimé, celui-ci se retourna vers l'assemblée. Son regard était devenu froid, pénétrant et toute trace d'un moindre sourire avait momentanément disparu. Il se mit à ricaner et un sourire réapparut sur son visage d'ange démoniaque.C'était un sourire triomphal, un sourire qui glaçait les sangs. Il parait alors dans un grand éclat de rire et dit:
" Je vous ai tous bien eus! Vous croyiez en mes bonnes manières et mes bonnes intentions envers votre amie. Mon but était de la briser , une fois de plus, une dernière fois."
Et d'un pas conquérant, il était sorti de l'église , son rire résonnant encore entres les murs et dans la tête de la mariée déchue. Elle était sidérée et ne réagit même pas quand une des colombes s'enfuit de sa cage et largua une belle fiente fumante droit sur l'ex-future mariée..."


Après ces rêves, Geo se réveillait toujours en sursaut, le corps trempé, la bouche grande ouverte par ses hurlements qu'elle s'empressait d'étouffer dans son oreiller avant de sangloter jusqu'au lever du soleil.
Elle savait que Vik ne lui ferait pas ça. Mais ses précédents déboires amoureux venaient la hanter, renforçant ses craintes du mariage. Elle avait tellement peur d'être abandonnée d'une manière ou d'une autre. Et si Vik le faisait... elle n'y survivrait certainement plus.

Cependant, cette nuit-ci, la cérémonie de mariage ne se déroula pas du tout de la sorte!

" Vikttor et Saya se trouvaient côte à côte,les yeux plongés les uns dans les autres. Le curé déblatérait son blabla mais Saya n'y prêtait presque pas attention. Seul comptait désormais l'autre, sa moitié, celui qu'elle recherchait depuis toujours.
Alors le moment fatidique sonna, deux oui furent prononcer, deux coeurs battaient à l'unisson pour ne plus jamais cesser de battre l'un pour l'autre. Un doux baiser était échanger, un baiser remplit d'une symbolique tellement complexe!"

C'est à ce moment qu'elle se réveilla, les idées claires, un large sourire, plus large que jamais... Elle se sentait prête.

Elle repoussa ses draps d'un bond, fit ses ablutions. Pour sa coiffure, elle prit deux touffes de cheveux de part et d'autre de sa tête et une au milieu, toutes les trois vers le haut du crâne et les coiffa en une toute fine tresse qui retombait à l'arrière de son crâne, sur ses cheveux mi-longs. Ensuite, elle ouvrit sa garde-robes, et après maintes réflexions en choisit une, élégante, ni trop légère ni trop épaisse. Elle prit soin de se parfumer et vérifia son apparence dans le miroir. Elle entreprit d'améliorer quelques petits détails et quand elle fut satisfaite, elle descendit les escaliers qui menaient au séjour.

Un regard vers son épée posée sur le mur. Tous les soirs elle l'y posait et presque tous les matins elle la décrochait. La savoir à ses côtés la rassurait et qui peut savoir ce qu'il peut arriver sur une journée? Elle pourrait un jour lui être de nouveau utile.
Elle entendit du bruit qui provenait de la cuisine. Elle sourit et se dirigea vers la source de cette perturbation sonore. Ce n'était autre que Ludmila qui s'afférait déjà autour de son fourneau. Elle la salua et lui prit un petit pain tout rond qui sortait du four. Il était si chaud qu'elle se brûla les doigts et faillit le laisser tomber.

La nourrice ne put s'empêcher de rire et d'ajouter:

Vous êtes pire que vos enfants! Sauf que vous, je ne peux plus vous éduquer.

Saya lui adressa un large sourire et après avoir secoué plusieurs fois le petit pain dans tous les sens, elle mordit à pleines dents dedans. Tout en le mangeant de la main droite, elle en enroula un autre dans un linge propre.

Ch'est vraiment délichieux! dit-elle la bouche pleine.

Merci! Mais sortez de ma cuisine et laissez moi travailler tranquillement! Est-ce que je viens regarder par dessus votre épaule quand vous travailler dans vot' bureau, moi? Non. Allez, du balais! Et elle joignit le geste à la parole, flanquant la maîtresse de maison hors de sa propre cuisine. Cela ne l'énerva pas le moins du monde, au contraire elle sourit, amusée. Elle enfuit le linge contenant le pain rond dans sa poche, elle le mangerait sur le chemin de la mairie. Elle n'avait pas beaucoup de temps à perdre.

C'est pourtant ce moment-là que choisit un pigeon pour venir frapper au carreau de la fenêtre du séjour. Intriguée elle s'approcha, ouvrit la fenêtre et prit la missive de la patte de l'oiseau. Elle voulut la lire mais le volatile n'était pas de cette avis, il plantait son bec sur les doigts de Saya, à petits coups répétés. Elle grommela et lui donna quelques graines et un peu d'eau. Le pigeon, content de cette récompense amplement méritée englouti le tout et repartit vers le ciel d'un bleu impénétrable.

Elle ouvrit alors la lettre et reconnut de suite l'écriture du Sieur Piyen, Joan, Ulrich qui parlait à la première personne du pluriel. Décidément, elle ne s'habituera jamais à cette manière d'écrire. Elle parcourut rapidement toutes ses lignes et la moutarde lui monta au nez.


Quel sombre idiot! marmonna-t-elle. Elle le savait! Elle le savait qu'il agirait un jour de la sorte! Il faudrait qu'elle lui réponde et qu'elle écrive à sa cousine qui ne devait pas être d'humeur très commode.

Elle posa la missive sur la table du salon et monta les escaliers lentement. Comme à son habitude avant de partir travailler, elle allait réveiller ses petits anges. Elle poussa la porte de leur chambre et les trouva tous les trois sagement endormis. Elle avait vraiment beaucoup de chance qu'ils soient là tous les trois! Tellement de mères se retrouvent privés de leurs enfants... Son regard se posa sur Louise. Elle devrait certainement bientôt l'envoyer dans une école pour qu'elle apprenne toutes les choses qu'elle devait savoir! Elle voulait que ses enfants reçoivent la meilleure éducation possible. Mais, elle ne voulait pas déjà se séparer d'eux! Ils étaient si petits!
Aaron quant à lui destinait depuis tout petit sa vie à l'armée et il ne semblait pas changer d'avis. Son caractère se renforçait de mois en mois et il maniait sa petite épée de bois avec une véritable dextérité. Eloïse, elle, ne voulait pas quitter le foyer. Elle voulait rester pour toujours dans les bras de sa maman. Cette remarque avait attendrit celle-ci. Il était vrai qu'elle l'avait beaucoup couvée quand elle était enfant car elle était souvent malade. Peut-être l'avait-elle trop protégée? De toute manière elle savait que sa toute petite grandirait et qu'elle ne voudrait plus entendre parler de sa vieille mère!


Debout la dedans! Tous sur le pont les pirates nous attaquent!! cria-t-elle pour réveiller les trois petits.

Des grognements de contestation se firent entendre. Aaron se leva d'un bond, repoussa avant violence sa couverture. Un grand sourire aux lèvres il alla embrasser sa mère et descendit dans la cuisine prendre son petit déjeuner.
Louise s'étirait en baillant et finit par venir réclamer son bisou en trainant les pieds, les yeux encore remplit de fatigue. Saya lui ébouriffa les cheveux.
Eloïse avait repoussé sa couverture au dessus de sa tête et ne semblait pas décidée à s'extirper de son lit. Geo s'assit au bord de celui ci et tira la couverture vers le bout du lit. Réaction instantanée de la petite, elle se replia en boule pour empêcher l'air frais d'atteindre sa peau. Saya rit et la chatouilla. La petite fille aux cheveux bruns foncés se mit à rire et entoura ses bras autour du cou de sa maman.
Elle la prit dans ses bras, se leva.


Oulala ma grande, on sent que tu as grandi! Je ne pourrai bientôt plus te prendre à bras!

Elle posa un bisou sur le front d'Eloïse et descendit les escaliers tout en la serrant fort dans ses bras.

Quand elle entra dans la cuisine, les deux autres avaient déjà la bouche remplie de pain à la confiture et se chamaillaient pour savoir qui pourrait vider le pot de miel.
Saya sourit et posa Eloïse sur sa chaise. Celle-ci prit en vitesse un pain, le coupa et ni une ni deux piqua le pot de miel à son frère et à sa soeur. Avant qu'ils n'aient eu le droit de rouspéter, le pot avait été ouvert, renversé et tout son contenu se trouvait sur le morceau de pain d'Eloïse.


A ce soir les enfants, soyez sages!

Posant sa besace sur son épaule, un tas de dossier poser en appui sur le bras droit, elle quitta sa maison déjà tellement animée.

Elle espérait croiser Vikttor en taverne, elle devait le conter son rêve!
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Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor
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