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 Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)

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Ysabeau
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Date d'inscription : 26/07/2006

MessageSujet: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:22

Mentaig

Le trajet depuis la cathédrale de Bourges fut éprouvant.

Hugo respirait de plus en plus difficilement. Il saignait de nouveau. L'écume qui lui montait aux lèvres l'étouffait. Mentaïg tremblait à chaque instant de voir le souffle lui manquer totalement.

Chaque cahot lui serrait le coeur. Le cocher s'efforçait de les éviter au mieux, mais le chemin, défoncé par les pluies récentes, ne lui menait pas la partie belle. Les onze lieues de distance parurent interminables.

La nuit était déjà bien avancée quand, enfin, le coche gravit la butte de Sancerre, pénétra dans les murs, et s'arrêta dans les jardins du dispensaire.

Les nonnes qui revenaient des laudes furent mises à contribution. Hugo fut installé dans la salle de soins.

Wandrian posait des gestes calmes, qui lui étaient manifestement habituels. Terwagne gardait la main du blessé dans la sienne. Dans un élan de pitié, Mentaïg voulut lui dire qu'elle pouvait rester près de lui. Mais son art reprit le dessus.

Terwagne, vous pouvez attendre dans la pièce voisine, si vous voulez. Je vous fais avertir dès que vous pourrez revenir.


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Terwagne

La route depuis Bourges lui parut durer une éternité, et pourtant elle aurait voulu que ce voyage ne touche pas à sa fin. C'était étrange, mais elle avait l'impression que chaque lieue parcourue rapprochait le sir Hugoruth de son dernier souffle.

Sa main, qu'elle avait fini par oser prendre dans la sienne lui semblait de plus en plus légère, comme si la vie la quittait. Et si, inconsciemment, il attendait d'être de retour à Sancerre pour cesser de s'accrocher à la vie?

Non! C'était impossible! Cela ne pouvait pas finir comme ça!

Elle ferma les yeux et se repassa en mémoire tous les moments partagés au cours de leur voyage à Saint-Aignan... Elle revoyait leurs chamailleries, ce soir où elle avait quitté la taverne énnervée en lui disant que jamais elle n'avait rencontré quelqu'un d'aussi maladroit pour s'exprimer et qu'il avait vraiment le don de la mettre en rogne. Et puis cet autre soir, où alors que tout était calme, elle lui avait avoué quelque chose et qu'il l'avait plantée là, sans un mot... Juste une missive au réveil.

Enfin, surtout, elle les revoyait tous les deux à genoux sur le sol poussiéreux d'une taverne, le dernier soir avant le drame... Un demi-sourire apparut sur son visage, en repensant que surprise de le voir poser genoux devant elle, embarassée, 'elle s'était levée pour le rejoindre sur le plancher en lui disant "Si vous ne vous relevez pas, je descends."

Pour finir, cette toute dernière phrase qu'il avait glissée dans son oreille juste avant de se rendre à la cérémonie d'investiture du duc.

Ce n'était pas possible! Il ne pouvait pas mourir! Il allait s'en sortir!

Enfin le convoi arriva au dispensaire, Hugo fut transporté dans la salle de soin par des nonnes, et Dame Menatig lui demanda fort aimablement d'aller attendre dans la salle voisine.

Elle lacha à regret la main tenue depuis de longues heures, et quitta la pièce en adressant un petit sourire rempli d'espoir et de prières à Mentaig.
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astaroth94

Astaroth avançait doucement dans les rues de Sancerre et arriva finalement au dispensaire. Il hésita un instant avant d'entrer puis dans un elan, il entra dans le dispensaire. Il jeta un oeil de tous les cotés et appercut Terwagne sortir d'une salle, surement celle ou Hugo se faisait prodiguer les soins. Il hésita encore une fois et s'approcha doucement d'elle

C... Comment va t'il? Je suis venu aussitot après avoir reçu votre missive.

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Wandrian

C'était comme elle le craignait, mais c'était un mal nécessaire. Non seulement la cathédral n'était pas du tout propice au soin mais en plus, le duc lui-même avait demandé qu'on le mène à Sancerre. Elle avait donc aidé ce dernier et dame Mentaig à porter le pauvre homme dans le coche ou, dans les circonstances, on s'était trouvé un peu à l'étroit, et s'ils avaient tenté d'épargner du mieux qu'ils pouvaient le blessé, la route n'avait en rien amélioré son état.

La dame de la Cour au Gibet n'avait pas mis les pieds à Sancerre depuis la guerre de la poire, bien des années plus tôt, et n'en reconnaissait rien, mais on annonça bien vite leur arrivée au dispensaire St-Roch. Ne connaissant pas l'endroit, elle suivit Mentaig jusqu'à la salle ou Hugo fut installé. Définitivement, ici, on y serait mieux pour le soigner. Déjà, elle put installer dans son dos des couvertures et des oreillers qui le maintiendraient dans une position adéquate sans qu'elle soit clouée sous lui. Plus tôt, sous le poids de son corps inerte, ses jambes s'étaient rapidement engourdies, alors qu'elle serait mieux en mesure de se rendre utile, maintenant.

Terwagne, vous pouvez attendre dans la pièce voisine, si vous voulez. Je vous fais avertir dès que vous pourrez revenir


Wandrian offrit un sourire d'encouragement à la jeune femme, qui manifestement aurait préféré rester auprès de son... compagnon? Wandrian n'était pas certaine, pour dire vrai, mais le langage des yeux et du corps ne mentaient pas, et elle éprouva un élan de sympathie.

Elle prononça silencieusement une courte prière, demandant au Très-Haut d'intervenir pour aider Mentaig à le sauver. Sans douter des compétences de cette dernière, l'état du blessé laissait craindre le pire.

Doucement, elle prit un linge propre et essuya le fluide rosé qui perlait aux coins de sa bouche. Sa peau était froide et moite, la respiration faible et difficile. En attendant que Mentaig décide du traitement à entreprendre, elle couvrit le bas du corps du jeune homme pour le garder au chaud, et essuya le sang qui avait recommencé à couler durant le voyage, observant du même coup ces lieux inconnus, tâchant de repérer ce qui leur serait utile, pour qu'elle soit en mesure de fournir à Mentaig ce dont elle aurait besoin.
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Terwagne

Depuis des heures elle était là, ressassant sans cesse les mêmes pourquoi, les mêmes comment, les mêmes questions sans réponse, les mêmes espoirs tournés non pas vers le ciel, mais bien vers la vie, qui finit toujours par triompher... Oui, la vie finit toujours par triompher! Il suffisait de repenser à la naissance du petit prince au Havre...

Mais au fond, elle n'y croyait pas autant que ce qu'elle voulait faire croire aux autres et à elle-même.

Elle avait quitté la pièce un moment, avait été boire un verre dans une des tavernes, elle ne savait même plus laquelle, et en avait profité pour envoyer deux missives à deux personnes qu'elle appréciait tout particulièrement, même si l'une d'elle lui avait fait plus de mal que de bien.

Ensuite elle était venue se rassoir ici, repensant aux derniers mots tracés sur un des deux parchemins... Voyager, ne pas s'arrêter, nulle part, ne faire que croiser les gens, ne pas se donner le temps de les connaitre, de les apprécier, et encore moins de s'y attacher, c'était bien plus simple... Ca ne nous rendait pas plus heureux, mais cela nous permettait de ne pas être malheureux ou triste lorsque quelque chose arrivait à quelqu'un...

Ses lèvres ne bougeaient pas, mais dans sa tête, un vieux refrain tournait en boucle : "Dès que le vent soufflera, je repartira. Dès que les vents tourneront, nous nous en allerons."

La voix qui s'adressa à elle la sortit de son introspection, et elle resta un long moment à le fixer sans ouvrir la bouche. Astaroth! Elle ne l'avait plus revu depuis leur rupture, juste croisé très très rapidement un matin, et cela ne c'était pas très bien passé... Elle lui en voulait énormément.

Pourtant, lors de son voyage avec Mentaig et Hugoruth, au cours de discussions avec ce dernier justement, il lui avait ouvert les yeux, lui faisant remarquer que jamais elle ne faisait allusion à Asta alors qu'elle ne pronnonçait pas plus de trois phrases sans pronnoncer un autre prénom, celui de Zeltraveller.

Elle s'était alors rendue compte qu'elle et Astaroth, ce n'était qu'une histoire d'amitié, pas de l'amour! Une histoire certes très douce, mais qui n'était rien à côté de ce qu'elle ressentait avec Zeltraveller, rien de cette complicité qui lui manquait tellement, rien de tout ce qui la faisait se sentir la moitié de rien depuis sa disparition, depuis son arrestation, depuis le bucher... Il était un ami. Voila, un ami!

Elle se leva et s'avança vers lui, avant d'enfin lui répondre.

Je ne sais pas comment il va... Personne n'est encore sorti de cette pièce pour donner de ses nouvelles.
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Mentaig

Tandis que Terwagne sortait, obéissant à regret à l'injonction de Mentaïg, celle-ci la suivit des yeux. Les épaules basses de la jeune femme, sa démarche lourde, en disaient plus long que bien des phrases. Mentaïg se souvenait de ce matin glacial où elle l'avait trouvée roulée en boule au pied d'un arbre, sur la place enneigée de Sancerre. Elle voulait mourir. Elle avait retrouvé goût à la vie. Et voici que celui qui lui avait permis de croire encore en la vie risquait de la perdre à son tour.

Dame Wandrian donnait ses instructions aux nonnes, installait Hugo dans la position la plus appropriée à son état, s'assurait de son confort.

Mentaïg sentait peser sur elle, comme une chape de plomb, les espoirs de Terwagne, le regard de Wandrian... et ses propres doutes.

Hugo, c'était un ami, un de ces êtres rares qu'on ne rencontre que par chance, et qui sans mot dire vous permettent d'exister. C'était le premier qui lui avait fait confiance, lors de son arrivée à Sancerre, lui qui avait proposé son nom quand il avait manqué quelqu'un au Conseil municipal, lui qui lui avait mis le pied à l'étrier à la Chancellerie. C'était lui encore qui était seul capable de la secouer et de la remettre au travail quand HdB s'éloignait, la laissant comme une poupée de chiffons sans âme.

HdB était quelque part sur les routes du Royaume, il ne donnait plus de nouvelles depuis des jours et, sans Hugo, Mentaïg aurait depuis longtemps tout laissé tomber pour se mettre à sa recherche. Elle savait que, s'il mourait là, ce serait la dernière goutte d'eau dans un vase déjà plein à ras bord.

Les bras plongés jusqu'aux coudes dans un bassin d'eau glacée, Mentaïg se brossait furieusement les ongles, les doigts... Sa nourrice, sage-femme et guérisseuse de son état, lui avait toujours dit de procéder ainsi avant d'approcher un blessé ou une parturiente, et elle souscrivait à ce rituel sans savoir pourquoi. Les rites la rassuraient.

Elle prit conscience qu'elle retardait involontairement le moment de s'occuper de Hugo. Que c'était difficile ! Des gestes qu'elle allait faire, des décisions qu'elle allait prendre dépendait la vie d'un ami. Eût-elle su prier qu'elle eût supplié Saint Arnvald de lui venir en aide. Mais elle était seule.

Quand elle se décida enfin, cependant, son regard changea. Elle ne voyait plus Hugo, mais une peau vilainement livide, une poitrine qui se soulevait par à-coups, des ongles bleutés.

La nature de la blessure, elle la connaissait. Dans son village natal, les marins avaient le coup de couteau facile, en taverne, après boire. Plus d'une fois elle avait aidé sa nourrice à soigner ce type de plaie.

Mentaïg vérifia une fois de plus sa conviction. Du vestibule parvenaient les voix de Terwagne et Astaroth, venu aux nouvelles malgré la nuit. Wandrian avait renvoyé les nonnes à leur chapelle et attendait.

Dame, dites-moi si vous partagez mon avis. Pour moi, le poumon est touché, l'air en sort et reste sous les côtes. Si nous ne parvenons pas à le laisser s'échapper, "il" (elle ne parvenait pas à prononcer le nom de Hugo) va mourir étouffé, et si ça s'infecte...

Elle ne termina pas sa phrase. Anxieuse, elle attendit l'avis de Wandrian.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:26

Wandrian

Sur l’invitation de Mentaig, Wandrian entreprit également de se laver les mains. Elle fit aussi demander qu’on fasse bouillir de l’eau. Elle ne savait qu’elles étaient les habitudes de la chancelière, mais ses propres instruments étaient constamment nettoyés dans l’eau bouillante, et puis elle en gardait toujours de côté pour s’offrir une tisane calmante lorsqu’elle avait terminé.

Dame, dites-moi si vous partagez mon avis. Pour moi, le poumon est touché, l'air en sort et reste sous les côtes. Si nous ne parvenons pas à le laisser s'échapper, il va mourir étouffé, et si ça s'infecte...

Wandrian pouvait deviner, au ton de Mentaig, qu’elle entrevoyait le pire. Il était difficile, presque cruel, de soigner ceux qu’on aime, et la pression était sans doute très grande.

Elle la ressentait aussi, cette pression, mais différemment. Et si elle faisait une erreur? Nonobstant le fait que, même si tout se passait à la perfection, le chambellan pouvait encore ne pas survivre, selon la volonté du Très-Haut, la moindre petite erreur pouvait lui ôter toute chance. Et alors, que penserait-on? On ne blâmerait pas sa bonne amie, mais elle? Du coup, elle aurait préférer ne pas se lever, là-bas, dans la cathédrale. Elle l’avait fait purement pas réflexe. Mentaig serait tout de même intervenue. Elle aurait su trouver de l’aide. Wandrian serait rentrée tranquillement chez elle, aurait entendu, le long du chemin, le récit de ce qui venait de se produire raconté, amplifié, mythifié… et elle se serait haïs de n’avoir rien fait. Elle ferma les yeux une seconde, inspira lentement, tâchant de calmer ses inquiétudes et de se concentrer sur le problème devant elle.

Je crains que vous ayez raison. Si l’air avait pu sortir, cela aurait été bien plus encourageant. Mais si l’infection est une menace constante, il ne sert à rien de s’en soucier si on ne peux permettre à l’air de s’échapper. Il faudrait absolument trouver façon de le faire, sans quoi la pression sur le poumon deviendra trop grande, et il ne tiendra pas.

Elle se tut un moment, réfléchissant. Elle n’avait jamais, elle-même, eu à traiter ce genre de blessures, et n’en avait que l’expérience d’autrui.

Il nous faudrait quelque chose de creux, et de suffisamment long et solide pour etre inséré. Un roseau, peut-être, saurait laisser passer l’air. Mais je ne sais si ce ne serait trop cassant.

Elle aurait aimé avoir davantage de temps pour trouver une solution, mais le temps pressait. Elle leva les yeux vers Mentaig, cherchant confirmation à son tour.
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astaroth94

"Personne n'est encore sorti de cette pièce pour donner de ses nouvelles."

Il regarda la porte, inquiet. Mais il était entre de bonnes mains. Puis il se tourna vers Terwagne et l'invita a s'assoir. Elle semblait tourmenter. Pas comme quelqu'un inquiet pour un ami, non, bien plus que cela. La situation ne pretait pas à sourire, mais il sourit interieurement à l'idée qu'elle se soit attachée a quelqu'un. Ce quelqu'un qui n'était pas si loin, dans la salle d'a coté, entre la vie et la mort. Cette pensée fut suivit par un long soupire et ne sachant pas quoi dire, il posa sa main sur celle de Terwagne

Il va s'en tirer...

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MrGroar

MrGroar était parti peu de temps après le départ du convoi emmenant le sieur Hugoruth, aussi il arriva peu de temps après lui, accompagné de ses deux frères teutoniques qui avaient insisté pour l'escorter. Il descendit de sa mule devant le dispensaire et laissa ses deux amis dehors, la tristesse des proches de la victime ne pouvait souffrir de la présence trop rapide de tierces personnes, mais l'archevêque lui ne faisait que son travail.

Il pénétra dans le dispensaire en silence.
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Ysabeau

Ysabeau entra dans le dispensaire. Elle salua l'archevêque d'un signe de tête, et alla s'asseoir auprès de Terwagne et d'Asta. Sans mot dire. Dans la salle, à côté, quelques murmures, des bruits de pas, d'eau qu'on remue... Hugo était là, avec Mentaïg et Wandrian. Comment allait-il ? Allait-il s'en sortir ?

A la messe, elle avait prié avec ferveur pour son ami, pour celui qui avait été son fidèle adjoint pendant son mandat à la mairie, celui qui savait si bien négocier les contrats de blé, celui en qui elle avait toujours eu confiance, même quand certains doutaient de lui... Hugo, que de souvenirs partagés... Hugo, il ne fallait pas qu'il...

Au bout d'un long moment, elle demanda à Terwagne

Alors... comment va-t-il ? Tu sais quelque chose ?

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Terwagne

Suite à l'invitation du sir Astaroh, la jeune femme se rassit. De toute façon elle avait l'impression que ses jambes allaient la lacher d'un moment à l'autre tellement elle se sentait à bout de forces.

Lorsqu'il posa sa main sur la sienne, elle sursauta dans un mouvement de réflexe un peu sauvage, mais lui qui la connaissait un peu devait savoir que cela n'avait rien d'étonnant chez elle. Elle ne la retira pas par contre, se contentant de la faire pivoter pour placer leurs paumes l'une contre l'autre, dans un geste qui pour elle était bien différent d'une main protégeant l'autre... Si elle avait expliqué cela à quelqu'un, on l'aurait sans doute prise pour une folle, mais pour elle la différence était énorme.

Oui, il va s'en sortir, Sir Astaroth. Bien sûr...


Un mensonge de plus, un masque de plus, pour les autres, pour les rassurer, pour faire croire qu'elle était forte, qu'elle avait foi en l'avenir. Et pourtant...

Merci d'être venu.

A peine avait-elle prononcés ces mots que Mr Groar entré dans la petite pièce jouxtant la salle de soin, suivi assez rapidement de Dame Ysabeau. Tous deux restèrent longtemps silencieux, ayant l'air de prêter l'oreille aux bruits qui venaient de l'autre pièce, puis la dame rompit le silence en demandant des nouvelles à Terwagne.

Elle se tourna vers elle et lui adressa un sourire qu'elle aurait voulu réconfortant, mais qui sans doute ne l'était pas vraiment.

Je ne sais toujours rien, non. Personne n'est encore sorti de là.


Elle ajouta une dernière phrase, une phrase qui ressemble à de l'optimisme mais qui n'est que fatalisme.

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles dit-on souvent.

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Mentaig

Les piétinements dans le vestibule se faisaient plus nombreux, et Mentaïg regrettait de n'avoir point laissé aux nonnes d'instructions supplémentaires. Elles savaient que l'accès de la salle de soins était strictement interdit quand elle s'y trouvait. Mais Hugo n'était pas n'importe qui, il était connu, et risquait d'attirer à son chevet nombre d'amis. De curieux, aussi, voire d'ennemis...

Mentaïg entendait, entre autres, la voix d'Ysabeau. Elle se sentit rassurée. Son amie la connaissait bien, était pleine de bon sens, et saurait éloigner les importuns.

Il nous faudrait quelque chose de creux, et de suffisamment long et solide pour etre inséré. Un roseau, peut-être, saurait laisser passer l’air. Mais je ne sais si ce ne serait trop cassant.


Mentaïg regarda Wandrian, pensive. Un roseau, oui... Bonne idée. Mais le risque d'infection... Elle réfléchit, tâchant de se remémorer ses conversations avec Maître Abd-el-Krim, à Marmande, trois ans auparavant. Elle devait se faire violence. Une fine pellicule de sueur apparut sur sa lèvre supérieure. Se remémorer Marmande lui était une torture. Machinalement, sa main frotta son bras gauche, à travers la manche de la chemise, celle qu'elle ne relevait jamais, même pour soigner. Abd-el-Krim, disparu avec toutes ses femmes dans la grande brûlerie à laquelle elle n'avait échappé que de justesse, servie par son sang-froid et son sens de la répartie. Que disait-il, déjà ?

Son front se plissa sous l'effort. Il parlait d'Abulcasis...

Du roseau, oui. Plutôt un tuyau de plume. Je crains que le roseau ne se délite dans l'eau bouillante. Et je tiens à ébouillanter tout ce qui touchera cette plaie. On m'a toujours dit que c'était une bonne chose.
Elle se pencha pour examiner de nouveau la plaie. L'écume s'en échappait toujours.

Il faut nous procurer des plumes d'oie.

Mentaïg entrouvrit la porte.

Ysa ! trouve-moi des plumes d'oie, s'il-te-plaît. Des grosses, celles du bout des ailes.

Elle eut à peine un regard pour les autres personnes présentes, sauf Terwagne, à qui elle adressa un sourire encourageant.

Sans même s'assurer qu'Ysa se mettait en quête - c'était inutile, elle avait toute confiance en elle - elle referma la porte, et s'activa près des coffres, dont elle sortit charpie, farine de fénugrec et d'orge, miel rosat et myrrhe.

Vous pouvez préparer l'emplâtre mondificatif, Wandrian ? demanda-t-elle en posant tous les ingrédients sur la table. Il y a du vin dans ce coffre.

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Wandrian

Une plume d’oie, que n’y avait-elle pas pensé? Oui, elles seraient bien mieux servies de cette façon. La plume serait à la fois plus solide et plus souple, aussi.

Lorsque Mentaig revint vers elle après avoir mander les plumes à Ysabeau, elle entreprit de disposer sur la table de nombreux ingrédient. L’observant, Wandrian les reconnu et comprit immédiatement ce qu’elle attendait d’elle, avant même qu’elle ne le demande. La jeune femme chercha un bol, propre et qui conviendrait pour préparer le cataplasme. Méthodiquement, elle mesura les quantités nécessaires de chacun des ingrédients qui serviraient à sa composition, tandis que Mentaig se tournait à nouveau vers Hugo. Concentrée sur la préparation, elle en oubliait ses appréhensions précédentes. Elle commença par les farines. Le fenugrec et l’orge allaient être utiles pour réduire l’inflammation. Elle versa la fine poudre dans le bol. Le miel s’y ajouta bientôt, qui aiderait aussi les chairs à se refaire. La myrrhe suivit les trois autres, dégageant son odeur distincte. Elle soulagerait sa douleur, et comme les précédentes, favoriserait la cicatrisation.

La jeune femme déposa le bol sur la table et ouvrit ensuite le coffre qu’avait désigné Mentaig ou elle trouva le vin, comme elle l’avait dit. Lentement, une petite quantité de vin alla rejoindre les autres ingrédients, et le tout fut mélangé consciencieusement, malgré un regard vers la porte, de temps à autre. Jugeant la texture inadéquate, Wandrian versa un peu plus de vin, pour obtenir un emplâtre qui se tiendrait bien, mais qui s’appliquerait facilement aussi.

Elle jeta un coup d’œil à Mentaig qui s’affairait à préparer son intervention. Wandrian était très impressionnée, jusqu’à maintenant, par le sang-froid et l’efficacité dont la dame faisait preuve. Elle aurait bien aimé pouvoir faire appel à elle à la garnison, lors de la guerre, elle aurait sans doute pu lui apprendre beaucoup.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:31

Terwagne

Les sabliers s'écoulèrent, tous plus longs les uns que les autres, puis enfin la porte s'ouvrit. Son coeur s'arrêta, s'accéléra, elle ne sut pas au juste. L'espoir et la peur se battant dans sa tête, résonnant contre les cloisons de son cerveau, dans une lutte éffrénée pour prendre le contrôle d'elle-même.

Mais cette porte qui s'ouvrait n'amena aucune nouvelle, ni bonne ni mauvaise, juste une demande à dame Ysa, concernant des grosses plumes d'oies... et un sourire de la part de dame Mentaig, un sourire d'encouragement.

Des plumes d'oies? Mais pour faire quoi? Etait-ce bon signe? Mauvais? Un moyen de le sauver? Elle n'en avait aucune idée...
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Ysabeau

Il va s'en tirer...

Elle sourit à Terwagne, essayant elle aussi d'y croire, de croire qu'Hugo allait s'en tirer. Puis Ysabeau vit la porte s'ouvrir, un instant, et Mentaïg lui dire, pressée comme toujours

Ysa ! trouve-moi des plumes d'oie, s'il-te-plaît. Des grosses, celles du bout des ailes.

Des plumes d'oie, des grosses... Ah, si elle lui avait demandé de la laine, ou des ossements de mouton... mais des plumes d'oie... Où pourrait-elle en trouver ? des plumes d'oie...

Elle sortit du dispensaire, parcourut les ruelles, entra dans chaque maison, dans chaque jardin.

Amis, vous avez des oies ? je cherche des plumes, celles du bout des ailes. C'est urgent, c'est pour un blessé, vous savez, Hugo...

Hélas les sancerrois n'élevaient point d'oies. Des cochons, oui, des vaches, des moutons... mais des oies, non.

Elle sortit au-delà des remparts, gagna la forêt.

Et soudain... elle se souvint. L'étang, au coeur de la forêt. L'étang où parfois, les oies sauvages qui migraient s'arrêtaient, pour se reposer de leur longue traversée. l'étang... au bord de l'étang, peut-être trouverait-elle ces précieuses plumes...

Elle pressa le pas. La forêt, c'était son refuge. Elle en connaissait chaque buisson, chaque arbre, les animaux étaient ses amis. Que ne l'avait-elle fait découvrir à son aimé, à Leopol, quand il était encore là...

Elle arriva près de l'étang. Elle le longea, scrutant chaque motte de terre, chaque buisson, écartant les roseaux qui se courbaient sous le vent.

Et elle ramassa une plume, deux plumes, trois plumes... des grosses plumes, un peu salies certes, mais nul doute que Mentaïg saurait les nettoyer.

Quand elle en eut une vingtaine, elle les lia d'un roseau souple, les glissa dans sa besace, et revint en courant au dispensaire. Terwagne et Astaroth étaient toujours dans la salle, attendant.

Doucement, elle ouvrit la porte de la salle de soins, passa la tête, n'osant entrer

Mentaïg ? J'ai trouvé des plumes d'oie !Hélas elles ne sont pas très propres, mais si tu me dis comment faire, je pourrai les nettoyer...


Elle sortit les plumes de sa besace et les montra à son amie.

Tu crois que cela pourra aller ? Il y en a une vingtaine, elles me semblent assez grosses...

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Mentaig

Le temps s'écoulait, trop lent au goût de Mentaïg.

Dans la salle, on n'entendait plus que le crissement du pilon dont se servait Wandrian pour préparer l'emplâtre, et la respiration opressée du blessé. L'oreille exercée de Mentaïg en percevait la moindre irrégularité, appréhendait de constater des râles. Du dos de la main, elle apprécia la chaleur autour de la plaie, sans y trouver de changement.

Wandrian n'avait posé aucune question, s'était mise à l'ouvrage sans demander d'autres instructions, tout comme Ysabeau n'avait formulé aucune remarque quant à la demande incongrue de son amie. Mentaïg n'en attendait pas moins. Exigeante avec elle-même, elle l'était aussi avec son entourage et, quand elle déléguait, entendait que ses aides fissent montre d'une parfaite autonomie. Elle faisait rarement confiance, mais n'imaginait même pas que cette confiance pût être déçue.

Le temps s'écoulait, et Ysabeau ne reparaissait pas, mais Mentaïg ne faisait montre d'aucune impatience. Elle savait que son amie faisait au plus vite, et elle-même avait fort à faire. Elle réalimenta le brasero en charbon de bois, choisit sur une étagère un de ces flacons noirs qu'elle seule était autorisée à toucher, le déboucha, apprécia la consistance du sirop qu'il contenait. Un coup d'oeil à Hugo, et elle déposa avec précaution le flacon ouvert sur une tuile au milieu des braises, pour permettre au remède de s'évaporer et de se concentrer. Elle maîtrisait l'usage des éponges soporifiques, mais dans l'état où était le blessé, elle répugnait à les utiliser. Le sirop de pavot ferait bien mieux l'affaire. Encore fallait-il le doser à bon escient, pour ne pas aggraver l'état de Hugo.

La tête d'Ysabeau s'encadra enfin dans l'entrebaillement de la porte. Intimidée, elle n'osait entrer.

Mentaïg ? J'ai trouvé des plumes d'oie !Hélas elles ne sont pas très propres, mais si tu me dis comment faire, je pourrai les nettoyer...


Entre, Ysa. Mais ne t'approche pas de lui.


Elle examina avec Wandrian la récolte d'Ysabeau, choisit les quatre plus grosses plumes.

Celles-là feront l'affaire, je pense. N'est-ce pas, Wandrian ? Lave-les, Ysa, puis ébarbe-les. Il me faut seulement les tuyaux. Il y a des stylets sur la table, là-bas. Vérifie que les tuyaux soient bien creux, puis mets-les dans l'eau bouillante.

Elle changea l'eau du bassin, y replongea les avant-bras. Tout en se lavant de nouveau les mains, elle repassait dans sa tête les gestes qu'elle allait faire. Elle aurait besoin d'aide.

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Ysabeau

Ysabeau prit les plumes, les lava soigneusement, ne laissant aucune trace de terre, aucun brin d'herbe. Quand elles furent parfaitement propres, elle prit un des stylets sur la table, et ébarba soigneusement les plumes, ne laissant que les tuyaux. Elle fit bien attention de ne pas percer les tuyaux, travail de précision. Mais après tout, son métier lui avait appris la précision.

Quand les plumes furent ébarbées, elle les passa de nouveau sous l'eau, puis les plongea précautionneusement dans la marmite d'eau bouillante

Voilà, Mentaïg. Est-ce que cela te convient ? Tu as encore besoin de moi ?


Elle n'osait regarder Hugo, qui gisait sur le lit, un peu plus loin. Mentaïg lui avait dit de ne pas s'approcher. Elle avait juste aperçu, en entrant dans la salle, sa pâleur, elle entendait sa respiration difficile...

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astaroth94

Les actions se succedèrent sans qu'ils ne puisse avoir concience qu'elles se produisent. Des plumes d'oie? pourquoi faire? Ysa qui venait à peine d'entrer sortit precipitemment chercher les plumes. Il resta assis aux cotés de Terwagne, les mains toujours collées l'une à l'autre.

Le temps passait et finalement Ysa revint. Elle entra dans la salle, invitée par Mentaig. Astaroth resta là, à faire des vas et viens avec son regard entre Ysa, Terwagne et MrGroar. Il se leva et s'approcha de la porte, tentant de percevoir quelques mots, quelques infos.

Lave... Tuyau... Creux... Eau bouillante....

Il semblerait que les plumes allaient servir pour faire passer quelque chose? Des images lui passèrent par la tête. Poignarder... Tuyau... Eau bouillante... surement un moyen de faire évacuer de l'aire. De l'air, le poumon doit etre percé alors. Et le sourir de Mentaig quand elle demanda à aller chercher les plumes, il y a de grandes chances que ce soit ça. Il retourna près de Terwagne mais ne voulant pas l'inquieter sur le sujet du poumon il lui dit

Mentaig s'occupe bien de lui, ne vous en faites pas.

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Simon Gallup

Gallup entra dans le hall, la mine sombre.

D'un mouvement de tête, il demanda où en était l'affaire, mais à la mine angoissée de tout le monde, il n'insista pas.

Puis il appela Astaroth dans un coin:

Sergent, psst.... c'est bien que vous soyez la. Le fou furieux est en
cage, mais... on ne sait si c'est un pauvre cynoque ou s'il a été
manipulé par quelqu'un, et surtout si Valatar était la seule personne
visée.

Vous me suivez ? Dame Mentaig va et vient sans se soucier de sa propre sécurité, mais moi je ne n'oublie pas sa position au sein du conseil ducal. Restez vigilant...


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Terwagne

Dame Ysabeau partit, un long moment, puis revint, avec des plumes d'oies, et entrouvrit la porte de la salle de soins. Ensuite elle y entra, sur l'invitation de Dame Mentaig, sembla-t-il à Terwagne, et la porte se referma derrière elle, sans qu'aucune nouvelle sur l'état de santé d'Hugoruth ne filtre.

Astaroth fit les cent pas pendant un instant, puis se rassit, tentant de la rassurer, mais elle devina dans sa voix plus d'hypocrisie amicale qu'autre chose. Il voulait la rassurer, elle lui sourit, en se forçant.

L'espoir, c'est comme un chateau de cartes... On croise les doigts pour qu'il tienne en équilibre, on se retient de respirer pour ne pas le faire tomber, et soudain, alors qu'on est persuadé qu'il va tenir, il s'écroule!

Pourquoi à cet instant précis? Aucune idée, mais soudain le chateau de cartes aux couleurs de l'espoir s'effondra dans l'esprit de Terwagne... Elle n'y croyait plus, pas plus en ça qu'en rien d'ailleurs.

D'un bond elle se leva et se dirigea vers la sortie.

Je ne suis d'aucune utilité ici, de toute façon! Pas même celle de prier! Je ne crois pas!
Je repasserais sans doute plus tard... J'ai besoin de...

Elle sentit les larmes venir en torrent, et s'en alla avant que cela ne se voit. Elle n'avait pas envie de communiquer la vague de pessimisme qui venait de l'envahir.

Alors qu'elle allait franchir la porte, le sir gallup arrivait. Elle le salua à peine, pressée d'être seule.

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astaroth94

Il ne chercha pas à retenir Terwagne, elle avait besoin de prendre l'air. Il la suivait du regard. Gallup entra dans le dispensaire et l'appela. Il se leva et s'approcha de lui. Il l'ecouta attentivement.

Vous voulez dire que...


Je ferai se qu'il faut pour la proteger, je serai son ombre. Si jamais ce que vous pensez s'avère etre vrai, il va faloir proteger tous ceux appartenant au conseil. Je me charge de Mentaig, occupez vous de prevenir la police des autres villes.

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PrincesseGeorgette

Elle avait tourné en rond toute la soirée, se demandant ce qu'elle devait faire. Elle avait appris qu'Hugo était rentré à Sancerre et se trouvait au dispensaire St Roch mais elle n'osait s'y rendre. Elle savait que Wandrian et Mentaïg avaient besoin de calme pour se concentrer. Mais elle ne pouvait renoncer à aller prendre des nouvelles de son ami.

Elle tournait toujours en rond, en se mordillant la lèvre inférieure quand elle se dirigea vers la porte mais renonça à la passer. Elle se retrouva plusieurs fois, la main tremblante sur la poignée de la porte mais n'osant pas la tourner.

La vieille Ludmila avait remarqué le trouble de la jeune dame et la regardait s'avancer puis se reculer. Elle finit par s'approcher de Georgette, décrocha sa cape et lui tendit. Elle lui signala d'une voix qu'elle voulut rassurante qu'elle s'occuperait des enfants.

Geo lui sourit, enfila sa cape et tourna la poignée de la porte. Elle finit par sortir et à se diriger vers le dispensaire. Elle y arriva bien vite, trop vite à son goût. Elle pénétra dans la dispensaire, elle y découvrit Astaroth et Gallup en grande conversation, ainsi que MrGroar qu'elle n'avait jamais qu'entre vu. Elle les salua d'un mince sourire.

Son regard se posa sur la porte derrière laquelle devait se trouver Hugo, sa mâchoire se crispa et elle n'osa desserrer les lèvres de peur que sa voix tremblante ne la trahisse. Elle finit par serrer les poings de toute ses forces, faisant apparaître les jointures blanchies de sa main. Elle ravala ses larmes et elle finit par murmurer:

Vous avez des nouvelles? Vous avez besoin de quelque chose?

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:37

princesseamelia

* au 205 rempart des Dames à Sancerre *


Amélia tournait en rond. Les mains posées sur son ventre, elle faisait les cent pas. Comment allait Hugo? Que se passait-il au dispensaire? Mentaig parviendrait-elle à le sauver? Elle qui n'était pas très dévôte ne pouvait s'empêcher d'invoquer Aristote.

"Donnez lui de la force... s'il vous plaît ... donnez lui de la force..."
murmurait-elle à voix basse.

Elle aurait voulu aller prendre des nouvelles elle-même mais elle avait peur de gêner plus qu'autre chose. Surtout dans son état. Simon était là bas. Pourvu qu'il ramenât de bonnes nouvelles...

Ne sachant que faire pour aider, elle alla chercher dans le placard une petite bougie, l'alluma et la posa sur le rebord de la poutre de la cheminée.

Elle observa longuement la petite flamme, vacillante, prête à s'éteindre au moindre courant d'air mais résistante et finalement victorieuse....

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Wandrian

Wandrian avait examiné les plumes et hoché la tête en signe d’assentiment. Oui, elles feraient l’affaire, et elles seraient mieux appropriées.

Tandis qu’Ysabeau entreprit de préparer les plumes pour l’intervention de Mentaïg, et que celle-ci s’affairait auprès du feu, Wandrian couvrit le bol contenant l’emplâtre d’un linge, craignant qu’on y échappe accidentellement quelque chose, puis le déposa en lieu sûr avant de se tourner vers le blessé. Les linges qui avaient servis à éponger le flow de sang étaient complètement trempés et elle les changea. Ils n’avaient pas eu l’occasion de sécher, et sa tâche s’en trouva facilitée. Elle les déposa dans une cuve, plus éloignée, qui ne les gênerait pas et qui accueillerait le matériel usé. Elle plaça de nouveau linge, s’assurant de ne pas gêner la vue sur la blessure. Elle avait vu Mentaïg l’examiner soigneusement quelques moments auparavant, alors elle n’y toucha point. Inutile d’ajouter un stress de plus, un risque de plus. Elle vérifia qu’Hugo n’avait pas glissé de sa position, prenant soin de ne pas le bouger plus que nécessaire. Son état semblait demeurer le même, sans aggravation notable, mais sans amélioration non plus.

Elle jeta un coup d’œil furtif à Mentaïg, qui lui faisait toujours dos, tâchant de lire dans la courbure de ses épaules, dans la ligne de son dos, quelque impression ou espoir sur les chances du chambellan, mais en vain.

Une fois les plumes lavées à la satisfaction de la soignante, l'anticipation et l'espoir montèrent d'un cran. Ils allaient enfin pouvoir dégager la cavité de l'air qui s'y accumulait. Si tout fonctionnait bien, la respiration d'Hugo se ferait plus facilement, et alors il serait possible d'espérer un dénouement positif! Mais l'intervention à venir était délicate, et il était encore tôt pour s'emballer. Chaque minute comptait.

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Mentaig

Voilà, Mentaïg. Est-ce que cela te convient ? Tu as encore besoin de moi ?


Tout était en place. Mentaïg récupéra les tuyaux de plume du bout d'une pince, les examina soigneusement à la lumière, et hocha la tête, la gorge trop nouée pour parler. Wandrian avait préparé le terrain. Mentaïg prit une grande inspiration, rejeta l'air à moitié, si concentrée que son visage semblait de marbre. Sa voix était rauque quand elle s'adressa aux deux autres.

Tu peux rester si tu veux, Ysa. On y va, Wandrian ?


La question était de pure rhétorique, et n'appelait aucune réponse.

La jeune femme prit sur le bord du brasero le flacon noir, vérifia que le sirop avait la consistance voulut. Elle en fit glisser quelques gouttes entre les lèvres du blessé, s'assura qu'il déglutissait. En soulageant quelque peu la douleur, le pavot lui redonnerait le goût de s'accrocher à la vie.

Avec d'infinies précautions, elle palpa encore une fois les abords de la plaie, prit ses repères, visualisa mentalement l'intérieur de la cage thoracique.

Elle choisit deux tuyaux de plume, les plus gros. Il fallait les introduire dans la blessure, juste assez pour qu'ils servent de drain, et ne lèsent pas davantage le poumon abimé. Elle avait vu sa nourrice le faire, des années auparavant, elle entendait encore sa voix qui lui expliquait, dans son breton natal, comment l'air et le sang empêchait le poumon de s'emplir d'air. Elle était toute jeune, alors, et la regardait, buvant ses paroles. Tout cela semblait si simple ! La vieille femme parlait de la même voix grave qu'elle prenait pour réciter ses prières, sur le même ton monocorde, et Mentaïg enregistrait tout, fascinée par les gestes qui sauvent.

Ce n'étaient plus ses grandes mains qu'elle voyait s'ingénier sur le corps inanimé, c'étaient celles, toutes ridées, de la vieille Koupaïa. Ce n'était plus Hugo qui reposait là, c'était quelque marin anonyme, quelque bûcheron tombé sous l'arbre qu'il coupait, quelque fille de ferme encornée par la vache en cours de traite.

La plaie fut sondée, les drains improvisés mis en place. Le blessé émit une plainte, faible comme le vagissement d'un nouveau-né. Wandrian secondait Mentaïg, épongeait les suintements, retirait à mesure tout ce qui pouvait gêner l'intervention, avec une discrète efficacité. Mentaïg avait perdu la conscience de ce qui l'entourait. Son coeur avait trouvé un rythme lent, sa respiration était quasi inexistante.

Soudain, il y eut un chuintement, qui sonna dans le silence absolu de la pièce comme une incongruité, et la jeune femme laissa échapper d'un coup tout l'air qu'elle retenait, en un soupir d'intense soulagement. Les tuyaux de plume faisaient leur effet, l'objectif était atteint. Déjà, Hugo respirait mieux.

Elle coupa les drains, les fixa à leur place par des bandelettes de lin.

Allez-y...


Wandrian appliqua l'onguent qu'elle avait préparé. Mentaïg fit un pas en arrière. Sa main chercha l'appui de la table, ses paupières retombèrent un instant sur ses yeux qui soudain ne voyaient plus. Son malaise fut de si courte durée qu'elle put se convaincre que personne ne l'avait remarqué.

Dans un coin de la pièce, Ysabeau attendait.

Il peut respirer, Ysa,
dit Mentaïg d'une voix qu'elle ne reconnut pas elle-même. Maintenant, il faut attendre.

L'épuisement la gagnait. Mais il n'était pas temps de se reposer encore.

Je voudrais du vin d'Arabie, s'il-te-plaît.


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Ysabeau

Ysabeau était restée au fond de la salle, observant à distance les gestes précis de Mentaïg. Elle croisait les doigs, elle pensait intensément, pourvu qu'il s'en tire, pourvi qu'il s'en tire.... Mentaïg plaçait la plume dans la blessure, épongeait... Tout à coup on entendit un chuintement, une respiration... Mentaïg se recula, chancela, laissa Wandrian appliquer l'emplâtre...et bientôt ... d'une voix inconnue...

Il peut respirer, Ysa. Maintenant, il faut attendre.


Mentaïg avait l'air épuisée. Elle ajouta :

Je voudrais du vin d'Arabie, s'il-te-plaît.


J'y vais tout de suite Mentaïg, je t'en rapporte une pleine tisanière. Tu ne veux pas un peu de nourriture aussi ? Tu as l'air épuisée... Un peu de gâteau ? des fruits ? Je demande aux soeurs ?


Elle attendait, prête à sortir

Non, pas pour l'instant. Seulement du vin d'arabie. Il faut tenir..
.

D'accord Ment' je file au Havre et je t'en rapporte.


Elle jeta un dernier regard à Hugo, que l'on entendait respirer, et sortit de la salle de soins.

Saya, Asta et Gallup étaient toujours là, attendant...

Les amis, il respire... Rien n'est encore gagné, mais il respire... Mentaïg a enfoncé deux plumes d'oie dans la blessure, l'air peut s'échapper, il respire... Je file au Havre préparer du vin d'Arabie, Ment' et Wandrian en ont grand besoin.


Elle sortit du dispensaire, pressée, bousculant une soeur au passage, prit en face la rue du premier maire Morpheus, déboucha place de la Halle, puis prit la rue des trois piliers et la rue St Arnvald. Le Havre était ouvert. Ice était en haut, en train de se reposer.

Fort heureusement, Ysabeau qui avait été tavernière par intérim, savait où se trouvaient les graines de kawa, la tisanière.

Elle fit chauffer de l'eau, plaça les graines moulues dans la tisanière, versa l'eau frémissante... Elle attendit un moment. Puis elle enveloppa la tisanière d'un tissu de laine, pour que le vin d'arabie ne se refroidisse pas, la déposa dans un panier avec des tasses, et retourna au dispensaire St Roch.

Elle fit un sourire encourageant à ses amis qui étaient toujours là, entra dans la salle de soins, déposa son panier sur la table, et sortit la tisanière et les tasses.

Vin d'arabie bien chaud !


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Wandrian

L’atmosphère était lourde, et le silence, complet, tandis que Mentaïg se pencha sur la blessure. Le sirop que lui avait donné la dame semblait être efficace, et le visage d’Hugo s’était détendu sous son effet. Wandrian avait gardé un œil à la fois sur lui, pour déceler tout changement de son état pendant que Mentaïg se concentrait sur ce qu’elle devait faire, et sur les gestes de cette dernière, posés avec une précision presque terrifiante. La main jamais ne trembla ou ne sembla hésiter. Puis enfin, après une éternité, ce qu’elles attendaient toutes trois…

Rarement un tel son n’était accueilli avec autant de soulagement.

Elle cligna quelques coups des paupières. Si Mentaïg avait semblé retenir son souffle avec le blessé, Wandrian eut soudain l’impression qu’elle n’avait pas fermée les yeux tout ce temps, tant elle ne voulait rien manquer de ce que faisait Mentaïg.

Sur l’ordre de la soignante, elle récupéra le bol contenant l’emplâtre, et entreprit de l’appliquer, soucieuse de ne pas déplacer accidentellement l’un des drains. Entièrement absorbée par sa tâche, et malgré qu’elle eut pu la deviner après une si grande tension, elle ne vit pas la fatigue de Mentaïg.

Il peut respirer, Ysa. Maintenant, il faut attendre.


L’envie de céder à ce nouvel espoir était grande, mais la dernière phrase rappelait à la réalité. Il était encore trop tôt pour toute félicitation. Relevant la tête un instant, toutefois, elle ne pu retenir un sourire à l’intention de Mentaïg, avant de se remettre à sa tâche. Si rien n’était gagné encore, elle venait de lui faire faire un pas considérable dans la bonne direction.

Ysabeau, sortit sans qu’elle ne s’en aperçoive, entra à nouveau dans la pièce, suivie d’une odeur que Wandrian connaissait bien.

Vin d'Arabie bien chaud !


Elle se releva, ayant terminé l’application à sa satisfaction, et recula d’un pas.

Voilà qui est fort bien pensé, dame Ysabeau. Je vous en remercie.

Elle accepta la tasse que celle-ci lui tendait, reconnaissante.

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astaroth94

Astaroth tourna la tête vers Saya lorsqu'elle entra. Un petit silence avant que quelques mots sortent de sa bouche

Vous avez des nouvelles? Vous avez besoin de quelque chose?


Astaroth lança un soupire avant de repondre, mais il n'eut le temps d'ouvrir la bouche que Ysa sortit de la salle de soin.

Les amis, il respire... Rien n'est encore gagné, mais il respire... Mentaïg a enfoncé deux plumes d'oie dans la blessure, l'air peut s'échapper, il respire... Je file au Havre préparer du vin d'Arabie, Ment' et Wandrian en ont grand besoin.

Elle sortit precipitement. Il sourit. L'intuition qu'il avait eut était exacte, et ce problème fut résolut. Il semblait sur la voie de la guérison. Le temps s'ecoula lentement, le silence regnait, aucun n'osait prononcer de paroles. La tension était palpable. Ysa revint. Le sourire qu'elle nous adressa fut rassurant encore une fois. Astaroth lui sourit à son tour et elle penetra dans la salle de soin. Il se tourna alors vers Gallup et Saya et tenta de detendre l'atmosphère.

Tout a l'air de bien se passer, vous croyez pas?


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Mentaig

Ysa sortit chercher la tisane demandée, et le silence retomba dans la pièce, seulement rythmé par la respiration du blessé, toujours inconscient. Cela valait mieux pour lui.

Mentaïg perçut la chaleur du sourire de Wandrian, faillit un instant s’y abandonner, et renonça aussitôt. Il n’était pas encore temps. Le risque d’infection était énorme. Elle se retenait de toucher le front de Hugo à chaque instant, de prendre son pouls, à la recherche des premiers signes d’augmentation de la fièvre. Il en avait un peu, bien sûr, mais rien d’inquiétant pour l’instant.

Laissant Wandrian terminer le pansement, Mentaïg se lava une nouvelle fois les mains. La fraîcheur de l’eau lui faisait du bien. Elle réfléchissait à l’attitude de Hugo, ces dernières semaines. Dame Maryan, la fiancée du Duc, avait remarqué des changements, elle aussi. Il semblait tout le temps dans l’urgence. En taverne, la veille du drame, la jeune Dame de Bellevue s’était demandée s’il croyait avoir du temps perdu à rattraper. Mentaïg, qui faisait les cent pas dans la salle commune, avait chassé cette idée d’un battement de paupières, et s’était arrêtée nette, quand elle avait formulé sa pensée.

« Comme si le temps lui était compté, comme s’il était poussé par je ne sais quelle force… »
avait-elle dit.

Fallait-il croire aux pressentiments ? Ou alors, Hugo avait-il eu connaissance du projet de la brute ? Avait-il caché à son cousin, à l’ensemble du Conseil, des renseignements d’une telle importance ? Cela semblait impensable.

Le front de la Chancelière se plissa sous l’effort de réflexion. Toute à sa fonction de soignante, elle n’avait à aucun moment pensé à l’assassin. Qui était-il ? Pourquoi avait-il voulu assassiner Valatar ? Elle ne l’avait remarqué à aucun moment. Elle se rappelait seulement une carrure hors du commun, un poing énorme armé d’une dague.

Valatar avait des ennemis, forcément. On ne devient pas Duc sans susciter des jalousies, des rancoeurs. Un ennemi personnel, quelqu’un à qui il aurait causé du tort en dehors de sa fonction ducale ? Un ennemi politique ? Mais cet homme semblait plutôt frustre. Un ennemi extérieur au Berry ?

La jeune femme en était là de ses réflexions quand Ysa revint, porteuse d’une tisanière.

Vin d'Arabie bien chaud !


La tisane, sucrée au miel, lui fit du bien. Elle rangea dans un coin de sa tête toutes ses interrogations, se promettant d’en faire état plus tard, quand Hugo irait mieux, à la personne chargée de l’enquête. Elle s’aperçut qu’elle ignorait de qui il s’agissait, et faillit poser la question à Ysabeau. Non, on verrait plus tard. A d’autres, le soin de rechercher et punir le criminel. Elle avait un autre combat à mener.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:45

valatar

Depuis qu'il était à Sancerre, le duc n'avait pas voulu rester avec son cousin. Il s'était enfermé dans un bureau que la mairie lui avait mis à disposition, et était demeuré là, toute la matinée. Il savait que non loin, les soignantes s'affairaient, mais la proximité de celui qui s'était sacrifié pour lui sans l'ombre d'une hésitation lui était trop difficile.

Ainsi, il avait passé la matinée à se poser des tas de questions. La première d'entre elles était: Qu'aurait-il fait dans le cas inverse, si Hugo avait été visé? A la vérité, répondre à cette question était tout simplement impossible. Dans l'absolu, bien entendu qu'il serait prêt à mourir pour son cousin, mais l'attentat avait été si soudain, et sa réaction si spontanée, qu'il était inconcevable de prévoir une telle situation. D'autres questions, plus "conventionnelles" le torturaient également: qui pouvait lui en vouloir au point de faire une tentative d'attentat contre lui? Un partisan de l'opposition? Peu probable, Valatar avait toujours songé qu'ils étaient assez dignes pour accepter leur défaite. Une rumeur avait pourtant laissé entendre qu'il s'agissait de Crategos, qui avait un lourd passé derrière lui. Mais malgré les mots durs qu'ils avaient pu s'échanger, Valatar ne croyait pas une seule seconde qu'il pût être à l'origine d'un tel forfait. Alors qui? La Touraine? Pourquoi ferait-elle un coup pareil alors même qu'ils étaient en train de négocier la paix? Les Lucioles? Ce petit groupuscule hérétique était probablement déjà assez occupé sur son sol pour aller ouvrir un nouveau front en Berry... Certes, de nombreuses personnes avaient des raisons d'en vouloir au duc de Berry. Mais qui avait franchi le pas et commandité le forfait? Valatar espérait que le coupable allait être soumis à la Question, pour que la vérité éclate.

Mais dans ses interrogations légitimes, le duc revoyait sans cesse revenir l'image de son cousin, étendu inconscient, répandant son sang sur le sol glacial de la cathédrale de Bourges. Comme cette image pouvait contraster avec la joie qu'il exprimait quelques secondes plus tôt, dans ses cris et ses applaudissements.

Le regret prit Valatar à la gorge. C'était à lui d'être sur un lit en dispensaire, et non à son cousin. Comme saisi d'une soudaine révolte, il se leva, enfila sa cape noire, et prit le chemin du dispensaire. Sur son chemin, certaines gens s'inclinaient et lui témoignaient leur soutien dans l'épreuve. Valatar était autrement plus touché par ces gestes spontanés de la population que par les courbettes feintes de la plupart des nobles, qui prêtaient allégeance parce que la loi les y obligeait, mais qui n'étaient porteurs d'aucune espèce de sincérité.

Arrivé au dispensaire, Valatar vit un certain nombre de femmes affairées à telle ou telle occupation, plus ou moins directement liée aux soins à apporter à Hugo. Valatar ne put s'empêcher de sourire en songeant que c'était bien finalement ce qu'il avait toujours voulu qui s'accomplissait...

Saluant à peine les personnes présentes dans le vestibule, il entra en trombe dans la salle de soins. Il avisa Ysabeau, puis Mentaïg, puis Wandrian. Les trois semblaient fatiguées, mais déterminées. Valatar ne s'en rendait pas compte, mais ses efforts pour donner le change étaient vains, et son visage était clairement abattu. Il dit, humblement aux guérisseuses

Est-ce que je peux lui... lui parler?


Il avait peur d'être ridicule, en posant cette question, mais il ne pouvait quitter l'idée qu'il devait lui apporter son soutien, et lui transmettre sa force. Quelque part, Hugo et Valatar Cornedrue avaient toujours été très liés l'un à l'autre, et bien conscient de son incompétence médiacale, ce dernier croyait fermement à l'utilité de son soutien moral. Lorsque les jeunes femmes acquiescèrent, il prit place à côté du blessé, et, légèrement géné à l'idée qu'on puisse l'entendre, s'approcha de l'oreille de son cousin pour lui chuchoter

Mon ami, mon filleul, mon cousin retrouvé, il faut que tu survives. Il ne peut en être autrement. Tu ne le sais pas, mais ma vie s'ouvre à de nouveaux enjeux, gigantesques, au niveau politique, certes, mais au niveau personnel aussi. Hugo, relève-toi, et tu verras que ton geste pour moi n'aura pas été vain. En me sauvant, tu as sauvé le Berry d'une terrible crise, tu ne peux pas partir sur une si belle victoire.


Les yeux embués, les joues rougies, sa peine bien mal camouflée, le duc tourna la tête d'un côté et de l'autre pour s'assurer qu'on ne l'écoutait pas. Respectueusement, les trois Dames (Baugy, Sury-sur-Léré, La-Cour-Au-Gibet) s'étaient écartées pour laisser au duc ce moment d'intimité. Mais il savait qu'il ne devait pas abuser du temps qu'elles lui accordaient. Aussi se pencha-t-il à nouveau vers son cousin et dit-il simplement

Hugo, j'ai besoin que tu sois là pour m'aider.


Puis, la tête baissée, il se leva, prononça un rapide Merci beaucoup destiné aux trois femmes, et sortit comme il était entré, sans chercher à établir plus de contact avec elles. Il passa dans le vestibule où se trouvaient quelques personnes qu'il avait presque ignorées en arrivant. Il alla s'asseoir dans un coin, sans mot dire, mais en tentant de faire bonne figure.

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astaroth94

Une silouhete entra dans le dispensaire et tel une ombre pénétra dans la salle de soin. Mais qui pouvait etre cette personne? Il regarda Gallup et Saya qui au passage avait fait un petit hochemement de tête. Il regarda la porte et tout de suite lui vint à l'esprit, le duc... Astaroth connaissait mal les personnes du conseil. Certain nom lui était famillier, Otto, Maleus, Shaigan, mais il n'en connaissait pas plus. Il avait du mal a se familiariser avec la vie politique de son duché. Son travail de conseiller aux vagabonds le chargeait deja pas mal d'avoir un regard sur les jeunes Sancerrois.

Valatar ressortit, et ne se fiant à aucunes règles de diplomatie, s'approcha de lui et resta debout devant lui. L'homme faisait mine d'etre digne, fier, mais un profond desaroi l'envahissait, enfin c'est ce qu'Astaroth ressentait.

Ce n'est pas parce que vous etes duc, que vous n'avez pas le droit d'exprimer vos sentiments face à une telle situation
...

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Mentaig

Le vin d’Arabie était chaud à souhait. Les mains en coupe autour de son gobelet, Mentaïg tentait de profiter d’un bref instant de répit. Mais son cerveau inquiet ne lui en laissait guère le loisir. Qu’est-ce qui conviendrait mieux ? Fénugrec ou orobe ? Il faudrait de la térébenthine, en tous cas. Et du mastic, de la myrrhe… Elle en parlerait avec Wandrian. Elle était heureuse de pouvoir partager ses doutes, ses savoirs avec cette dame. Le fardeau s’en trouvait allégé.

Mais si la fièvre apparaissait ? Elle laissa là son gobelet à demi plein, vint poser le dos de la main sur le front de Hugo, pour la dixième fois en moins d’une demi-heure. Elle vérifia une fois de plus sa provision d’écorce de saule.

Ysabeau, tu pourrais … ?

La porte s’ouvrit en coup de vent, un éclair de colère traversa les iris verts de Mentaïg, qui prirent des fluorescences de chat. Qui se permettait de… ?

C’était le Duc.


Ses traits tirés, ses yeux cernés disaient assez son angoisse, et plus encore sa gêne sous le regard des trois femmes. Entré en duc, il se tenait là en homme, aussi humble face à l’éventualité de la mort que n’importe quel paysan du duché dont il avait la charge.

Est-ce que je peux lui... lui parler?

Allez-y, Val.


Plus de « Votre Grasce », plus de ces formules alambiquées que Mentaïg utilisait toujours dans ses relations de travail. Valatar, elle l’avait connu quand il était devenu son chambellan, au mois de juillet précédent. Elle n’avait pas pris garde à l’amitié qui peu à peu s’était installée entre eux, et contre laquelle elle n’avait donc pu établir ses défenses habituelles. Un travail acharné mené en commun depuis des mois les avait rapprochés plus sûrement que ne l’auraient fait d’innombrables soirées en taverne. Leur but était le même, leurs moyens convergeaient. Il avait même réussi à vaincre les préventions de sa fiancée à l’égard de Mentaïg, ce qui représentait en soi un petit exploit. La jeune Dame de Bellevue ne pouvait apprécier d’emblée la froideur et l’absence de frivolité de la Dame de Baugy.

Val… Le diminutif lui avait échappé. Mais il semblait si perdu, si jeune, au chevet de son cousin. Il lui parlait à l’oreille, si bas que les trois femmes, réfugiées à l’autre bout de la pièce, ne pouvaient l’entendre.

Mentaïg le surveillait du coin de l’œil, par-dessus le bord de sa chope de tisane. Jeunes, les cousins Cornedrue l’étaient tous les deux. Elle avait entendu Valatar dire un jour qu’il était né au cours de l’été 1432, si fameux pour ses récoltes, et Hugo devait avoir quelques mois de moins. Elle était donc leur aînée de deux ans. Mais les responsabilités les avaient tous les trois mûris très vite.

Mentaïg détourna les yeux quand ceux de Valatar se noyèrent. Non qu’elle en fût gênée, au contraire, mais lui n’aimerait pas l’idée qu’on pût le voir pleurer. Ses pommettes en feu contrastaient durement avec la pâleur encore bleutée de son cousin.

La jeune femme imaginait sans peine le chagrin qui l’accablait, exacerbé par la culpabilité. C’était à lui, non à Hugo, que le coup était destiné. Elle se doutait que Valatar aussi se posait les questions qui l’assaillaient. Qui ? Pourquoi ?

Le Duc regardait fréquemment dans leur direction. Il se releva soudain, remercia de deux mots, et sortit aussi vite qu’il était entré. Les trois femmes se turent, n’osant se regarder.

L’après-midi s’écoula, rythmée par les heures canoniques. On entendait à intervalles réguliers, dans le vestibule, le glissement feutré des nones qui se rendaient à la chapelle. Mentaïg et Wandrian se relayaient pour préparer les onguents, changer les cataplasmes, surveiller les drains. Ysabeau les aidait, entretenait le brasero, rapportait de temps à autre une tisanière du Havre, évacuait les linges souillés, toujours discrète, toujours efficace. Il suffisait d’un mot, et elle était à l’ouvrage.

La cloche de la chapelle sonna complies.

Vas-y si tu veux, Ysa…

Elle savait prier, elle. Peut-être la Dame de la Cour-au-Gibet savait-elle aussi. Il avait semblé à Mentaïg voir ses lèvres remuer, à plusieurs reprises.

Valou…

Mentaïg sursauta.

Il avait parlé ! Elle se précipita. La tête du blessé s’agita sur l’oreiller, sa main se leva, chercha quelque chose dans le vide.

Terry…

Mentaïg prit la main, serra dans les siens les doigts glacés.

Hugo ! C’est Mentaïg. Ne vous agitez pas. Terwagne viendra plus tard.


Un regard à Wandrian, puis en direction du flacon noir. La dame comprit et fit glisser quelques gouttes du breuvage entre les lèvres parcheminées. Tout bas, Mentaïg ajouta :

Val va bien. Il est venu vous voir. Dormez, Hugo. Ça va aller, maintenant. Reposez-vous.

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Wandrian

Wandrian profita de ce moment plus calme pour savourer la délicieuse infusion. Elle n’avait pas réalisé à quel point ces mains étaient froide, et la chaleur contrastante lui fit du bien, et pas que physiquement.

Bien que pour le moment immobile, Mentaïg ne semblait pas se reposer. C’est tout juste si on ne pouvait la voir penser tant elle le faisait intensément. Mais cela ne dura, la dame étant trop préoccupée pour s’éloigner plus de cinq minutes de son patient. Si l’état d’Hugo n’avait encore été si critique, Wandrian aurait sans doute essayé de la convaincre de prendre un moment de repos, mais elle voyait dans sa posture et son attitude que ce serait là une tâche impossible à accomplir.

Alors que Mentaïg semblait sur le point de partager sa pensée, elle fut interrompue par une entrée indélicate. Le duc. Le cousin. N’importe qui d’autre se serait sans doute vu jeter à la porte de force. Wandrian ne releva même pas le ton de Mentaïg, qui icelieu semblait commander sur tout. Même le duc.

Rejointe par Mentaïg et Ysabeau, elle se détourna lorsque Valatar demanda à voir son cousin, se concentrant sur son bol pour laisser un peu d’intimité à l’homme. Il semblait cruel d’isoler ainsi le blessé de ceux qui l’aimait, mais les risques étaient encore trop grands. Le duc parti, les trois femmes reprirent où elles avaient laissé.

Valou…

La jeune femme leva les yeux brusquement. Sur l’invitation de Mentaïg, sans toutefois sortir, elle avait pris un moment pour se retirer et prier le Très-Haut, pour le blessé, mais aussi pour la soignante. Était-ce un signe? Tous ces gens qui devaient prier en ce moment, pour un même homme. Le Très-Haut les avait-Il entendus?

Un geste de sa collègue, et Wandrian trouva le flacon désigné. Enfin une réponse d’Hugo, mais même si peu pouvait l’épuiser, et il lui fallait conserver toutes ses forces pour la guérison.

Avec un sourire à son intention, elle versa les quelques gouttes nécessaires.

Ne vous en faites pas. Ceci vous soulagera. Il faut continuer à vous battre, Hugo.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:48

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Ysabeau

La cloche de la chapelle sonna complies...

Vas-y si tu veux, Ysa…


A
l'invitation de Mentaïg, Ysabeau sortit de la salle de soins et se
dirigea vers la chapelle du dispensaire, suivant les nonnes dont les
robes bruissaient sur le carrelage.

Les chants apaisants, une
atmosphère de calme, hors du temps, hors des violences. Ysabeau pria
avec ferveur, pour Hugo, pour son cousin dont elle avait bien senti le
désarroi, pour ceux qui se battaient contre la mort. A genoux sur le
sol, les yeux fermés, elle priait.

Ne plus penser à elle. Ne plus penser qu'à celui qui gisait non loin de là, à celui dont la vie ne tenait qu'à un fil...

Pas de mots. Juste une pensée fervente, une pensée d'espoir, de miséricorde...

Les complies s'achevèrent. Ysabeau retourna dans la salle.

Vous avez encore besoin de moi ?

Mentaïg, un doigt sur ses lèvres...

Il a parlé... il a appelé Val, puis Tery... il dort...

Il
avait parlé... L'espoir grandissait. Hugo... Ysabeau sourit, et s'assit
au fond de la salle, pour se reposer un peu. Elle prit une tasse de vin
d'arabie, et attendit les instructions.

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Terwagne

En
quittant la forêt de Sancerre, l'esprit encore plein de ce qu'elle
avait vécu durant son inconscience, Terwagne se rendit rapidement sur
le marché afin d'acheter une miche de pain au sir ManuLaScience, et la
mangea en marchant jusqu'à chez elle. Un brin de toilette, un regard
vers la cheminée qu'elle n'avait pas encore utilisé une seule fois
depuis son emménagement à Sancerre, puis elle quitta les lieux pour
retourner au dispensaire prendre des nouvelles d'Hugo.

A vrai
dire, elle s'en voulait un peu d'être partie, de ne pas être restée à
ses côtés comme elle se l'était juré, mais elle se disait aussi que de
toute façon elle aurait fini par craquer si elle n'avait pas pris un
moment de solitude. Et puis, même au dispensaire, elle n'était pas à
ses côtés, elle était dans une autre pièce, se demandant ce qui se
passait dans la salle de soins, s'efforçant de sourire aux autres...

Elle
entra à nouveau dans l'espèce de salle d'attente. Astaroth était
toujours là, ainsi que Mr Groar et le sir Gallup, mais il y avait aussi
d'autres personnes cette fois. Elle les reconnut toutes deux, adressa
un petit sourire à Saya, puis resta un instant en arrêt sur les traits
du visage du Duc, plus surprise de le voir aussi tendu que de le voir
présent.

Finalement elle le salua d'un petit signe de tête, ne
sachant trop comment on saluait un duc, le protocole ce n'était pas ce
qu'elle connaissait le mieux. Et puis de toute façon, elle pensait que
devant la douleur, tous les hommes sont égaux.

D'un pas hésitant, elle se dirigea vers une des chaises, et y prit place, n'osant demander si il y avait du nouveau...
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astaroth94


Le temps s'ecoulait, le silence regnait, Il ne savait plus a quel moment de la journée on était. Il aurait juré en début de matinée, mais les cloches qui sonnèrent annonçait la fin de journée. Ysa sortit de la salle puis rentra quelques temps apres, surement était elle aller prier. Aucunes nouvelles de la journée...

Astaroth tournait en rond, Terwagne entra dans le dispensaire. Il la regarda avancer doucement et s'assoir.

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PrincesseGeorgette

Elle avait fini par s'asseoir, enfouissant son visage dans ses mains. Elle avait perdu la notion du temps, elle pouvait être là depuis, des heures, des jours qu'elle ne s'en serait pas rendu compte. Elle accueillit le fait qu'Hugo pouvait respirer avec un sourire, ça lui redonnait espoir. Hélas, il n'était toujours pas tiré d'affaire, les risques d'infection devaient toujours être énormes. " Des plumes d'oie..." Elle n'y aurait jamais pensé.

Elle remuait les lèvres sans bruit, les yeux levés vers le ciel quand un homme entra, ne prêtant presque pas attention aux personnes présentes. C'était Valatar, le nouveau duc du Berry. Elle le regarda pousser la porte de la pièce où se trouvait Hugo.

Le silence s'abattit de nouveau dans la pièce, elle retira son médaillon qui pendait à son cou et le fit glisser entre ses doigts, le regardant sans vraiment le voir. Elle se demandait ce qu'elle ressentirait si c'était Lio à la place d'Hugo, si elle aurait la force d'attendre dans cette pièce, attendre quelque information sur l'état de son aimé, elle ne voulait même pas imaginer.

Valatar ressortit, sans un mot et alla s'asseoir dans un coin. Elle voyait bien qu'il essayait de faire bonne figure. Elle écouta Astaroth s'adresser à Valatar. Puis, repassant son médaillon à son cou, elle se leva sans bruit, le simple bruit des frottements de sa robe contre ses jambes. Lentement, elle s'approcha de Valatar, elle le voyait comme un ami et non comme le duc en ce moment. Elle s'assit à ses côtés, ne disant rien, une simple présence, c'était tout ce qu'elle pouvait offrir car elle même ne se sentait pas la force de parler.

Cela faisait quelques minutes qu'elle ne bougeait plus, qu'elle écoutait le moindre bruit, analysant le moindre frôlement de tissu.Terwagne entra dans le dispensaire et elle lui adressa un sourire qu'elle voulut encourageant. Elle resta là, figée, écoutant s'écouler le temps...

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valatar


L'atmosphère était de plus en plus lourde dans ce vestibule. Plusieurs personnes attendaient en silence, chacun redoutant le pire, et personne n'osant trop s'avancer. Un homme, que Valatar ne connaissait pas vraiment vint lui parler.

Ce n'est pas parce que vous etes duc, que vous n'avez pas le droit d'exprimer vos sentiments face à une telle situation...


Ainsi, ses efforts pour faire croire qu'il ne ressentait rien étaient aussi utiles que des pieds de porc pour préparer du Valounet. Il fit un signe de tête pour remercier. Sa sollicitude le touchait.

Je vous remercie, messire.


Il le regarda dans les yeux, et ajouta

Je vous remercie sincèrement.


Puis Saya vint s'asseoir à côté de lui. La seule présence de la jeune fille le réconfortait. Elle aussi connaissait bien Hugo, et pour elle, comme pour tous ses amis, le moment devait être particulièrement difficile. Valatar finit par exprimer, enfin, oralement, ce qu'il avait gardé pour lui jusqu'à présent.

C'est très dur à vivre. Je pense que ça l'est pour vous autant que pour moi. Mais il faut garder espoir, il va se relever. Nous savons tous qu'Hugo aime faire des surprises, je suis sûr qu'il va nous surprendre. Il va se relever encore plus en forme que d'habitude.

Comme il disait ces mots, voyant les regards de tous tournés vers lui, il baisa les yeux tristement. La porte s'ouvrit alors, laissant apparaître Terwagne. Encore une pour qui ça devait être particulièrement difficile à vivre. Elle salua Valatar d'un petit signe, qu'il lui rendit, et alla s'asseoir en silence.

Les heures s'écoulèrent ainsi, pesantes et prenantes, avec un petit mot de temps à autres, mais généralement un silence inquiet et angoissant. Néanmoins, Valatar était rassuré de l'attitude de compassion qu'affichaient Saya et le jeune homme qui lui avait parlé.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:54

Mentaig

Hugo dormait.

Sa respiration revenait peu à peu à la normale. Les drains, sans cesse vérifiés par Mentaïg, ne laissaient plus échapper ce fluide mousseux qui avait menacé de l'étouffer. Son front restait tiède, ses ongles et ses lèvres ne présentaient plus cette affreuse lividité bleuâtre qui avait tant inquiété la jeune femme.

Elle percevait à ses côtés la présence rassurante de Wandrian et Ysabeau, sans leur accorder la moindre attention. Elles faisaient ce qu'elles avaient à faire, aucun doute à ce sujet n'avait effleuré Mentaïg. Plus tard, elle s'étonnerait d'avoir ainsi d'emblée fait confiance à Wandrian. Elle ne la connaissait que de nom, pourtant, avant cette pénible aventure. Mais les gestes ne trompent pas. Pour Ysa, c'était autre chose. Les deux femmes travaillaient côte à côte, tant à la Mairie qu'à la Chancellerie, depuis de longs mois.

A mesure que le temps passait, Mentaïg reprenait espoir. L'infection, si redoutée en ces temps où l'on n'avait rien de vraiment efficace pour la combattre, ne s'installait pas. Sur ses instructions, Ysabeau entretenait sur le brasero une pleine marmite d'eau dans laquelle elle faisait bouillir du thym et des branches frâiches de sapin. Les vapeurs embaumaient la pièce, et en chassaient les miasmes. Une légère inflammation, combattue par les onguents, apparassait autour des drains, mais rien qu'on ne puisse contenir.

Avec l'espoir revenait à Mentaïg le sentiment de ce qui l'entourait. A plusieurs reprises, elle avait perçu derrière la porte des frôlements, des voix. Astaroth, Terwagne, d'autres peut-être ? La nuit était bien avancée. Matines étaient sonnées, ainsi que laudes. Les gens qui attendaient derrière la porte, avaient-ils été rassurés ?

Peut-être était-il encore trop tôt. Mais la jeune femme savait d'expérience qu'il n'est rien de pire que l'attente dans l'ignorance. Elle ne pouvait encore s'avancer, mais au moins, elle était au coeur de l'action, elle se battait, tandis que les autres, là-derrière, ne pouvaient que ronger leur frein. Ils devaient la maudire...

Ses mains se posèrent sur ses tempes, descendirent le long de ses joues. Elle ne pouvait décemment présenter aux amis de Hugo un visage marqué par l'inquiétude. Elle se redressa, respira profondément, et se tint un instant devant Ysabeau, cherchant dans son regard la certitude qu'elle était présentable.

Je vous le confie cinq minutes.


Elle força ses traits à se détendre et sortit dans le vestibule. Les personnes plus ou moins endormies qui s'y trouvaient eurent toutes un mouvement dans sa direction, et elle hésita quelques secondes, ses doigts jouant machinalement avec un pli de l'ample bliaud qu'elle avait passé par-dessus sa robe grise.

Il va mieux,
dit-elle enfin d'une voix qui, si elle portait des traces de fatigue, était exempte de toute angoisse. Encore vingt-quatre heures, et nous serons fixés.

Elle se tourna vers l'archevêque.

Monseigneur, Dames Ysabeau et Wandrian prient pour lui à chaque instant.


Elle n'ajouta pas qu'elle ne croyait guère en la vertu desdites prières, sauf en ce qu'elles aidaient leurs récitantes elles-mêmes.

Votre Grasce, Dame Terwagne, il vous a demandés. Je ne puis vous laisser entrer maintenant, mais je vous ferai appeler dès qu'il sera visible. Saya, si tu veux relever Ysabeau, demain, tes compétences seront les bienvenues.


Mentaïg entraîna ensuite Astaroth un peu à l'écart.

Astaroth, s'il-vous-plaît. Pourriez-vous aller chercher le lieutenant Gallup ? Je souhaite m'entretenir avec lui.


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Ysabeau

Je vous le confie cinq minutes.


Ysabeau regarda Mentaïg sortir dans le vestibule. Elle voulait sans nul doute donner des nouvelles du blessé à ceux qui étaient restés là, attendant...

Wandrian allait veiller Hugo. Elle était fort compétente. D'ailleurs il n'y avait plus grand chose à faire d'autre que d'attendre... Attendre encore et toujours, patiemment.

La respiration du blessé était calme.

Ysabeau rajouta de l'eau dans la marmite, les vapeurs de thym et de sapin embaumaient la pièce. Elle se souviendrait de ces odeurs...

A travers la porte, elle entendit Mentaïg dire d'une voix calme :

Il va mieux. Encore vingt-quatre heures, et nous serons fixés.


Vingt quatre heures...
pensa-t-elle, encore vingt-quatre heures à tenir...

Elle commençait à ressentir la fatigue. Mais peu importe, ce n'était pas cela qui comptait.

Hugo... il fallait que Hugo tienne. Son heure n'était pas encore venue... Il n'était pas prêt pour le passage que Thorin avait évoqué, tout à l'heure, à l'église.

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astaroth94

Des nouvelles enfin, Mentaig sortit de la salle et se montra detendu et tous eurent ce mouvement de tête en direction de la porte ou se tenait Mentaig

Il va mieux. Encore vingt-quatre heures, et nous serons fixés

Un souffle de soulagement suivit de très près d'un sourir apparurent sur le visage d'Astaroth.

Vous etes la meilleure Mentaig...

Il n'eut le temps de finir sa phrase qu'elle se tourna vers l'archeveque et ensuite vers Valatar et Terwagne. Puis se tourna vers lui et l'emmena dans un coin

Astaroth, s'il-vous-plaît. Pourriez-vous aller chercher le lieutenant Gallup ? Je souhaite m'entretenir avec lui.

Je m'y presse de ce pas.... et au fait...

Il s'approcha de l'oreille de Mentaig et lui chuchota

Je savais que nous pouvions compter sur vous


Ses paroles furent suivit d'un sourir franc. Il esperait qu'après ces quelques mots elle se fatiguerait moins pour paraitre detendu.

Il se retourna vers la sortie et sortit à grande enjambées pour aller retrouver Gallup.

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Terwagne

Les heures s'écoulaient, interminables, oppressantes, silencieuses comme la mort.

De temps à autre Terwagne jettait un regard en direction des autres personnes présentes, mais ne trouvait pas la force de leur adresser la parole. Ils devaient tous se demander ce qu'elle faisait là, elle si nouvelle à Sancerre, elle qui ne connaissait pas spécialement Hugo, par rapport à eux...

Lorsqu'ils avaient quitté Sancerre ensemble une semaine plus tôt, ils ne se connaissaient en effet pratiquement pas, mais tellement de choses s'étaient passées pendant ce voyage, tellement de choses qu'elle devait garder pour elle seule.

Enfin la porte s'ouvrit, et Mentaig apparut, porteuse de bonnes nouvelles... Hugo avait parlé! Il n'était certes pas encore tiré d'affaires, les prochaines 24 heures semblaient décisives, mais si il avait parlé, ça voulait dire qu'il respirait, que... qu'il s'accrochait!

Et puis, il avait demandé à la voir... Ca voulait dire que même dans son état, il n'avait pas oublié, il n'avait pas effacé.

Ce fut comme si tout à coup, en plus du soulagement immense de savoir qu'il allait mieux, elle se sentait rassurée sur la légitimité de sa présence dans les lieux.

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Mentaig

Mentaïg ne s'était attardée ni à étudier le résultat de ses déclarations sur ses auditeurs, ni à attendre que Astaroth ramène le lieutenant. Il lui tardait de retourner auprès de Hugo. C'était toujours comme ça, quand elle s'occupait d'un blessé, d'un malade, d'une parturiente. Elle ressentait comme un besoin vital le fait d'être au plus près, de suivre de bout en bout l'évolution des choses.

Et dans le cas de Hugo, cette nécessité était encore plus prégnante. Comme elle l'avait été, en juillet, quand HdB lui avait été ramené à Aupic, à demi-mort, après son agression par les brigands qui cherchaient les reliques de Saint Satur. Et comme elle le serait s'il arrivait quoi que ce soit à un de ses proches.

C'est drôle... Je n'ai jamais pensé à Hugo comme à un proche... Comme si...


Comme si quoi ? Comme si elle avait une famille ? Elle repoussa l'idée avant de la laisser éclore. Pas le temps.

La nuit s'écoula. Ysabeau et Wandrian somnolaient sur leur chaise, se levaient de temps à autre pour renouveler une compresse, apporter à Mentaïg le petit flacon noir, de la charpie, du vin d'Arabie... Mentaïg, sur son tabouret, tout près du lit, dormait d'un oeil. Le moindre soupir du blessé, le moindre mouvement de sa main, le moindre frémissement de paupière la mettaient en alerte. Elle dormait cependant, parce qu'il fallait dormir.

Après complies, ce furent matines, et laudes. On entendit la cloche de St-Jean appeler les fidèles à la première messe de la paroisse, à laquelle se rendirent les nonnes, en procession bruisselante. Puis l'aube naquit, teinta de gris les draps, le bois des tables.

Mentaïg moucha la chandelle. Elle se leva sans bruit, étira ses membres engourdis, se dirigea vers le pot de tisane gardé au chaud sur le brasero. Alors qu'elle avait passé la journée de la veille et toute la nuit en alerte, elle n'osait plus s'approcher du blessé, le regarder.

On entamait le troisième jour. Mentaïg savait d'expérience que tout se jouait à l'instant. Elle but un gobelet de vin d'Arabie, un second. D'autres se donnaient du courage en ingurgitant de la bière. Elle préférait ses plantes. "Une peau de soie"... HdB prétendait que c'était la fréquentation assidue des tisanes qui lui donnait cette peau si douce. Pourquoi fallait-il qu'elle pensât à HdB justement maintenant ? Non, ce n'était pas si étonnant, au fond. Il était toujours là, de jour comme de nuit, en arrière-plan de toutes ses pensées, de tous ses rêves.

Elle s'approcha, le regard fixé sur le pansement, toute abstraction faite de l'être humain qu'il protégeait. La gorge nouée par l'angoisse, elle défit les bandelettes de lin, retira l'onguent, à gestes doux de ses trop grandes mains.

La plaie était saine.

Elle tira légèrement sur les drains, amenant un mouvement de protestation du blessé malmené, refit le pansement. Ses traits n'avaient pas bougé, mais une lumière intérieure les adoucissait. Elle prit le temps d'évaluer le teint, la texture de la peau, la couleur des ongles.

Hugo était sauvé.

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Simon Gallup

Quoi ? qui ? ou ?? dispensaire ? Mentaig ? Hugo ? il a accouché ?? c'est un garçon ?


Gallup réalise qu'il raconte n'importe quoi, et que , endormi le nez sur le dossier d'Onemore, il avait dormi deux bonnes heures.

- Du neuf ?? j'arrive ...


Il quitta le poste de Police, et suivant Astaroth, il franchit le seuil du dispensaire, encore mal réveillé.

( je rame moi... pas la forme )



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astaroth94

Astaroth pénétra dans le dispensaire suivit de près par Gallup. Il jeta un oeil de tous les cotés cherchant Mentaig

Norf, elle a du entrer dans la salle de soins. Patience lieutenent

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 17:59

Hugoruth

[Dans sa tête]

Une douleur derrière son épaule, mais elle s'effaçait. Pas que la douleur, d'ailleurs. Il ne sentait plus son corps, ni même ses pensées. Une légère douleur, et c'était tout. Autour de lui, une intense lumière blanche. Que se passait-il donc? Pourquoi n'avait-il aucun souvenir depuis son entrée par le portail du Jugement Dernier, afin d'assister à cette cérémonie en l'honneur de son cousin.

Pourquoi diable n'était-il plus dans l'aristotélicienne enceinte, assis à écouter l'ennuyeux discours de Sa Grasce Cornedrue... Pourquoi n'était-il plus assis et pourquoi ne sentait-il plus rien que cette légère douleur dans le dos? Il sentit qu'il perdait connaissance, la douleur se faisait plus forte. Il lui était impossible de se concentrer plus que quelques secondes. Plus la lumière diminuait en intensité plus la douleur se faisait forte...

Alors qu'il pensait basculer dans l'inconscient, il distingua un plafond et entendit une voix. Il voulut tendre l'oreille, mais la douleur dans son dos était trop forte. Là encore, malgré l'absence de lumière éblouissante, la concentration était pour lui un exercice quasi impossible. La voix qui l'entourait était tel un chant dans un dialecte oriental tant il était incapable de comprendre. Mais, alors que la douleur s'apaisait un instant, il reconnut ce timbre de voix. Ce timbre si particulier, ce timbre si familier... La voix s'était tue, mais il savait à qui elle appartenait. Le contenu lui avait échappé, mais la voix, elle, avait été captée, l'espace d'un instant.

Valou…


Il ne sut s'il avait pu prononcer comme il l'aurait voulu, articuler pour se faire entendre. Les quelques paroles qu'il avait réussi à s'arracher avaient décuplé la douleur, et il se sentir partir. La douleur s'estompait et la lumière revenait. Il avait une fois encore quitte le monde réel. Mais un visage avait cette fois fait le voyage avec lui. Il la vit, immobile, impassible. Elle le regardait, avec les mêmes yeux que dans cette taverne saint aignanaise... Il voulait lui parler, la serrer contre lui. Il était comme paralysé mais le désir de lui manifester son attachement le poussait à se débattre. Il voulut lui tendre la main, mais il ne parvint qu'à la bouger de quelques centimètres avant de la laisser retomber lourdement.

Terry…

Le visage disparaissait peu à peu, alors que les efforts payaient enfin. Lentement, il s'estompait et la lumière reprenait toute la place. Mais cette fois, la douleur aussi était présente. Forte, de plus en plus forte. Respirer devint quasiment impossible. Il se sentait faiblir.

Il ferma les yeux, mais la lumière resta. Elle semblait destinée à l'accompagner. Puis il sentit quelque chose de dur, au creux de sa main. Une main, sans aucun doute. Une main qui le retenait et qui l'incitait à rester. Il la serra quelques instants, comme il put. La lumière s'apaisait finalement. Il sentait encore la douleur, mais elle semblait ne plus se répandre. Ses yeux restèrent clos, mais la noirceur qui l'entourait le rassurait.

...ZzzzZ...

Cette satanée douleur... Elle le tirait de son sommeil. Les souvenirs étaient toujours aussi flous, mais il pouvait remonter à sa dernière émersion. La main qu'il avait serrée, la noirâtre douceur qui s'était alors emparée de lui. Désormais, il voyait plus clairement. Il reconnut les murs, les meubles. Il était au dispensaire, aucun doute possible. Qu'y faisait-il, sans doute lutter contre cette douleur. Tourner la tête lui était encore impossible, mais il avait l'impression d'avoir retrouvé un peu de ses moyens. Il voulait se signaler, montrer qu'il était en vie. S'il était au dispensaire, elle ne pouvait être loin.

Ment' ?

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Mentaig

Je savais que nous pouvions compter sur vous

Les paroles murmurées par Astaroth revinrent à la mémoire de Mentaïg. Elle sourit. Cette confiance la touchait.

C'était surtout sur Hugo qu'il fallait compter, désormais. Elle avait fait tout ce qui était en son pouvoir, efficacement secondée par Wandrian et Ysabeau. On ne pouvait plus qu'attendre. Conserver toutes les précautions prises, et attendre.

Depuis deux nuits, la jeune femme n'avait pas vraiment dormi. Les quelques instants volés çà et là à la veille s'avéraient insuffisants. Elle se raisonna. Sans sommeil, elle allait perdre sa lucidité, risquait d'oublier tel geste important, tel ingrédient dans une potion. Il fallait dormir. Wandrian et Ysabeau valaient à peine mieux qu'elle.

Allez vous reposer une heure,
leur dit-elle. Je vais rester près de lui, et vous me relayerez à tour de rôle le temps que je dorme un peu, moi aussi.

Pour ne pas succomber, elle resta debout, dans un débordement d'activité assez inutile, s'agita silencieusement dans la pièce, rangeant ici un rouleau de parchemin déplacer d'à peine un pied, là une fiole qui ne demandait rien à personne.

Ment' ?


Elle avait le dos tourné au lit. Elle s'arrêta net. Avait-elle bien entendu ? Elle pivota d'un seul bloc, le coeur cognant dans la poitrine.

Hugo avait les yeux grands ouverts, mais il ne la voyait pas. En un instant, elle fut auprès de lui, une main emprisonnant celle du blessé, l'autre sur sa joue pour arrêter toute velléité de mouvement.

Je suis là, Hugo. Ne bougez pas. Parlez le moins possible. Ne vous épuisez pas.


Le soulagement et l'inquiétude se bousculaient dans sa tête. Il avait prononcé son nom de façon très intelligible, mais il était encore si faible !

Ne bougez pas, répéta-t-elle inutilement.


Puis, prenant soudain conscience des questions que Hugo ne pouvait manquer de se poser :

Valatar n'a rien. Vous lui avez sauvé la vie. Son assassin est sous les verrous.


Elle avait hâte, soudain, que Wandrian ou Ysabeau revienne. Elle avait hâte de pouvoir aller clamer la nouvelle. Elle sourit et ajouta encore :

Son Altesse Armoria vous a fait cadeau d'une cape somptueuse. Remettez-vous vite pour pouvoir l'essayer !

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Wandrian

Allez-vous reposer une heure. Je vais rester près de lui, et vous me relayerez à tour de rôle le temps que je dorme un peu, moi aussi
.

Wandrian soupira. Mentaig avait raison, elles étaient toutes fatiguées, et le gros du travail était fait. Il ne leur servait à rien de s’épuiser toutes trois à veiller Hugo.

Surtout n’hésitez pas à nous faire quérir. Je repasserai dans quelques heures afin que vous puissiez dormir un peu également.

Un dernier regard pour Mentaig, Ysabeau et le patient, et la jeune femme passa la porte de la salle des soins pour la première fois depuis qu’elle y était entrée en catastrophe. Elle s’arrêta nette, voyant les personnes présentes. Pourtant, elle savait pertinemment qu’ils seraient là. Elle sentit leurs regards se lever sur elle, attendant bonne nouvelle. Un sourire d’excuse.

Je crains n’avoir rien de nouveau à vous annoncer, il dort toujours, mais gardez espoir. Il est en bonne voie.


Épuisée, elle ne resta pas plus longtemps et sortit à l’extérieur, laissant l’air frais la fouetter un peu. Elle s’arrêta pour prendre une bonne inspiration, puis ouvrit les yeux pour surprendre sur elle le regard intrigué, parfois un peu dégouté, des passants. Il lui fallu un moment pour comprendre ce qu’on avait à lui reprocher. Elle baissa les yeux sur ses vêtements. Elle portait toujours par-dessus sa robe maculée le tablier couvert de sang. Elle s’y était souvent essayé les mains. L’image qu’elle offrait, elle qu’on ne connaissait probablement pas très bien à Sancerre (si même on la connaissait), avait de quoi faire sourciller. Si le froid ne lui avait pas déjà rougit les joues, on aurait pu la voir tourner presque au cramoisie.

Elle tourna les talons et rentra dans le dispensaire, retraçant ses pas jusqu’à la salle ou attendait les proches d’Hugo. Nouveau sourire d’excuse. Elle se dirigea immédiatement à la porte de la salle de soin, cogna doucement et entrebâilla la porte, se faufilant à l’intérieur. Elle se sentait sotte d’avoir oublié d’ôter le tablier, et craignait que tout ce va-et-vient ne fâche la soignante.

Pardonnez-moi Mentaig. J’ai oubli…


Elle s’interrompit, réalisant que celle-ci était pencher sur le blessé et lui semblait lui parler.

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valatar

Comme Astaroth qui avait fait venir Gallup, comme Terwagne, comme Saya, le duc attendait. Il était resté jusque tard la veille, avant d'aller dormir une heure ou deux au domaine de Dampierre, où il était hébergé. Puis il était revenu. Il en était de même pour les autres: tout le monde attendait. Les dernières nouvelles données par Mentaïg étaient bonnes, mais elles commençaient à remonter à loin, et savoir que les soignantes étaient depuis si longtemps à l'intérieur avec Hugo ne rassurait personne. Que lui faisaient-elles? Au bout d'un long moment, Wandrian ouvrit la porte.

Je crains n’avoir rien de nouveau à vous annoncer, il dort toujours, mais gardez espoir. Il est en bonne voie.

Valatar n'eut que ces mots dans la têtes pendant quelques minutes: "il est en bonne voie"! Ainsi, il était en bonne voie? Bientôt, sans doute, allait-il pouvoir se réveiller, et le jeune duc pourrait lui crier dessus comme avant pour qu'il fasse son travail ( images/smiles/icon_rolleyes.gif" alt="Rolling Eyes ). Puis Wandrian sortit. Tous, dans la salle, étaient heureux de la nouvelle de Wandrian, mais au fond, ils auraient aimé en savoir un petit peu plus. Lorsqu'elle repassa, semblant avoir oublié quelque chose dans la salle, tout le monde s'attendait à ce qu'elle ressorte quelques secondes plus tard, ce qu'elle ne fit pas. Le duc se mit à craindre le pire: était-il soudainement dans un état critique? Plus le temps passait sans que Wandrian ne ressorte, plus il s'inquiétait. Et cette culpabilité, qui le tiraillait, était de plus en plus forte.

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Wandrian

Malgré ses paroles, Mentaïg ne remarqua point son entrée. Elle devait être profondément absorbée. Inquiète, Wandrian s’empressa de se débarrasser de son tablier souillé. Elle était sortie à l’extérieur et il était impensable qu’elle ne s’approche à nouveau sans le changer. Elle décrocha rapidement un tablier propre et s’approcha de la civière tout en l’enfilant, avisant l’eau pour laver ses mains et la disposition de toutes herbes et substances, prête à intervenir, mais les paroles murmurées par la soignante l’arrêtent.

Valatar n'a rien. Vous lui avez sauvé la vie. Son assassin est sous les verrous.


Le visage de la jeune femme s’illumina d’espoir. Mentaïg ne tiendrait pas tel discours à l’homme inanimé. Étirant le cou, gênée de s’imposer, mais devant en avoir le cœur net, elle posa enfin les yeux sur une vision rassurante. Hugo était bel et bien réveillé, pas entre deux monde, comme elles l’avaient vu plus tôt, mais bien réveillé. S’il ne bougeait guère, et il était mieux pour lui qu’il ne le fasse pas, son regard semblait lucide, derrière la fatigue et la douleur.

Il lui fallu user de tout son contrôle pour ne pas sortir à la course et annoncer la nouvelle. L’éclat ne servirait qu’à causer un stress de plus pour patient et soignante, et puis Wandrian se disait qu’il revenait à Mentaïg de faire les honneurs. C’était elle qui avait pris en main la situation, son savoir, son expertise qui avait sauvé Hugo. C’était à elle de recevoir tous les regards reconnaissants qui viendraient avec la nouvelle.

Un sourire franc au patient en rémission, et attendant une pause, elle souffla à Mentaïg :

Dame, ne tardez pas trop. Il y a de l’autre côté de cette porte des gens qui respireront aussi bientôt mieux.


Ne voulant s’imposer davantage, la jeune femme se tourna vers l’âtre afin de préparer une infusion à l’écorce de saule pour Hugo.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 18:10

Ysabeau
Quelques heures auparavant

Allez vous reposer une heure. Je vais rester près de lui, et vous me relayerez à tour de rôle le temps que je dorme un peu, moi aussi.


Ysabeau entendit à peine Mentaïg. Elle somnolait sur un banc, épuisée par ces nuits de veille.

Elle se secoua, eut un regard à Hugo, toujours immobile... A quoi bon rester, en effet ? On ne pouvait qu'attendre, autant se relayer.

Elle vérifia le brasero, l'infusion de thym, y ajouta un peu d'eau, quelques branches, puis elle suivit Wandrian.

Elle passa devant ceux qui attendaient, ne dit rien, juste un sourire. Elle n'avait rien à ajouter à ce qu'avait dit Wandrian.

Elle sortit du dispensaire, frissonnant dans la nuit froide, regagna son logis.

Elle dormit d'un sommeil sans rêves, pendant quelques heures.

Maintenant

Brusquement, elle s'éveilla...

Et si Mentaïg avait besoin d'elle ? Et si elle aussi, avait besoin d'être relayée... Vite, elle se leva, ne prit même pas la peine de boire, et courut au dispensaire.

Dans la salle, Valatar avait l'air inquiet. Elle lui sourit d'un air qui se voulait rassurant.

Il faut attendre, Val'. Attendre... Mais j'ai bon espoir. Il respire paisiblement...


Elle entra dans la salle.

Mentaïg était près de Hugo, à le toucher, son visage penché sur lui

Wandrian était en train de lui chuchoter quelque chose , puis elle se mit à préparer une infusion d'écorce de saule...

Elle s'approcha de Hugo, enfin pas trop près, elle se souvenait des consignes, ne pas trop...

Elle vit.

Hugo avait les yeux ouverts.


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Terwagne

L'angoisse s'en allait peu à peu depuis que la nouvelle était tombée qu'il avait parlé et qu'il respirait à nouveau, mais l'impatinece d'avoir d'autres nouvelles se faisaient de plus en plus pénible.

La fatigue, émotionnelle et physique finit par avoir raison de Terwagne qui prit congé des personnes présentes dans la salle d'atente et partit se reposer un peu chez elle.

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PrincesseGeorgette

Saya, si tu veux relever Ysabeau, demain, tes compétences seront les bienvenues.


Elle avait été un peu troublée par l'arrivée de Mentaïg aussi acquiesça-t-elle d'un signe de tête ajoutant faiblement:

Je suis là si vous avez besoin de moi, je ne bouge pas.

L'attente c'était alors prolongée, le silence de plus en plus pesant. Elle observait les personnes présentes dans la salle toutes paraissaient tendues, les nerfs à fleur de peau. Elle avait fermé les yeux et avait dû s'assoupir car, quand elle rouvrit les yeux Ysa rentrait de nouveau dans la salle de soin, or, elle ne l'avait pas vue sortir.

Elle se frotta les yeux avec vigueur et se leva pour se dégourdir les jambes et sortit quelques instants prendre l'air. Elle inspira profondément l'air frais qui emplit ses poumons. Elle se massa le front, observant l'horizon.

Elle leva les yeux au ciel, l'air suppliant. Il devait s'en remettre! Hugo était fort , c'était un battant!

Elle aurait aimé passé de l'eau froide sur son visage endormi, elle se mit à réfléchir. Pour rentrer chez elle, elle devait traverser tout le village, la taverne la plus proche était la taverne aux fées où elle n'avait jamais mis les pieds. Aussi décida-t-elle de faire route vers la Sancerroise où elle se mit en quête d'eau plus ou moins propre. Elle finit par trouver pour faire son bonheur et passe de l'eau sur ses yeux rougis, cela lui fit le plus grand bien.

Elle rebroussa chemin en courant vers le dispensaire et revint s'asseoir près des autres, sans un bruit, juste le bruit de sa respiration saccadée d'avoir couru. Elle espérait qu'il y aura bientôt des nouvelles.

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Hugoruth

Son Altesse Armoria vous a fait cadeau d'une cape somptueuse. Remettez-vous vite pour pouvoir l'essayer !

De toutes les paroles prononcées, les dernières le firent sourire. Une cape l'attendait... Les dernières semaines avaient été si dures à vivre, il se rappelait désormais l'accouchement avec plus de clarté.

Certes, il avait encore mal mais la douleur était plus diffuse. Mais dans sa tête, tout était redevenu presque normal. Plus de lueur blanche, juste la lumière naturelle. Mentaïg était là. Il vit Wandrian, qu'il avait croisé à la garnison à plusieurs reprises, qui s'éclipsa peu après. Puis vint sa marraine, Ysabeau.

Des visages amis et aimés. Il était réconfortant de les voir. Mais en lui, l'inquiétude était présente. Il avait espéré la voir, celle pour qui il s'était battu et s'était accroché à la vie. Elle ne semblait pas être là.

Regard inquiet lancé vers Mentaïg, mais aucune réaction de celle-ci. Sans doute ne comprenait-elle pas l'inquiétude qu'on pouvait lire dans ses yeux. Il aurait du être heureux. La vie sauve, son cousin épargné, une nouvelle cape... Mais il manquait quelque chose, ou plutôt quelqu'un.

Une cape, c'est... charmant de sa part.

Le ton n'y était pas et il le savait. Mais peu lui importait.

Elle... n'est pas là ? Elle n'a rien, au mois ?

La voix était dénuée de toute assurance, elle était presque chevrotante. Le regard était lui aussi plus qu'humide.

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Ysabeau

Elle... n'est pas là ? Elle n'a rien, au mois ?

Ysabeau s'approcha de Hugo. Il parlait, il appelait Terwagne. Elle lui sourit, et lui dit d'une voix rassurante :

Je l'ai vue dans l'antichambre, quand je suis revenue ici. Je vais la chercher.


Elle sortit de la salle de soins, regarda... Mais Terwagne n'était plus là. Terwagne était partie.

Elle fit un sourire à ceux qui attendaient, n'osant point leur annoncer la bonne nouvelle... Après tout, c'était plutôt à Mentaïg de le faire, c'est elle qui avait tiré Hugo des griffes de la camarde.

Elle rentra dans la salle, penaude.

Désolée Hugo, elle est partie. Cette attente interminable... Elle devait être épuisée, elle a dû rentrer chez elle. Mais tu sais, on l'a prévenue que tu l'avais appelée... Elle va revenir...


Elle prit la main de son ami, lui sourit

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Mentaig

Dame, ne tardez pas trop. Il y a de l’autre côté de cette porte des gens qui respireront aussi bientôt mieux.

J'irai tout-à-l'heure, Wandrian.

Mentaïg n'osait pas. C'était si inespéré, cette rémission ! Et puis Hugo avait plus besoin d'elle que tous ces gens qui attendaient dehors. Il lui lançait des regards inquiets. Evidemment...

Norf de norf ! Je lui ai parlé de Val, mais pas de Terwagne.

Elle... n'est pas là ? Elle n'a rien, au moins ?

Ysabeau se précipita pour rassurer son filleul. Mentaïg se contenta d'une légère pression de la main. Elle aurait pu dire à Hugo de ne pas s'agiter, de se concentrer sur la guérison, de ne penser qu'à lui ... A quoi bon ? Seule Terwagne occupait ses pensées.

Pendant qu'Ysa sortait aux nouvelles, elle s'approcha de Wandrian.

L'écorce de saule, oui... On peut lui en donner, maintenant qu'il ne saigne plus. Il en aura besoin.

Au moins, lui épargner au maximum la douleur physique. Elle entendit Ysabeau excuser l'absence de Terwagne. Un mauvais pressentiment agitait Mentaïg. Partie se reposer ? Elle se souvenait bien, elle, quand HdB avait été ramené quasi mort à Aupic, l'été précédent. Comment aurait-elle pu se reposer ? Elle ne quittait son chevet que pour de rares incursions à la mairie, pour gérer les affaires courantes, avec l'aide de Hugo, justement, et au Castel des Ambassades, avec l'aide de Valatar. Se reposer, quand son âme gisait aux portes de la mort ? Elle secoua les épaules pour en chasser le poids du ressentiment.

Vous avez raison, Wandrian, il faut rassurer ses amis.

Un regard à Hugo, qui semblait écouter Ysabeau sans l'entendre, et elle sortit dans le vestibule. Les mêmes personnes étaient là, moins Terwagne. Le lieutenant Gallup, aussi, qu'elle avait fait appeler, et n'avait pas encore eu le temps de recevoir.

Hugo va se remettre, dit-elle d'une voix neutre. Saya, vois avec Ysabeau si elle veut que tu prennes le relais. Elle a besoin de dormir. Votre Grasce, vous pouvez entrer quelques minutes, si vous le désirez, mais ne restez pas trop longtemps. Gallup, je suis désolée, je n'ai pas eu le temps de vous parler jusqu'à présent. Qu'a-t-on fait de l'assassin ? A-t-il parlé ? Qui est derrière tout ça ?

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Terwagne

C'est le coeur lourd, plein de remords de l'avoir senti frémir ailleurs, autrement, mais aussi tiraillée, que Terwagne revint vers le dispensaire ce jour-là.

L'attente était si longue, depuis une semaine, les jours interminables, les nuits remplies d'angoisse, et elle n'avait pas penser à mal, même si biensûr certains le lui repprocheraient, en allant de temps à autres souffler un peu en buvant un verre dans une taverne ou l'autre.

Seulement le destin avait du s'en mêler, mettant sur sa route quelqu'un qui bien plus que de la rassurer, bien plus que de lui apporter de la gentillesse, de la douceur, de la lumière dans l'ombre qui remplissait sa vie depuis la mort de Zel, toutes ces choses que Hugo lui avait procurées, ce quelqu'un avait lui réussi à lui donner l'impression de tout comprendre, de tout partager, de ne pas attendre d'elle qu'elle sourie quand elle avait envie de broyer du noir, de ne pas attendre d'elle qu'elle aie envie d'être comme une fleur dans un champs de fleurs alors qu'elle se sentait feuille, qui avait réussi à la faire vibrer au plus profond d'elle-même.

La culpabilité la rongeait, non pas d'avoir fait un geste, dit une parole, ou quoi que ce soit de ce genre... la culpabilité d'avoir ressenti quelque chose de si troublant.

Mais choisit-on nos sensations? Choisit-on nos sentiments? Choisit-on de sentir ou non le vent sur notre visage lorsqu'il nous surprend au coin d'une rue? Non, biensûr que non!

Plus tard, certains diraient sans doute qu'elle l'avait cherché, ou que lui avait tout mis en oeuvre pour arriver à ses fins, que tous deux avaient passé du bon temps pendant que Hugo se battait entre la vie et la mort, mais rien de tout cela n'était vrai.

Elle savait que depuis plusieurs nuits, elle lui repprochait son attitude dans la Cathédrale, elle lui en voulait énormément même, et que lui comme elle avaient lutté et luttaient encore sans se le dire contre cette vague qui voulait les emporter côte à côte, par respect pour Hugo, mais aussi parce qu'elle aimait hugo, qu'elle avait peur que son absence pour le moment ne permette justement à des sentiments anodins envers un autre de prendre plus d'ampleur, à cause de la peur, à cause de la solitude.

Par contre, elle savait aussi que dès que Hugo apprendrait les moments qu'ils avaient passés ensemble, il ne comprendrait pas, il les lui repprocherait... Elle se rappelait d'une remarque qu'il lui avait faite à Saint-Aignan au sujet d'une lettre qu'elle avait envoyée ou reçue, elle ne savait plus très bien, de cet autre.

La culpabilité, c'est atroce, ça vous ronge de l'intérieur, ça vous brûle, vous donne l'envie de disparaitre sous terre... Et pire encore quand certains regards semblent la pointer du doigt. Mais peut-on s'en vouloir de ne pas être dénuée de sentiments? D'avoir croisé deux personnes qui, différemment biensûr, vous donnent envie de les aimer plus que de raison?

Si l'était bien une chose que Terwagne ne voulait pas, c'était faire soufrir quelqu'un plus que nécessaire. Elle ne voulait pas mentir à Hugo, le tromper en lui cachant la vérité, le trahir dans sa confiance... Oui, pour elle c'était cela la plus important.

Aussi avait-elle pris la décision de ne pas mentir à Hugo lorsqu'il irait enfin mieux, de tout lui dire de ces rencontres mais aussi que non, elle n'avait pas l'intention de dire à celui qui l'avait aidée toute cette semaine que sa présence n'était plus souhaitée, qu'il pouvait retourner de là où il venait, qu'elle n'avait plus besoin de lui.

Elle ne mentirait pas, par respect pour Hugo!

Elle arriva dans la salle d'attente au moment où dame Mentaig annonçait au Duc qu'il pouvait aller voir son cousin quelques minutes.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 18:17

Mentaig

Un mouvement furtif, perçu du coin de l'oeil. Une silhouette repoussait discrètement la porte.

Mentaïg reconnut aussitôt Terwagne. Elle était donc revenue.

Gallup, je suis désolée, je n'ai pas eu le temps de vous parler jusqu'à présent. Qu'a-t-on fait de l'assassin ? A-t-il parlé ? Qui est derrière tout ça ?


Parler à Terwagne ? L'ignorer ? Mentaïg balança quelques secondes. Mais il n'était pas dans ses habitudes de tergiverser longtemps. Elle lança un long regard à la jeune femme, qui prenait place dans un angle sombre.

Excusez-moi quelques secondes, lieutenant.


Mentaïg s'approcha de Terwagne. Elle ne prit pas la peine de contrôler le timbre de sa voix. La fatigue lui en ôtait toute envie. Et puis...

Messire Cornedrue vous a réclamée. Vous pourrez le voir, si vous le souhaitez, après Sa Grasce.


Le ton était sec. Mentaïg le savait.

Peu me chaut...


Elle ressentit au creux de l'estomac la douleur familière, cette pointe de feu qui lui donnait envie de mourir chaque fois qu'elle laissait l'image de HdB affleurer. Elle savait qu'elle était élue, que rares étaient ceux qui, comme elle, auraient jamais la chance de rencontrer l'être avec qui ils seraient, dès l'abord, en parfaite fusion. Elle savait cela. Mais sa droiture, décuplée par les épreuves vécues trois ans auparavant, rechignait toujours à accepter en la matière toute forme de compromission. C'était un sujet pour lequel elle n'avait pas encore appris la compassion. Cela viendrait peut-être plus tard, avec l'âge, si la vie cessait de lui jouer de mauvais tours.

Pour le quart d'heure, Terwagne en faisait les frais, sans que Mentaïg y trouvât rien à se reprocher. Dure ? Froide ? On le disait dans son dos, et elle n'en avait cure. Rares étaient - et seraient - ceux qui en connaissaient les raisons. Elle n'était pas du genre à s'épancher dans le giron de n'importe qui, pas même de ses amis les plus proches. HdB savait, d'autres peut-être avaient deviné, c'était suffisant.

En un geste familier, sa main vint frotter son bras gauche, à travers la manche de sa chemise, comme pour effacer la cicatrice qui s'y trouvait. Elle en prit conscience et cessa aussitôt. Avec une sèche inclinaison de tête à l'adresse de Terwagne, elle revint à Gallup.

Vous avez votre idée, lieutenant ?


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Simon Gallup

Ah ...

heu... oui, pardon.... Une idée ? et bien.... je ne sais pas... si c'est un garçon, on l'appellera Hugo, c'est sur...


si c'est une fille, et bien... j'ai quelques idées qui ont à être négociées de mots fermes avec la maman !

Mais ... pourquoi vous me regardez comme ca ? qu'ai je dis ?

Aaaaaah !! vous parlez de l'enquête... à vrai dire, je me suis contenter de remettre l'Hugicide à notre bon bourrel, Augustin Fleur.


A l'heure qu'il est, le gredin doit mariner dans un cul de basse fosse.

Pour ce qui en est d'investiger plus avant, je vous rappelle que le drame s'est produit à Bourges, donc je ne suis pas habilité ou mandaté pour enquêter plus loin.

On se contente ici d'assurer votre protection dans le mesure de nos ( faibles ) moyens.


D'ailleurs, je pense que le prévôt en personne a été misionné par le duc pour enquêter.


Et je ne sais si il y a eu interrogatoire, pour l'heure.


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Terwagne

"Vous pourrez le voir, si vous le souhaitez"...
Comment ça, si elle le souhaitait? Mais biensûr qu'elle souhaitait le voir? Biensûr qu'elle était inquiète pour lui! Biensûr qu'elle tremblait! Biensûr que...

Tout à coup, elle eut l'envie folle que la terre se fissure et l'engoufre.

Ce regard, ce ton, comme si déja Dame Mentaig l'accusait de ne plus rien en avoir à faire de Hugo! Comme si elle la jugeait, la condamnait d'avance, alors qu'elle n'avait rien fait, juste aller prendre l'air, juste souffler un peu, juste parler avec Maleus.

Que croyait-elle? Qu'elle aimait cette situation? Que tout à coup Hugo n'avait plus d'importance?

Elle tenta de trouver la force de répondre, mais sa voix ne parvint pas à pronnoncer plus de quatre mots.

Je vais attendre, oui.


-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Simon Gallup

Simon avait remarqué le ton sec de Mentaig.

Mentaig est Mentaig....

Peut être que les gens en voudrait à Terwagne, mais pas lui. Il sait bien que les choses du coeur ne se commandent pas.

Il était par contre assez triste pour elle.

Elle a avant tout besoin de stabilité, après tout ces événements sentimentaux, ces déceptions, accidents... et c'est la nature de Maleus qui l'inquiète.

Charmant, agréable garçon, mais si versatile !

Capable de passer du bonheur au désespoir en moins de temps qu'il ne faut pour y penser, de vouloir en finir avec la vie tout les quatre matins, ou de tout quitter au moindre doute, au moindre reproche ou regret. Et Gallup le considérait surtout comme quelqu'un qui va rarement au bout de ses actions, et c'est justement ce dont Terwagne avait le moins besoin.

Et cette rivalité d'écolier entre Hugo et Maleus... qu'elle se porte encore une fois sur le terrain sentimental... piètre champ de bataille qui fait toujours d'innocentes victimes... Gallup chassa cette idée et demanda à prendre congé. Il lui fallait songer à sa famille en priorité.

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Ysabeau

Ysabeau sortit de la salle de soins, où l'on n'avait plus besoin d'elle en ce moment. Hugo et Valatar s'entretenaient, elle voulait laisser les cousins seuls.

Terwagne était revenue. Elle vit bien à son air qu'elle ne se sentait pas tout à fait à son aise.

Il lui revint de vieux souvenirs... De vieux souvenirs, Hugo abandonnant sa fiancée Saya pour Maryan, puis Maryan délaissant Hugo, puis... Valatar délaissant Misé pour... encore pour Maryan... la ronde des sentiments, la ronde des amours, fragiles.

Elle avait du mal à comprendre, mais elle savait une chose. On n'est point maître de ses sentiments. On n'est point maître de ce qu'on éprouve. Nonobstant la souffrance que l'on peut causer, il vaut mieux laisser parler son coeur que de s'entêter à prolonger ce qui n'est plus, ce qui a changé.

Elle se souvenait... d'autres choses, de ce qu'elle avait vécu.

Elle sourit à Terwagne, s'assit un instant à côté d'elle.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Mentaig

Je vais attendre, oui.


Mentaïg entendit à peine les paroles de Terwagne.

heu... oui, pardon.... Une idée ? et bien.... je ne sais pas... si c'est un garçon, on l'appellera Hugo, c'est sur...

La jeune femme sourit... et se prit à espérer que l'enfant à naître soit un garçon.

Joli prénom, Gallup. Et si votre fils a les mêmes qualités que Messire Cornedrue, vous pourrez être fiers de lui, Amelia et vous.

On se contente ici d'assurer votre protection dans le mesure de nos ( faibles ) moyens.

D'ailleurs, je pense que le prévôt en personne a été misionné par le duc pour enquêter.

Et je ne sais si il y a eu interrogatoire, pour l'heure.


Sa protection ? Mentaïg haussa un sourcil. Sa protection, vraiment... Pour quoi faire ? Elle s'était toujours débrouillée seule, et n'imaginait à aucun moment traîner à ses basques quelqu'un qui la handicaperait dans tous ses mouvements. Elle ne releva pas, elle agirait, voilà tout.

Je sais bien, Gallup. Bourges n'est pas dans votre juridiction. Mais c'est votre sentiment personnel que je vous demandais. Pardonnez-moi, je ne vous retiens pas davantage. Nous en reparlerons quand votre fils sera né. Allez vite la retrouver.


Elle le regarda s'éloigner, heureuse pour lui. Un enfant... Si seulement ...

Ysabeau sortit de la salle de soins, où se trouvait encore Wandrian. Mentaïg crut qu'elle venait s'entretenir avec Saya de l'organisation de leurs tours de garde, mais elle alla s'asseoir près de Terwagne. Mentaïg hésita imperceptiblement à les rejoindre. Mais non, c'était inutile. Ysa avait une capacité de compassion qui lui faisait défaut, pour ces cas-là. C'est Mentaïg qui avait vu la panique dans le regard de Hugo à son réveil, quand il avait constaté qu'elle ne parlait pas de Terwagne. Pas Ysabeau. Elle haussa les épaules.

Dame Wandrian devait se trouver encore près de Hugo, elle ne l'avait pas vue sortir. Elle entra à son tour, suivie du Duc, et prit sa collègue à part, tandis que les deux cousins s'entretenaient.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: Au dispensaire St Roch (suite de l'investiture)   Lun 18 Fév 2008 - 18:20

valatar

Suivant Mentaïg, Valatar entra dans la salle de soins. Pendant qu'ils entraient, il lui prit le bras et lui dit tout bas

Mentaïg, je vous remercie infiniment. Vous avez sauvé mon cousin, et je vous en serai à jamais redevable. Merci à vous.

Puis il lui sourit avant de s'approcher d'Hugo, toujours alité au même endroit que lorsqu'il était venu lui parler quelques jours plus tôt. Mais cette fois, il avait les yeux entrouverts, et on pouvait voir que sa condition avait bien évolué. Pendant que Mentaïg et Wandrian devisaient dans un coin, Valatar prit la main de son cousin.

Hugo, c'est moi, Val', comment te sens-tu? Je n'ai pas beaucoup de temps, Mentaïg m'a demandé de faire court. Je suis tellement heureux de te voir sauvé! Par pitié, Hugo, ne refais plus ça. L'attente à été très longue et douloureuse à côté. Mentaïg, Wandrian et Ysabeau ont fait un travail phénoménal pour te guérir.


On pouvait voir que le duc était déboussolé, et que ses phrases s'enchaînaient sans cohérence.

Te souviens-tu au moins de ce qui s'est passé? Tu m'as sauvé la vie, Hugo! Merci, merci! Mais ne fais plus ça, hein! Terwagne est à côté, j'ai cru comprendre qu'elle viendrait te parler après moi. Il y a du monde qui s'est inquiété pour toi, tu sais! Presque tout le Berry, sauf les Juliani. Bizarre... Bref, Hugo, mon cher cousin! Ca fait plaisir de voir que tu vas mieux!


Et enfin, il laissa un espace à son cousin pour en placer une.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Hugoruth

Te souviens-tu au moins de ce qui s'est passé? Tu m'as sauvé la vie, Hugo! Merci, merci! Mais ne fais plus ça, hein! Terwagne est à côté, j'ai cru comprendre qu'elle viendrait te parler après moi. Il y a du monde qui s'est inquiété pour toi, tu sais! Presque tout le Berry, sauf les Juliani. Bizarre... Bref, Hugo, mon cher cousin! Ca fait plaisir de voir que tu vas mieux!


Un sourire sur le visage, son cousin était en vie et n'avait rien perdu de sa verve.

Je vais mieux, oui. Je remercie et remercierai encore tous ceux qui se sont inquiétés pour moi.


Il ne savait trop que dire. Son cousin comptait beaucoup pour lui, si l'assassinat se représentait, Hugo redonnerait sa vie pour lui, sans hésiter une seconde.

Ce qui compte, c'est que toi, tu sois en vie. Que la fonction ducale reste pérenne.

Il marqua une pause. Une légère douleur se faisait encore ressentir mais bientôt, il pourrait se lever et vaquer à ses occupations.

Je déteste l'inaction, vois-tu? Rester cloué ainsi au lit, ce n'est vraiment pas ma tasse de tisane. En plus, j'ai sûrement une masse de travail terrible qui m'attend, cela me donne encore plus de motivation. Je sera vite de retour, comme avant...


Comme avant ? Espérait-il vraiment effacer de la mémoire collective cet tentative de meurtre ? Il l'aurait voulu, car il n'avait rien d'un héros. Il avait agi comme un ami, sans penser à lui, comme souvent.

Des souvenirs de taverne à St Aignan lui revinrent en mémoire... Son cousin lui avait dit qu'elle était là, elle aussi. Il leva les yeux vers son cousin.

Elle est là, c'est bien ça que tu as dit? J'aimerais la voir... Sauf ton respect, j'ai hâte de la revoir...


Il savait que son cousin comprendrait. Il ne le chassait pas, il n'avait rien à lui cacher. Mais il éprouvait ce besoin de la revoir, de prendre la main de celle dont la vision lui avait donné la force de s'accrocher à la vie...

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