Forum de la mairie de Sancerre RR



 
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 Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor

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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mer 7 Oct 2009 - 17:23

La veille-au petit matin

La guerre... encore la guerre.
Elle était allongée dans son lit, sur le dos, les yeux fixés au plafond.
Dans les rues les femmes étaient apeurées, les villageois étaient sur le qui vive, guettant la moindre information... Un nouveau maire avait été élu, celui-ci avait déclaré qu'il ne voulait plus voir aucune armée dans Sancerre. Beaucoup de Sancerrois vivaient dans l'ignorance la plus totale, se demandant pourquoi nombres de personnes passaient, épée attachée à leur ceinture. Du moment que leurs affaires prospéraient eux, ils s'en foutaient! Le Poilu, ils connaissaient pas... un nouveau troubadour arrivé fraichement en Berry pour raconter ses histoires à dormir debout?

Astaroth avait demandé à Saya de le rejoindre dans sa cause. Cette fois-ci, elle n'avait pas foncé tête la première, cette fois-ci beaucoup de choses étaient en jeu. De plus, elle ne pouvait plus penser que pour elle-même... Elle avait ruminé, faisant défiler les pour, les contre dans cette tête en une farandole affolante. Elle n'arrivait pas à se décider.

Elle repoussa doucement les couvertures, ne voulant pas réveiller Vikttor qui ne devait pas dormir profondément non plus. Elle posa toute fois un baiser sur la joue de son aimé. Se rappelant les mots qu'ils s'étaient échangés. Ils avaient parlé d'avenir. Oui, faire des projets en des temps aussi troubles c'était vraiment réconfortant. Il lui avait exprimé son point de vue et lui avait dit qu'il l'aimerait toujours même si leurs idées divergeaient.

A pieds nus sur le parquet de la chambre, Saya se dirigea vers la fenêtre. Le ciel était encore couleur encre mais une grosse tache ronde et blanche, aussi gros et joufflu que la grosse dame qui riait si fort dans la taverne où elle avait fait ses premières rencontres en Champagne. La lune veillait sur eux...

Elle poussa la porte de la chambre très lentement bien que cela ne l'empêcha pas de grincer. Elle la referma avec autant de délicatesse et ses pas hésitants la menèrent devant la porte de ses marmots. Tous les trois dormaient, le visage paisible, plongés dans leurs rêves à la fois si fous et si réels. Maintenant que la guerre était aux portes de la ville, Saya avait demandé à Ludmila de bien vouloir les emmener loin de tout ce trouble. Ils devaient prendre une coche en début de matinée pour rejoindre la maison de campagne de la soeur de la vieille dame. Saya soupira, ses enfants avaient été vraiment toute sa vie pendant un long moment et chaque séparation avec eux lui brisait le coeur.

Elle poursuivit sa ballade nocturne en descendant les escaliers. A chaque marche elle revoyait des visages effrayés devant une lame tendue qui s'apprêtait à leur enlever la vie. Ce jour là, une femme, une mère n'avait pas revu son mari, son fils. Des enfants n'avaient pas sauté sur les genoux de leur père pour qu'il leur conte une histoire et avaient regardé la chaise qu'il occupait le soir pour fumer sa pipe des larmes ruisselant sur leur visage. Elle avait été fière de servir son duché, de se battre pour lui. Elle avait éprouvé une colère froide pour ses adversaires. Mais ceux-ci étaient des hommes et des femmes tout comme elle...

A chaque marche qu'elle descendait ses idées se clarifiaient, son opinion se renforçait.
Quand elle eut attend la toute dernière marche, son regard s'alluma. Elle avait choisi son camps et elle ne se gênerait pas de le faire savoir. Beaucoup de monde allait lui en vouloir, d'autres, seront contents de son choix. Elle ne pouvait pas faire plaisir à tout le monde, elle ne pouvait pas être neutre.

La vie était faite de choix, et même si ces choix n'étaient pas toujours les bons il fallait les prendre et les assumer. Elle espérait ne pas devoir regretter celui qu'elle avait pris.
Elle arriva dans le séjour et aperçut son épée accrochée, fidèle à son poste. Elle s'approcha et caressa de l'index et du majeur la garde de sa fidèle épée.


J'ai choisi le camps dans lequel tu allais servir mais j'espère au plus profond de moi que je n'aurai pas à me servir de toi!

Elle prit la direction de son bureau, alluma des bougies et les posa sur son bureau. Une pile de dossier à traiter s'y trouvait. Quelques lettres pour le tutorat, lettre qui serait lue en urgence dès que les premiers rayons du soleil atteindrait la surface en bois de son bureau. Elle attrapa un châle qu'elle avait laissé trainé et le posa sur ses épaules. La douce chaleur qu'il lui apporta la réconforta un peu. Elle avait trouvé que la vie était bien calme... elle était servie maintenant.
"Le calme avant la tempête"
Elle tourna en rond autour de son bureau, répétant dans sa tête et puis à haute voix différentes phrases, des mots clés, des arguments. Elle allait devoir s'exprimer devant ses amis, devant les membres du conseil pour donner son avis. Elle appréhendait toujours de parler en publique mais elle allait bien devoir le faire!

Quelle folie avait emporté Sancerre et ses villageois?
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mar 20 Oct 2009 - 0:38

Ce soir là, Vikttor avait quitté la taverne plus tôt que d'habitude. Saya avait encore du pain sur la planche mais elle lui promit de le rejoindre dès qu'elle aurait fini. Quand il sortit, elle s'approcha de la fenêtre et le regarda s'éloigner dans la pénombre. Elle souriait.
Elle s'était alors installée au comptoir, avait sorti sa plume et un parchemin et s'apprêtait à écrire. Mais elle n'y parvenait pas, son esprit vagabondait de-ci de là tel un papillon venant de sortir de sa chrysalide et découvrant le monde dans lequel il venait d'éclore. Ses yeux se posaient sur les roses que lui avait apportées son aimé, sur le feu qui crépitait dans l'âtre d'une manière apaisante, sur tout ce qu'elle avait raté dans sa vie et ce qu'elle avait réussi à accomplir.

Se rendant compte qu'il ne servait à rien de vouloir forcer son esprit au travail, elle prit sa cape et sortit. Elle vérifia que son épée coulissait bien dans son fourreau car elle ne voulait pas perdre de temps si jamais elle devait s'en servir. Les chemins n'étaient plus surs... il y avait des femmes qui chantaient des chansons paillardes, d'autres qui guettaient la nonne du coin qui sortait du confessionnal. Quelle étrange ville...

Elle prit le chemin des bois, oui, une promenade parmi les arbres ne lui ferait pas de tord.
Elle aimait entendre le bruit de ses pas dans les feuilles mortes, ce sont à ses oreilles lui rappelait que rien n'est éternel. Elle se retrouva dans une clairière et monta sur la branche d'un chaine. C'était son lieu favori pour réfléchir, calme, reculé de tout mais avec une vue sur Sancerre quand même... Elle inspira profondément l'air frais et vivifiant et ses pensées furent tout de suite plus claires.

Elle s'inquiétait pour sa soeur qui passait ses semaines à Noirlac , loin de tout. Bien qu'elle n'avait que rarement de ses nouvelles Saya savait que les pensées de sa soeur ne devaient pas être des plus optimistes. Elle craignait d'apprendre un jour les décisions qu'elle prendrait...
Ses enfants lui manquaient plus que jamais. Elle savait qu'ils étaient mieux loin de cette guerre qui marque les esprits. Ils riaient surement avec cette innocence infantile, couraient dans l'herbe et se jetaient dans un tas de feuilles qu'ils avaient au préalable assemblé. Ludmila lui écrivait plusieurs fois par semaine pour donner des nouvelles mais cela paraissait encore trop peu à la jeune Tribun.
Son regard venait de se fixer sur la lune presque pleine quand elle décida qu'il était l'heure de rentrer chez elle.

Elle se hâta sur le chemin, ouvrit la porte de la maison si calme depuis que les trois diablotins ne s'y trouvait plus et alla s'installer dans son bureau. Elle effectua le recensement avec application et elle se promit de remettre les dossiers à jour dans la semaine. Il y aurait bientot une nouvelle conseillère qui pourrait l'aider et elle en était ravie.

Son travail achevé, elle monta lentement les escaliers et poussa la porte de la chambre sans faire de bruit. Vik dormait à poings fermés. Elle n'alluma pas de bougie pour ne pas troubler le sommeil de son futur fiancé et elle se déshabille sans bruit à la lueur pâle de la lune. Elle enfila sa robe de nuit et coiffa lentement et consciencieusement ses cheveux.
Ensuite, elle se glissa en dessous des couvertures et posa petit baiser sur les lèvres de son ange endormi.

C'est blottie dans ses bras avec un sentiment de réconfort et de sécurité qu'elle regagna les bras de Morphée qui serait trop courte... comme toutes les autres.
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Piercy
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mar 27 Oct 2009 - 12:20

Citation :
Coucou Saya,

J'espère que tu vas bien et que Sancerre va mieux que le reste du Duché. Quelle épouvantable guerre... A la cruelle vision des morts berrichons s'ajoute la colère de voir tant d'indécision, de manipulation... Et de tous côtés! Je suis en train de voir beaucoup de personnes perdre la tête, je vois le Berry perdre la sienne également. Mais bref...
Je venais juste te demander des nouvelles de toi et du village.

Affectueusement et amicalement,

Armadeus.
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Jeu 29 Oct 2009 - 14:16

Saya avait passé plusieurs jours cloîtrées dans son bureau de Tribun, classant triant, hurlant... A quoi bon sortir? Ses enfants étaient loin, Vikttor était en retraite et tous ses amis étaient au front, en train de se faire tuer... Le berry s'écroulait et avec lui tout son passé.
Oui, son passé et non pas son futur car son futur il était au bras de son amour, loin du berry comme ils s'en étaient fait la promesse quelques temps plus tôt. Toutefois si elle y perdait tous ses amis dans cette guerre... comment serait son futur?

C'est quand elle se rendit compte qu'elle n'arrêtait pas de se répéter cette même phrase qu'elle décida de rentrer chez elle pour se reposer et se nourrir. Elle ferma consciencieusement la porte de son bureau, se demandant combien de temps encore ils avaient avant que Sancerre ne soit attaquée par des vils gredins armés jusqu'aux dents.

Quand elle arriva chez elle, elle découvrit une missive. Son amie Armadeus lui transmettait de ses nouvelles. Elle sourit, son amie était en vie.
Elle rentra chez elle quatre à quatre, prit un parchemin et une plume et écrivit:


Citation :


Ma chère Armadeus,

Je suis si heureuse d'avoir de tes nouvelles et si attristée de voir dans quelle mouise s'est fichu le Berry.
Ici à Sancerre, il n'y a plus un rat, seulement quelques personnes qui ne cessent de parler de la guerre. Je ne vais que très peu en taverne car cela me mine le moral.
Les élections sont dans cinq jours et personne ne s'est encore présenté. Je crains un peu que quelqu'un se présente le tout dernier jour et que nous nous retrouvions avec un maire incompétent.
Je tourne en rond de ne pouvoir vous rejoindre à Bourges pour défendre. J'aimerais vous soutenir, vous aider...

Prends bien soin de toi Armadeus!

Je t'envoie une once de courage et toutes mes pensées.

Amicalement

Saya

Ensuite, elle prit une pomme et la croqua à pleine dents. Elle n'avait meme pas remarqué que son estomac criait famine.

Et elle sortit faire un tour dans les rues de Sancerre
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 2 Nov 2009 - 0:52

[Un premier novembre tard dans la soirée- taverne du Havre]

Ils s'étaient tous les deux retrouvés après cette retraite qui avait paru une éternité à Saya. Elle lui avait dit que quelque fut la durée de sa vie elle voulait la passer toute entière avec lui. Ensuite, ils avaient discuté d'avenir, faisant des projets. Oui, les temps avaient beaux être sombres faire des projets permet d'avancer et vivre dans le passé est rarement une bonne chose.

C'est alors qu'il l'avait fait, il avait laché la main de Saya, avait mis la sienne dans sa poche et en avait sorti tel un magicien un écrin noir. Il avait ouvert celui-ci et présenté la bague à la jeune tavernière. Chose étonnante cette dernière ne s'était pas enfuie comme ils en avaient plaisanté un jour en taverne. Non, bien du contraire elle était restée, le coeur battant la chamade et l'écoutant poser sa question. Et elle avait répondu:


Oui, je le veux. Sans aucune hésitation. Il lui avait passé la bague autour du doigt... une promesse d'un avenir à deux, un avenir heureux!

Ils avaient passé la soirée à discuter à plaisanter à deux, enlacés l'un contre l'autre, ne se souciant qu'un bref instant de la fureur qui grondait dehors.

Puis à regret, ils avaient dû se séparer. Vik était rentré à la maison mais Saya, elle, devait terminer de rédiger une lettre et devait jeter un coup d'oeil à quelques dossiers importants. C'était sans compter qu'elle était omnubilée par sa bague. Elle ne cessait de la regarder, tournant sa main dans tous les sens pour y voir se refleter chaque rayon de lumière. C'était vraiment une bague magnifique, à l'image de leur amour.

Un petit quart d'heure après le départ de Vik, elle se rendit compte qu'elle était toujours au même endroit, la bouche sêche de l'avoir laissée grande ouverte d'admiration. Elle la referma et décida que sa paperasse attendrait encore un jour de plus.
Elle prit la clef du Havre et resta silencieuse quelques instants. Elle sentait leur présence, elle entendait un rire haut et clair. Ce rire qu'elle avait tellement entendu, elle pouvait deviner la présence de sa tante et de son âme soeur. Saya sourit. Elle espérait qu'elle était fière d'elle là où elle était.


Je suis enfin heureuse tante Icefly, enfin!

Après avoir passé sa main sur le comptoir de cette vieille taverne qui en avait vu des choses, qui en gardait des secrets, elle referma la porte se promettant qu'elle resterait ouverte aussi longtemps qu'elle le pourrait pour reccueillir les peines mais surtout les joies de toutes les personnes qui le désirait.

En chemin, comme elle l'avait dit à Vikttor, elle cria sa joie:


Je vais me marier! Je vais devenir la femme de l'homme le plus exceptionnel. Oui, habitants de Sancerre, moi, Saya, Tribun de cette ville adorée vait devenir l'épouse de messire Vikttor!

Elle rejoignit sa maison en courant, riant à gorge déployée. Ses pas et ses rires se répercutaient dans le ville si vide... elle s'en foutait de réveiller ceux qui restaient. Elle ne pouvait pas le cacher.

[218 rue de la porte vieille]

Elle ouvrit la porte à la volée, la ferma derrière elle et après avoir posé sa cape au crochet prévu à cet effet grimpa les escaliers quatre à quatre rejoindre son futur mari.
Elle lui avait promis de gros bisous et tout le monde sait que Saya tient toujours ses promesses!
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 22 Nov 2009 - 18:11

Vikttor cherchait Saya partout. Il marchait, il courait, de taverne en taverne, de ruelle en ruelle. Ou pouvait-elle bien être? D'un pas pressé, il se rendit "Rue de la porte vieille". C'était leur demeure. Leur toit. Toit qui avait vu naître et qui avait abrité leur passion.
Il pénétra dans la maison. Vide de vie. Pas un bruit, pas un souffle. Il prit un parchemin et une plume:

Citation :
Saya,


Il paraît que je suis revenu,
Il paraît que tu m'as manqué, toi si loin, et pourtant si proche,
Il paraît que sans toi ma vie n'a aucun sens,
Il paraît que dans ton sourire je retrouve de l'espoir,
Il paraît que je me perds dans ton regard,
Il paraît que je veux te voir,
Il paraît que je veux t'épouser.


Pourquoi "paraître" alors que ce ne sont là que des certitudes? Avant j'avais peur, aujourd'hui je ne crainds plus rien.

Je t'aime.
Vikttor.
Il laissa la feuille sur une table, et quitta la maison, en espérant trouver Saya.
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Saule
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 29 Nov 2009 - 16:09

La petite jeune fille débarqua à Sancerre, avec pour seul bagage une bourse de 50 écus et une pauvre chemise. Passant la porte de la ville, tout lui semblait bien impressionnant. La ville, le marché, les gens. Depuis toute petite, elle avait été élevée dans un vieux monastère perdu au milieu de nulle part. Mais cette vie ne lui convenait pas. Le nez plongé dans les livres depuis sa jeunesse, elle avait envie de voir autre chose, de vivre autre chose.

Finalement, sans demander l'avis de personne, Saule avait filé et s'était dirigée vers Sancerre, là où il habitait maintenant. Armé de son fort caractère, la jeune fille chercha un lieu pour se reposer. Elle entra en taverne et fit la connaissance de Saya. Elle ne pouvait se douter que Saya était alors la compagne de son frère Vik.

Les deux femmes avaient fait connaissance et Saule l'appréciait déjà énormément. Il était temps pour elle de retrouver maintenant celui qui lui avait tant manqué.
Ayant l'adresse en main, elle essaya de se débrouiller pour trouver.
Elle interrogea tout le monde et finit par découvrir le nid douillet où ruchait son frérot chéri !

Prenant une grande inspiration, Saule frappa à la porte.

Il y a quelqu'un ? Vik ??
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 29 Nov 2009 - 16:52

Vikttor leva les yeux de son livre pour regarder les enfants qui jouaient sagement. Ils étaient bien calme, ce n'était pas normal. D'un naturel explosif, ils ne perdaient jamais l'occasion de faire une bêtise et le calme qui régnait dans la maison était des plus étranges.

Vikttor alla les rejoindre. Aaron était très serviable avec ses soeurs tandis que les deux filles étaient des plus sages. Alors qu'il allait leur demander quelques explications, quelqu'un frappa à la porte.

Soyez sages, je reviens dans un instant.

Vikttor passa machinalement la main dans ses cheveux pour se recoiffer tout en se dirigeant vers l'entrée. Qui cela pouvait-il bien être? Il n'attendait personne.

Il y a quelqu'un ? Vik ??

Cette voix, il la connaissait, cette voix lui était familière. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'il aperçut sa soeur sur le pas de la porte. Cela faisait combien de temps qu'ils ne s'étaient pas vus? Longtemps, bien trop longtemps.

Heureux mais surpris de retrouver sa soeur Saule, il resta la regarder quelques instants, en silence. Elle avait bien grandi, c'était une jeune femme à présent. Dans ses traits il retrouvait leur mère. Il ne dit rien, il la prit simplement dans ses bras. Il finit par lui adresser un léger sourire:

Je t'en prie, entre. Comment vas-tu? Tu as quitté ton monastère?
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Saule
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 29 Nov 2009 - 17:39

La porte s'ouvrit et Saule découvrit son frère. Dans ses souvenirs de gamine, Vik avait toujours été le grand frère qu'on rêvait en tant que petite fille : Doux, protecteur, un vrai héros. Le voir planté là la submergeait d'un immense plaisir. Il était plus âgé, certes mais inchangé. Quand il l'a pris dans ses bras, c'était comme retomber en enfance. Il l'a fit entrer dans sa maison, leur maison mais elle ne savait pas encore pour Saya.

Vik ! Je suis si heureuse de te revoir ! Oui je vais bien et toi ? Comment vas tu ? C'est bien ici ? Tu es heureux ?

Elle voulait le submerger de questions, pour ne pas répondre à celle posée.
Son regard fit le tour de l'intérieur mais revint vite sur Vik. Elle lui prit la main chaleureusement et sourit.

Il faut que tu me racontes tout ! Ca fait si longtemps !!! Jolie maison dis moi !
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 30 Nov 2009 - 21:40

Vikttor remarqua que sa soeur feignait de ne pas avoir entendu sa question mais n'insista pas, ils pourraient en reparler plus tard.

Je vais très bien, je te remercie! Cela fait plusieurs mois que je vis ici. Une femme a su dompter ma volonté de voyager pour finalement me faire prendre gout au plaisir de la vie en couple... et en famille!

Alors qu'il disait cela, trois petites têtes apparurent près de la porte. Eloïse s'avança jusuqu'à Vikttor et tira sur sa manche. Ce dernier se pencha pour savoir ce que l'enfant voulait: Dis, c'est qui la dame?

Un sourire se dessina sur le visage de Vikttor.

C'est ma petite soeur, Saule. Il se tourna alors vers le garçon: Et oui Aaron, moi aussi je connais la dure vie de frère!

Il leva les yeux vers sa soeur:

Saule, voici Aaron, Eloïse et Louise. Ils sont adorables, tu devrais bien t'entendre avec eux. Quant à leur maman, une femme merveilleuse. J'espère qu'elle va bientôt arriver.

Ne reste pas ici, mets toi à l'aise et viens t'assoir près du feu. Nous pourrons parler plus tranquillement. Mille questions me trottent dans la tête.
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mer 2 Déc 2009 - 16:23

Une ombre se dessina au coin d'une ruelle, des bruits de pas pressés, le talon d'une botte, une étoffe de couleur noire et une cape voletant derrière.
Une silhouette féminine se dessinait, des longues jambes, des bras chargés de paperasses, un cou entouré d'une écharpe et enfin une mine renfrognée. Les sourcils de la dame étaient froncés comme un maître d'école grondant un chenapan, elle mordillait nerveusement sa lèvre inférieure et ses yeux lançaient des éclairs.

Saya rentrait après une longue journée de travail. Elle avait les nerfs à vif et aspirait de rentrer chez elle, de se laisser tomber dans un fauteuil et de ne plus en bouger. Elle grommelait, ruminait sans cesse les mêmes choses, donnant un coup de pied ça et là dans un caillou trainant.
Le cliquetis de ses clef se faisait entendre. En effet, elle les tenait dans sa main droite et les lançait en l'air tous les trois pas.

Hélas au détour d'un virage, un homme qui courait tout en regardant derrière lui lui rentra dedans. Ses clef lui échappèrent et ses dossiers se répandirent dans la boue. Elle eut envie de courir après le maladroit qui ne s'était même pas excusé et de lui mettre une bonne raclée. Mais, quand elle se retourna, il avait déjà disparu, ne laissant aucune trace.



C'est peut-être mieux ainsi... grogna-t-elle.

Elle se pencha et ramassa ses dossiers toutefois, ses clef demeuraient introuvables. Elle dut plonger sa main dans la boue d'un air dégouté pour les retrouver. Alors qu'elle était accroupie, la main dans la boue toute une série de souvenirs lui revinrent à la mémoire. Une bataille de boue mémorable dans la taverne du Havre, le sourire de sa tante, le début d'une histoire lointaine. Elle secoua la tête. Ce temps froid la rendait vraiment nostalgique!

Elle reprit le chemin, la main pleine de boue, les dossiers tachés et les cheveux moins bien coiffés qu'au départ. La seule chose qui la réconfortait était qu'elle allait retrouver son fiancé, pourrait se blottir dans ses bras et oublier cette journée. Les enfants joueraient devant eux toujours aussi plein d'énergie.

Elle poussa la porte de chez elle, lança ses clef avec désinvolture sur le petit meuble dans le corridor. Elle tira sa cape et entendit une voix féminine converser avec Vikttor. Elle sourit.


Tu as invité quelqu'un mon ange?

Elle se dirigea vers le salon, enjouée et se figea sur le pas de la porte. Cette femme, elle la connaissait, elle l'avait croisée en taverne et elle lui avait paru fort sympathique. Mais que voyait-elle? Elle tenait la main de Vikttor et le regardait avec insistance.

La bouche de Saya s'ouvrit, laissant pendre sa mâchoire et donnant à ses lèvres une forme de cul de poule. Si la situation n'avait pas été la même, cette grimace aurait pu être très comique.
Un regard incendiaire se posa sur Vikttor et puis seulement sur Saule, tel était son nom. D'une voix tranchante elle dit:


Tu aurais du me prévenir pour ne pas que je rentre plus tôt du travail!

Son regard se posa sur Aaron, Louise et Eloïse puis fixa Vikttor dans les yeux et bougeant la tête de droite à gauche, le front plissé par la colère.

Devant MES enfants en plus!

Elle tourna les talons, rejoignit la corridor et avant de claquer la porte sans même prendre la peine de prendre sa cape lança d'une voix glaciale:

Excellente soirée!

Elle s'éloigna, rejoignant un endroit où elle se sentait bien, un endroit loin de tout. Elle grimpa sur la plus basse branche de l'arbre, appuya son dos contre le tronc et ferma les yeux.
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Vikttor
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Ven 4 Déc 2009 - 18:01

La porte claqua. Trois paires d'yeux se tournèrent vers Vikttor et Saule. Sans réfléchir, Eloïse se précipita sur Vikttor et lui donna un coup de pied dans la jambe. Elle leva la tête vers lui, au bord des larmes, et lança, la voix pleine de chagrin:

Tu es trop méchant! Même que ma maman elle est triste à cause de toi! Je t'aime plus!

Louise et Aaron regardaient leur soeur d'un air détaché et ébahi puis se tournèrent l'un vers l'autre. Ils avaient tous deux compris que leur mère ignorait que Saule était la soeur de Vikttor et qu'elle avait mal interprété les retrouvailles fraternelles. L'ainée alla rejoindre Eloïse qui s'apprêtait à débiter des gros mots et lui donna un petit coude avant de lui souffler:

Mais qu'est-ce qu'il te prend? Vikttor vient de te dire que cette dame est sa soeur. Avec maman, ce n'est qu'un malentendu. Rien de plus.

Eloïse écouta attentivement sa soeur, les sourcils froncés. Plusieurs secondes s'écoulèrent. En se rendant compte de sa méprise, une légère gêne s'empara de l'enfant.

Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié. Il faut dire que maman a été convaincante sur ce coup-là! J'étais triste pour elle. J'aime pas quand elle va mal.

Vikttor les regardait, en silence. Il avait eu le droit à une scène de Saya et à un coup de pied d'Eloïse. Il s'adressa à Saule avant de poser son regard sur les enfants:

Je dois aller parler à Saya. Je te confie les enfants quelques instants. Je suis vraiment confus. J'aurais préféré que votre rencontre se passe autrement. Les enfants, soyez sages surtout.

Saya était partie, mais où? Vikttor ne savait où aller la chercher. Aaron, qui l'observait, s'approcha de lui et dit:

Quand maman va mal, elle va toujours au même endroit, sur une branche.

Vikttor se précita vers l'entrée et attrappa au passage sa cape. Il lança un Merci bonhomme! qui s'évanouit dans la nuit, étouffé par le bruit des pas de Vikttor. Ce dernier avait surpris Saya à plusieurs reprises assise sur une branche et se dépêcha d'aller la rejoindre. Quand il l'aperçut, il soupira, à la fois content de la retrouver, et contrarié de la voir chagrinée. Il s'avança vers l'arbre d'un pas lent, et s'arrêta:

Saya... Ce n'est qu'un malentendu, je vais tout t'expliquer.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mer 16 Déc 2009 - 23:52

Une lueur étincelante, un rai de lumière caressant un objet d'une beauté presque parfait, la lune caressait la bague de Saya qu'elle faisait tourner dans le creux de sa main.

Mille et une questions rentraient dans sa tête et en ressortaient en y laissant un chaos indescriptible. Et si...? Et si...? Non, il n'avait quand même pas fait ça!

Elle glissa sa main dans sa poche et en retira une cordelette, elle la passa soigneusement dans sa magnifique bague et noua les deux extrémités.
Et alors qu'elle l'observait luire à la lueur de la lune, que des larmes de colère- non pas contre Vik mais contre elle-même- perlaient au coin de ses yeux, son fiancé arriva.


Saya... Ce n'est qu'un malentendu, je vais tout t'expliquer.

Elle ne dit pas un mot, ne bougeant pas d'un pouce. Puis, pour seule réponse elle laissa tomber la cordelette et la bague juste sous le nez de Vikttor.
Elle ramena ses deux jambes du même côté de la branche et se laissa tomber à côté de lui.


Tu en auras sans doute besoin pour la séduire elle!

Elle le toisa, les yeux encore brillant fixés dans les siens. Ils étaient si près l'un de l'autre qu'ils se frôlaient de temps en temps.
Agacée de cette proximité elle s'éloigna d'un pas et tourna son regard vers la lune en haussant les épaules et en fronçant le nez.
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Georgette
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Jeu 8 Avr 2010 - 14:43

De l'eau était passé sous les ponts, les enfants avaient fêtés leur anniversaire, une nouvelle année avait même été célébrée. Déjà l'été s'annonçait mais ce n'était qu'automne dans le coeur de la jeune tavernière du Havre.

Ce jeudi 8 avril, au matin

Saya fut réveillée, elle ne sait trop à cause de quoi. Sa main était douloureuse mais ce n'était rien comparé aux élancements qu'elle ressentait dans sa tête. Elle gémit faiblement et tenta de se relever, en vain. Elle ouvrit péniblement un oeil et vit au travers de la fenêtre que le soleil était déjà haut dans le ciel. " Soleil? ... Zénith... Grrmbl..."

Elle repoussa sa couverture à l'autre bout de son lit et s'extirpa de celui-ci. Elle grogna en chottant dans un verre qui trainait par terre. " Hum..." Elle prit le verre en main et regarda la bouteille à moitié pleine (ou à moitié vide) posée sur sa table de nuit. Elle regarda successivement l'un puis l'autre et tenta de faire le lien de cause à effet. "Didiou, j'ai bu combien de verres pour avoir l'impression que ma tête est un carillon d'église?"

Elle prit la bouteille, la rebouchonna consciencieusement et la cacha dans son armoire sous une pile de robes de nuit. Ensuite, elle s'avança vers son miroir et observa son reflet: ses cheveux étaient dans un piètre état, ses yeux était cernés et à peine ouverts, ses traits étaient tirés et il n'y avait pas trace d'un moindre sourire sur son visage. Elle remplit une cuvette d'eau bien froide et se rinça la figure. Les poils de ses bras se dressèrent sur sa peau et elle frissonna longuement. Elle enfila une des robes qu'elle mettait lorsqu'elle appartenait encore à l'armée et qu'elle s'entrainait, une robe élégante mais qui ne la gênerait pas dans ses mouvements. Elle avait besoin de se défouler.

Elle descendit dans la cuisine, avala en vitesse un morceau de pain et elle fit infuser quelques herbes pour se concocter une tisane pour tenter d'atténuer son mal de crâne. Quand tout fut englouti et bu, elle prit une corde et après avoir vérifié que personne ne trainait dans les parages subtilisa une bouteille de poire. Avant de sortir elle attrapa l'écharpe de Vikttor. Il ne faisait pas froid dehors mais elle lui avait prêté la sienne e telle avait donc dû prendre celle de son fiancé et elle ne la quittait désormais plus.

Elle prit la direction de la grange tout en observant le soleil qui répandait une douce chaleur. C'est alors qu'elle entendit accourir une chèvre.



Bonjour Ravageuse. Quel jardin as-tu dévasté aujourd'hui?

La chèvre se contenta de bêler et de repartir dans l'autre sens à toute vitesse. Saya haussa les épaules et entra dans la grange.
Après avoir nourri son cheval Saya alla chercher un sac de farine qui lui restait. Elle lança la corde qu'elle avait prise au travers de la charpente du toit et attacha à une extrémité le sac de farine. Puis, elle le hissa à une hauteur respectable et attacha l'autre bout à un pilier pour le sac reste à la bonne hauteur.

Puis elle se mit à taper de toute ses forces dans ce sac pendouillant, elle y mit toute sa colère, toute sa frustration. C'était toujours mieux que de taper dans un mur comme la veille mais sa main lui faisait mal et la peau entre les métacarpes et les phalanges s'était arrachée et elle commençait à saigner. Elle aurait pu aussi bien se casser la main qu'elle aurait continuer de taper.

Quand elle fut à bout de force elle alla s'asseoir contre le mur de la grange, sortit deux linges propres de sa poche et pansa ses mains. Puis se ne fut plus que larmes et sanglots, elle se recroquevilla sur elle-même et continua de pleurer tout en buvant quelques gorgés de la bouteille de poire qu'elle avait apportée.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 18 Avr 2010 - 15:02

[Dimanche matin]

Saya se réveilla tôt, pour une fois. Elle sortit de son lit, plutôt contente de la soirée qu'elle avait passée. Elle s'était bien amusée au Havre avec ses amis et de nouvelles personnes fort sympathiques. Elle rangea dans sa table de nuit le reste de la bouteille de poire qu'elle avait entamée avant d'aller se coucher. Elle fit chauffer de l'eau pour prendre un bain, cela la détendrait peut-être. Mais avant cela elle décida de faire un tour dans la chambre de ses petits diablotins. Elle poussa doucement la porte pour ne pas les réveiller. Ils étaient profondément endormi et elle regarda leur respiration qui soulevait doucement leur poitrine. Elle recouvra Aaron avec sa couverture car, durant ses rêves mouvementés, il l'avait expulsée à l'autre bout du lit.

Elle sortit de la chambre sur la pointe des pieds. Tout en rejoignant la salle d'eau elle entendit des pas trainant descendre les escaliers. Ludmila venait certainement de se lever. Elle parfuma l'eau se son bain et s'y glissa doucement. Quand elle fut peignée et soigneusement habillée, elle descendit dans la cuisine.

Louise, Aaron, Eloïse étaient levés, encore à moitié endormi mais levés quand même. Elle embrassa toute sa petite famille et les rejoignit à table. Elle sentait peser sur sa nuque le regard inquisiteur de Ludmila. Toutes deux s'étaient croisées plusieurs fois, le soir, dans le couloir lorsque Saya remontait dans sa chambre avec une bouteille de poire. La veille femme avait compris que quelque chose n'aillait pas, mais elle n'avait pas encore osé faire de commentaire.

Quand le petit déjeuner dominical fut pris, elle aida la vieille femme à faire la vaisselle. Ludmila annonça à Saya qu'elle allait sortir avec les enfants, faire une promenade dans les bois tant que le soleil brillait dans le ciel. La jeune maitresse de maison hocha la tête et décida qu'elle allait passer chez Ysa pour prendre les mesures pour sa robe, elle les rejoindrait peut-être quand elle aurait fini.

Avant de partir elle laissa un message sur la porte:


Citation :

Je suis chez Ysabeau. De retour dans l'après midi.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 25 Avr 2010 - 15:12

* 25 avril, 25 avril, 25 avril* plus Saya se répétait cette date dans sa tête et plus son sourire s'agrandissait. * Un an déjà, le temps passe si vite!*. Elle était tellement absorbée dans ses pensées qu'elle ne se rendit pas compte qu'elle venait de se couper le doigt en découpant le pain en tranche.

- Aïe! fit-elle en portant instinctivement son doigt à ses lèvres. Elle suça le sang qui coulait de son doigt, espérant qu'il cesse de saigner. La méthode ne fut pas d'une efficacité fulgurante. Aussi, regarda-t-elle son doigt d'un air dépité. *Heureusement qu'il tient encore!*. Elle alla chercher un linge propre et se fit un petit pansement pour éviter de mettre du sang partout. Elle ôta son tablier, le rangea et mit les tranches de pain fraichement coupées, et certaines aromatisée au sang Sayayien , à l'abri des petites mains potelées des ses trois monstres.

Elle alla changer de robe, elle en choisit une dans les tons clairs, tirant sur le blanc. Elle savait qu'elle risquait de la salir en se prélassant dans l'herbe mais elle voulait être très jolie si jamais Vikttor passait dans le coin. Elle coiffa ses cheveux en un chignon sophistiqué et pas trop serré pour dégager son cou. Elle se parfuma et enfin se contempla dans la glace. C'est alors qu'elle se rendit compte que ses mains tremblaient faiblement. Elle blêmit, crispa et décrispa plusieurs fois les poings mais rien n'y fit. *Norf de norf de norf!*.

Elle descendit les escaliers en vitesse et se servit un verre de poire qu'elle but d'un trait. Elle frissonna en sentant le doux nectar couler le long de sa gorge et se resservit un verre et le but. Elle allait s'en servir un troisième quand elle entendit des pas trainant arriver dans sa direction. Elle rangea la bouteille en vitesse et remplit son verre avec de l'eau comme si de rien n'était.

Ludmila arriva alors dans la cuisine, l'air soupçonneux mais ne disant rien en voyant Saya boire doucement son verre d'eau.


J'emmène les petits en promenade, je repasserai par le marché, vous faut-il quelque chose de particulier.

Posant calmement son verre d'eau, Saya répondit:

Merci bien Ludmila mais j'ai tout ce qu'il me faut. Elle lui sourit sincèrement puis sortit de la cuisine en baissant la tête.

Elle avait un problème, elle le savait mais elle n'arrivait pas à s'en défaire. Elle s'était retrouvée de nombreuses fois devant des hommes et certaines femmes dans son cas et elle ne les avait jamais vraiment compris mais maintenant, c'était chose faite. Elle attrapa un livre et alla s'asseoir sur un banc dans son jardin, au soleil. Elle observa quelques secondes Ravageuse qui courait à toute vitesse vers le jardin d'un de leur voisin. Puis, le dit voisin sortir dans son jardin, une fourche en main et sortir son plus beau vocabulaire à une vitesse incroyable. Elle rit doucement puis se plongea dans sa lecture, espérant que Vikttor passerait.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 25 Avr 2010 - 20:03

Vikttor regarda une dernière fois par la fenêtre de la cellule dans laquelle il venait de passer les derniers mois. Il avait pu rencontrer au sein de l'abbaye des personnes tout à fait charmantes avec lesquelles il avait pu assouvir sa soif de connaissances et partager la richesse du savoir. Il s'était peu à peu imprégné de la sagesse qui régnait dans les couloirs et avait mis de côté sa fantaisie pour laisser place à un visage sévère, sans pour autant abandonner son sourire charmeur. Il était à présent temps qu'il quitte cette retraite qui avait duré trop longtemps, et qu'il retourne auprès de Saya.

Il n'y avait pas un jour, pas une minute où il n'avait pas pensé à elle. Elle était restée son point de repère, son point d'attache à la vie sancerroise. Il pensait régulièrement aux enfants, qui devaient grandir loin de lui, et ce n'est pas sans sourire qu'il les imaginait ressembler de plus en plus à leur mère.

Avant de partir, il s'arrêta devant une glace. S'il avait négligé son apparence de longs mois, il voulait de nouveau être le plus séduisant des hommes aux yeux de Saya et avait fait une toilette des plus approfondies. Sa barbe de trois jours avait disparu, et laissait place à un léger sourire, qui ne le lâchait plus depuis qu'il savait qu'il allait retrouver son aimée. Son regard bleu azur retrouvait enfin son éclat, sa démarche redevenait élancée, sa tenue restait sobre mais particulièrement élégante.

C'est avec un maigre bagage qu'une silhouette arriva devant la propriété de Saya. Il s'y arrêta, pour contempler la bâtisse alors que mille souvenirs lui revenaient à l'esprit, puis, il reprit sa marche en direction du jardin. Saya, assise sur un banc, lisait tranquillement, profitant des premiers rayons du printemps. Il décrocha doucement une rose du sol, et abandonna ses quelques affaires par terre. Il s'approcha d'un pas lent jusqu'au banc, et se pencha, la fleur tendue vers Saya, et lui dit, d'une voix douce et complice:


Quoi de plus agréable que de profiter d'une si belle après-midi?

Jamais il ne se sentait autant vivant que lorsqu'il la regardait. Son cœur reprenait la mélodie qui avait été interrompue lors de son départ en retraite, son esprit redevenait celui d'un homme amoureux. Les sentiments étaient intacts, il l'aimait toujours. Plus que jamais. Son regard ne lâchait plus Saya, il ne voulait plus jamais devoir se séparer d'elle.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Lun 26 Avr 2010 - 0:05

Elle était complètement plongée dans ses lectures, elle avait glissé un doigt dans une de ses mèches de cheveux et le tournait lentement. Elle grimaçait à la vue de l'image représentant une trépanation. Malgré ces illustrations elle aurait bien aimé avoir à utiliser un peu plus ses "talents" d'infirmière car c'était un poste qui lui avait vraiment plu à l'époque.

C'est alors qu'une rose fut tendue et que quelques mots furent prononcés.


Quoi de plus agréable que de profiter d'une si belle après-midi?


Elle sentit son cœur se soulever dans sa poitrine. S'était-elle assoupie sur ce banc au soleil ou était-il vraiment là devant elle, aussi splendide qu'un dieu grec? Elle laissa son livre glisser de ses mains, prit doucement la rose entre ses doigts avant de sauter au cou de Vikttor dans un élan incontrôlable. Une multitude de sentiments déferlaient en elle et elle ne savait lequel prenait le dessus, elle ne savait que dire, que faire. Elle décida de répondre à sa question:

Le baisé de son aimé dans un jardin fleuri et inondé par le soleil. Je crois que c'est encore mieux.

Elle voulut alors vérifier si sa théorie était exacte, elle déposa un baiser sur les lèvres de son fiancé oubliant les longs mois d'attente et d'angoisses. Elle ne voulait pas déserrer son étreinte, elle voulait rester dans ses bras et ne plus bouger, ne plus jamais être séparés...

Bienvenu à la maison! Bienvenu chez nous. Tu veux quelque chose à manger? A boire?

Elle tentait de réagir normalement mais elle était tellement troublée que posais ces bêtes questions banales lui demandait beaucoup d'effort. Elle ne détachait pas son regard de Vikttor, ayant trop peur que si elle clignait des yeux ou que si elle détournait le regard pendant une seconde, il disparaissait à tout jamais.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Mar 27 Avr 2010 - 13:13

Vikttor ne lâchait plus Saya des yeux. Elle était ravissante, et faisait naître en lui une passion déchainée, insaisissable. Quelques mois les avaient séparés, et avait éprouvé leur amour qui était à présent plus fort et plus intense que jamais! Il se laissa embrasser avec cette fougue qui ne le quittait maintenant plus. Tout redevenait possible. Il lui répondit alors, dans un sourire:

Je n'ai soif que de te regarder. Seul ton parfum peut m'enivrer, seuls tes baisers peuvent assouvir ma faim.

Saya. Sa fiancée. Son tout. Tout ce qui les entouraient disparut pour ne plus laisser place qu'à cette passion dévorante qui l'animait quand il était à ses côtés. Comment avait-il pu rester aussi longtemps en retraite sans se libérer des chaînes de la religion, sans se lever contre ce monde dans lequel elle n'avait plus sa place. Ne disait-on pas que l'absence avait cela d'étrange qu'elle renforçait les grandes passions et détruisait les simples amourettes? Si Vikttor avait une certitude, c'était celle de vouloir ajouter des pierres à l'édifice qu'ils construisaient tous deux, confondant amour et tendresse.

D'une main, il glissa l'une des mèches de cheveux de Saya derrière son oreille. Il avait tant de choses à lui dire, à lui raconter. Ses dernières folies, ses nouveaux projets. Toute la vie ne suffirait pas pour lui prouver son amour, la vie ne suffirait pas pour apaiser sa soif d'aventure
.

Il lui murmura, tout en se serrant contre elle, en amenant sa bouche près de son oreille:


Tu m'as tellement manqué!
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Ven 14 Mai 2010 - 12:43

[Vendredi 14 mai]

Il y a des jours comme ceux-ci où votre vie vous glisse entre les mains et vous ne pouvez rien y faire si ce n'est attendre des jours meilleurs. Mais est-ce toujours possible? Y a-t-il toujours du blanc dans le noir? L'espoir prendra-t-il le dessus sur le chagrin d'un coeur réduit en cendre?

Saya s'était réveillée ce matin-là, une drôle de sensation dans le creux de l'estomac qu'elle ne pouvait s'expliquer. Encore une malade quelconque qui trainait s'était-elle alors dit. Elle avait aidé ses enfants à s'habiller et ils avaient tous pris leur petite déjeuner ensemble. Tous? Non, un seul manquait à l'appel et à chaque fois que Saya y repensait elle sentait des larmes mouiller ses yeux et elle voyait la bouteille de poire l'appeler. Toutefois, elle lui avait promis d'être forte et d'arrêter.

Cette journée avait donc commencé comme toutes les autres. Comme tous les matins elle regarda par la fenêtre , espérant voir arriver celui qu'elle aimait mais l'horizon était désespérément vide et de gros de nuages commençaient à faire leur apparition.
Elle décida d'aller cueillir quelques fleurs avant qu'il ne se mette à pleuvoir.

Alors qu'elle était rentrée chez elle et qu'elle arrangeait les fleurs dans son beau vase de cristal elle entendit frapper à la porte. Elle alla ouvrir mais elle ne trouva personne. Intriguée, elle fit un pas dehors, le vent commençait à se lever, l'orage s'annonçait. Toutefois pas la moindre trace de l'individu qui avait frappé à sa porte. Elle fit demi-tour et c'est alors qu'elle remarqua un parchemin posé sur le sol. Son coeur se mit à battre la chamade. Des nouvelles de Vikttor?

Elle déplia le parchemin d'un main tremblante et ses yeux parcoururent les quelques lignes écrites d'une main malhabile. Lui transpercer le coeur avec une épée mal aiguisée lui aurait certainement fait moins mal. Son vase lui échappa des doigts et se brisa en milliers de petits morceaux tout comme sa vie et son cœur à cet instant précis. Ses premières larmes tombèrent en même temps que les premières gouttes de pluie et son cri de désespoir résonna en écho à celui, beaucoup plus grave du tonnerre. La pluie dilua bien rapidement les quelques mots écrit sur ce parchemin maudit.

Titubant, trempée, Saya se leva et prit la direction de La Loire. Elle était vide, si ce n'est que son corps tout entier était empli de colère, de haine. Aussi, effectua-t-elle tout le trajet en hurlant, même quand elle dû traverser une partie de la ville. Elle ne remarqua pas les quelques personnes qui regardaient par la fenêtre qui pouvait être l'origine de ce tapage. Non, elle continuait son chemin et ne s'arrêta que quand elle fut à cet endroit... l'endroit ou une année plus tôt elle s'était rendue quand elle avait appris la mort de Lio, l'endroit où pour la dernière fois elle avait vu sa tante Icefly.

Elle se laissa tomber sur le sol, la pluie ruisselant abondamment sur ses joues. Elle tourna ses yeux vers le ciel



Tante Icefly, je me sens si seule sur cette terre. Pourquoi? Pourquoi me l'avoir enlevé? Mon existence n'a plus de sens maintenant.

Elle resta par terre, assise dans une flaque de boue, laissant le pluie mouiller ses cheveux et percer couche par couche ses vêtements. Même si elle commençait à grelotter, même si elle risquait une pneumonie, quelle importance s'il n'était plus là pour la soigner?
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Ven 14 Mai 2010 - 18:28

Elle travaillait à son échoppe, pour la mairie, quand elle entendit hurler dans la rue. Quelqu'un passait, sous la pluie, sous l'orage, quelqu'un qui hurlait son désespoir. Une frêle silhouette encapuchonnée...
Elle se leva, s'approcha de la fenêtre... Qui était cette jeune femme désespérée ?
Elle la regardait s'éloigner, et reconnut... Non, pas elle...Pas la tavernière du Havre, pas Saya, pas celle qui donnait de son temps et de son énergie pour accueillir les nouveaux villageois... pas elle...
Elle prit une cape, se couvrit la tête, et sortit.
La pluie lui fouettait le visage. La petite silhouette, devant elle, courait presque,franchit les murs de Sancerre. Elle marchait à pas pressés, glissant sur le sol mouillé.
Elle sortit du village. La colline, la Loire, en bas.
C'était là- bas qu'elle se dirigeait. La Loire... là où sa tante était morte, les bords de la Loire.
La jeune femme était assise là, trempée, hébétée.

Ysabeau s'assit à côté d'elle, lui passa le bras sur l'épaule.

Saya... mon amie... c'est ... c'est...

Elle se tut, ne pouvant parler. Elle se doutait de la raison du désespoir de son amie.

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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 15 Mai 2010 - 0:45

Saya n'avait pas entendu les bruits de pas spongieux des chausses de son amie Ysa qui s'enfonçaient dans la terre humide. A vrai dire plus rien n'avait d'importance dans ce monde maintenant. Elle se demandait si les couleurs existaient encore, si le miel avait encore un goût sucré, ...
Elle sentit un bras se poser sur ses épaules et elle se laissa aller dans les bras d'Ysa. Elle savait que ça ne guérirait pas son coeur mais ça atténuerait un peu sa tristesse.


Saya... mon amie... c'est ... c'est...

Son amie avait compris mais elle n'osait pas prononcer les mots. Il est vrai que mettre un nom sur les choses les rendaient souvent plus réelles mais Saya voyait mal comment elle pouvait sonner encore plus réelles en elle.

Vik... Un éclair zébra le ciel, éclairant son visage. il... j'ai reçu ce mot Elle glissa le mot imbibé d'eau mais sur lequel on pouvait encore lire quelques mots: Vikttor *** retrouvé*** mort!. Elle recommença alors à sangloter, à l'abri dans les bras d'une de ses meilleures amies.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 15 Mai 2010 - 9:16

Ysabeau réussit à déchiffrer les mots lavés de pluie. De toutes façons, elle s'en doutait. Elle avait attendu, attendu, le réveil de Vik, après les résultats de l'élection municipal. Elle avait espéré... Il avait fallu prendre une décision, organiser une révolte. Révolte qui avait donné un résultat... Pour le moins inattendu, mais il fallait bien s'en accomoder.
Le tonnerre gronda. Elle serra plus fort Saya dans ses bras. Encore un deuil, encore une épreuve. La jeune femme pourrait-elle le supporter ?
Elle se taisait. Impossible de parler, seulement être là, sous la pluie, sous l'orage, avec son amie. Etre là.

Pleure, mon amie. Pleure. Je suis là. Je serai toujours là. Avec toi, pour toi, pour tes enfants.

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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Sam 18 Sep 2010 - 13:18

... Le bleu azur du ciel se reflétait dans ses beaux yeux bruns qui pétillaient de malice. Le soleil dardait ses rayons qui venaient effleurer tout en douceur sa peau claire et fine et qui se transformaient en une caresse chaude et douce. Une faible brise tiède faisait onduler ses cheveux qui retombaient en cascade sur ses épaules dénudées. Elle était assise dans l'herbe et observait ses trois enfants gambader joyeusement et innocemment sur une vaste étendue herbeuse non loin de Sancerre. C'est alors qu'elle entendit un bruissement, des bruits de pas foulant l'herbe verte qui se courbait au rythme des souffles de vent. Son sourire s'élargit encore un peu plus, elle L'avait reconnu, Il était là.
En effet, deux lèvres vinrent se poser dans le creux de son cou et elle frissonna en tournant la tête vers le nouvel arrivant. IL lui sourit avec tendresse et lui murmura à l'oreille: "Bonjour ma toute belle, tu m'as tellement manqué..." ...

Et l'univers paradisiaque s'évanouit... Saya se réveilla au matin du samedi 18 septembre, ses joues trempées de larmes et son cœur effroyablement serré. Elle s'assit bien droite dans son lit et repoussa la mèche de cheveux qui lui tombait dans les yeux. Elle tremblait encore un peu à cause de se rêve qui lui avait retourné l'âme. Elle enfuit prestement son visage dans ses deux mains et elle soupira longuement.


Les seuls moments où je puis être avec toi sont ceux que nous passons ensemble dans mes rêves. Plus le temps passe et plus je commence à confondre rêve et réalité... Je ne peux guère concevoir un monde où tu n'es pas, je ne peux pas avancer sans toi... Je t'implore à genoux, ne déserte jamais mes rêves comme tu as déserté ma vie car je n'aurais alors d'autre choix que de te rejoindre d'en l'au delà. Je t'aime trop que pour vivre sans toi. murmura-t-elle comme à un prière à elle même, à lui et... à Aristote.

Plus les jours passaient et plus ses espoirs s'amenuisaient...Chaque fois qu'elle entendait la porte grincer elle espérait que c'était LUI qui rentrait. Quand elle voyait un homme qui avec la même physionomie que LUI elle courait à sa rencontre et saisissait l'homme par le bras Celui-ci se retournait systématiquement d'un air bourru, offusqué d'être dérangé. Mais quand il voyait la profonde déception qui marquait alors le visage dans la jeune tavernière, ses traits s'adoucissaient et il tapotait gentiment son épaule.
Pourtant... elle restait persuadée qu'IL se trouvait quelque part, en vie, mais qu'IL n'avait pas la possibilité de la prévenir, de la rejoindre. C'est pourquoi elle s'était mise en tête de LE retrouver... d'une manière ou d'une autre...

Elle se leva et s'apprêta pour subir une nouvelle journée vide de sens.
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MessageSujet: Re: Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor   Dim 7 Nov 2010 - 14:54

En ce dimanche sept novembre, le réveil fut plutôt doux pour la maîtresse de maison. Cette nuit-là elle avait réussi à dormir. Ce fait pourrait paraitre tout à fait banal si on ne savait que la jeune tavernière du Havre ne parvenait plus à dormir que quelques heures par nuit. C'est donc pour cela que, lorsqu'elle émargea de son sommeil, elle se sentait en forme olympique. Elle s'étira longuement, ne voulait pas quitter la chaleur de son lit douillet. Son pied droit finit quand même par toucher le bois froid du sol de sa chambre, elle grimaça à ce touché qui n'était pas des plus agréable.

Elle se dirigea vers sa fenêtre comme elle le faisait presque tous les matins. Il était encore venu, il avait peuplé ses rêves et il n'avait cessé de lui répéter: Vis ta vie... Comment pouvait-elle vivre sa vie si elle n'avait pas encore réussi à accepter le fait que l'amour de sa vie ne soit plus à ses côtés? Cinq mois... cinq mois qu'il n'était plus là. Elle posa lentement une main sur son ventre et sourit faiblement.

La veille, elle avait essayé de vivre cette fameuse vie... Un jeune homme, arrivé tout droit de Cosne lui avait fait des avances auxquels tout d'abord elle était restée insensible. Et puis... la soirée avançant elle s'était risquée à glisser sa main dans la sienne. Il repartait le soir même, pour rejoindre ses amis, aucun engagement donc... Jusqu'au moment où la dite personne lui avait proposé de le suivre, de partir avec lui. Le doute alors c'était emparé de l'esprit de la tavernière. Offrir une possibilité d'évasion à quelqu'un qui veut s'enfuir, c'est comme proposer une fiole de poire à un alcoolique... Il ne peut refuser. Il était parti, elle était restée. Mais il avait décidé de l'attendre à Bourges pour qu'elle puisse le rejoindre si elle le désirait. Mais le désirait-elle vraiment? Alors que la veille au soir elle était sur le départ... mais qu'une obligation l'obligeait de rester un jour de plus à sancerre. La nuit portant conseille, elle était désormais dans le doute le plus total. Si elle n'était pas maman, s'il n'avait pas été là, elle leva les yeux au ciel, si son père n'avait pas jugé ça comme un acte puéril et irréfléchi, si elle n'avait aucune responsabilité, ... si si, avec des si on pourrait enfermer le Berry dans un bouteille!

Elle frappa son poing contre l'appuie de fenêtre et puis, comme tous les matins, elle versa un peu d'eau dans un broc et se rinça abondamment le visage, pour tenter d'y voir plus clair. Ensuite, elle ouvrit son armoire et choisit une robe ample en velours bleu foncé. Elle coiffa longuement ses cheveux et se ne fut qu'une fois satisfaite du résultat qu'elle sortit enfin de sa chambre. Ses trois petits monstres dormaient encore, ils ne tarderaient pas à devoir se lever pour assister à leurs leçons quotidiennes. Aaron sciait de plus en plus les côtes de sa mère car il désirait recevoir l'apprentissage nécessaire pour devenir un véritable chevalier et manier l'épée que son grand père avait laissée pour lui. Saya n'approuvait pas vraiment cette idée, elle ne voulait pas être séparée de son fils mais elle savait qu'elle en serait bien obligée, qu'il devenait grand et devait choisir lui même le chemin qu'il décidait de se tracer.

Elle descendit les escaliers sans bruit pour ne réveiller personne, et surtout pour n'attirer l'attention de personne. Elle prit une pomme et sortit de chez elle. Bien vite ses pas prirent la direction de son endroit préféré. Elle regarda le vieil arbre dans lequel elle grimpait tout le temps quand elle devait réfléchir. Comme elle était raisonnable, et surtout pas prudence, elle préféra éviter de monter dans l'arbre comme à son habitude, un chute était si vite arrivée et elle ne pouvait se le permettre. Aussi s'assit-elle à même le sol, le dos contre le tronc de l'arbre, elle ferma les yeux et commença à réfléchir...
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Au 218 rue de la porte vieille, chez Saya et Vikttor
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