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 En quête d'une histoire perdue

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Ysabeau
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MessageSujet: En quête d'une histoire perdue   Jeu 12 Juin 2008 - 11:16

Adelphe Clément

[Polignac Bourbonnais Auvergne. Dans les paturages, en dehors de la ville]

Jehan !!! tu fais quoi encore ?


Maudit soit cet homme... toujours à me faire le railler.


Sortant de l'étable, le cheveu en bataille, un large sourire aux lèvres, l'oeil farceur, un homme à la chemise mauve et aux braies vertes.

Adel ? c'est toi ?


Qui veux-tu que ce soit ? Tu vois un mouton parler ici ? Bon alors ça arrive ?

Passant sa large main dans sa barbe, bougonnant un mot ou deux en faisant craquer ses phalanges

toujours après moi celui là, pfff

Pourtant j'avais cru entendre bêler !

laissant éclater un large rire profond.

Ca vient, ça vient

Jehan arriva sans presser le pas, outils dans une brouette. Il la posa doucement, puis s'approcha et passa lourdement la main dans les cheveux d'Adelphe, agenouillé et penché sur un ovin, l'ébouriffant à tout va, ce qui avait le don d'énerver son ami.

Ahhrrr ! t'en n'as pas marre non ?

lança t il avant de remettre ses cheveux en arrière d'un geste machinal et rapide tout en relevant la tête

Jehan se tenait à deux pas, les mai
ns en garde, bouche grande ouverte, basculant d'un pied sur l'autre.

Nan ! Allez, tu veux te battre ? Hein Hein ! Viens.

Adelphe lui lança un regard noir, avec un sourire en coin. Il lâcha l'animal; dans le même geste il pivota son corps en un large mouvement maladroit afin d'attraper la jambe de son accolyte avec sa main droite.

Jehan esquiva sans mal le mouvement avant de lui appuyer la tête de sa large main gauche; puis il se jeta sur le buste immobilisé, se retrouvant à califourchon sur le dos d'Adelphe. Ce dernier laissa échapper un râle avant de brouter l'herbe du champs.


Encore perdu ! décidément c'est trop facile ! large rire profond résonnant dans la plaine, avant de se relever en s'étirant de tout son long.

Adelphe s'essuya d'un large mouvement de bras l'herbe qu'il avait dans la bouche avant de cracher un peu de boue parterre. Son ami s'éloignait vers la brouette quand Adelphe prit une motte de terre, la tassant dans ses mains.

Hey ! Jehan ! t'es le plus fort !


Jehan se retourna grand sourire aux lèvres. Il vit Adelphe armer son bras et sans qu'il ait le temps de pouvoir comprendre, juste d'écarquiller ses grands yeux, il reçut la motte en pleine face, incapable d'esquiver. Il se retrouva cul par terre en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.


Et toi toujours aussi adroit !

Les deux amis laissèrent éclater leur fou rire avant de reprendre le travail.
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Jehan Lecourt

[Polignac. Un soir, au coin du feu allumé dans la petite masure, deux hommes devisent sur les événements de ces derniers jours]


Tu as des nouvelles de cette dame dont je t'ai parlé ?


Nan Adel.

Dommage ...

Pourquoi tu me reparles toujours d'elle ?

Je ne sais pas, j'aimais sa façon de jouer de son instrument. Et puis cette timidité... si (pause) sensible. Oui sensible est le mot...

Adelphe porta à sa bouche son pipeau, rejouant la mélodie entendue ce matin là en taverne.

Son ami le regardait jouer. Il admirait sa capacité à faire sortir des sons harmonieux de ce bout de bois. Il commença lui même à chantonner quelques paroles. Jehan, fort bien bâti, bien plus qu'Adelphe avait ce quelque chose de magique dans la voix. Elle était grave mais tellement suave. Jehan en avait usé et abusé pour séduire une ou deux damoiselles rencontrées dans les divers villages visités, mais lorsqu'il se retrouvait avec son ami, il quittait ce rôle pour juste s'abandonner à une fusion avec l'intrument qu'Adelphe tenait dans ses mains.

Puis s'interrompant brusquement.

Par contre, je pense qu'elle venait du Nord.

Adelphe s'interrompit à son tour

Pas du tout !! elle arrivait de l'est ! d'où tu tiens ça toi ?

Lui jetant un regard noir


Hoo, t'énerves pas, j'essaie de rendre service, voilà tout !

Il passa sa main dans sa chevelure. A ce geste, Adelphe avait toujours un frisson et ce pour deux raisons. Il ne supportait pas d'avoir lui même les cheveux en bataille et la deuxième est qu'en général il passait lui même sa main sur ses cheveux pour les remettre en place ce qui avait le don de déclencher l'envie de son ami de venir les lui décoiffer.

Alors que Jehan finissait de s'ébouriffer un peu plus, Adelphe se lissant le cheveu, les deux hommes croisèrent leurs regards, lisant dans les pensées de chacun. Puis un large rire se fit entendre dans la pièce.


Et bien, d'après la description que tu m'en as faite, une dame est passée par Murat il y a quelque temps, lors de mon dernier voyage, en direction du Nord.
C'est tout ce que j'ai à dire. Pourtant elle était pas brune mais blonde, et puis elle avait pas de voilette ! Elle avait l'air pressé et accompagnée.


Adelphe posa sa main, l'instrument à la main, sur ses genous, un profond dépit dans le regard.

Hum ! Jehan ...

Quoi ?

C'était pas elle ! hein ?

bah nan... large sourire aux lèvres

Alors pourquoi tu me dis qu'elle vient du Nord ?

Mais cette dame repartait en direction du Nord, j'ai pensé qu'elle en venait !

ajouta t il, fier de sa grande déduction

T'es imbécile ou quoi ? Tu me dis qu'elle était blonde, sans voilette et accompagnée ! Juste tout le contraire de ma description !

Hohooo, elle aurait pu ranger son instrument dans un baluchon que j'aurais pas vu. Alors comment je peux savoir moi ?

Jehan, t'es désespérant !


Alors que Jehan allait argumenter à nouveau, Adelphe remit son pipeau aux lèvres et recommença à jouer. Jehan referma la bouche, sachant que cela signifiait la fin de la conversation. Il se leva et alla faire chauffer de l'eau, tout en maugréant.

Tout en jouant, Adelphe observa son ami, le regard songeur. Puis il se remémorra ce qui lui était arrivé plusieurs semaines auparavant, puis à nouveau à la conversation avec son ami.

Les deux avaient une grande connivence. Adelphe savait que les propos de son ami, discordants de prime abord, trouvaient toujours une vérité lorsqu'il arrivait à assembler les morceaux.

Il s'était ouvert à Jehan de son expérience. Ce sentiment d'être un autre en lui même et de voir ce visage venu de souvenirs qui semblaient être ceux de cet autre.

Tout cela pouvait il être une simple coïncidence ?
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Adelphe Clément

[Polignac. Alors que le soleil était encore couché, Adelphe se leva et alla réveiller son ami.]

Jehan ! Jehan !! Lèves toi vite !

Hein ?!? L'homme se retourna, un oeil à peine ouvert ! La brebis a mise bas ??


Non ! Allez lèves toi !


L'homme referma l'oeil et se retourna sur sa couche emportant sa couverture pardessus lui et sur sa tête.

Bah alors pourquoi tu ... veux que ... je me ...

Adelphe fit demi tour se dirigeant vers la cuisine. Il remplit un brot d'eau qu'il se fit une joie de déverser sur son compère.

Cette fois-ci, Jehan fit un soubresaut et bondit hors de la paillasse. Adelphe eut juste le temps de passer sa main avec l'objet du délit derrière son dos.

Puis d'un air compatissant


Tu vois pourquoi il fallait te lever!


Jehan regarda le plafond, l'air dubitatif.


Fichue toiture ! grrrr...

Bon allez! lèves toi et viens par ici.

Jehan tira la couverture à lui et s'essuyant la tête laissa une coiffure des plus décoiffée sous le regard d'Adelphe.

Et puis peignes toi ! et enfiles tes braies.

Quoi ?

sachant la cause perdue, Adelphe enchaîna


Allez il faut que tu retournes à Murat.


Mais j'en viens !

Et bien tu y retournes...

Pourquoi?


je veux en savoir plus sur la dame que tu as vue là bas.

Mais je croyais que c'était pas la bonne ?


Essaies pas de comprendre
Trouves moi sa destination. Il faut que je lui parle !


Et bien tu as qu'a y aller toi là bas.


Et tu t'occuperas des moutons et du potager ?

Ah non, pas le potager !

Alors tu vas à Murat !


Bougonnant dans sa barbe


toujours pareil ...


Jehan, commences pas. Va là bas. Renseignes toi et informes moi. S'il te plaît. C'est important.


Jehan observa son ami


C'est important pour toi?

Oui, s'il te plaît.

Bon d'accord, je me mets en route, mais après avoir fait bonne ripaille. Murat est loin, tu le sais !

Oui, je le sais, je te chercherais des oeufs et un morceau de viande séchée, ainsi que deux miches de pain, avec de la chance, y aura du lait.

Les yeux de Jehan se mirent à briller à l'idée de pouvoir manger à sa faim. Il passa la langue sur les lèvres salivant d'avance.

Je vais me préparer !


Et peignes toi surtout !

Adelphe partit en quête du repas. Jehan se passa rapidement la tête sous l'eau, passa ses braies vertes, sa chemise mauve et enfila ses chausses vertes. Puis il se peigna, plaquant ses cheveux avec une raie au milieu avec une grande application. Il savait à l'avance l'effet escompté sur Adelphe.

A son retour, Adelphe prépara le baluchon. Pendant ce temps là, Jehan s'était occupé des moutons. Il revint à la chaumière, large sourire, humant la bonne odeur. Il fixa Adelphe.

Je suis prêt !


Adelphe se retourna et observa son ami, surtout sa chevelure.


D'accord, tu as gagné !

Jehan eut un petit rictus et se pressa de se décoiffer à nouveau. Il s'attabla tandis qu'Adelphe préparait les tâches de la journée.

Allez file ! et n'oublie pas le pigeon !

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Jeu 12 Juin 2008 - 11:18

Jehan Lecourt

[Quelque part entre Polignac et Murat]


Jehan était sur les chemins, comme à son habitude. Lui, il aimait les espaces, la nature, la comnunion avec les éléments.

Il s'était installé avec Adelphe depuis les débuts. Il l'avait suivi quand ce dernier avait décidé de quitter sa famille pour voler de ses propres ailes.

Jehan était un peu comme le fils adoptif de la famille Clément. Il se souvenait de la mère d'Adelphe. Une femme attentionnée envers ses enfants et lui-même. Lui qui courait à perdre halène dans les collines au dessus de Polignac! Il avait perdu ses parents très tôt. Coup du sort ! La famille d'Adelphe s'était occupé de lui et il avait trouvé en Adelphe un véritable frère. Et réciproquement. Toujours à faire les quatre cent coups entre eux deux ! Ils avaient le même âge, Adelphe était le benjamin de la famille. Il était un peu artiste. Jehan admirait ce trait en lui. Pourtant il n'était pas dépourvu de talent artistique, loin de là. Mais il ne le cultivait pas. Il était naturel, simplement.


Jehan était fort et brave, un peu simplet au regard de certains, mais d'une dévotion sans limite. Adelphe ne le jugeait pas, même s'il le raillait de temps à autre. Mais étrangement, Jehan appréciait cela, car il savait la profonde sincérité que lui vouait Adelphe.

Les trente lieues qui séparaient Polignac de Murat ne serait qu'une formalité pour lui. Il connaissait les chemins à travers bois.


Qu'il aimait ces chevauchées solitaires !


Bien sûr, il adorait s'occuper des moutons de leur élevage, plus que du potager, pour sûr! Mais toujours il aspirait à cette liberté. Dans les bois, il trouvait toujours pitence. Il pouvait y passer plusieurs jours sans problème.



[Murat]


Murat était visible à présent. Un jour et demi de marche. Jehan pouvait paraître benêt mais il était doué quand il s'agissait d'une mission qui lui était confiée. Sa naïveté était un atout et il savait en jouer.

De taverne en taverne, il glanait les informations qu'il lui fallait.

La dame avait fait appel à une agence d'escorte connue dans le BA sous le nom des Anges Protecteurs. Son instigateur était Death69, un homme bon aux dires des villageois. Malheureusement personne de l'agence n'était en ville.


Jehan apprit que l'escorte venait d'Aurillac. Mais nulle information quant à la destination précise de la dame... Il semblait qu'ils avaient traversé le village rapidement.

Il décida de sa propre initiative de poursuivre son périple jusque la ville d'Aurillac.


Citation :
Mon frère Adelphe,

Il est bien fait mention de notre dame passant par Murat escortée par un dénommé Death69 et sa compagne. Ils faisaient route depuis Aurillac, vraisemblablement, mais je ne connais pas leur destination, si ce n'est qu'il s'agit bien du Nord. Je poursuis mon instigation vers la dîte ville. Je suis certain d'en apprendre plus, là bas. Je serais absent plus longtemps que prévu. Mais je sais que tu ne m'en tiendras pas rigueur.

A te revoir bientôt.

Ton frère Jehan


Le pigeon s'envola vers Polignac, enfin l'espérait il...


Jehan était en route vers Aurillac

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Jeu 12 Juin 2008 - 11:21

Adelphe Clément

[Polignac, plusieurs semaines auparavant]


Adelphe était sur ses paturages. Il s'occupait comme à l'habitude de ces moutons. Quand en cette fin de journée, il lui vint une étrange sensation. Quelques jours auparavant, il avait rencontrée en taverne lors de son repas matinal une étrange présence qui déclencha en lui un drôle de sentiment.

des vents mauvais soufflaient du nord,
en d'autres lieux se tramait la mort.
une agitation palpable
venue me rappeler, improbable.

les ailes noires
de l'oiseau de mauvaise augure
se sont déployées ce soir
sur ma pale figure.

sans crier gare
un flot me submerge
né de ces berges
qui ont nourri mon imaginaire

quelle drole de sensation !
je suis bien vivant
mais tel une illusion
qui, à elle même, se ment.

est il possible que deux âmes séparées puissent à nouveau se réunir?
est il possible que par delà leurs errances
nous nous retrouvions comme dans ces souvenirs
qui ne sont pas les miens? démence !

ce sentiment qui m'envahit
maintenant sans répit
venu d'un autre pays
soudain me saisit

alors que j'ai fui
tu me suis
jusques ici
et me redonnes la vie

pour un temps, son sourire renaît
sous son voile, je reconnais chacun de ses traits.
de mes chaînes j'ai voulu te libérer
sans savoir que j'étais le prisonnier

de ce que d'aucun jamais ne comprendra
de ce que toujours je ne comprends pas
dans ce monde, je suis à toi
dans ce monde, tu es ma seule loi

et puis venu comme en écho

Traverser des terres brûlées
Vastes étendues sans limites
Avancer les yeux fermés
Car encore mon cœur palpite

Croiser le chemin des démons
Qui aiment à déposer entraves
Sauter par delà les ponts
Et du regret être l’esclave

Etre brûlée par le souvenir
Et chaque jour vouloir en finir
Je me regarde dans le miroir
Le reflet de mon autre pour unique mémoire

Vouloir retrouver le sel de la vie
Etre prête à en payer le prix
Alors quand la mort vient me chercher
Je la suis le cœur léger

Dans les limbes elle m’a déposée
Dans ce désert vide d’éternité
Comme un fantôme je me promène
A l’âme alourdie de ses chaînes

Sorti des brumes tu t’es avancé
Au-delà de la mort je t’ai retrouvé
Redonne-moi l’amour et le choix
Tout ce qui fait que l’on est roi

Arriverons nous à refaire le voyage
A marcher sur chemins aux frais ombrages
Ou nos âmes vaporeuses devront rester
Et bâtir sur un nuage notre destinée

et le jour suivant


Une fois encore à contre cœur sur mon visage
Je rabats la voilette pour te délivrer message
Reprendre ma vie sans consistance
Afin de ne troubler les convenances
J’aimerais tant pouvoir l’ôter
Et au grand jour notre amour dévoiler

Je quitte maintenant ce lieu pour retrouver mon toit
Cette terre qui m’a meurtrie mais où j’étais si près de toi
Combien de fois ai-je rêvé qu’au matin je me réveillais
Que tu étais là tout près, que sous ma fenêtre tu chantais
Ici un peu de moi je laisserais, près de ton âme je resterais
Le temps qu’il faudra pour qu’enfin tu puisses venir m’aimer

Je n’arrive pas à partir sans me retourner
Mes pas son lourds de devoir m’éloigner
Je voudrais croire que tu voudrais me suivre
Contre mon gré cette idée n’enivre
Notre amour n’a jamais été si fort
Nous avons trouvé le parfait accord
J’aimerais tant reprendre le tableau laissé en héritage
Et d’un geste léger y ajouter un personnage

Viens mon amour, viens….


Comprendrait il jamais cette expérience?


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Dernière édition par Ysabeau le Jeu 3 Juil 2008 - 9:53, édité 1 fois
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Ysabeau
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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Jeu 3 Juil 2008 - 9:53

Jehan Lecourt

[Sur le chemin de Aurillac]


Jehan n'était pas des plus mécontents de devoir pousser jusque Aurillac. Il connaissait par là bas petite auberge des plus sympatiques !

Et surtout y avait Olga la rousse, un tempérament de feu à l'image de ses cheveux ! Voilà qui lui suffisait à trouver toute taverne sympatique !


Quelle femme ! s'exclama t il, pour consoler un matin chagrin, réchauffer un coeur solitaire et voyageur.

Il entonna un hymne improvisé de sa superbe voix. Le silence se fit sur le chemin, puis petit à petit, les feuilles se mirent à frémisser. Les petits piafs reprenaient en choeur. Le gibier détalait en de lourds pas, pour une fois. Les trompettes coassaient au loin. la fanfare et le fanfaron allaient de bon pied entre Murat et Aurillac.

Il pressa le pas, une sensation étrange le saisit tout à coup, un sentiment de mal aise.

C'était toujours ainsi quand Jehan mettait plus de 40 lieues entre lui et Adelphe. Cela lui poussait sur la cage thoracique, il manquait d'air, il manquait de vivre près de son frère. Alors il fixait un coin de nature, assis sur un rocher ou sur n'importe quoi. Puis il visualisait ! Sa concentration était précise et imperturbable. Il lui fallait se connecter à son frère. Et il fallait que ce dernier lui réponde.


Adelphe ...



[Aux portes d'Aurillac]

Holà ! qui va là ?

C'est Lecourt ! salut à toi !

Passant son chemin

Heu... Salut.

L'attrapant par le bras

Jehan fixa la main sur sa chemise mauve. Elle était sale, la main.

Qui te permet de mettre tes noires pattes sur ma chemise mauve. Si j'avais voulu qu'elle soit noire, je l'aurais commandée en noir !
Bon maintenant il faut que je trouve à la laver ! Je vais pas pouvoir me présenter comme ça à Olga ! j'vous jure !


Machinalement, le garde enleva sa main, la retourna et observa la paume. Puis comme gêné, il la passa dans le dos avant de lancer du bout des lèvres un "Désolé"

Allons ce n'est rien, l'affaire est finie !

Jehan entra dans la ville sans autres formalités, large sourire aux lèvres, en quête de l'agence.
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Adelphe Clément

[Polignac sur le marché]

Comment ça mes peaux sont trop chères ?

Oui c'est trop cher !

Et qu'est ce que j'y peux moi ?

Ben, baisser le prix ?

Pourquoi?

parce que c'est trop cher, les gens se plaignent !

Y a 2 jours j'ai trouvé du cuir pour 1 écu et 30 deniers de moins que ton prix.

Adelphe prenait un malin plaisir à observer l'homme. Il restait assis, tandis que l'acheteur faisait de grands gestes. Adelphe passa la main sur le cheveu remettant en place ce qui n'avait pas à être remis en place. Il savait d'où venait ce cuir et il connaissait l'homme.

Dis moi le tisserand, tu me prends pour un imbécile, c'est ça? Hein ?

Interloqué.

Pourquoi ?

Je suis passé dans ta boutique hier. Beau travail, rien à y redire. Mais dis moi...

l'homme avait arrêté de s'agiter.


les peaux de la mairie servent à te financer une belle marge ! plus de 50 écus la journée de travail. Beau profit !

Si tu veux, t'as qu'à attendre l'aubaine venant de la mairie et cesser d'embouteiller mon étal ! Va par devant le maire pour lui demander plus de quantités, je suis sûr que chacun y trouvera son compte !

L'homme s'en fut sans demander son reste, gromellant.

Adelphe vendait ses peaux et sa laine à quelques autres acheteurs leur faisant petite remise pour la quantité.

Adelphe...


Assis sur sa chaise, il fut pris d'un étourdissement. Son frère l'appelait. Comment se pouvait il ? Murat était éloigné mais pas tant que ça... L'étourdissement fut amplifié par la crainte que quelque chose d'autre ne soit arrivé. Il se concentra alors, fermant les yeux, coudes sur les genoux.

Adelphe avait hâte de rentrer. Le pigeon était là. La bague à la patte contenait un message.
Il prit l'oiseau, le caressa sagement et le remit dans sa cage.

Adelphe parcourut le courrier rapidement. Les nouvelles étaient mitigées mais rassurantes. Il comprit son malaise et en fut apaisé.


Il se dit en lui même que Jehan à Aurillac était une aubaine. Son frère avait quelque affection pour ce village. Adelphe le savait bien. Il passait pas mal de temps là bas. Celà leur avait permis de mettre en place un pigeon entre les deux lieux. Jehan avait une petite demeure dans la campagne d'Aurillac. Son amour des animaux et des pigeons l'avaient amené à en dressé un. C'était leur lien quand ils étaient séparés.

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Jehan Lecourt


[Aurillac - Taverne]



Jehaaaann ! mon grand et brave Jehan !

la douce voix fit taire l'assemblée d'un coup, ayant pour conséquence de faire rougir notre grand gaillard.

Olga arborrait un large sourire, passant la main dans ses somptueuses boucles rousses, les laissant retomber sur ses fines épaules.


Olga la farouche !

Jehan enleva la dame dans ses bras et la fit tournoyer dans les airs dans un profond rire. La reposant, elle posa ses mains sur la large poitrine de l'homme, puis baissant la tête et sussurant


Tu m'as délaissée, vilain que tu es !

Adel a eu besoin d'aide aux champs. tu sais comment c'est.

Comment vas ton cher frère ?


Perturbé à la vérité. Il m'envoie à la recherche d'une dame qui n'est pas celle qu'il faut, mais il pense que cela le mènera à la découverte de ses étranges expériences...


Hoo, j'y comprends rien ! allez viens me voir que je te regarde !

Ils s'assirent dans un coin tranquille de la taverne, non sans que Jehan eut salué les personnes présentes.


Alors quelles sont les nouvelles ?


Comme à l'accoutumée mon grand vilain. J'attends toujours que mon prince charmant m'enlève sur son cheval blanc!


Olga partit dans un de ses rires qui faisait fondre Jehan.

Tu es venu en cheval dis moi, cette fois ?

Nan... avoua t il avec une pointe de dépit.

Olga détourna la tête de manière subtile, guettant la moindre réaction de Jehan.

Hummm... alors il me faudra attendre alors...

Jehan avait rencontré Olga lors de son premier voyage à Aurillac. Elle l'avait envoutée immédiatement. Il était raide amoureux de la dame rousse, et à ce qui se dit dans la ville, la farouche n'était pas insensible à l'homme et secrètement se réservait pour lui.

Ils discutèrent une bonne partie de l'après midi...


Mais il te faut rencontrer le tribun ! je crois qu'il s'agit de Zebracoq. Je ne le connais pas personnellement mais je suis certaine qu'il saura te renseigner. je t'indiquerais où le trouver mais à une condition ...

Ah oui?

Chante et ennivre moi, mon beau Jehan !

Jehan, les yeux brillants, entama le chant qu'il savait la faire vibrer.

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Adelphe Clément

[Polignac - dans la demeure d'Adelphe]

Adelphe prit la plume pour y informer son frère de ce qu'il convenait de faire.

Citation :
Mon cher frère,

Tout d'abord, passes le bonjour à cette chère Olga. Je suis sûr d'ailleurs que tu n'auras pas besoin de cet encouragement sachant que tu l'aura rencontrée en premier.

Mon frère, trouves les informations nécessaires à cette quête. Il me faut savoir. J'ai l'intime sentiment qu'il va nous falloir voyager. J'ai mis en vente le potager, ce qui ne te chagrinera point. Je gère l'étable mais il me faudra revendre l'affaire. Je me charge de trouver un cheval dont je suis sûr que tu sauras faire bon usage.

Fais le nécessaire pour moi, s'il te plaît.

je t'aime

ton frère Adelphe


Adelphe dépêcha le second pigeon et le libéra derechef.

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 9:54

zebracoq

[Aurillac - dans le bureau du Tribun]

Zebracoq était affairé à différentes tâches administratives. Les courriers s'entassaient sur son modeste bureau. Quelques pigeons rêvassaient sur le rebord de la fenêtre, picorant ça et là quelques miettes que Zebra avait eu la largesse de leur donner.

Un soleil resplendissant illuminait la ville malgré la froideur de la saison. Zebra se leva doucement pour aller se ravitailler. Quelques cuisses de poulets suffiraient à le faire tenir jusqu'au prochain repas.

Au mur était accroché le portrait de son épouse. Fixant de son regard la chaise de Zebra. La cloche de Notre Dame des Neiges retentit pour marquer l'heure de midi. Le repas approchait. Zebra se dépêcha d'enfourner les dernières cuisses de poulet. Il ne voulait surtout pas rater ce moment de la journée si important. Le déjeuner.

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Jehan Lecourt

[Aurillac - dans la ville et en bordure]

Le soleil pointait bas quand Jehan pensa à quitter Olga. Même cette dernière semblait vouloir faire tirer tard cette entrevue. Ses yeux pétillaient et captaient le regard de Jehan. Mais il fallait se résoudre.

Jehan pensait qu'il ne pouvait l'inviter dans sa masure tant qu'il ne l'aurait pas demandé suivant les convenances ou en l'enlevant. Et il ne pourrait s'exécuter tant qu'il n'aurait pas de cheval !

Les deux avaient marché jusqu'aux portes de la ville. Plus ils approchait, plus la petite moue d'Olga se faisait fripouille, ses tentatives insistantes pour franchir les portes avec Jehan.

Elle savait y faire, et n'importe qui aurait compris ses intentions. Mais pas Jehan ! C'est dans ces moments qu'on le disait benêt. Mais ce qui était décrié par les autres n'était pour lui qu'une droiture infaillible qu'il fallait tenir envers une dame, surtout quand elle portait si belles boucles rousses.

Jehan vit le pigeon. Il se hâta, le prit dans ses mains et le caressa sagement.

Ses yeux parcouraient le parchemin. Il s'arrêta sur la dernière ligne du paragraphe.

Il s'élança sur la couche. Il ne mangerait pas ce soir. Il lirait et relirait le courrier pensant à demain.


[Aurillac - Le jour suivant]

Encore une ou deux pistes à explorer n'ayant rien à voir avec l'agence. Jehan avait parcouru la ville sans succès. Adelphe serait déçu mais qu'y pouvait il !

En milieu de matinée, il alla au lavoir. Les femmes s'y trouvaient mais il en cherchant juste une seule. Le soleil brillait. Ce serait une belle journée.

Les cheveux relevés sur la tête laissant découvrir une nuque fragile se prolonger sur des épaules dont on devinait la douceur à travers la chemise.


Dis donc Lecourt !! viens pas m'la déranger la p'tiote !

La voix graveleuse le sortit de sa rêverie. Une femme imposante se tenait sur sa droite, les mains sur ses larges hanches, une pilosité avancée et le regard fermé.

Bonjour Mère Grand ! un large sourire. C'est qu'il allait falloir l'amadouer...

[...]

Viens par ici grand vilain ! Il va pas être loin de midi, on devrait trouver le tribun dans son bureau. Les deux cheminèrent, Olga à son bras, Jehan se tenait fier et droit, ce qui ne manquait pas de marquer encore plus leur différence de taille, elle posant son autre bras par dessus celui de son aîmé, la tête reposant sur son biceps.

Ah j'allais oublier ! sortant un gros saucisson de sa besace.

les yeux de Jehan se dilatèrent.


Tssss Tssss c'est pas pour toi ! Il va être midi et le tribun est à ce qu'on dit un gros mangeur...

Ils tocquèrent à la porte. Jehan s'ébouriffa les cheveux, Olga remit ses boucles en places, remis sa chemise en place et arrangea celle de Jehan.
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zebracoq

[Aurillac - dans le bureau du Tribun]

Il était temps pour Zebracoq de prendre le chemin de sa demeure pour la pause déjeuner. Il prit son mantel sur le bras. But un verre d'eau pour faire descendre les miettes de poulet dans son gosier. Puis referma la fenêtre. Les pigeons s'envolèrent soulevant une nuée de poussière dans la pièce. Zebra fut pris d'une quinte de toux.

On toqua à la porte. Qui pouvait bien venir à cette heure? Midi avait sonné. Les activités s'étaient arrêtées en ville. Plus rien ne comptait à présent que bien se restaurer. Le travail attendrait. Zebra bougonna. Serait-ce un indigent perdu? Ou bien sa soeur enfin revenue de Nîmes. Ou bien encore son épouse lui apportant de quoi aller pique niquer au bord de la Jordane.

Zebra n'était pas du genre à faire languir. Il reposa sa veste sur la chaise. Reprit sa respiration.


Entrez!
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Jehan Lecourt

[Aurillac - bureau du tribun]

Jehan ouvrit la porte laissant passer Olga. Il la referma derrière eux tout en se remémorrant ce qu'il avait à dire.
trouver une dame qui n'est pas celle qu'on cherche. Blonde mais qui est brune, sans apparat mais qui porte une voilette et surtout accompagnée de l'agence les Anges Protecteurs de Murat alors qu'elle devait être seule, sans instrument mais musicienne et surtout qui s'en allait vers le Nord alors qu'en provenance de l'Est.
Jehan hochait la tête à chaque détail, Olga le regardait. Les secondes s'écoulait sans que rien se passa.

Elle décida de prendre le saucisson des mains de Jehan, puis le présentant au tribun avec un large sourire.


Messire Tribun, je suis Olga travaillant pour la Mère Grand au lavoir et je vous présente mon ami Jehan qui se fait un plaisir de vous offrir ce saucisson.


Elle donna à Jehan un coup de coude bref et bien senti dans les côtes afin qu'il poursuive.

Hum Hum, Messire, mon frère Adelphe m'envoie depuis Polignac en quête d'une dame qui serait venue d'Aurillac ou de plus au sud et accompagnée du sieur Death de l'agence des Anges Protecteurs, partie il y a plusieurs jours en direction du Nord. Elle serait blonde et surtout est apparue à mon frère lors d'un étrange rêve.

Mon frère me presse de la retrouver afin qu'il puisse trouver explication à cette vision. Olga m'a dit que vous pourriez nous aider.


Jehan plongea son regard dans celui d'Olga qui lui sourit en retour. Puis il fixa l'homme assis à son bureau.

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 10:02

Adelphe Clément

[Quelques semaines auparavant - Polignac]

J'étais dans mes paturages, comme à l'accoutumée. Il faisait midi au soleil. Le temps était clair et froid. L'herbe était verte, les bois alentours se réveillaient sonnant la fin de l'hiver.

Quand le ciel s'obscurcit soudain, je pensais naturellement à un gros nuage.


Levant la tête, l'oiseau était immense, les ailes déployées. Les flammes m'entourèrent dans un effroyable cri.

j'étais là au milieu de la taverne, seul, enfin je le croyais. L'oiseau vint s'asseoir sous les traits d'une jeune femme timide et voilée, insaisissable mais si présente. La musique commença à jouer dans l'âtre. C'était l'hiver, il faisait froid mais une douce chaleur envahissait mon coeur.


ma douce et tendre dame

...

mon ange


...

la rivière coulait gelée au pied des flammes dansantes. La chaumière était abandonnée maintenant. le vide avait emplit l'espace. le temps s'était arrêté. Le bois était lourd et noir, lointain.

je remettais la mèche rebelle qui s'en cesse revenait à sa place. Son sourire était magique.

Les cris envahirent la place, arrogants, persifflards. Je mettais mes mains sur mes oreilles mais le bruit venait de l'intérieur. je tentais de crier plus fort pour me sortir de cet enfer.

Les étoiles brillaient. J'étais une parmi elles. Plus brillante que jamais. je surplombais le village. La vue s'obscurcissait. J'étais l'oiseau noir planant au dessus de la ville.


Elle avait le cheveu brun tandis que je contemplais sa blondeur. Son sourire était le même sous sa délicate voilette. j'étais fébrile tandis que la conversation se balançait sur le rythme de nos instruments.


Nous étions deux, nous nous aimions.

Les moutons étaient dans les paturages. Il faisait midi au soleil. Le temps était clair et froid. L'herbe était verte, les bois alentours se réveillaient, sonnant la fin de l'hiver.

Ces secrets devaient à jamais rester enfouis... jusqu'à ce qu'ils se révèlent enfin!
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zebracoq

[Aurillac - dans le bureau du Tribun]

Zebracoq était assis à son bureau quand il vit entrer dans la pièce un homme et une femme. Ils se postèrent devant lui. L’homme à la barbe bien taillée semblait rêvasser. Un faible hochement de tête lui donnait un air perturbé. Mais un détail attirait surtout le regard de Zebra. Un saucisson.

De fines mains agrippèrent le saucisson. Au bout de ces mains un visage lui souriait.


Messire Tribun, je suis Olga travaillant pour la Mère Grand au lavoir et je vous présente mon ami Jehan qui se fait un plaisir de vous offrir ce saucisson.

Zebra reçut le saucisson comme un présent. Voilà des personnes qui savent vivre se dit-il. Puis l’homme nommé Jehan sortit de sa torpeur apparente et prit la parole.


Hum Hum, Messire, mon frère Adelphe m'envoie depuis Polignac en quête d'une dame qui serait venue d'Aurillac ou de plus au sud et accompagnée du sieur Death de l'agence des Anges Protecteurs, partie il y a plusieurs jours en direction du Nord. Elle serait blonde et surtout est apparue à mon frère lors d'un étrange rêve.

Mon frère me presse de la retrouver afin qu'il puisse trouver explication à cette vision. Olga m'a dit que vous pourriez nous aider.

Zebra s’éclaircit la gorge avant de parler à son tour.

Tout d’abord Bienvenue à vous Nobles visiteurs. J’accepte avec fierté ce saucisson comme un présent de marque.

Je vous en prie, prenez des sièges.

Tout en parlant, Zebra sortit de sa poche un couteau afin couper quelques rondelles de saucisson qu’il déposa sur le rebord de son bureau.
Vous me parlez du Sieur Death que je connais très bien. C’est un homme valeureux. Et son mariage récent le rend encore plus respectable. Quand à la personne que vous recherchez, vous me faites une description très floue. Et me parlez de songes. J’espère qu’il n’y a aucune histoire de sorcellerie dans tout cela.

Zebra se signa, puis fit signe à ses hôtes de se servir.

Ma première réponse aurait été de citer le nom de sa jeune épouse. Dame Amarylis. Mais malheureusement elle n’est aucunement blonde.

Voilà une étrange requête.

Zebra se servit à son tour une rondelle qu’il avala comme un vulgaire petit pois. Il se leva et pris sur une de ses étagères le Registre des naissances.

Je suis prêt à vous aider, mais il va falloir m’en dire plus. Les Anges Protecteurs voyagent souvent. Escortant de nombreuses personnes. Et ce aux quatre coins du pays.

Zebra tournait les pages du registre avec le plus grand soin.

Vous me dites que cette dame serait éventuellement native d’Aurillac ? Elle doit certainement figurer dans ce registre. Et qu’elle serait repartie vers le Nord ? C’est vague.

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Jehan Lecourt

[Aurillac - Bureau du Tribun]

Tout d’abord Bienvenue à vous Nobles visiteurs. J’accepte avec fierté ce saucisson comme un présent de marque.

Je vous en prie, prenez des sièges.


Jehan tira la chaise et encouragea Olga à répondre à l'invitation avant de lui même s'exécuter avec un sourire aux lèvres.

Le regardant sortir son couteau pour officier sur la charcutaille, son sourire s'élargit de plus belle.


Olga observait tour à tour la pièce et l'homme assis derrière son bureau.

... Et me parlez de songes. J’espère qu’il n’y a aucune histoire de sorcellerie dans tout cela.

Olga fixa l'homme puis fixa Jehan dont le visage se figea un court instant.

Point de jet de sort, messire, juste un coup du sort qui semble sceller le destin de mon frère et m'envoie navré dans votre bureau.

La diction était contrôlée comme le lui avait appris Adelphe en présence de personnes importantes, et surtout quand ces derniers mentionnaient de près ou de loin la sorcellerie.


Vous me parlez du Sieur Death que je connais très bien...

le visage d'Olga s'éclaircit pensant qu'elle avait bien fait de mener son Jehan ici. Elle posa affectueusement sa main sur celle de Jehan qui écoutait attentivement.


Jehan sourit en faisant un signe de négation poli en direction des tranches de saucisson. il se souvenait de ce qu'Adelphe lui avait dit et ce qu'il avait vu à Murat.

son esprit, néanmoins, se concentrait sur une autre conversation ...

[...]

... Jehan, ne regarde donc pas dans les registres des moutons, tu sais bien qu'il n'est pas à jour ...

Les images défilèrent par sacade

des chevaux arrivaient en ordre en ville. Un homme, deux dames ... regard apeuré, scrutant les alentours, blondeur cachée sous une capuche.

des flashs, des zooms répétés sur la dame.


... ne traînons pas ici... norf! ...

leurs regards se croisèrent furtivement, Jehan fut happé quelques secondes et ressortit troublé, troublé par la peur de ce qu'il y avait vu.

[...]

Lorsque le tribun parla de registre de naissance, il manqua de s'étrangler. Il se leva et posa sa main sur le livre avant qu'il ne fut ouvert.


Attendez! cela me revient.

Une dame distinguée d'un âge sorti de l'adolescence, apeurée, apeurée d'être observée et pressée surtout. Une grande anxiété !

et puis ce mot "norf" ou quelque chose d'approchant. des mots cachés, mais bien articulés à l'attention de son esc
orte.

Il maintenait toujours sa main sur le livre.

... ne regarde donc pas dans le registre des moutons, tu sais bien ...


Jehan s'aperçut de sa posture et se rassit calmement en présentant son large sourire à l'homme.

Je ne saurais pas vous en dire plus, messire Tribun.

Il posa son regard suspendu aux lèvres de l'homme.

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 10:16

Adelphe Clément

Hey ! Hohe !

pas de réponse.

tu fais quoi ici?

Des yeux se levèrent en sa direction, vides d'expression mais embués de larmes.

pourquoi t'es triste ?

Adelphe ! Adelphe !

Martin, descends le chemin jusque la grand route!


Oui mère

la voix se fît insistante

Clothilde, remontes à l'orée du bois à la rencontre de ton père, la nuit va tomber, dépêches toi, s'il te plaît.

Bien mère.

j'devrais pas être ici, et toi non plus. t'es seul?

toujours pas de réponse.

j'peux m'asseoir près de toi?

l'autre restait prostré. Assis, les mains rouges posées sur les genoux en tailleur, paumes vers le haut.

j'm'appelle Adelphe, et toi?

Dans le contre bas de la route, une charette gisait sur le travers. Le cheval s'était enfui.

Adelphe posa sa main sur l'épaule de l'autre garçon.

Tu as froid ! prends mon manteau.

Et toi tu fais quoi ici?


j'habite plus haut, dans cette direction. Se retournant et pointant le haut du chemin.


moi c'est Jehan.

Salut Jehan ! Adelphe fils de Clément.

Lui présentant sa main comme il avait vu faire son père quand il rencontrait une personne.

Jehan lui tendit la sienne en réponse.

Son grand fils quelques foulées devant, la mère courait retroussant sa robe de ses mains.

Adelphe ! Adelphe !

je suis sûr qu'il est encore au bord de la route, pestait elle à haute voix. Que n'ais je pas été plus attentive !

Viens Jehan, faut pas rester là, c'est dangereux près d'la route, me répète ma mère, la nuit va tomber son grand manteau sombre sur la campagne

Il aidait le garçon à se lever quand il entendit son nom au loin.

OhOh, on me cherche, viens vite!

Obéissant comme un automate, le jeune garçon se mit sur ses jambes.

Mère! Mère! je suis là !

Martin arrivait en vue des deux. Il entendit l'appel de son jeune frère. Il se précipita auprès de lui.

Adelphe, tu es encore venu près de la route ! Tu vas entendre parler du ...

Ne me grondes pas Martin, je suis avec Jehan, il est seul et il a froid. Je lui ai donné mon manteau.

Martin serra son frère dans ses bras, enlaçant le jeune Jehan avec.

Clothide avait intercepté son père revenant du bois conduisant la cariole familiale.

Clothide ?


Père, Mère m'envoie vous quérir d'urgence. Adelphe a encore disparu. Elle craint qu'il ne soit parti vers la grand route !

Ce gamin n'aura donc de cesse de faire tourner en bourrique sa pauvre mère ! Montes vite.

Hue, Hue. L'attelage filait à présent à grand train.

Constance, quelques secondes plus tard arriva essouflée en vue du petit groupe. Elle examina machinalement les alentours. Elle savait les chemins peu sûrs et aborrait que le plus jeune de ses fils lui désobéisse.

Elle aperçut la cariole. Une masse sombre à côté. Son coeur s'emballa. Cependant qu'elle approchait, son regard balayait la scène. Un corps tout près! Personne d'autres.


Adelphe ! Adelphe !

Le jour disparaîtrait bientôt. Elle serra son enfant dans ses bras.

Chuchottant à son plus grand fils.

Va regarder cette cariolle là bas et fais attention.


Oh Adelphe, mon fils!

Je vais bien Mère, ne vous inquiétez pas pour moi.

Si justement, je m'inquiète ! Le serrant plus fort dans ses bras.

Clément arrivait enfin.

Martin constata la présence de deux corps inertes. Il recula d'un pas.


[...]

Les corps furent enterrés comme il se devait. Jehan fut recueilli.


On sera frère pour toujours Jehan.

Pour toujours Adelphe.[/i]



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zebracoq

[Aurillac - dans le bureau du Tribun]

Zebracoq s’apprêtait à tourner une à une les pages de son registre à la recherche d’indices. Une jeune femme…blonde…partie en direction du nord….pff….comment trouver ? Quand tout d’un coup le dénommé Jehan posa sa main sur le livre des naissances.

Attendez! Cela me revient.

Une dame distinguée d'un âge sorti de l'adolescence, apeurée, apeurée d'être observée et pressée surtout. Une grande anxiété !

Et puis ce mot "norf" ou quelque chose d'approchant. Des mots cachés, mais bien articulés à l'attention de son escorte.


Zebra ouvrit de grands yeux. L’empressement du jeune homme si raffiné jusqu’à présent le surprit.

Jehan, l’air gêné, retira lentement sa main du registre puis se rassit sur sa chaise. Déployant un large sourire.

Je ne saurais pas vous en dire plus, messire Tribun.

Zebra jeta un œil sur son registre pour voir si celui-ci avait subi quelque dégât sous l’effet de surprise. Rien. Il était intact. Puis il prit une longue respiration avant de s’exprimer à son tour. Un déclic semblait avoir germé dans son esprit.

"Norf" vous dites? Cette expression sans aucun doute n’est pas courante. Je crois me souvenir en effet de l’avoir entendu récemment. Et dans la bouche d’une jeune femme à l’allure gracieuse.

Quand à me souvenir de son nom. Ne sauriez-vous m’aider encore ? Il y a du Fly dans son nom il me semble. Batfly ?....Non ce n’est pas cela. En effet elle a pris la direction du Berry. J’en suis certain à présent. Sancerre je crois, mais je peux me tromper.


Oh, quel est donc son nom ? MissFly…Non plus….AceFly ? Oui c’est cela ! Ace….Non ! IceFly !

Il suffirait de vérifier.


Zebra ouvrit son livre.

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Jehan Lecourt

[Aurillac - bureau du tribun]

l'air gêné, Jehan écoutait Zebracoq attentivement.

Berry .. Sancerre .. Icefly ..

Il ne sourcilla à aucune de ces informations.


Jehan se pencha vers Olga. chuchotant en aparte.

Olga ma farouche, je crois que ma prochaine direction sera le Berry.


Cette fois, je le sens pas du tout ce voyage!

Le Berry ? On entend des bruits de guerre un peu partout! Ohh, Jehan, Est ce bien raisonnable?

Adelphe est tout sauf raisonnable en ce moment. Mais il a su me faire surprise que tu ne tarderas pas à découvrir.


Alors que le tribun avait ouvert son registre

Messire tribun, ces informations sont plus qu'inespérées.

Se levant, invitant Olga à l'imiter.

Oh mais le temps passe et nous vous privons de déjeuner ! Comment vous remercier ?

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zebracoq

[Aurillac - dans le bureau du Tribun]

Zebra, plongé dans son registre, sentait son ventre gargouiller.

Messire tribun, ces informations sont plus qu'inespérées.

L'homme barbu s'était levé, faisant signe à sa voisine d'en faire autant.

Oh mais le temps passe et nous vous privons de déjeuner ! Comment vous remercier ?

Zebra se leva à son tour. Un sourire aux lèvres.

Mais vous l'avez déjà fait en m'offrant ce si bon saucisson.

Il prit deux rondelles qu'il enfourna aussi sec sans prendre le temps de mâcher.

Je vous souhaite une bonne continuation. Et si vous voulez quoi que ce soit, n'hésitez surtout pas. Je répondrais présent.


Zebra ouvrit la porte.

Vous retrouverez le chemin je pense. Bien le bonsoir.

Il restait encore suffisamment de temps pour se rendre chez lui et profiter d'un moment de repos bien mérité autour d'une large assiette. Il prit soigneusement le saucisson sur son bureau, histoire de casser la croute en chemin. Mieux valait prévoir. Une fringale était si vite arrivée.


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Jehan Lecourt

Jehan salua l'homme. Olga l'imita en lui souriant.

Merci encore à vous messire Tribun de votre précieuse aide.


Les deux saluèrent l'homme avant de disparaître dans l'embrasure de la porte.

[Sur un banc - place publique d'Aurillac]

En es tu sûre ?


Oui Jehan.

il déposa un baiser sur le front de la jeune femme.

Alors tiens toi prête, je te donne ma clé. d'ici quelques jours, passe vérifier si mon pigeon est revenu. Il aura alors message pour toi.

Nous partons vers une grande aventure, bientôt.


Jehan quitta Aurillac en début d'après midi. Il lui faudra plusieurs journées pour rallier Polignac et annoncer la nouvelle à Adelphe. Il avait pris soin d'emmener son pigeon, ces volatiles ne connaissant qu'un aller ...

Coupant travers bois, il évitait les grandes routes, il en était toujours ainsi pour lui.


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Adelphe Clément

[Polignac]

le matin était calme au clair obscur, propice à reproduire la prochaine routine de la journée écoulée, encore et toujours.


plop ... plop ... plip ... plop ... splash

la goutte anonyme tombait se calinant au creux de la ramure, elle se roulait sur elle même, lassive. Puis au bord du précipice, elle prenait un temps, hésitante. Elle était fragile et si belle en cet instant, innocence se laissant admirer sous tous ses angles. Elle s'étirait, était elle perclue de doute? Elle devait tomber, elle ne le savait pas. L'appel d'une force qui faisait que les choses tombaient serait le plus fort, mais elle aimait remettre en doute toutes les certitudes, juste le temps d'un soupire, celui qui fait qu'on voudrait que le temps s'arrête pour encore contempler cette merveille.


la goutte se déchira laissant une infime partie d'elle même sur la feuille. Elle était identique apparemment et parfaitement différente. la goutte s'écrasa sur le sol.

une autre goutte promise au même dessein arrivait maintenant sur la ramure. Elle se comporta à l'identique. Elle était tout aussi identiquement magnifique.

Les gouttes se suivaient, imperturbables.

Pourtant cette fois ci, cette goutte, celle là et pas une autre, ne s'écrasa pas au sol. Elle plongea dans la flaque que les autres avant elle avait contribué à former. Celle là était encore plus troublante.


La suivante à nouveau devait connaître le même nouveau sort, mais il en fut autrement. Un vent léger agita la ramure. La goutte coulait lassive, elle n'eut pas le temps de l'hésitation. Elle fut propulsée un peu plus loin, s'écrasant à nouveau sur le sol.

Alors il se forma une autre petite flaque, puis se faisant, les flaques se regroupèrent pour faire une plus large flaque, la même identiquement différente.

la flaque s'étirait, lassive sur le bord du chemin. Elle n'était ni belle ni laide. Elle était, voilà tout. Elle semblait se contenir; parfois, une goutte retrouvait sa liberté pour de nouveau s'enfermer dans une autre flaque.


Les flaques se révoltèrent sans qu'on sut définir l'instant précis ni pourquoi d'ailleurs. Elles devenaient ruissellement joyeux. Insouscience d'une liberté recouvrée. Courant sans cesse, il grondait et devenait furieux. il s'en émanait une force admirable. Il avait trouvé une expression. La goutte anonyme avait su donner du sens à mon existence.

chaque goutte avait su captiver mon attention. mais celle qui resterait la plus belle dans ma mémoire serait celle-là qui avait déclenché l'émotion en moi.

J'aurais voulu faire en sorte d'arrêter le temps pour la découvrir plus encore, trouver chaque détail en elle qui emplifierait cette émotion. Mais alors je serais immanquablement passé à côté de son expression qui l'avait rendue magnifiquement unique, cette anonyme rencontrée au hasard d'un matin calme que j'avais reconnue dans la tourmente des flots de sentiments qui m'envahissait en sa présence.

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 10:25

Icefly

La nuit déployait son grand manteau sur Sancerre. Après une journée passée dans la campagne environnante à fouiller chaque buisson, chaque bordure de haie à la recherche de quelques morilles, Ice avait raccompagné Maybee qu’elle avait enlevée le matin à Noirlac au grand soulagement des moines qui semblait apprécier l’absence de la jeune dame.

Un peu fourbue, Ice se prépara une tisane et alla s’asseoir sur les marches du perron afin de contempler un peu les étoiles qu’aucun voile nuageux ne venait dissimuler. La tasse entre les mains lui apportant un peu de chaleur, Ice se cala dos à la porte et releva les yeux. Instinctivement son regard se porta sur une étoile qui brillait plus que les autres. Un rapide coup d’œil sur sa position par rapport aux petits diamants lui luisaient à ses côtés lui permis de se convaincre qu’il s’agissait bien de son étoile, de leur étoile, Léice. Etrangement jamais auparavant son feu n’avait été aussi intense. Elle clignotait passant du blanc au bleu sur un rythme régulier comme les battements d’un cœur. Mais comment cela pouvait-il être possible ? Elle semblait grossir, se rapprocher, prête à se décrocher du ciel.

Ice posa sa tasse sur la marche et se leva faisant quelques pas en avant très troublée par ce phénomène. Etait-il possible que l’âme que Léice enfermait ait un message à lui transmettre ? Sans même le vouloir, Ice tendit les bras vers le ciel, rassemblant ses mains en coupole comme pour recevoir ce cœur palpitant de lumière. Il était là, elle le sentait si proche, la baignant de sa lueur douce et apaisante. Des mots résonnaient dans sa tête, des mots que seule elle pouvait entendre, des mots que seul il aurait pu lui dire. Un appel, une invitation à entrer en communion. Ice sentait doucement, lentement cette lumière la réchauffer, l’emplir de vie. Elle n’était pas seule en ce soir magique sur la placette. Il était là, revenu pour lui délivrer un message, un message d’espoir.

Plus que quelques pas ma douce et tendre Ice, plus que quelques pas et le tunnel sombre qui nous sépare s’effacera bientôt. Plus que quelques pas ma toute douce avant que le corps qui enferme mon âme ne vous rejoigne

La lune reflétait ses rayons sur les cheveux dorés de Ice, deux perles liquides descendaient lentement sur ses joues. Les lèvres entrouvertes, Ice laissait échapper un murmure en écho.

Plus que quelques pas mon ange. Venez, venez mon amour, prenez ma main et venez me rejoindre.

Ice resta dans le froid de la nuit, dans la chaleur de leur rencontre jusqu’à ce que les étoiles disparaissent une à une. Quand Léice s’éteignit à son tour, Ice rentra au Havre et alluma un feu. Le jour avait une nouvelle lumière, le feu une nouvelle chaleur, la vie une nouvelle saveur.


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Adelphe Clément

[Polignac - fin de journée]

Jehan arriva sans encombre à Polignac. Il contempla la demeure, toujours son large sourire aux lèvres. Il déposa son pigeon dans le petit pigeonnier. Il y retrouva son compagnon.

Jehan poussa la porte.


Adel ? tu es là ? c'est moi !

Ah Jehan ! tu es revenu.

Les deux se firent chaleureuse et fraternelle accolade.

Débarrasse toi et viens prendre un bon repas et tu me raconteras tout. je suis impatient.

Adelphe ne mangeait pas, il se nourissait des paroles de son frère qui de toute façon avait faim pour deux.

Olga ... Zebracoq ... tribun ... Aurillac ... Berry ... Sancerre ... Icefly

Adelphe ne l'interrompit pas. Néanmoins, en entendant Berry puis Sancerre, il sursauta. Il se rappela les échanges avec son amie lointaine Dame Ysabeau, Ambassadrice Du Berry en Bourbonnais Auvergne. Il se leva précipitamment vers le petit bureau et y prit les courriers qu'il parcoura rapidement.

j'ai fait tout comme tu m'as dit et cela s'est plutôt pas mal passé, non ?

Adelphe ne répondit pas, juste un simple Oui Oui très évasif.

Il pointa le nom écrit sur le document : Icefly

Jehan profita de cette absence pour se concentrer sur la nourriture. Après tout il accomplit sa tâche et Adelphe semblait tout à fait satisfait.

Adelphe relut un peu plus avant.


elle parlait d'un ami, quel était son nom ! Ah voilà !

Adelphe s'assit sur sa chaise, les papiers dans les mains elles mêmes posées sur ses genoux.

Mais qu'est ce que tout cela peut il bien vouloir dire ?

Jehan avait fini. Il s'essuya la bouche et la barbe d'un revers de manche. Il passa sa main dans sa chevelure quand l'envie lui vint de faire de même avec celle d'Adelphe. Mais cela ne semblait vraiment pas le moment !

Adel, ce dont tu m'avais parlé ? tu as pu faire affaire ?

Oui Jehan, va voir dans l'enclos.

Jehan se leva rapidement pour se diriger dehors, laissant Adelphe dans ses pensées.


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Jehan Lecourt

[Polignac - quelques instants plus tard]

Jehan sortit sans plus se faire prier.

Il devient de plus en plus bizarre tout de même ...

Bien alors voyons voir cela !


Un cri, suivi de jurons pour le moins gentillets se firent entendre près de l'enclos ce qui eut pour effet de simplement faire sourire Adelphe. Ce dernier se leva, rangea les papiers dans le tiroir et alla regarder par la fenêtre. Puis il observa la scène. Il prit son manteau puis sortit à la rencontre de Jehan, essayant de se contenir, affichant à présent une figure juste contente.

Alors, pas mal hein ?

Mais ... Mais ... [...]

je comprends Jehan, tu trouves pas tes mots

Adel ! c'est un mulet !!!

oui je vois bien ! (contenant à présent plus que jamais un fou rire)

Mais Mais ... comment je vais aller enlever Olga sur ... sur un mulet !

pfff Jehan, tu n'auras donc jamais d'imagination !

tu avais parlé d'un cheval !

voilà que toi maintenant tu me reprends sur les mots. Il s'agissait d'une expression qualifiant une monture.

Jehan se retourna vers Adelphe, le regard noir et le sourire effacé. Il fulminait. Adelphe se cramponna sur ses appuis.

Observe la scène.
Adelphe, l'air sérieux plus que jamais à présent, faisant un large geste du bras regardant légèrement en l'air, Toi enlevant Olga montée telle une amazone sur ta monture, toi la guidant, à pieds, sur les chemins !!!

Il éclata de rire perdant de vue un instant son frère. Celui ci se jeta sur Adelphe le plaquant au sol et le tenant fermement.


Que veux tu que le monde admire sa beauté sur un destrier filant grande vitesse à travers la ville !
dernier argument avant de devoir avaler un peu d'herbe mêlée de terre.

Jehan relâcha un peu son étreinte. Son sourire reprit possession de son visage. Son regard se plongeait au lointain finissant sa course sur le mulet.

Et puis il a une belle robe qui ira bien avec ses cheveux ...

Ah tu vois! allez tu me remercieras plus tard !

Et pousses toi de sur moi ! T'es peut être court sur patte mais pas léger !

arf !

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Adelphe Clément

[Aux portes de Polignac]

Adelphe partit ce matin là vers montbrisson. Les champs avaient été vendus. Jehan parti vers Murat, il espérait retrouver son frère à la frontière entre le Bourbonnais Auvergne et le Berry.

En tout cas, tout avait été dit !

Adelphe marcherait vers le Berry à la recherche de de la solution à l'énigme qui se posait à lui...


Un groupe avait été formé. Deux hommes trois dames. Tous marchèrent dans une bonne ambiance, se rejoignant sur nombre de sujets.

Adelphe, chancun prenant ses marques, se rappelait un soir ...


Jehan finissait de rentrer les moutons à l'étable. Adelphe s'était
octroyé un repos qu'il jugeait bien mérité. Il était monté sur la
colline pour contempler les paysages. La lumière était douce en cette
fin de journée. Il avait fait la rencontre de cette étrange dame en
taverne quelques jours plutôt. Mais il n'y accordait pas plus
d'importance que cela. Pourtant en ce début de crépuscule il ne put
s'empêcher de se souvenir.

Lui qui chaque matin venait en taverne municipale profiter des
largesses du maire en place, ne rencontrait personne. Enfin personne
qu'il trouva intéressant pour entamer une conversation. Et puis cette
dame était apparue, presque furtive. En y repensant, il lui sembla
qu'elle l'attendait.
J
Adelphe, en y repensant, se demanda si elle était bien réelle.

Le soir était tombé. Le ciel était dégagé. Il regardait les étoiles, fascinantes compagnes depuis toujours pour lui. Il s'interrogeait sur leur présence. Depuis quelques jours, son regard se tournait inlassablement vers une qui semblait briller plus que de raison. Il ne saurait dire si cela venait de l'étoile en elle même ou bien de lui.


En tout cas, il se souvenait bien de ce qui s'était passé ce soir là.

Des mots lui vinrent non pas de l'extérieur mais bien de l'intérieur de sa tête. Il resta perplexe quelques instants. Il n'y avait aucune tradition de ce genre dans sa famille. Puis petit à petit, lui qui semblait avoir vocation à voyager, il se laissa entraîner à une discussion qui lui aurait valu le bûcher si cela s'était ébruité.

Adelphe aimait à manier le verbe. Sa mère fut en cela une bonne initiatrice. Il se mit à parler à cette étoile qui semblait l'interpeller.


Oh toi, astre céleste, diamant des cieux que je ne comprends pas. Aurais tu message à délivrer que tu brilles tant en ce soir commun de fin d'hiver ?

J'ai un message à te délivrer. Oui. Si tu veux bien l'entendre.

Adelphe resta subjugué. Son esprit devait lui jouer des tours, la fatigue sans doute, mais l'étoile semblait grossir et changer de couleur. Il en avait vu qui brillait certes, ou encore qui filaient mais là, c'était simplement extraordinaire. il était captivé.

Je te donne l'opportunité de comprendre, de répandre ce sentiment que d'aucun mettront une vie entière à atteindre. Mais il y aura une contrepartie.

Laquelle? murmura Adelphe déjà conquis.

Ce voyage t'emmènera par delà toute frontière aussi bien réelle qu'irréelle. Mais tu ne chercheras pas à comprendre ! jamais ! Tu chercheras simplement à te rappeler ce que tu vas voir ce soir.

Il hocha de la tête de manière solennelle, quand tes images lui pénétrèrent l'esprit. Il voyait un village tranquille qui n'était pas le sien. Il voyait des gens qui n'étaient pas ses voisins. Bribes de conversation, crépitement d'un feu de bois chaleureux dans un âtre bien heureux, il se sentait comme dans une bulle de coton. Un cocon serait le mot. doux et résistant à la fois.

Suis je maudit ?
Non, tu es bienheureux !

Les destins des compagnons de route étaient bien différents. Tandis que certains rejoignaient les troupes armées en des terres qui lui étaient inconnues pour des raisons tout aussi inconnues, Adelphe parcourait la campagne à la recherche de cette douceur révélée.

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 10:39

Adelphe Clément

[Polignac - Jehan]

A l'annonce du départ d'Adelphe, Jehan avait envoyé son pigeon vers Aurillac.


Citation :
Ma belle farouche,

Cette fois ça y est ! Rends toi à l'auberge que tu connais bien à Murat. Je t'y retrouverai.

A te revoir très bientôt

Jehan

Il pensa que la caravane entre les vergers d'Aurillac et les bois de Murat serait une façon sûre de voyager pour elle.

Après, il s'occuperait de tout.

Jehan partit de Polignac au petit matin du lendemain avec son attelage composé d'une petite cariole et du mulet..
.

[...]

[Dans la campagne en Bourbonnais Auvergne]

Adelphe avait trouvé un groupe de nobles pour voyager. Le départ était prévu pour ce jour. Il avait tout rangé, racheté de beaux habits qu'il prit soin de plier soigneusement dans sa malle avec quelques autres effets. Il lui fallait faire bonne impression quand il franchirait les portes du Berry.

Messire Tangarius mènerait la troupe composée de son épouse et de leur jeune enfant et de deux autres dames. Ils seraient donc cinq et demi, Adelphe étant le seul paysan.

L'homme était grand voyageur, il avait proposé à Adelphe de se joindre à eux jusqu'au Berry, leur chemin se séparant par la suite.

Adelphe avait saisi la bonne occasion. Et puis il aimait leur compagnie.

Une fois à Bourges, il se débrouillerait bien pour regagner son étape finale.


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Adelphe Clément

[Thiers et les joies de ses tavernes]

L'humeur était bonne bien qu'une vilaine fièvre prit dame Mimicracra à la fin de la première étape. Il fallait faire halte à Thiers et trouver une auberge.

Adelphe prit le temps de visiter le village. Première ville étrangère qu'il découvrait de sa courte vie.

La fin d'après midi rendant l'air plus vif, Il trouva refuge à l'auberge qui faisait aussi taverne. Il y avait de l'animation. Tangarius appelé familèrement Tang était assis à discuter avec des amis. Adelphe repéra une dame toute de blanche vêtue.


Voici la femme de ta vie, Adelphe ! lui lança Tang

de ma vie ? répliqua Adelphe

La jeune femme le fixa du regard. Adelphe se sentit juste mal à l'aise l'espace d'un court instant. Tang devait vouloir le faire marcher avec la complicité de son amie.

Viens par là ! invectiva la jeune femme. Elle était rousse, aux formes généreuses qu'on devinait sous sa tenue plus que légère pour la saison.

Adelphe sourit à Tang et se dit qu'il entrerait bien dans le jeu de son compagnon de route.


Et bien j'arrive
, répondit Adelphe l'air innocent. Sa chevelure au vent, elle l'entraîna hors de la taverne en le tirant par la main dans un rire pas vraiment des plus distingués.
Toujours sourire, Adelphe la suivit sans rien dire, la curiosité le piquant.

Aussitôt sortis, trouvant refuge dans une sorte de grange abandonnée, elle fit de la voix pour chasser les quelques gamins qui traînaient par ici.

Allez dehors, les gamins ! dehors !

Ils ne mousftèrent pas un instant et filèrent sans demander leur reste.
L'excitation d'Adelphe à ce mystère était à son comble.


Allez viens par ici ! lui souffla t elle. Sa voix avait changé, ainsi que son ton, se voulant plus docile.

Adelphe regarda autour de lui, ne comprenant pas bien ce qui se passait. Balançant la tête de droite à gauche, il avança lentement vers la créature, quand il se sentit happé litérallement. Il se retrouva au sol, les cuisses de la dame autour de sa taille.

Allez viens, viens je te dis. La voix était douce mais comme emprunte d'une malice non dissimulée.

Et bien comment vous y allez jeune demoiselle ! tentant de se défaire de l'emprise.

Hé mais n'voilà avec un timide ! hum ...

Adelphe recula d'un pas, il se trouvait maintenant dos contre un mur. Elle se remit sur ses pieds, releva sa jupe découvrant le haut de ses cuisses. Un effet de tête en avant la rendait maintenant pareille au diable, enfin des représentations des créatures qui l'accompagnaient, qu'adelphe en avait. Puis elle se jeta sur lui ou plutôt sur sa chemise qu'elle avait tôt fait d'arracher

Allez je brûle pour toi. Je suis toute à toi ! Fais ce que tu veux !

Adelphe trouvait les paroles assez crues. Le mot était bien choisi : cru !

Elle s'acharnait maintenant sur ses braies, ayant pris soin de baisser sa propre chemise laissant à présent apparaître le haut de sa poitrine plus que généreuse vue sous cet angle là, il fallait bien l'avouer.


Adelphe comprit en l'instant que Tang ne connaissait pas cette dame, ou plutôt que trop bien peut être, mais elle ne devait pas compter parmi ses amies...

Le fard lui montant aux joues, réalisant dans quel traquenard il se trouvait, le jeune homme se défit doucement mais fermement.

Il le savait pas quoi dire, ne s'étant jamais trouvé dans pareille situation !


Jeune demoiselle, quel entrain !
mais voyez, j'aurais aspiré à plus de douceur.
que pourtant votre chevelure faite de rousseur
m'aurait inspiré de folie un brin


La jeune femme remit chemise et jupons en place, puis pestant à tout va s'en retourna à la taverne.

Adelphe se rhabillait tant bien que mal se demandant quelle drôle de moeurs figuraient dans ce village.

La femme de ma vie ? d'une nuit voulait il dire !

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Jehan Lecourt

[Chemins de traverses - Entre Murat et Clermont]

Il fait froid. Que ne me prends tu dans tes bras?

l'attelage stoppa.Hooo, doucement !

Tiens mets cette couverture et viens près de moi. Bras musclé autour de frêles épaules. fines mains autour d'une large taille.

Ce n'était pas vraiment le destrier que j'avais imaginé , sourire taquin

oui je sais bien, mais tu le connais un peu. Il aime à jouer avec moi. sourire chagrin

enfin c'était surtout le cavalier que ... sourire complice

c'est gentil tout plein ça, sourire radieux

la campagne est belle. tout s'éveille en cette période de l'année. et je m'éveille aussi.

large sourire qui venait parfaire le tableau buccolique.

la cariole eut un hoquet sur la route pierreuse. Olga poussa un petit cri craintif, puis tapant du plat de la main le bras de Jehan

Hey , grand vilain ! n'auras tu pas pitié de mes fesses. Je les sais rebondies mais quand même !, regard perturbateur

Ou voudrais tu me faire basculer tête par dessus cul et me perdre à jamais dans cette contrée, me laissant à la merci des loups enragés guettant de la chair fraîche ? , regard inquisiteur

Jehan ne savait jamais si Olga plaisantait quand elle partait dans de grandes tirades de la sorte.

Il prit un air sérieux, murmurant du bout des lèvres


Dame rousse et farouche ! vos fesses sont bien là où elles sont et point trop rebondies. et comment voudriez vous basculer tête par dessus cul quand vous me serrez de la sorte au point que je ne puisse plus respirer ..., regard interrogateur

Vilain, vilain que tu es Jehan Lecourt! Et si tu me vouvoies encore, je te mords au sang !, regard saignant


Il savait que là elle ne plaisantait pas. Il embrassa sa lourde chevelure, regard amoureux

Nous arrivons bientôt à Clermont. sourires portés au loin par des regards posés sur l'horizon.



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Adelphe Clément

[Rencontre improbable ou démence avérée ?]

Adelphe ... Adelphe ... Réveilles toi !

Adelphe se sentait vaporeux. Il avait sombré d'un lourd coup sur la tête, et voici que son esprit lui jouait des tours. Etait ce la fin ?

Il sentit comme une douce chaleur le pénétrer. Comme c'était bon
!

Réveilles toi !

La voix était semblable ... Comment ?

Vous m'aviez dit que j'étais bienheureux, mais me voilà allégé de toute ma fortune et en fait bien malheureux.

Qu'est ce que ces quelques écus ? quand tu as en toi ce qui est le plus précieux.

je ne comprends pas. Qui êtes vous ?

je ne suis pas. je ne suis plus. et pourtant je suis toujours...

me voilà avec un mon corps meurtri,
mes biens évanouis !
prendrez vous plaisir à torturer mon esprit
ainsi sans répit?


que neni !
juste te délivrer à tout prix.


voilà qui est bien présomptueux !


[quelques minutes auparavant]

Adelphe marchait suivant le groupe. La fièvre de Dame Mimicracra l'envoya chercher un peu d'eau pour la soulager. A son retour, alors qu'il s'était laisser aller à quelques rêveries sur la mystérieuse inconnue, le groupe n'était plus là!

Il marcha, le seau d'eau à la main. Une bifurcation ! Diantre que son frère ne fut là ? Il prit une décision qui le mènerait vers son malheur et pour son plus grand bonheur.

Quelques mètres, un bruit derrière une haie.


Tang ?

l'homme surgit de nulle part ! casqué et menaçant de son baton.

Adelphe n'eut le temps que de crier à lui, vaines paroles qui se perdirent dans les feuillages environnant qu'il reçut lourd coup de baton sur le crâne. Le néant ! juste quelques paroles incompréhensibles.


Cire moi les godasses !
Le rire le transfigura, Adelphe se retourna sur le dos pour mieux voir tout vaciller autour de lui.
[...]

je vais te raconter une histoire. En des temps biens reculés et pourtant pas si lointains ...

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Jehan Lecourt

[Campagne du BA - Triangle Clermont Montluçon Montpensier]

Que se passe t il ?


La jeune femme posa un regard inquiet sur le visage de son compagnon. Ce dernier venait de se raidir. Pourtant le soleil était haut et point de vent. Son regard était posé sur la droite du chemin. Elle ne dit d'autres mots. Elle le contemplait. Chaque trait de son visage se durcissait les uns après les autres. Sa bouche disparaissait dans sa barbe, sa barbe qui lui parut tout à coup plus dense, plus noire, plus profonde. Ses rides se figeaient. Ses orbites se creusaient à présent. Elle posa sa main sur le bras qui guidait le petit attelage devenu autonome. Le mulet s'arrêta de lui même.

L'homme n'était plus présent, juste un corps devenu impersonnel.


Un murmure sourd sortit de cette bouche sans mouvement.

Il n'est pas loin. Je le sens. Mais pourquoi au nord est ? je devrais le voir au nord ouest droit devant ...

La jeune femme sentit la froideur des propos comme contaminés par l'absence d'esprit dans ce corps. Elle même fut parcourue par un frisson qui lui traversa la colonne vertébrale. Elle se figeait à son tour. Autour, tout était silence. Le souffle court, elle prenait peur; il lui faisait peur. Etrangement elle ne se sentit en sécurité qu'à côté de lui en cet instant précis. Elle perdait son souffle aspiré hors d'elle sans discontinuer, l'empêchant de reprendre sa respiration. Cela lui sembla une éternité.

Alors tout à coup, sa poitrine se souleva. Ses poumons se remplirent d'air, trop d'air d'un coup. Une chaleur lui parcourait maintenant la main, venue de ce bras qu'elle sentait de nouveau. L'homme posa son regard retrouvé sur la jeune femme.

L'attelage quitta le chemin pour se diriger à présent vers le nord.


Il se passe tout !

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Adelphe Clément


[Une histoire - Autrefois en un autre lieu]

L'homme au lourd manteau noir, au chapeau pointu, à la barbe longue et blanche, long baton à la main, observait les lointaines contrées. Il déclamait en réserve à l'attention du ciel.

Il était un temps où un soleil rayonnant éclairait nos coeurs sans heurt.

C'était le temps où l'on se croyait invincible.

Il était un temps où les secondes duraient des heures.

C'était le temps où l'on était invicible.


C'était le temps où l'on se nourrissait
de ce seul amour, chaque heure.
C'était le temps où heureux on était,
de se nourrir à chaque heure.


D'un large mouvement de bras trop rapide pour l'âge qu'il affichait l'homme déchira l'air puis son poing vint se refermer devant le visage d'Adelphe. Son regard se fixa sur le sien, regard terrifiant dans regard terrifié.

Adelphe continua son monologue, la voix sifflante.


Il fallut une heure, pourtant, où il fut temps un jour.
C'était une heure qui une seconde dure.
Il fallut une seconde pour que le cocon ne s'éventre.
C'était une seconde qui durerait pour toujours.


Avait il senti qu'il mettait une contrainte trop forte sur le jeune homme, il détourna son regard. Son corps entier parlait, s'agitant faisant onduler le lourd manteau. Les deux bras portés devant lui en direction d'Adelphe. La voix lourde portant au loin la révolte !


De longues chevauchées à ne chercher
rien d'autre que la mort au final.
Partir pour renaître toujours mais mourir une fois, mal.
Il ne faut qu'une seconde pour se perdre à jamais.
Chaque seconde est précieuse, si précieuse devant
ce doux sentiment l'espace d'un instant
bref, furtif, qui te donne des heures d'avance,
une fortune, sur le temps.

Chaque seconde est douloureuse, au long court.
Ce grave sentiment un instant perdu dans l'espace
lent et impassible, qui te fait perdre des jours
sur ce temps au final si fugace.


L'homme s'épuisait trop loin de terres où il devait être. Il semblait s'être échappé d'un endroit d'où normalement on ne s'échappe pas. Sa vigueur et sa force étaient comme forcées, précipitées parce que volées à celles d'Adelphe. La voix se fit plus douce. Les mains de dépît retombèrent le long de son grand corps.

Alors tu te meurs de ce solde
le jour du bilan de ta vie.
Il n'est plus de seconde
que tu ne veuilles voir enfuie.
Et il te reste l'éternité
pour contempler cette immensité
que tu ne sais comment remplir,
te laissant juste le temps de te maudire

sans plus mots dire
tous tes maux à écrire;
et par mots écrits
tout reste à être dit.


L'homme n'était plus devant Adelphe. Tout avait été trop vite, trop fort. Les paroles, la lumière. Tout en lui le tiraillait. Sa tête dont s'écoulait un filet de sang, son esprit qui semblait pénétré d'un souffle blanc.

Le rouge et le blanc. Adelphe s'entendit dire ces quelques autres paroles.

Il sera un temps où, un jour, ta vie, une heure, sera une seconde
Cette seconde est pour toi
tu mettras une vie, féconde,
pour savoir qu'elle était en toi.

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 10:43

Jehan Lecourt

[Au sud de la Mine d'or de Montpensier]

Les voyages ont du bon pour celui qui y est habitué. Pour les autres, seules les premières heures sont entraînantes.

Olga s'était endormie à l'arrière de la cariole. Jehan l'avait installée confortablement, la couvrant d'une couverture doublée, dernier vestige de son passé chez les Clément. Un lit de paille lui procurait couche de fortune. Jehan déposa un baiser sur les paupières déjà fermées de la jeune femme.

Jehan force l'allure. Il ne dormira pas cette nuit. Il lui faut avancer vers le nord est, toujours le nord est. Il ne le "ressent" plus depuis déjà une petite demi heure, il craint le pire. Le soleil se couche, les lumières changent. Les yeux de Jehan s'habituent rapidement à l'obscurité naissante. C'était son heure. Pour se donner du courage et faire son aura plus grande, il commence à chanter haut. Il chante son hymne à Adelphe, de plus en plus fort. L'ode monte inaudible pour tout autre.

La cariole s'ébranle de toute part. De temps à autre, il jette un oeil furtif sur la jeune femme à l'arrière. La brume était retombée envahissant tout autour de lui. L'équipage avance fendant ce brouillard épais. Des larmes coulent le long de ses joues. Il n'entend pas le pipeau. Il n'entend rien ! L'ode est à présent comme une longue plainte. Il souffre dans sa chair. Le silence en écho. ce terrible silence !

L'attelage tangue de plus en plus dangeureusement. Jehan hurle à présent. Les essieux manquent de rompre à chaque tour de roue. Il lui faut plus de force. La colère s'empare de lui.

Une pierre à nouveau, celle de trop. Un saut, un craquement, Jehan lâche les rênes, se jette en arrière. l'essieu droit vole en éclat. Un gémissement. Il s'arcqueboutte. La cariole finit par basculer sur le côté. Le mulet est entraîné de travers. Les deux sont éjectés à deux pas roulant sur le bas côté. Ils frôlent un arbre qui arrêtera la course de la cariole.

Le silence recouvre à
nouveau la scène immobile.

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Adelphe Clément[Adelphe]

Adelphe n'avait pas été sage. Il ne l'avait jamais été. Parce qu'il se croyait invincible. Reste d'une enfance trop choyée peut être. Il avait entraîné son frère Jehan dans cette aventure, il était parti bille en tête. Faire fi de tout et avancer. Jehan l'avait suivi comme toujours, mais avait il jamais dit ce qu'il en pensait. Sûrement mais Adelphe l'avait il seulement entendu ?

Adelphe n'avait pas été sage de perdre son groupe. L'inscouscience de ceux qui sont candides. Reste d'une enfance trop protectrice peut être. Jehan l'avait pourtant mis en garde. La route est dangeureuse. Adelphe l'avait il seulement écouté ?
Pourquoi écouter ce qui ne le concerne pas?

Pourtant Adelphe était bon. Jehan le savait et lui passait bien ses caprices. Adelphe avait toujours été bon avec sa famille et les hameaux alentours. Petit, avec ses chausses bleues, il parcourait la campagne en rendant service aux habitants. Il était attentionné envers les plus âgés. Son espièglerie le poussait bien de temps à autre à faire une ou deux bêtises. Mais quel enfant n'en avait pas faites ? Bien sûr les siennes étaient toujours un peu plus particulières.

Alors quand on voyait des chausses bleues au pied de ce petit bout d'homme dévaler la colline, l'on se demandait toujours si c'était pour s'échapper d'une bêtise ou bien courir pour servir le lait de la traite du matin. Bien souvent la réponse venait de la position de Jehan. A la hauteur d'Adelphe, c'était le petit garçon bon qu'on attendait les bras ouverts. Derrière Adelphe, l'on s'attendait à voir la silhouette d'un paysan, fourche brandie, et pestant sur les garnements.

Même plus tard alors qu'il devenait homme, il avait toujours été protégé. Jehan était son protecteur. Court mais fort, il l'avait toujours défendu.

Adelphe était plus intelligent, il en jouait. Il n'était pas sage.

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Jehan Lecourt[10 Lieues au sud ouest de Montpensier - dans le fossé]

Corps gisant sur le sol, déchirés, sanglants. Silence lourd et pesant de la nuit. Vol d'oiseaux dans le ciel. Bruissement sur la droite. Inquiétude.

Jehan se hissa à taton près du visage de la jeune femme. Elle était inconsciente. Une partie de lui se vidait en cet instant. Etrange sentiment encore jamais ressenti. L'odeur du sang mêlé à celle de la peur. Reprendre ses esprits. Reprendre le contrôle. Il savait quoi faire quand il était seul. Toujours il voyageait seul. Priorité.

Dans la nuit sombre de désolation, une lumière au fond de lui. Adelphe... Concentration.

j'arrive... Ecoute. Décision.

Jehan se remit sur ses pieds. Il prit le corps d'Olga dans ses bras. Il l'emmena au pied de l'arbre, la déposa délicatement. Le brouillard s'était dissipé. Un quart de lune illuminait à présent son visage. Il était pâle. Olga avait d'ordinaire la peau bronzée comme lui. La joie habitait son petit minoi. Paumettes rehaussées et rondes lui donnaient toujours un air jovial. De sa petite bouche toujours légèrement entrouverte s'échappait la bonne humeur.

Olga ...

Jehan lui pansa ses plaies. Il n'y avait rien de bien grave. Elle respirait lentement, le rythme régulier. De son outre, un peu d'eau versée sur un lambeau de sa chemise, il lui épongea le front.

Prendre le chemin vers la plus proche propriété un peu plus au sud. Montpensier était trop loin.

Tout ira bien, tout ira bien...

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Adelphe Clément[Aux portes de Montpensier - Est]

Depuis combien de temps suis je là?

il regarda autour de lui. il essayait de se souvenir.

L'homme casqué au baton, le coup...

il passa sa main sur le haut de son crâne ensanglanté. Sa chevelure était ébouriffée. Il ne plaqua pas ses cheveux comme à l'habitude.

Ses pensées allèrent vers Jehan. Il ne l'appelait pas à son secours. Quelque chose avait changé, quelque chose de très subtil.

Il était encore étourdi. Il se traîna contre un appui de fortune et s'y adossa. Il lui fallait se regrouper. Une force nouvelle en lui était venue de cette étrange aventure. Des images défilaient dans sa tête.

Non ! Jehan !

Il savait qu'il lui faudrait passer cette épreuve seul. Seul pour trouver sa voie, pour se trouver lui.

Adelphe sombra jusqu'au petit matin.

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Icefly

De son passé douloureux, Ice n’en gardait qu’un vague souvenir. Une image s’estompant derrière un voile finement maillé. Apparition fugitive de quelques rares matins. Quelques mots restés en suspend que jamais personne n’entendit, quelques confessions intimes… Le seul souvenir encore bien présent était ce regard, un regard clair et malicieux, bienveillant et pourtant légèrement grave rehaussé par des sourcils noirs et bien marqués. Que n’aurait-elle donné pour revoir une fois encore ces yeux clairs, que n’aurait-elle donné pour écouter à nouveau cette voix qui l’avait ensorcelée. Sa musique était aussi douce que celle qui s’échappait de son instrument. L’espace d’un temps ils avaient joint leurs notes et leurs cœurs pour donner un sens à leurs vies. Instant éphémère mais si intense. Instant inoubliable et pourtant si vague.

Depuis son retour à Sancerre Ice dirigeait souvent ses pensées vers cette contrée plus au sud. Le hasard l’avait reconduite si près et l’en avait éloignée si vite. Depuis ce temps, elle questionnait chaque voyageur qui passait au Havre. D’où venait-il ? Où allait-il ? Comme si à travers eux elle pouvait retrouver sa trace ou lui envoyer un fragment de son image. Ce matin là, elle releva à peine le nez de son travail pour saluer un homme, un cavalier qui voyageait depuis bien longtemps déjà. L’homme s’attabla, déposa son épée et son bouclier sur le banc près de lui. Il attendit quelques instants sans mot dire, regardant Ice avec un petit sourire narquois aux coins des lèvres. Légèrement agacée, elle laissa en plan ses petites affaires pour le servir, après tout elle avait un commerce et il fallait bien se partager entre paperasseries et mondanités. Ils étaient seuls dans la taverne et naturellement le dialogue s’installa. L’homme venait des terres où chantent les cigales dans les oliviers, où le bleu de la mer se confondait avec le bleu du ciel. Il lui racontait son pays tout en dévorant son repas. Il avait du soleil dans voix. Ice rêvait, se laissait porter par son histoire.

Le ton de l’homme changea, devint plus grave, relatant une sombre affaire de brigandage sur le chemin. Ice en entendait presque tous les jours, aussi elle ne l’écoutait plus que d’une oreille distraite, faignant l’intérêt mais déjà elle repensait aux tâches à accomplir aujourd’hui. L’homme entama la description du pauvre malheureux qui avait tout perdu. Il avait entendu lorsqu’il s’adressait à l’agent de police de Montpensier, que le voyageur à pieds venait de Polignac, poursuivant une quête que nul ne pouvait comprendre. Ice fixa à nouveau son attention dans les yeux du cavalier. Polignac, elle avait connu bien du monde là bas, toujours cachée sous sa voilette, se mettant souvent à l’écart, elle avait observé.

Pauvre bougre ! Il n’a pas eu de chance. Pourtant il était plutôt costaud, l’œil vif et bien accompagné au départ. Mais que voulez-vous Demoiselle, les temps sont ce qu’ils sont et les routes de moins en moins sures. Et tout ça pour retrouver une dame brune mais blonde, discrète et pourtant qui avait l’air de connaître du monde, jouant de la harpe dans un coin de taverne mais n’emportant pas son instrument avec elle. Pff le pauvre homme, encore un de ceux qui perdent la raison.

Ice se releva et lentement se dirigea vers la fenêtre qui donnait au sud. Une main sur la vitre comme pour toucher le lointain, le regard perdu à l’infini au-delà des collines. Etait-ce le même musicien qu’elle avait voulu retrouver ? Ce pouvait-il que lui aussi soit hanté par leur rencontre si brève ? Comment aurait-il pu la retrouver sous des traits si différents ? Non c’était impossible. Et pourtant ….

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 10:46

Jehan Lecourt

[Chemins séparés]

Olga dormait. Jehan était à son chevet. En BA, il y avait de bonnes gens. Ils ne lui avaient rien demandé. Ils avaient ouvert leur porte sans rien dire.

Jehan savait qu'il s'était passé quelque chose. Il ne se faisait plus de souci pour son frère. Il avait senti le changement.

Jehan tenait la main d'Olga quand elle porta son regard sur le sien. Echange silencieux, complice. Ce sentiment qui vous ouvre les yeux au moment de perdre un être qui apparaît cher à votre coeur. Il n'aurait pas à demander la bénédiction d'Adelphe. Il l'avait déjà.


Mon frère, nous reverrons nous un jour en ce monde ?

Je me souhaite du bonheur pour t'en donner en retour.

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Adelphe Clément

[En route vers demain]

Nouveau paysage. Je quitte mon pays pour de nouvelles contrées inconnues mais qui m'appellent. Je suis un voyageur qui jamais ne se retournera plus. Je ne cherche rien, je n'attends rien. Je donne et si je reçois alors je sais qu'une personne aura donné à son tour. Le don du partage, voilà qui unit les voyageurs. Je ne reçois rien en définitive. Je donne, on me donne. Je ne possède rien qui soit à moi et que je ne puisse revendiquer. Je ne fais que passer.

Au hasard d'un chemin, je fais une mauvaise rencontre. Je possède des biens. Ils sont jalousés. Je suis détroussé. Soit! La déception et l'abattement s'emparent de moi. Pourquoi? car je n'avais pas peur. Je ne veux pas avoir peur. Je reprends mon chemin, me laisse guider par cet instinct plus fort que moi. Mon destin était de rencontrer une douce musique à mes oreilles ce matin là. Ma destinée sera de retrouver son auteur pour faire chanter à nouveau les matins.


Je suis en paix avec moi même et j'avance vers ce que je sais être ma liberté.
Je quitte mon pays sans me retourner. Plus rien ne m'y rattache à présent.

Je suis un voyageur qui jamais plus ne se retournera sur son passé.

Adelphe prit son pipeau et se mit à jouer sur les routes de Bourgogne.


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Jehan Lecourt

[Dans une chaumière quelque part en BA]

He bien ? qu'as tu à me regarder comme ça !

Olga était allongée sur le lit. Elle portait une simple chemise de nuit. Le jour pointait à l'horizon. Les lumières nouvelles entraient à présent dans la chambre. Jehan était assis sur une chaise à son chevet. Il la contemplait.

Moi? Heu rien...

la jeune femme avait sur le visage l'expression que Jehan avait toujours du mal à interprêter. Elle s'était relevée légèrement, s'aidant de ses mains. Sa chevelure était en bataille. Des mèches de cheveux collées sur son visage en sueur, encore tout frippé d'une nuit agitée.

Je veillais sur toi ma farouche, voilà tout.

Ha? et bien j'aime quand tu veilles sur moi. Mais est ce de la même façon que lorsque tu nous as précipité dans le fossé ?

Une pointe d'ironie perçait dans ce propos que Jehan prit comme un reproche cinglant. Elle n'avait pas tort. Mais il lui semblait ne pas reconnaître la jeune fille qu'il avait connue. Il prit un regard contrit. Elle l'observait. Elle savait mais elle n'avait pu s'empêcher de lui faire cette remontrance. Elle passa nonchalamment la main dans sa tignasse ébouriffée, rejetant en arrière cette masse de feu qu'était ses cheveux. Puis elle passa son autre main sur son visage puis sur son cou à présent. La paume ouverte, les doigts écartés descendant jusque l'ouverture de sa chemise de nuit. Elle prit une grande inspiration, s'éveillant aux lueurs du soleil qui l'inondaient.

Jehan Lecourt ! Vous êtes un vilain ! un vilain parfaitement ! et un vilain que j'aime !. Son regard se posa sur celui de son compagnon.

Jehan avait passé deux jours à la veiller, dormant que quelques heures en tout et pour tout. De temps en temps, il lui passait une serviette humide sur le front, essuyant son visage jusque dans la nuque et sur le haut de sa poitrine. Il ne percevait plus rien de son frère.

Olga avait à présent ce regard qui avait séduit Jehan. S'il devait se souvenir d'une chose, c'était ses yeux pétillants de malice. Lorsqu'elle riait, ils étaient le vecteur de sa bonne humeur. Oui son regard il aimait.

Quelle culbute ! par tous les diables !, regard complice et coquin, la prochaine fois j'espère que ce sera plus tendre ...

Jehan, malgré sa peau mate et sa barbe, devint rouge écarlate. Cela avait débuté par un petit sourire pour se finir en une explosion l'irradiant jusqu'aux racines de sa chevelure. Il se mit ensuite à rire tandis que Olga le fixait comme l'envoutant avec ce sourire qui se mua en rire également. Elle ouvrit les bras à son attention. Jehan l'embrassa fougeusement.

La fièvre était tombée quand une autre semblait monter en ce petit matin. Mais ce n'était ni l'heure ni le lieu pour faire retomber cette nouvelle fièvre. Jehan lui sourit largement en se dégageant légèrement.


Tu as faim ?
Il n'attendit pas la réponse qu'il se leva et se dirigea d'un pas alerte vers la cuisine.

Décidément, je n'arriverais jamais à le décoincer ce brave Jehan. Mais il ne perd rien pour attendre !

son rire déchira la pièce maintenant vide. Elle s'étendit de tout son long en une posture féline.

Une nouvelle journée, une nouvelle vie. Il faudrait encore attendre quelques jours pour décider où les vents nouveaux les porteraient

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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 10:53

Adelphe Clément

[Sancerre - Berry]

Adelphe marchait de longues heures, s'arrêtant parfois près d'un lac pour y pêcher quelques poissons et faire pitence. Il contemplait ces nouveaux paysages, se surprenant souvent lui même à être arrivé jusqu'ici, si loin de sa terre natale. La mauvaise rencontre était déjà oubliée. Il arpentait les sentiers se donnant du courage en jouant de son pipeau.

L'hospitalité de la Bourgogne avait été remarquable. Il saurait s'en souvenir.

Déjà le dernier village bourguignon était derrière lui que se profilait devant lui les terres berrichonnes. La première chose qui le frappa était ses abondantes forêts. Elles semblaient recouvrir l'entièreté de ce territoire.

Alors qu'il fit une pause pour reposer ses pauvres pieds qui le faisait souffrir, Adelphe remarqua sur sa droite les contreforts d'une ville. Il se mit debout, portant les mains à son front pour se cacher du soleil et mieux contempler cette vision.

Sancerre..., murmura t'il.

Il reprit sa marche, avec une nouvelle volonté. Dans la soirée, il arriva à la porte Est de la ville. Un garde posté là lui adressa la parole.

Ohé du vagabond ! On ne passe pas !

Adelphe fut surpris par le mot vagabond. Il se posa son regard sur ses chausses puis remontant sur ses braies pour finir sur son manteau, il ne put qu'admettre qu'il avait tout l'air d'un vagabond. Ajouté à cela sa balafre encore fraîche sur le haut de son crâne.

Ohé du garde ! Adelphe fils de Clément, simple paysan. Je demande à passer. Je viens voir ...

Il réfléchit un instant se demandant quel nom donné. Bien sûr il recherchait une certaine Icefly, mais la connaîtrait il ? Il décida plus sage de demander après dame Ysabeau. Si elle était vraiment Ambassadrice, il la connaîtrait et lui laisserait le passage.

... Dame Ysabeau de Sury sur Léré.

Qui ça tu dis ? portant sa lanterne un peu avant dans l'obscurité de la nuit.

Dame Ysabeau, la voix d'adelphe se fit légèrement plus faible. Il s'agit d'une amie que je viens visiter.

Reste là, je vais voir le sergent ! C'est pas une heure pour rendre visite à une dame...


le garde quitta son poste en le toisant d'un air supérieur pour quérir son supérieur. Il allait entendre encore parler du pays ! mais ce nom lui disait bien quelque chose et il se dit que s'il n'allait pas le déranger, il risquait fort d'en entendre encore plus parler du pays !


j'vous jure ! c'est pas un métier ça ! jamais tranquille. Mais qu'est c'quils ont tous en ce moment ?

Sergent ! Sergent ! un homme à la porte Est demandant Dame Ysabeau de Lury sur Seigné ... J'ai pensé que c'était important ... comme pour justifier de son intervention tardive

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bragon

La mine encore embrunie par le sommeil, et l’avant sommeil, Bragon bondit du lit en entendait frapper à l’huis. Qu’étais-ce ? Faisant bien attention à ne réveiller ni Neige (le chat), ni Maybee (la dame), il se glisse hors du lit et enfile braies, chemise et bottes. Attrapant « Faucheuse » au clou, il descendit doucement maudissant chaque craquement de l’escalier.

Quand la porte s’ouvrit, le garde vit l’air dur de Bragon, et devant sa haute stature et l’étincelant de la hache se mis à hacher une fort jolie phrase.


Sergent! euh, Monsieur le maire, euh, y a un monsieur à l’entrée, il a une mine défaite de vagabond et il demande Dame Ysabeau.

Et vous pensez que Dame Ysabeau dors chez sa sœur ? Entre nous deux où à la place du chat ??? On a pas idée d’être sot pareil ! Et pourquoi vous venez ici ?

Ben, je me suis dit que j’allais demander au sergent,
Répondit l’homme d’arme timidement.

Au sergent, ben voyons… Ici, y en a deux, donc on part au plus pressé… Et voir le sergent maréchal, ça ne vous venait pas à l’idée bougre d’âne ? Bon, allons voir ce que veux ce manant. Et puis Ysabeau est connu de par tout le royaume en sa qualité d'ambassadrice, on va pas me réveiller dès qu'un voyageur se pointe...Et s’il demande à voir Ysabeau dans l’accoutrement d’un gueux sans en être??? Prépare lui maintenant une bassine d’eau chaude qu’il se débarbouille, et un quignon de pain…

Maugréant, Bragon rejoint la porte est comme indiquée par le garde, après avoir refermé précautionneusement la porte.

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Adelphe Clément

Adelphe vit le garde partir en lui disant de ne pas bouger. Ce qu'il fit.

Attendant au clair obscur de la nuit qui s'avançait, il prit un vague muret pour siège. Cela soulagerait un peu ses pieds, c'était déjà ça de pris. Adelphe passa sa main sur son visage comme pour chasser la fatigue qui le gagnait. Il avait les traits tirés et paraissait un peu plus que son âge. Il se sentait sale tout en étant lessivé.


Depuis son aggression, il n'avait pas mangé à sa faim sauf une fois. Charité d'un bourguignon lui ayant fait festin, sensible à son destin.

Adelphe se remémorait cette rencontre tout en fouillant sa besace allégée. Il ne lui restait qu'un maigre morceau de pain de la veille et 2 écus en poche. Le souvenir de ce soir lui fit passer sa faim.

C'était à son arrivée aux abords de Nevers. Toujours sans le sou depuis quelques jours et ayant épuisé ses réserves de nourriture et celles de son propre corps, il avait décidé d'aller pêcher un ou deux poissons. Il lança une ligne de fortune, comme Jehan lui avait appris, et attendit dans le silence de l'endroit perturbé par les gargouillements pressants de son estomac. Son estafilade au front le tirait encore un peu. Il ne sentait plus ses jambes. Son dos était une souffrance à lui tout seul.

C'est alors qu'un homme passa à quelques encablures de lui.


Alors ça mord ?

Bof, pas trop !

Et comment ! tu vas rien attraper là où tu es mon gaillard !


les traits tirés et son amaigrissement forcé avait trompé l'homme lui adjugeant quelques années de moins que son âge réel. Adelphe ne s'en offusqua pourtant pas. C'est vrai que d'ordinaire il était pas très costaud mais enfin le prendre pour un tout jeunot.

L'homme connaissait les personnes dans la situation d'Adelphe. Trop fauché pour aller en ville et trop orgueuilleux pour quémander. C'est qu'il en avait vu avant lui écumer les bords de cette rivière peu poissonneuse. Il était trappu, Adelphe distinguait de larges mains que le temps avait encore dû élargir. Le visage buriné et ridé fortement indiquait un homme dans la force de l'âge.


L'homme scruta le jeune vagabond ou plutôt l'infortuné. Adelphe avait des vêtements qu'on ne trouve pas sur un vagabond mais l'état de la parure était telle qu'il ne pouvait être qu'un infortuné. A la remarque de ce dernier, Adelphe n'avait pas réagi de manière négative. Il observa en retour l'homme, le visage détendu comme ouvert au commentaire.

Je viens d'arriver et je connais pas trop les bons coins.

ben j'vois ça! oui. L'homme le sondait. Adelphe n'affichait toujours la moindre irritation. Le regard de l'homme se forcit.

Et pis avec ce matériel, bah faut avoir de l'espoir et la foi. Mais ça te nourrira pas ce soir !

Pourtant il va bien falloir. J'ai le ventre creux depuis quelques jours. je me demande d'ailleurs si ce n'est pas lui qui fait fuir tous les poissons à grogner comme il le fait!


L'homme éclata de rire, achevant d'éclaircir son regard.


Allez viens me raconter ton infortune mon gaillard. Et si c'est bonne histoire, je te ferais un festin !

Adelphe étudia brièvement la situation. D'un côté un homme qu'il ne connaissait pas. La dernière rencontre en dehors d'une ville n'avait pas été des plus fameuses. De l'autre une hypothétique prise de poissons après une non hypothétique longue attente.

Oh ça c'est sûr que ce sera bonne histoire ! se levant, abandonnant son appareillage.

Il avait mangé à sa faim, même plus. L'histoire avait du être bonne aux oreilles de son hôte pour le plus grand bonheur de son estomac. Adelphe avait passé un bon moment auprès de cet homme de la nature et cela avait été réciproque.

Adelphe sortit ensuite son pipeau et se mit à jouer l'air que la dame lui avait joué ce matin de leur rencontre.

Des bruits en provenance de la porte. Adelphe rangea son instrument, se releva et prestement se lissa les vêtements d'un revers de main. Il cracha dans ses mains et se plaqua les cheveux en arrière. Ce subterfuge ne tromperait personne pourtant c'était une façon comme une autre pour se donner confiance.

Espérons que le sergent soit de bonne composition. Les bourguignons disaient des berrichons qu'ils avaient le coeur vaillant parfois un peu trop. Adelphe n'avait pas bien compris ce que cela voulait dire si tant est que cela ait jamais voulu dire quelque chose.


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Jehan Lecourt

[Pendant ce temps là quelque part sur la frontière entre BA et Berry]

Olga était de ces femmes insousciantes mais ayant pourtant la tête bien sur les épaules. Elle en pinçait pour son Jehan, cela était certain! mais fallait-il le lui faire savoir avec insistance? Elle aimait en lui le côté rassurant de sa posture, de sa prestance. Sa barbe et ses larges épaules lui donnaient une assurance dont elle ne se lassait pas.


Dans le petit village où elle avait repris des forces, Olga et Jehan travaillaient à présent dur pour se dédouaner de leurs hôtes. Ceux-ci avaient bien entendu refuser une quelconque contrepartie, mais par les temps qui courent, l'insistance des deux avaient eu raison de leurs principes.

La chaumière était agréable. La femme tenait la maison d'une main de maître. Olga admirait cette femme qui vouait sa vie à sa famille. L'homme avait proposé à Jehan de lui donner un coup de main à l'atelier de charpentier. Olga, quant à elle aidait au lavoir du village. Il faut dire qu'à Murat, déjà, elle avait sacrée réputation. Personne ne savait mieux battre et rebattre le linge qu'elle. Alors avec son entrain habituel, elle n'avait pas tardé à animer le lavoir. Déjà les demandes affluaient. Il faut dire qu'Olga était fort joli brin de femme. Sa longue cheveulure rousse y est sans doute pour quelque chose. Mais son esprit vif et parfois corrosif attisait le feu de ces messieurs. Elle avait beau les remettre en place, rien n'y faisait, il revenait le lendemain.

Pourtant le temps était long. Jehan n'avait jamais quitté Adelphe pendant tant de semaines.

Sa petite vie ici lui plaisait bien assez. Il ne lui en fallait pas beaucoup pour être heureux. Souvent dans la journée, il venait près du lavoir en se cachant. Mais si sa force était indéniable, ses dons de camouflages étaient pour le moins pitoyables. De son coin de rue, il observait la belle de son coeur, parfois souriant puis riant de ce qu'il voyait. Evidemment Olga l'avait remarqué, et commme elle était assez joueuse, elle feignait de ne pas l'avoir vu, jouant de plus belle à faire rire son Jehan d'amour.

Le soir, tout ce petit monde se retrouvait autour de la table et partageait un repas fait de restes de la veille, ayant mijoté sur le four à bois une bonne partie de l'après midi. Lors de ces soirées, l'homme questionnait Adelphe sur l'avenir. Il aimait bien Jehan. De toute façon, tout le monde aimait bien Jehan.

A ces questions revenait de plus en plus l'envie de poursuivre l'itinéraire prévu et venir rejoindre son frère. Olga le lisait sur son visage. Et puis elle l'avait suivi pour aller à l'aventure, voir du pays.

Adelphe devait déjà être en Berry et même installé.

Ils se retrouveraient bientôt, tous.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 11:03

Ysabeau

Au bureau de la douane

Le registre des arrivées... Le registre des départs... Comme tous les matins, Ysabeau travaillait au bureau de la douane.

Soudain on frappa à la porte. Elle ouvrit. Un homme d'arme se trouvait là , un peu embarrassé, tortillant ses mains l'une contre l'autre.

Hé bien, que se passe-t-il ? Une arrivée suspecte ?

Un voyageur à la porte est, dame. Il vous demande. Il est en guenilles et a l'air affamé. Il aurait trouvé des malandrins sur le chemin que ça m'étonnerait qu'à moitié. Le sergent et maire Bragon m'a dit de lui donner un quignon et d'lui préparer une bassine d'eau chaude, j'lai fait. Maintenant... il vous demande.

Il me demande ? tiens...

Elle s'en retourna consulter le registre des arrivées... Parmi eux, un nom lui disait quelque chose... Au cours de ses voyages en Auvergne (car elle était aussi ambassadrice en BA, dans le village de Polignac... Un homme qui lui avait fait impression, avec qui elle avait correspondu... Il portait ce nom, Adelphe, fils de Clément... Etait-ce lui ?

Elle réfléchit un instant. Elle devait rendre son rapport, écrire aux arrivants... Elle écrivit une lettre pour cet Adelphe, un peu moins administrative que les autres, et la tendit à l'homme d'armes.


Porte ce message à l'homme en question, laisse-le se restaurer et se laver, et ensuite dis-lui qu'il peut venir me voir, que je l'attends. Montre-lui le chemin jusqu'à la Prévoté, je préviendrai les gardes de son arrivée.


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Adelphe Clément

[Sancerre - Portes du village]



Ohé du badaud ! J'ai ordre de ...
il marqua une pause en observant Adelphe dans le faible flot de sa lanterne
vous donner boustifaille et à vous rafrîchir. Ensuite je vous mènerai à dame ysabeau.


Adelphe voyait l'homme sur le renfort. Il se releva à ses paroles. Il était seul. La porte s'ouvrit un instant plus tard.

fort bien ! je vous remercie.

le garde lui tendit le pain tout en l'observant. Adelphe n'y prêta pas attention et avala le morceau de pain tout en suivant son guide. Ils avaient pénétré Sancerre et marchaient religieusement vers une auberge.

vous venez d'où? la quesion parut abrupte à Adelphe mais il répondit volontiers.

de Polignac en bourbonnais auvergne

ça fait un bout de chemin ça ?


en effet

comme ça vous connaissez dame ysabeau ?

absolument. Mais cela serait une longue histoire.

Adelphe était fatigué, éprouvé par toute cette route parcourue. Arrivant dans Sancerre il sentit une grande fatigue le prendre. Il ne pensait qu'à se passer la tête sous l'eau et prendre un bon repas. L'entrée dans cette ville nouvelle lui avait comme paru familière. Il observait dans la presque nuit le dédale des rues qui se présentait devant lui. Parfois, il marquait une pause devant une batisse, rapidement rappelé à l'ordre par son guide.

Sancerre ... ville but de mon périple...

alors qu'ils avaient marché dix bonnes minutes, pour la plupart dans le silence, le garde s'arrêta et désigna une enseigne


Par ici, vous trouverez de quoi de passer la tête sous l'eau

Adelphe acquiessa de la tête et entra dans l'auberge. Le lieu était vide. Adelphe vit une bassine semblant avoir été préparée à son attention. Il plongea la tête la première et se fit une brève toilette. Ensuite, il ressortit sans avoir noté le nom de l'enseigne : Le Havre.

Ce nom évoqua en lui une immense pression. Il se sentait happé dans une histoire qui n'était pas la sienne. Et pourtant... Adelphe se remit de cette expérience qu'il ne connaissait que trop bien depuis quelques temps maintenant. Il ressortit, le garde lui sourit.

Par ici. Ah! et j'oubliais ! Il lui tendit un pli avec son nom porté sur la partie visible. Tout en marchant, Adelphe lisait, se rapprochant de la lanterne.

Ah ! la dame se souvenait de lui. Cela expliquait l'attention du garde, sûrement !.

dans un dédale de chemin, le garde s'arrêta. Il fit signe à Adelphe que leur destination était arrivée. Il fit un pas en avant en lui faisant signe de patienter. Il s'adressa à quelques autres gardes, vêtus différemment. Puis l'un d'entre eux frappa à une porte. Adelphe ne pouvait entendre mais il sembla que la réponse se fit entendre prestement.Le garde poussa la porte et s'effaça. Adelphe pénétra et vit la dame qu'il avait croisée une fois à polignac et avec qui il avait correspondu. Son sourire sur son visage effaça sa fatigue, il entra sans voir remercié son guide et le garde.

Dame Ysabeau, je suis navré de vous surprendre si tard mais après une longue aventure et comme pour tenir promesse me voici devant vous.

Adelphe salua son hôte et s'avança.

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Ysabeau

Ysabeau termina la dernière lettre aux arrivants, posa sa plume, se leva et sourit à l'homme qui venait d'entrer.

Ainsi vous voici à Sancerre, Adelphe. Bienvenue dans ce village !

Je suis ravie de vous rencontrer à nouveau. Vostre voyage a dû être éprouvant, et vous semblez bien fatigué. Asseyez-vous je vous prie.

Elle montra une chaise au voyageur qui s'assit. Délaissant son bureau trop administratif, elle prit une seconde chaise et s'assit à côté de lui.

Pour tenir promesse, me dites-vous... Je n'ai point souvenance que vous m'ayez fait promesse, si je me remémore vos courriers... Vos courriers dont je vous remercie d'ailleurs Adelphe, ils m'ont aidée dans certains moments difficiles.

Vous avez peut-être fait promesse à quelqu'un... Peut-être estes-vous en quête de quelque chose...

Dites-moi... enfin, dites-moi si vous le voulez, je ne voudrais point me montrer indiscrète...

Pourquoi êtes-vous venu à Sancerre ?


Elle se tut un instant, observant le voyageur.

Mais je vous pose moult questions... et je manque à tous mes devoirs ! Vous êtes certainement affamé... Voulez-vous manger quelque chose ? du pain, un morceau de viande, des légumes ? J'en ai de tout frais cueillis... Et un verre de bière, ou de poire vous ferait-il plaisir ?

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Adelphe Clément

[Sancerre - Bureau de la douane]

Adelphe prit volontiers la chaise offerte. Ses pieds le faisaient toujours autant souffrir.

Pour tenir promesse, me dites-vous... Je n'ai point souvenance que vous m'ayez fait promesse, si je me remémore vos courriers

Ma bonne amie, non point de promesse directe, mais de passer par Sancerre un de ces jours et je dois vous avouer que le destin s'est en quelque sorte manifesté quelques temps après vos premiers courriers. Enfin le destin je ne sais...

Vos courriers dont je vous remercie d'ailleurs Adelphe, ils m'ont aidée dans certains moments difficiles.

Si mes courriers ont été une aide, j'en suis fort ravi, mais sachez que les vôtres involontairement sûrement ont été une révélation pour moi.

Adelphe observait son hôte. La dame était semblable à sa prose. Avenante et délicate. La voix douce et réconfortante d'une personne qui aurait été votre amie depuis longtemps. Adelphe trouva l'endroit chaleureux par sa seule présence. Il faut dire que cela faisait tellement de temps qu'il n'avait rencontré de personnes qu'il connaissait un tant soit peu.

Vous avez peut-être fait promesse à quelqu'un... Peut-être estes-vous en quête de quelque chose...

Dites-moi... enfin, dites-moi si vous le voulez, je ne voudrais point me montrer indiscrète...

Pourquoi êtes-vous venu à Sancerre ?


Une quête, le mot est juste mais point de promesse sinon à moi même. Vous souvenez vous de votre ami que vous me décriviez, le dénommé lems.

Adelphe baissa un peu la voix.

Et bien je crois l'avoir rencontré, enfin pas vraiment rencontré, juste une rencontre que je ne saurai expliquer. Puis ce fut la dame à la harpe et à la voilette.


Adelphe raconta son périple en quelques phrases.


A la proposition de dame Ysabeau, Adelphe fit un geste négatif. Il n'avait pas faim, seulement soif de savoir.

A la vérité je viens vous voir et vous demander si vous avez eu nouvelle de votre amie Dame Icefly. Car il me semble que elle seule puisse apporter réponse à mes questions.

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Ysabeau

Ysabeau écoutait Adelphe. Il lui semblait qu'elle le connaissait, sa façon de parler, ses intonations lui rappelaient...


Vous souvenez vous de votre ami que vous me décriviez, le dénommé Lems.

Lems... Comment l'aurait-elle oublié ? Un ami des premiers jours, le compagnon de son amie Icefly, Lems... les rires au Havre, aux temps heureux , aux temps qui n'étaient plus. Les rires, les jeux, les folies... Lems...

oui Adelphe, je n'ai jamais oublié Lems... Et je vous dirais qu'étrangement, je vous l'avais déjà écrit d'ailleurs, vous me rappelez mon ami... Je ne sais pourquoi, mais... quelque chose dans l'intonation, dans le regard...

Elle sourit, les souvenirs revenaient à sa mémoire, les doux souvenirs du passé.

A la vérité je viens vous voir et vous demander si vous avez eu nouvelle de votre amie Dame Icefly. Car il me semble que elle seule puisse apporter réponse à mes questions.

Icefly ? mais elle est à Sancerre Adelphe. Elle tient l'auberge du Havre, une des plus fameuses tavernes de Sancerre, d'ailleurs elle y a des chambres, vous pourriez y loger, elles sont très confortables.

Voulez-vous vous restaurer un peu ? Ensuite, je pourrais vous conduire au Havre...

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Adelphe Clément

[Sancerre-Bureau de la douane]

Icefly ? mais elle est à Sancerre Adelphe.

Adelphe marqua un temps d'arrêt. Tous les mots de la terre n'auraient pû soulager sa fatigue autant que ceux là.

Alors qu'il avait raconté son aventure, il ne l'avait pas vraiment revécue, juste récit lointain raconté par un simple narrateur distant.

Pourtant, aux paroles de Dame Ysabeau, Adelphe s'était senti envahi d'une immense vague. Les images venaient à profusion dans sa tête. Il ne faisait plus vraiment attention à ce son hôte disait. Combien de temps cela avait il durer? il ne put le dire.


Ensuite, je pourrais vous conduire au Havre...

Volontiers ma bonne amie.

Oh mais je ne voudrais pas vous acaparer votre temps. Il est déjà fort tard et ... je viens les mains vides avec juste ma triste histoire pour présent.

Adelphe rajusta sa chevelure en la plaquant en arrière.

Mais je saurais bien me rattraper !

puis il se mit à rire.

je suis content de vous voir en toute sincérité. Si vous m'accompagnez au havre, me raconterez vous ce qui s'est passé pour vous? Depuis longtemps, forcément, je n'ai plus eu de nouvelles.

Adelphe se leva, tendit la main vers la dame pour l'inviter à lui prendre le bras.


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Ysabeau

Oh mais je ne voudrais pas vous accaparer votre temps. Il est déjà fort tard et ... je viens les mains vides avec juste ma triste histoire pour présent.

Ysabeau sentit l'émotion du voyageur. Il ne répondit même pas à son invitation pour se restaurer, visiblement il n'avait qu'une envie, rejoindre le Havre au plus vite. Elle lui sourit.

Vous n'abusez nullement de mon temps, Adelphe. Mon rapport est terminé, je puis prendre un peu de repos.

Si vous m'accompagnez au havre, me raconterez vous ce qui s'est passé pour vous? Depuis longtemps, forcément, je n'ai plus eu de nouvelles.

Adelphe s'était levé, lui tendant le bras. Ysabeau se leva à son tour, prit le bras du voyageur, et ensemble ils quittèrent la Prévôté pour se rendre au Havre. En chemin, elle lui répondit :

Oui, cela fait bien longtemps... Hé bien mon cher Adelphe, peu d'événements nouveaux en ce qui me concerne. Disons que la vie continue... Disons que mon coeur est fermé, les déceptions ont eu raison de moi... Disons que les amis sont là, mais que certains vont partir... Je suis toujours tisserande, toujours douanière, toujours ambassadrice, je travaille de temps en temps pour le duché, je suis des cours à l'université... Mais parfois, savez-vous, je me demande si tout cela vaut la peine, si ma vie a réellement un sens. J'y pense... et puis j'oublie... Je me demande s'il ne faudrait pas que moi aussi, je parte sur les chemins, voir du pays, découvrir d'autres horizons.

Tout cela est bien terne, n'est-ce pas ? Votre vie est diantrement plus intéressante...


Elle sourit à nouveau, un peu émue. Pendant qu'elle parlait, ils avaient suivi la rue des trois piliers, puis la rue St Arnvald. Ysabeau s'arrêta devant le 96, à l'angle de la rue de la Poire.

C'est ici, Adelphe. La taverne et l'auberge du Havre. Voyez l'enseigne... Voulez-vous entrer ? Ice est certainement là...

Elle ouvrit la porte, invitant Adelphe à entrer.

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Ysabeau
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MessageSujet: Re: En quête d'une histoire perdue   Lun 28 Juil 2008 - 11:06

Adelphe Clément

[Sancerre - Rues du village]

si les voyages ont quelques désavantages, ils ont le mérite de pimenter votre vie, de voir les choses sous un nouvel angle.

Disant cela, sa voix était apaisée, sans colère ni haine.

Pendant qu'ils avaient marché, Adelphe avait regardé autour de lui.


Les rues étaient calmes en cette heure tardive. Il surprit Dame Ysabeau à contempler aussi chaque pas de porte, s'arrêtant sur quelques uns en particulier ou encore laissant son regard courir une rue au carrefour. Elle portait un regard chargé d'émotion bien que sa voix n'eut rien trahi de ses sentiments.

Et bien j'aimerais que ma vie soit aussi "terne" que la votre comme vous dîtes


Adelphe posa, en même temps qu'il prononçait ses paroles, sa main libre sur le bras de Dame Ysabeau. Ce geste après coup lui parut familier, surtout avec une dame de son statut. Mais il était venu naturellement, et il ne lui parut pour finir en rien déplacé.

Voyez, chacun a sa propre définition de sa vie. Et les termes utilisés n'ont pas la même signification pour tous. Terne, je voudrais ma vie parfois semblable à la votre. Calme et sagesse sont de rares privilèges.

Dame Ysabeau lui sourit ayant viré sur la gauche devant une enseigne.

C'est ici, Adelphe. La taverne et l'auberge du Havre. Voyez l'enseigne...

Adelphe marqua également un temps. Il leva les yeux. L'enseigne semblait neuve. Il se demanda si cela était dû aux événements récents de quelques mois. Il ne posa pas la question et emboîta le pas de son guide.

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Ysabeau

Calme et sagesse sont de rares privilèges.

Calme et sagesse... Elle sourit, parfois elle aurait aimé être moins calme, moins sage... Elle avait connu un bonheur inouï, hors du temps, un bonheur qui avait été... et depuis... Pas grave, rien n'était grave, la vie continuait. La main d' Adelphe posée sur son bras était chaude, tremblait un peu. Son émotion était perceptible, alors qu'ils arrivaient devant Le Havre.

L'enseigne... elle a été refaite récemment, il est arrivé une bien triste aventure à Ice, elle vous racontera, certainement... Nous l'avons tous aidée. Mais entrons maintenant.

Elle entra, suivie d'Adelphe. Le Havre était accueillant, comme toujours. Le sol parfaitement ciré (parfois un peu glissant, hein...), les tables nettoyées. Une rangée de chopes derrière le comptoir, des fougasses croustillantes.

Et Ice, derrière son comptoir... Elle s'approcha, l'embrassa.

Bonjour Ice, je t'amène un voyageur. Il a demandé à me voir, il a fait un bien long voyage et s'est même fait attaquer par de vils malandrins. Il cherche gîte et couvert pour la nuit.

Il vient de Polignac, et se nomme Adelphe, fils de Clément.

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Adelphe Clément

[Sancerre - Le Havre]

Adelphe pénétra le lieu. Derrière son comptoir se tenait la tavernière. Dame Icefly. Dame Ysabeau avait prononcé son nom et s'était avancée presqu'avec précipitation vers son amie.

Adelphe, resté en peu en retrait, ne pouvait voir son visage, il en profita pour observer l'établissement quand son regard se porta sur un bâton accroché au mur.

C'était un soir d'hiver, la nuit avait étendu son noir manteau sur la ville. Dehors, le vent glacial soufflait, retenant chacun chez soi.


Ce chez soi qui était chez eux. Pourtant ce n'était pas le froid qui les retenait enfermés. C'était autre chose.

A l'étage, ce soir là, ce jouait la fin d'une histoire.


La salle était froide. Le bâton prônant fièrement sur le mur. Il semblait animé, le reflet d'une ombre sûrement pour celui qui n'y aurait pas prêté attention. Pourtant... La tête scupltée sur le pourtour se distordait visiblement. Les autres inscriptions changeaient pour devenir indéchiffrables. Il était combat et souffrance.

Le dernier souffle s'en était allé et le bâton se figea. L'endroit qui avait paru abriter un feu étrange avait retrouvé son calme.


La taverne avait pénétré Adelphe au plus profond de lui. La femme s'était retournée et l'avait fixé. Il détacha son regard du visage sculpté pour contempler le modèle.

Etrangement, il se sentit chez lui. Elle le savait.


Une montée d'angoisse puis une descente vertigineuse s'empara de lui. Les questions ne trouveraient pas de réponse car les assertions initiales étaient erronées.

Bonsoir Dame Icefly

Bonsoir Adelphe, bienvenue chez vous.

L'histoire n'était pas perdue.

[FIN]

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